Ashram de Swâmi Petaramesh

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Mot clé - travail

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jeudi 11 février 2010

CHSCT à basse consommation ?

Longtemps je me suis demandé ce qu'il convenait de faire quand on casse une ampoule "basse consommation" puisque ces saloperies écologiques contiennent entre autres choses des vapeurs de mercure et que l'intoxication aux métaux lourds, c'est pas bien, et au mercure, c'est encore moins bien. Ça fait pondre des monstres et travailler du chapeau, entre autres courtes maladies rigolotes, comme disait Desproges.

Et les vapeurs de mercure, c'est la meilleure façon de s'intoxiquer au mercure, puisqu'environ 80% du mercure respiré passe dans le sang, et franchit même allègrement la barrière hémato-encéphalique pour atteindre le cerveau, youplalà.

Depuis, j'ai appris je ne sais plus où, vu que c'est le type d'information qui a du mal à infuser dans un pays au ministère de la santé par ailleurs obsédé par la grippe A, que quand on casse une ampoule basse consommation, les précautions élémentaires exigent d'aérer en grand et d'évacuer la pièce concernée pendant au moins 20 minutes pour ne pas inhaler les gaz toxiques qu'elle libère, ce que je suis prêt à parier que pratiquement personne ne sait en encore moins ne fait.

Les ampoules basse conso, solution miracle[1] d'aujourd'hui et "amiante" dans 20 ans ? Possible.

Longtemps je me suis demandé ce qu'il fallait faire des ampoules basse conso H.S., la petite poubelle barrée sur le culot accompagnée du sigle "Hg" (mercure) étant formelle : pas poubelle ordinaire, et pas poubelle "recyclable" non plus.

Mais depuis quelques temps, ça y est, on a la réponse : de plus en plus de grandes et moyennes surfaces mettent des bacs de récupération à l'intérieur du magasin, j'en ai vu chez Auchan par exemple derrière les caisses, et j'en vois encore un beau aujourd'hui, chez Monoprix Lyon place de Valmy pour ne pas les citer.

Là, par exemple, on trouve un joli bac à récupération d'ampoules basse consommation entre les caisses et l'entrée du magasin, sur le passage des clients, à un endroit bien "en intérieur" et pas particulièrement ventilé.

Le panneau surplombant le joli bac invite à y jeter seulement les ampoules basse consommation non cassées, sachant que, quand on jette un truc aussi fragile[2] qu'une ampoule basse conso dans un bac relativement profond par-dessus ses soeurs d'infortune que se passe-t-il ? Ben ouais mon gars, c'est comme dans les bacs à bouteilles en verre, hein, 75% de chances que l'ampoule jetée se casse aussitôt, avec un bon pourcentage de chances de casser également celle sur laquelle elle tombe, si par miracle elle était encore non-cassée.

Donc moi je me dis comme ça que ces jolis bacs de récupération écolo qu'on trouve de plus en plus derrière les caisses des grandes et moyennes surfaces, ça fait de beaux générateurs de vapeurs de mercure pour offrir une bonne sniffette au client qui passe avec son caddie plein, certes, mais c'est encore mieux pour les personnels de ces magasins qui passent leur journée à bosser à quelques mètres des jolis bacs...[3]

Or donc, que font les CHSCT[4] ?

Notes

[1] Surtout pour ceux qui les vendent.

[2] J'en ai cassé une l'autre jour rien qu'en la dévissant légèrement en porte-à-faux...

[3] Après une exposition chronique à de faibles concentrations de vapeur de mercure (50 à 100 µg/m3), il peut y avoir un délai avant l'apparition d'effets nocifs sur le système nerveux central, les reins et la glande thyroïde et ceux-ci risquent d'être plus subtils. Il est difficile de distinguer les symptômes d'intoxication au mercure de ceux d'autres aliments de consommation courante. Les symptômes comprennent des tremblements, des faiblesses musculaires, des dépressions, des changements de personnalité, des pertes de mémoire à court terme chez l'adulte, des éruptions cutanées, particulièrement des rougeurs et une desquamation des mains et des pieds chez l'enfant. | ''Source

[4] Comité d'Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail

samedi 28 juin 2008

Une poule sur un mur

En direct du balcon de l'ashram...

Couvreurs 4

C'est un lycée professionnel juste en bas de l'ashram. Depuis plusieurs semaines, le matin, une épaisse fumée se dégageait parfois pendant de longs moments, qui ne semblait pas sortir des cheminées, mais de sous les tuiles.
La première fois que j'ai vu ça, j'ai failli appeler les pompiers. Puis j'ai attendu, observé, ça ne s'aggravait pas, puis la fumée s'est arrêtée.
Je me suis dit que c'était probablement "normal", qu'il y avait des ateliers là-dedans, et que les gens à l'intérieur avaient du voir ce qui se passait, et avoir raison du problème, si toutefois problème il y avait. Ça semblait bizarre, mais c'était souvent. Donc, normal.

Avant-hier matin, ça fumait encore épais. Je suis parti bosser.

Avant-hier soir, quand je suis rentré, il y avait les pompiers : le lycée avait brûlé.

Couvreurs 1

Ce matin, à l'instant où j'écris ces lignes, il y a deux couvreurs sur le toît. tout-à-l'heure il y en avait trois. Ils sont occupés à démolir la partie qui a brûlé.

Sur les trois, un seul a une assurance : baudrier, corde de sécurité avec enrouleur. Les autres, pas, et le jeune homme torse-poil et musclé joue avec sa vie sur un toît dont les poutres brûlées sont pourries et qui risque de s'effonder à tout instant. D'ailleurs, il suffit à l'autre d'un ou deux coups de pied pour dégommer les poutres qu'il enlève...

Couvreurs 2

Couvreurs 4

Pour la plus grande Gloire du Service Public.

Couvreurs 5

Couvreurs 6

mardi 1 mai 2007

Spin doctors

Un très intéressant bouquin que je suis en train de lire et que je vous conseille vivement :

Paul Moreira[1] : Les nouvelles censures / Dans les coulisses de la manipulation de l'information, Ed. Robert Laffont, 2007.

De manière parfaitement accidentelle, il est truffé de quantité de bonnes raisons qui me confirment s'il en était besoin[2] dans mon choix ferme et définitif de ne pas voter Ségolène[3] dimanche,[4] et de ne plus jamais voter socialiste en aucune circonstance et tant que ce parti existera sous cette forme et avec cette ligne et ces dirigeants, ou dans leur continuité.

Tiens, là, j'en suis à la page 152 :

Quelle place cette question [celle des effets dévastateurs du management des salariés au stress et à la précarité] occupe-t-elle dans les médias ? Quasiment aucune. Dans les années 1970, il existait une rubrique « Social » dans les grands journaux. Dans les années 1980, elle a été remplacée par une rubrique « Économie ». Andreas Freund, un journaliste du New York Times alors en poste à Paris, remarque que cette actualité-là disparaît du radar au moment de la présidence Mitterrand : « Saviez-vous par exemple qu'en six ans, à partir de 1983, une véritable répression syndicale a eu pour résultat le licenciement de 55.000 représentants du personnel dans les entreprises françaises ? Si vous ne le saviez pas, c'est qu'on ne vous l'a pas dit.[5] »

Page 153 :

Les pouvoir publics tendent à réduire les pouvoirs des inspecteurs du travail. Les sanctions professionnelles exercées par Martine Aubry, ministre socialiste, contre l'inspecteur du travail Gérard Filoche, un peu trop bavard devant les médias, ont plongé ce corps de fonctionnaires dans un silence encore plus apeuré. [...]


C'était bien, comme sujet, pour un premier mai, non ? On apprend également dans ce bouquin qu'au Japon, la mort d'un salarié par épuisement au travail porte le nom de karoshi et que les avocats du travail nippons chiffreraient le nombre de telles morts à 30.000 par an pour le seul Japon. Mais que le ministère du travail japonais, ne tenant compte que des décès fulgurants par attaque cérébrale ou crise cardiaque au travail en présence d'excès massif d'heures sup', ne retiendrait quant à lui que le chiffre d'environ 200 par an...

Notes

[1] Créateur de l'émission de reportage "90 minutes" sur Canal+

[2] Et il n'en était nul besoin...

[3] Ni Nicolas, bien entendu et a fortiori.

[4] L'attitude de José me navre.

[5] Andréas Freund, Journalisme et mésinformation Ed. Pensée sauvage, 1991.