C'est bien de rebosser, tout de même...
D'un autre côté, il est 23h39 et, pendant que ce traître de Peillon débat avec ce fumier de Copé chez cette s... de Reine Krissine, je viens quant à moi de finir de repasser une quatrième chemise dans des jets de vapeur dignes d'un hammam, et de décider à l'unanimité de ma voix de dire merde à la cinquième et simultanément au téléviseur.
Les deux boudent, et ne répondent pas.
Tiens, cet après-midi, j'ai eu la joie, le bonheur et l'avantage de me faire traiter de raciste par un joyeux caillera de banlieue, et manqué me prendre un pain dans la gueule de la part du même.
Nous nous promenions en famille tous quatre sur nos vélos au (très grand) parc de Miribel-Jonage où il y avait un monde fou, et où la piste cyclable, déjà largement encombrée de piétons était de plus régulièrement sillonée par des "convois" de deux ou trois scooters pétaradants zigzaguant sur la piste cyclable - interdite à tout véhicule à moteur - à des vitesses incompatibles avec la sécurité des petits nenfants largement présents sur les lieux.
Le parc de Miribel est également connu pour être, le week-end, largement fréquenté par de très nombreux représentants des "couches populaires" et personnes issues de l'immigation principalement maghrébine et sub-saharienne de première, deuxième ou troisième génération. Au point que la réputation de ce parc "trop populo et trop coloré" est détestable auprès du bourgeois catholique lyonnais qui est notoirement profondément raciste et que nombre de collègues de Mâ Anandaramesh lèvent les yeux au ciel en se demandant comment nous pouvons aller nous balader le week-end dans un pareil coupe-gorge où une partie de la population ne semble ni suffisamment catholique, ni suffisamment aryenne à leur goût.
Cet après-midi, à voir les petis cons en scooter zigzaguer comme des oufs et faire des wheelings entre les poussettes et les tricycles en nous pétaradant aux oreilles en en nous faisant respirer les fumées nauséabondes de leur mélange deux-temps, je méditais sur le thème du "que fait la police ?" genre l'affreux Sarko envoie des cars entiers de CRS faire chier le monde là où nul n'a besoin d'eux et camper en centre-ville, mais dans un parc où quelques patrouilles de "flics de parcs" ordinaires, pas besoins de terreurs déguisés en Darth Vaders, suffiraient certainement à empêcher une infime minorité de petits cons de faire chier le monde et de mettre la vie d'autrui en danger, on ne verra pas la queue d'une voiture de police... Et je me disais le pire c'est que c'est à cause de ce genre de conneries que les gens votent Sarkozy, et qu'après 5 ans de Sarkozy à l'intérieur il est patent que pas l'ombre d'une solution n'a été apportée à quoi que ce soit
.
Bref, à un instant, l'un de ces chevaliers du scoot manque aplatir mon Minîshiva sur son petit vélo, et se trouve forcé de piler net à ma hauteur pour éviter la collision.
Je le hèle donc sans aucune aménité et lui fais remarquer qu'il n'a rien à faire avec son scooter sur cette piste cyclable réservée aux vélos bien qu'envahie également de piétons, mais où les deux roues à moteurs sont prohibés. Il me répond sans aménité qu'il fait virtuellement subir des sévices sexuels à madame ma mère au moment où il redémarre en me faisant un sympathique geste du médius.
Je le hèle plus fort en lui disant que s'il a des remarques à faire à propos de la vie sexuelle supposée de ma génitrice, je serais heureux d'en débattre avec lui sur-le-champ, qu'il daigne seulement s'arrêter !
Il pile aussitôt et se dirige sur moi en me criant qu'il va me niquer ma tête sale raciste !
Je suis sur le coup interloqué par l'accusation. Le gars fait chier le monde avec son scoot en mettant des enfants en danger, je lui en fais la remarque, il me nique ma mère, bien, je conteste son projet, il me traite de raciste ! Ah oui, son teint de peau est notablement plus sombre que le mien, donc si j'ose émettre une remarque à son endroit, c'est que je suis raciste. Forcément.
Je suis tellement sidéré par l'inattendu de l'insulte, toujours pied-à-terre mon vélo enre les jambes que quand il ramène son bras en arrière poing fermé pour frapper je n'ai que le temps de constater que je vais me prendre son poing dans la gueule avant d'être en mesure de me défendre, merde alors, et que je suis sans doute moins entraîné que lui en matière de foutage de poing dans la gueule. Je me dis avec fatalisme : J'ai de la chance, il aurait pu sortir une lame...
Mais un autre homme qui était là s'interpose à la seconde où je vais manger bon et calme le scooter-man irascible. La couleur de peau du second le met à l'abri de se faire taxer lui aussi de racisme, et le courageux chevalier scooterisé semble se dire que ça part pour être du deux contre un et que dans ces conditions ça risque d'être moins drôle.
Il démarre et fout le camp dans un nuage de fumée bleue et un chapelet d'injures concernant à nouveau les moeurs de mes ancètres.
J'essaie de rassurer mon Minîshiva mort de peur qui, après avoir bien cru qu'il allait se faire écraser, a bien cru que son papa allait se faire castagner... Du coup, je n'ai même pas la présence d'esprit de remercier l'autre type, qui est déjà reparti.
De nouveaux nuisibles en scooters à pots trafiqués passent quelques instants plus tard. Je les jauge en me disant qu'ils sont certainement tous exactement identiques au premier, et que toute remarque acerbe à l'un d'entre eux produirait certainement le même résultat. Sauf que certains d'entre-eux ont sûrement des lames...
Et je suis navré de me dire qu'ils ne se rendent probablement pas compte que c'est exactement leur attitude qui incite une partie de la population de ce pays à voter Le Pen ou Sarkozy des deux mains et des deux pieds. et que c'est très con. Ils se mettent eux-mêmes dans la merde, en somme.
Je les envisage dans le total manque de respect qu'ils manifestent à l'égard d'autrui en faisant par escadrilles entières chier des familles dans un parc tranquille un dimanche, à péter leur frime en espérant attirer des filles - peu de chances que ça marche, apparemment - mais également leur promptitude à vouloir en découdre, leur incapacité à accepter la moindre remarque ou à se soumettre à une quelconque règle de vie en société alors qu'ils sont en tort et le savent pertinemment... Et s'en battent les couilles parce que les autres n'existent pas.
Et je me demande également comment ils se sentent dans cette société française alors qu'eux-mêmes, certainement nés en France, vu leur âge, et certainement français, doivent se sentir si rejetés et si mal considérés qu'ils attribuent systématiquement toute remarque concernant leur attitude au "racisme" dont ils seraient les victimes. Comme une habitude ou un automatisme. Un automatisme qu'on n'aimerait pas avoir en soi...
Faut-ils qu'ils se sentent rejetés ! Ils ne sont pas sortis du ventre de leur mère avec autant de hargne, ça leur est venu après.
Tout un syndrome révélateur de la manière dont notre société traite une partie de sa jeunesse, des repères et de l'horizon qu'elle leur donne...
Tout ça n'a bien sûr rien à voir avec une origine ethnique ou une couleur de peau, c'est évidemment largement une problème sociétal et en aucun cas racial, mais force m'est de constater aujourd'hui que tous les emmerdeurs en scooter que je croiserai - et j'en croiserai des dizaines - sont d'origine de ce qu'on appelle pudiquement des "minorités visibles". Et que l'amalgame est décidément facile dans l'esprit de ceux qu'ils emmerdent. Sarkozy a du gagner des voix, cet après-midi, sur la piste cyclable. Aucun doute. Ces petits "jeunes" roulaient pour lui, c'est le cas de le dire.
Moi-même, j'ai le réflexe de les considérer en tant que "groupe" parce qu'ils sont en bandes, qu'ils manifestent tous les mêmes comportements apparents, les mêmes scooters, les mêmes attitudes, et les mêmes origines visibles....
Après tu vois débarquer un Sarkozy qui dit : Vous en avez assez de toute cette racaille ? Eh bien ! On va vous en débarrasser !
Et les gens exaspérés qui ne réfléchissent guère plus loin que le bout de leur nez achètent un slogan pareil et le type qui le brandit...
Et je me dis que le problème qui existe entre toute cette jeunesse et cette société n'est pas près d'être réglé, hélas.










