(via Pla)
A vot' bon coeur...
[...] Donnedieu de Vabres, a rappelé que le projet de loi de finances 2007 prévoit un mécanisme très important de réduction d'impots pour les entreprises entrant dans le capital des entreprises de presse.
Evidemment, c'est pas dans la presse que vous en entendrez parler...
ça veut dire quoi ?
ça veut dire qu'alors que l'ensemble de la presse de ce pays est déjà pourrie par ses rapports incestueux avec l'industrie et les circuits du pouvoir, qu'elle est d'ailleurs en train d'en crever puisqu'évidemment on ne la lit plus, ces bons messieurs sont en train de faire des cadeaux avec de l'argent public, avec NOS thunes, à leurs potes industriels, pour la plupart fabricants d'armes, afin que ces derniers puissent s'acheter encore plus de puissance médiatique !
Rien pour Politis ? Ah non, Politis s'est démerdé tout seul, avec les sous volontairement donnés par ses lecteurs, ce qui est considérablement mieux que de maintenir sous la perfusion de nos impôts la PQM à la botte des marchands d'armes qui la détiennent, le porte-voix du Ministère de l'Information, les cohortes de lecteurs de communiqués de presse gouvernementaux, lequel gouvernement n'est que le bras agissant des têtes d'ampoules du MEDEF.
Mais tiens, j'ai vu Joffrin à Soir 3. Sauver Libé, ce zombi maoïde porte-suppositoires de la droite bobo-branchouille, voilà qui intéresse davantage le Miniver que de parler de Politis, soyons objectifs.
Il est vrai qu'il ne peut y avoir que deux sortes de presse : Celle financée par ceux qui souhaitent la lire, et celle financée par ceux qui souhaitent qu'on la lise... Qu'on les appelle annonceurs, politiques ou marchands d'armes, peu importe. Ils ne rechignent pas à cumuler les différentes casquettes, ça fait riche, si j'ose dire. Et puis, un peu de consanguinité ne saurait leur faire peur...
Je terminerai comme Aurelianobuendia, que décidément je plagie velu ce soir,[1] par citer ce paragraphe de L'appel lancé en 2004, à l'occasion du 60ème anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance[2] :
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : "Créer, c'est résister. Résister, c'est créer.
Notes
[1] Et sans aucune honte, car il y a des choses que, simplement, il faut faire tourner...
[2] Signataires: Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.







