Ashram de Swâmi Petaramesh

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Mot clé - peine de mort

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samedi 30 décembre 2006

Paraît que ça fait bander

Exécution de William Johnson, 20 juillet 1864, Petersburg VASi l'on en croit la rumeur et les journaux télévisés de ce soir, il n'est pas impossible qu'il reste à Saddam Hussein moins de 4 heures à vivre avant d'être délicatement réveillé pour aller se balancer au bout d'une corde - pendant que nous ronflerons quant à nous comme des bébés.

Depuis que j'ai appris hier ou avant-hier que c'était sans doute pour bientôt, je ressens un intense sentiment d'écoeurement et de dégoût.

Ce type était un dictateur, et est une crapule. Mais ceci ne légitime pas la peine de mort. Le pendre de manière barbare ne fera pas revenir une seule de ses victimes. Une barbarie n'en efface pas une autre, Abou Ghraïb vous le garantit sur facture.

Ce type était un dictateur, et est une crapule. Mais les habitants de son pays étaient certainement moins malheureux sous son seul joug que sous son joug agrémenté de l'embargo américain qui a suivi la première guerre du Golfe - pourquoi n'ont-ils pas déposé Saddam à l'époque, déjà ? Ah oui, il fallait un contrepoids géopolitique à l'Iran, c'est vrai. Saddam pouvait encore servir.

Ce type était un dictateur, et est une crapule. Mais les habitants de son pays étaient certainement moins malheureux sous son joug agrémenté de l'embargo américain, que sous la pax americana qu'ils subissent depuis que le dictateur a été déposé : Un pays dévasté, la guerre civile, un nombre de victimes incalculable, des attentats quotidiens, un base d'entraînement et d'opérations extraordinaire pour le terrorisme.

Ce type était un dictateur et est une crapule. Mais le renard s'est fait choper par le Grand Méchant Loup, et dans quelques heures, le renard sera pendu et sa peau mise à sécher sur le toît.

Le Grand Méchant Loup a mis un beau boxon, et fait tuer par la même occasion pas mal de louveteaux de son propre pays, mais il s'en bat l'oeil tant qu'il parvient à conquérir les deuxièmes réserves en pétrole du monde. Même ça, apparemment, c'est pas gagné. Un Viêt-Nam façon sable et dunes. Que des perdants, sauf les fumiers d'en haut qui ne perdent jamais vraiment, et qu'hélas on n'est pas près de pendre.

De toute façon ça fait marcher le commerce.

Dans quelques heures le renard chutera corde au cou à travers une trappe et la violence du choc devrait lui rompre les vertèbres cervicales d'un coup, s'il a de la chance, sinon ce sera plus long et moins drôle.

Condamné à mort pour un crime relativement modeste et somme toute marginal au regard d'une belle carrière de dictateur.
Le mettre ainsi à mort ne servira pas forcément à grand-chose.
Et l'empêchera définitivement de répondre de ses autres crimes. L'action de la justice à son endroit sera éteinte.
Il est certain en tout cas qu'il ne parlera plus. Depuis qu'on l'a chopé, d'ailleurs, on ne lui en aura pas vraiment laissé l'occasion.

Une fois au bout d'une corde, une page sera tournée.

Décidément tout ça me fout la gerbe.

Pendaison - PisanelloFrères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis.
Vous nous voiez cy atachez cinq, six,
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Se freres vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoy que fusmes occis
Par justice. Toutesfois, vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas bon sens assis;
Excusez nous - puis que sommes transsis -
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grace ne soit pour nous tarie,
Nous preservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

La pluye nous a buez et lavez,
Et le soleil desechez et noircis;
Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,
Et arraché la barbe et les sourcilz.
Jamais, nul temps, nous ne sommes assis;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soiez donc de nostre confrairie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'ayons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

- François Villon, La ballade des pendus, 1462


Update 30/12/2006 09:13 : Ah ben voilà, tiens. Selon Le Monde.fr :

Pendaison de Saddam Hussein, 30 décembre 2006Saddam Hussein a été exécuté samedi à l'aube

30.12.06 | 07h22 • Mis à jour le 30.12.06 | 09h11

Saddam Hussein, condamné pour l'exécution de 148 villageois mais accusé d'avoir provoqué des dizaines de milliers de morts, a été pendu, samedi 30 décembre juste avant 6 heures du matin (4 heures à Paris), à Bagdad. "Saddam est monté calmement à la potence, il était résolu et courageux", a raconté à la télévision nationale Iraqia le conseiller à la sécurité nationale, Moaffaq al-Roubaï.
[...]

Bonne année 2007, Saddam !


Illustration :Saint Georges et la princesse de Trébizond - Pisanello

  • Exécution de William Johnson, Petersbug, VA, 20 juillet 1864 - Guerre de sécession américaine.
  • Fresque de Sainte-Anastasie, Vérone, chapelle Pellegrini. Saint Georges et la princesse de Trébizond (détail), Antonio Pisanello, 1436-1438.
  • Pendaison de Saddam Hussein, 30 décembre 2006. Image diffusée sur la chaîne de télévision al-Iraqiya.

lundi 11 décembre 2006

Pinochet est mort dans son lit

Et alors ?

Ça fait de la peine à Madame Thatcher.

Mais je lis ce matin sur les blogues de jeunes femmes aussi charmantes que modérées et de jeunes gens pacifiques et bien sous tous rapports des billets où l'on semble regretter cette mort paisible et où l'on eût sans doute préféré que le quidam fût pendu par les couilles à un croc de boucher.

Je comprends la déception.

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lundi 9 octobre 2006

Toutes les mêmes !

Mon petit coup de projo sur l'ailleurs du jour... C'est chez Circonvolutes...

Mazette, là-bas encore, c'est de l'écriture ! [1]

Autre chose ? J'en parlais justement il y a quelques minutes, la dernière livraison de Marie-Cécile, Cryptobiosis, aujourd'hui lecture érectile.

Bien, hum... Le problème à lire des gens qui écrivent ainsi, c'est que ça donne envie de jeter son clavier. Ou de se mettre à écrire en COBOL. Ou en FORTRAN. Ou en Bash. Ouais, moi j'ai une petite faiblesse pour le Bash.

#! /bin/bash

Pendant que vous y êtes, allez donc lire le réconfortant coup de gueule de Pierre Marcelle chez Libé[2] : lorsqu'un délateur fait affaire avec une balance, il est rare que puisse s'en tirer une morale.

#! /bin/bash

Chez Me Eolas, un emploi que j'ignorais du nom de photographe. Attention ! Lourd.

Normalement, ça a du vous faire passer l'érection contractée plus haut. C'est radical.

#! /bin/bash

Politis va est en train de risque de couler. Les gens ont voté avec leur zapette : ils préfèrent regarder Claire Chazal. Donnez des sous. ...Quoique, à ma manière, j'ai voté aussi, hélas : je ne crois pas avoir jamais acheté un exemplaire de Politis. Sauf exception rarissime, je n'achète plus jamais la presse écrite. Quelle qu'elle soit. Depuis que j'ai divorcé de Libé, il y a un paquet d'années. Ma fille aujourd'hui majeure et étudiante n'était pas née. Ou à peine. Pour moi, le support papier a vécu. Sauf pour les livres, bien entendu. Je ne vais toutefois pas jusqu'à regarder Claire Chazal ni Pernaut, hein, faut pas déconner non plus ! Enfin le problème, c'est qu'avec ça et d'autres cons comme moi, la presse écrite indépendante se meurt. Et on ne peut pas trouver ça satisfaisant. Donnez des sous. En plus je suis faux-cul. je dis Donnez des sous, mais je ne vais pas en donner, de sous. D'abord je trouverais ça du dernier paradoxal de Donner des sous pour sauver un organe de presse que je n'ai jamais acheté, aussi profonde en soit ma honte, faut être logique... En plus, des sous, ces temps-ci, j'en ai pas. Si j'en avais des tas, j'en donnerais sûrement plein à Politis. Ouais. Si j'avais gagné à Euromillions, par exemple. Sauf que je joue pas. Alors...

Enfin, si vous avez une bouée ou une écope...

Hier soir, je disais à Mâ Anandaramesh :
- 'tain ! Bernard Langlois y lit le blog d'Agnès !
- Qui ça ?
- Et même Schneidermann, et en plus il la linke chez lui !
- Qui ça ?
- Euh non, rien.

Alors ce matin, je n'ai pas jugé utile d'ajouter que Bernard Langlois, en plus, il commente chez Agnès. Qui ça ?

Je dirais, au hasard, je sais pas moi, "Michel Drucker", tout le monde y sait. Même ceux qui ne regardent jamais Champs Elysées.[3] Mais Langlois ? Heuuuuuu... Schneidermann ? Pareil... Sic transit gloria mediati.

Bon, tout ça, ça n'a pas du arranger votre érection, hein...?

#! /bin/bash

Maintenant, en plus, à force d'éditer et de rééditer et de rajouter des trucs par petits bouts dans ce billet sans rime ni raison, il commence à devenir franchement long avec des conneries dedans. Je ne vais plus décemment pouvoir le laisser dans la catégorie "A lire ailleurs". Faudrait que je le mette ailleurs. Mais z'où ? Bon, allez, va pour "Miscellania". A voté.

Après, une femme que j'aime va encore me traiter de punk érudit, alors que je ne suis qu'une grosse tanche. Et que je devrais être en train de remplir le dossier de l'ASS, en plus, au lieu d'écrire des conneries... Je suis déjà en retard sur la lettre de rappel... Faut le faire...

#! /bin/bash

Un dernier truc pour la route... La société soviétique stalinienne avait bien compris tout l'intérêt de l'institution psychiatrique pour se débarrasser avec une grande discrétion de toute dissidence gênante ou personnage encombrant sans autre forme de procès : Il est fou ! Au cabanon !.
La (pauvre) France néo-MEDEFienne des aujourd'huis qui déchantent n'est pas en reste, et en chope elle aussi une Sarkolyque frénétique. Les psys protestent rien qu'à l'idée de tous les gauchistes et autres malades mentaux que les maires UMP vont bientôt leur donner à soigner encabaner. C'est l'Huma qui en cause, ce Jurassic réservoir de dingos bolchéviques.

Mais plus on est de fous...

Faut que je vous laisse, les infirmiers sonnent en bas.

Notes

[1] Je ne parle pas de certains fils de commentaires où les petites giclées de fiel accompagnent les petites jalousies de quelques obscures vanités de plume. Les billets sont une chose, les commentaires en sont une autre...

[2] Oui, je sais, j'ai écrit "Libé", mais je vais faire mes purifications rituelles juste après.

[3] On me sussure dans l'oreillette que c'était y'a 20 piges ? Bon, alors Studio Gabriel, alors... Pareil ? Bon, mettez c'que vous voulez, qu'est-ce que vous voulez que ça me foute le nom d'une émission que je ne regarde pas, dans le passé, le présent, le futur ou l'hyper-espace ?

mardi 20 juin 2006

Grands gamins, va !

Où l'on apprend que la saine camaraderie et la franche rigolade ne sont pas réservées aux terres lointaines d'Abou Ghraïb ou de Guantanamo, mais que le pays de l'Oncle Sam honore une solide tradition de busherie qui explique le succès jamais démenti de ses activités socio-culturelles à l'export.

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