Ashram de Swâmi Petaramesh

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Mot clé - misère

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vendredi 4 mai 2007

La raison du plus faible

...ou la raison pour laquelle j'ai mangé mon chapeau.

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mardi 19 décembre 2006

Mieux que rien, c'est encore trop pour vous.

C'est via Soumission sociale que je suis tombé hier sur cette dépêche A.F.P. proprement incroyable et qui a été légèrement reprise dans les journaux télévisés hier soir [1] :

La police évacue une vingtaine de SDF abrités dans des tentes à Paris

PARIS (AFP) - A trois jours de l'hiver, la police a évacué tôt lundi une vingtaine de SDF abrités dans des tentes sur le quai de la Gare, près de la Gare d'Austerlitz à Paris (XIIIe).
Selon la préfecture de police, ces évacuations ont été menées sur réquisition du Port Autonome de Paris.

Ces SDF regroupés en "village de tentes" se sont fait réveiller vers 7H00. "La police a démonté notre village et nous a confisqué les tentes en nous disant « si vous voulez les garder, vous devez sortir de Paris »", a expliqué Jean-Pierre, un des occupants des lieux.

(Lire les restes)

Quand je lis des choses pareilles, ma mâchoire me tombe sur les cuisses.

Thiais - Carré des indigentsNous avons des gens qui n'ont plus rien, qui dorment sous les ponts en plein hiver, dont certains feront sans doute l'ouverture des journaux télévisés comme "premiers morts de froid 2006" d'ici une ou deux semaines ; ils n'ont rien sauf... quelques tentes de fortune offertes par des O.N.G. humanitaires, mais ce presque rien est encore trop pour eux : Sur réquisition du Port Autonome de Paris, qui n'a sans doute rien de mieux à foutre que de venir harceler les clochards sous les ponts, des fois que cela déplaise au touriste et ne nuise au cachet de la ville-lumière,[2] la police vient les chasser à 7 heures du mat' et confisquer leurs tentes, comme une maîtresse d'école confisquerait un jouet à un enfant turbulent.

Car ces gens-là, messieurs-dames, qui ne possèdent déjà plus rien ou presque, n'ont plus aucun droit et surtout pas celui de rien posséder. Aussi leur prendre le peu qu'ils possèdent n'est en rien du vol, à peine une simple "confiscation". Aussi n'écrira-t-on pas la police a chassé des miséreux et leur a volé leurs tentes, seul fragile rempart les empêchant de mourir de froid.

Je ne voudrais pas être dans la peau d'un policier chargé d'accomplir une telle mission. Non, vraiment, je ne voudrais pas.

Les O.N.G. distribuent des tentes pour sauver des vies, dernier sursaut d'une société qui laisse mourir les siens, retournant à la barbarie ; la police vient et confisque les tentes. Enfin, sous condition : On vous les rend si vous sortez de Paris !. Allez crever ailleurs, quoi. Tiens, même, si vous acceptez de sortir de Paris, non seulement on vous rend les tentes, mais on vous offre le trajet en car pour allez vous déposer dans un terrain vague au milieu du neuf-trois ou du sept-sept. Et même on vous offre un café tiède, tiens ! Si c'est pas de la générosité, ça !

Pendant ce temps-là, monsieur Nicolas Sarkozy, Grand Patron de la police-qui-confisque- les-tentes-des-crève-misère, a trouvé son nouveau slogan de campagne, celui qui fera pleurer Margot et lui attirera plein de bulletins de vote : la France-qui-souffre !. Ben voyons ! la France-qui-souffre, Noble Combat du Juste, étendard de ralliement de monsieur Nicolas Sarkozy, premier confiscateur de tentes de France.

Ah oui, mais la France-qui-souffre de monsieur Sarkozy, faut pas pousser mémé, oh ! C'est pas la France des clochards drogués et alcooliques, vous pensez bien, madame Michu ! Non, la France-qui-souffre de monsieur Sarkozy, c'est la France qui se lève tôt !

Et non, madame Michu, il ne suffit pas de se faire virer d'un hébergement d'urgence à 6 heures du mat', ou de se faire confisquer sa tente par les flics à 7 heures, pour être compté comme honorable membre de la France qui se lève tôt. Ah ben non ! C'est pas du jeu ! C'est de la triche.

Bon, nous avons le candidat de la France-qui-souffre. Reste plus qu'à trouver celui de la France-qui-gerbe. Ou de la France-qui-pleure. Parce quand je lis des trucs pareils, je ne sais même plus ce que j'ai envie de faire.

Fumiers. Salauds. Assassins.


Illustration : Hébergement gratuit hors-Paris pour personnes sans logis : Cimetière de Thiais, carré des indigents. Source : Association "Aux captifs, la libération". Image © Laurent Pennec reproduite sans son aimable autorisation (car je n'ai pas son e-mail sous le coude). En espérant qu'il ne m'en voudra pas.

Notes

[1] C'est que Jean Rochefort s'était déplacé ; saluons-le au passage. Pipoules égale télé ; pas de pipoules égale privés de télé.

[2] Les dernières fois que je suis "monté à Paris", provincial que je suis désormais, et que je m'y suis promené, j'ai été à la fois surpris et atterré de voir les véritables villages de tentes et de baraquements de fortune montés avec des bouts de planches et de tôles de récup' - des proto-bidonvilles, quoi - qui ont commencé de bien envahir les quais de Seine et du canal Saint-Martin, les parties abritées sous les piles de ponts, etc. Ceci n'existait pas il y a une dizaine d'années, et bien qu'on commence (enfin !) à en parler, cela ne se sait pas suffisamment. Maintenant, les tentes s'installent sur les remblais entourant le boulevard périphérique...

samedi 9 décembre 2006

Aujourd'hui c'est téléthon

Si vous trouvez des petits myopathes dans la rue, n'oubliez pas de les ramener aux studios de France 2 !

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mardi 24 octobre 2006

Au secours !

Il y a vingt minutes de cela, mon attention a été attirée par des cris.

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jeudi 14 septembre 2006

Une ville inconnue

Avec le vélo, je découvre le plaisir de balades solitaires dont le silence est seulement troublé par le chuintement léger de mes pneus sur le sol, chuintement qui se transforme en crissement dans les allées gravillonnées.

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