Un très intéressant bouquin que je suis en train de lire et que je vous conseille vivement :
Paul Moreira[1] : Les nouvelles censures / Dans les coulisses de la manipulation de l'information
, Ed. Robert Laffont, 2007.
De manière parfaitement accidentelle, il est truffé de quantité de bonnes raisons qui me confirment s'il en était besoin[2] dans mon choix ferme et définitif de ne pas voter Ségolène[3] dimanche,[4] et de ne plus jamais voter socialiste en aucune circonstance et tant que ce parti existera sous cette forme et avec cette ligne et ces dirigeants, ou dans leur continuité.
Tiens, là, j'en suis à la page 152 :
Quelle place cette question [celle des effets dévastateurs du management des salariés au stress et à la précarité] occupe-t-elle dans les médias ? Quasiment aucune. Dans les années 1970, il existait une rubrique « Social » dans les grands journaux. Dans les années 1980, elle a été remplacée par une rubrique « Économie ». Andreas Freund, un journaliste du New York Times alors en poste à Paris, remarque que cette actualité-là disparaît du radar au moment de la présidence Mitterrand : « Saviez-vous par exemple qu'en six ans, à partir de 1983, une véritable répression syndicale a eu pour résultat le licenciement de 55.000 représentants du personnel dans les entreprises françaises ? Si vous ne le saviez pas, c'est qu'on ne vous l'a pas dit.[5] »
Page 153 :
Les pouvoir publics tendent à réduire les pouvoirs des inspecteurs du travail. Les sanctions professionnelles exercées par Martine Aubry, ministre socialiste, contre l'inspecteur du travail Gérard Filoche, un peu trop bavard devant les médias, ont plongé ce corps de fonctionnaires dans un silence encore plus apeuré. [...]
C'était bien, comme sujet, pour un premier mai, non ? On apprend également dans ce bouquin qu'au Japon, la mort d'un salarié par épuisement au travail porte le nom de karoshi et que les avocats du travail nippons chiffreraient le nombre de telles morts à 30.000 par an pour le seul Japon. Mais que le ministère du travail japonais, ne tenant compte que des décès fulgurants par attaque cérébrale ou crise cardiaque au travail en présence d'excès massif d'heures sup', ne retiendrait quant à lui que le chiffre d'environ 200 par an...








