Ashram de Swâmi Petaramesh

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jeudi 17 avril 2008

De l'incommunicabilité de la Chose Politique

Parfois, je me sens bête.

Souvent, même.

Comme ce matin, tiens : perdu au milieu d'une meute d'Homo tertiaris surdiplomens, ça discutait de quelques nouvelles plus ou moins politiques, et après avoir évoqué les mérites comparés de la garde d'enfants à domicile (pour les ceusses qui ont les moyens)[1] comparée à la crèche municipale (pour les ceusses qui n'ont ni les moyens ni place en crèche pour leur nain, vu que les places en crèche sont aussi rares qu'un billet de 100 Euros sous les pas d'un chômeur, et qu'on tuerait presque pour en avoir une), ça a dérivé sur la privatisation des cantines scolaires.

Je me suis alors aperçu à mon grand ébaubissement que parmi mon entourage d'Homo tertiaris surdiplomens de gôôôôôche, aucun ne percevait l'ombre d'un problème dans la privatisation du service des cantines scolaires.

J'ai tout d'abord tenté, fort maladroitement, d'expliquer que le but d'un service public étant de fournir un service au public, tandis que celui d'une société privée étant uniquement de dégager un maximum de profit, on ne pouvait sans doute pas attendre la même attitude vis-à-vis du public (des gamins en l'occurrence) de la part d'agents de l'état (c'est nous !) ou de la commune fournissant un service, et de la part des employés plus ou moins précaires et interchangeables d'une société privée, dûment pressurés à fond dans le but de dégager le maximum de profit pour le minimum de dépense. J'osai aussi prétendre qu'un service public était mieux à même de se répartir en fonction des besoins des gens qu'en fonction de la rentabilité qu'on pouvait en attendre.

Là, j'ai constaté en face de moi une incompréhension aussi générale que muette, au point de m'être demandé si je m'étais exprimé en bas-moldave ou en code bash, un seul tertiaris surdiplomens osant toutefois émettre un sonore Euh... Comprends pas ! en roulant des yeux ronds ; il est vrai que plusieurs années de vie étasunienne n'ont pas du l'aider à comprendre ; déjà à propos des crèches il ne comprendait pas non plus, mais si un jour il se reproduit ne perdons pas espoir qu'il comprende soudain mieux.

Je pris alors douloureusement conscience que la simple tentative de soutenir qu'un service public qui ne fût pas privé pouvait être un truc bien faisait planer sur mon innocente tête le soupçon d'être éventuellement un communiste ou quelque chose d'aussi terrible.

Déstabilisé, je tentai toutefois sur le métier de remettre mon ouvrage, mais je réalisai bien vite dans un éclair de tardive lucidité, que mes interlocuteurs (de gôôôôche) avaient la Foi, la Foi véritable, et que leur credo viscéral suivant se résumait à la simple alternative :

  • Service public = fonctionnaires = branleurs = obsolète, cher, inefficace, gaspillage, coûteux, cacaboudin.
  • Entreprise privée = moderne = performant = efficacité, organisation, rapidité, économie, profit !

Je commençai alors à m'atteler à la tâche ardue de leur faire part d'une simple réflexion extrêmement basique pour être à la portée d'un cerveau surdiplomens :

  • Un service public délivre quelque chose à l'ensemble de la population considérée comme en ayant majoritairement besoin, est financé par l'argent de la population, et n'a aucune raison de produire un profit, son unique objet étant de rendre un service.
  • Un service privé délivre quelque chose à des clients en produisant un profit qui est sa seule raison d'être, ce profit étant une somme prise dans la poche de ceux qui le financent (la population) et qui ne profite ni à ceux qui bénéficient du service, ni à ceux qui le fournissent, mais à un tiers, l'actionnaire.
  • En l'occurrence, privatiser un service public revient donc à détourner une partie de la somme servant à financer ce service pour le profit d'un tiers qui ne participe ni de la fourniture ni de la consommation du service, et qui n'occupe donc dans le circuit qu'une place de parasite de celui-ci.

Ergo, la privatisation de services publics ne peut profiter qu'aux parasites et en aucun cas aux bénéficiaires, qui n'auront probablement pas mieux, mais certainement pour plus cher (et moins bien réparti).

En fait, je ne fis que tenter de commencer de bafouiller le début de cette lumineuse explication, tandis que cheminait dans mon esprit la pleine prise de conscience de leur Foi en l'Entreprise (credo ! credo !) et de la vanité de ma tentative de conversion expresse.

Mes efforts étaient vains. Mon langage obscur.

Je renonçai donc et plongeai le nez dans ma tasse à café pendant que se discutaient sans moi les mérites comparés de Barak Obama et d'Hillary Clinton, tous deux de gôôôôche comme chacun sait.

Notes

[1] Et en rapport avec le récent dégonflage des allocs familiales et le transfert d'une partie des sommes vers les heureux élus qui peuvent s'offrir une assistante maternelle, ce qui n'est en aucun cas envisageable quand tu es caissière à temps partiel chez Aurrouf...

mercredi 28 novembre 2007

Réflexion sur la beauté

Srî Minîshiva, "mon"[1] petit bonhomme de 5 ans 1/2 vient de débarquer en pyjama dans le salon, oscillant comme une algue dans le courant de son sommeil.

- Tu peux me donner de l'eau ? J'ai soif.

En l'abreuvant, attendri devant sa petite bouille, je me disais que si on était capable de voir chez tous les autres la beauté intérieure et extérieure aussi instinctivement et profondément qu'on la ressent en contemplant ses propres mômes, l'humanité ne serait pas loin d'être sauvée...

Hélas, on en est loin.

On dépense chaque jour tellement d'efforts pour avoir l'air le plus moche et le plus fermé possible et ne voir chez autrui que le strict aspect utilitaire de ce qui nous sert ou qui nous contrarie... Qui voit-on vraiment ?

S'exercer à voir, ce n'est pas forcément instinctif, mais c'est un bon début.

Notes

[1] Ce possessif étant bien entendu totalement inapproprié, un être vivant n'appartient à personne, et surtout pas à ses géniteurs :-)

jeudi 2 août 2007

La vie est une chose étrange

Plus je vieillis, plus je constate que je n'y comprends strictement absolument rien, ce qui me procure une forme benoîte d'obscure satisfaction.

(Il faut bien jouir parfois d'une forme benoîte d'obscure satisfaction, ne trouvez-vous pas ?)

Si vous croyez y comprendre quelque chose, c'est pas pour dire, mais c'est juste parce que vous n'avez pas encore compris que vous n'y pigez goutte, faites pas les malins.

(Et pour les conseils, c'est le bénitier à droite en sortant, mais ça, vous le saviez déjà, sinon c'est franchement pas la peine d'espérer penser une seconde à comprendre quoi que ce soit à l'existence, mon neveu...)

vendredi 30 mars 2007

La maxime du jour

Ira furor brevis est.

(Pour les non-latinistes : La colère est une brève folie.)

(Cave ne ante ullas catapultas ambules.)

jeudi 1 mars 2007

Tiger inside

Je suis souvent surpris par la profondeur et la maturité des questions que me pose Srî Minîshiva, du haut de des 4 ans 1/2, et la capacité de réflexion et d'abstraction qu'elles dénotent. Surtout les rares fois où l'on est un moment tout seuls tous les deux, où mademoiselle Patâpatî et lui ne sont pas en train de se piquer des trucs et de se taper dessus, et où l'on peut se mettre à vraiment parler...

Il y a deux jours, j'ai eu droit à des considérations cosmologiques complexes sur la formation de la Lune et la nature des anneaux de Saturne.

Mais ce matin, dans la salle de bains, il me pose une question qui pour le coup me désarçonne :

- Papa, c'est fait avec des tigres, le dentifrice ?

- Heeeeuu...? Mais qu'est-ce que tu racontes bonhomme, où vas-tu donc chercher ça ? Fais-je, totalement pris à contre-pied...

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jeudi 8 février 2007

Time

Un jour, je bloguerai le temps...

...Si j'ai le temps.

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jeudi 25 janvier 2007

La citation à lunettes du jour

La vie c'est ce qui nous tombe dessus alors qu'on avait d'autres plans en tête.
- John Lennon.

mardi 16 janvier 2007

Les proverbes du jour

Aujourd'hui, mes biens chers frères, nous consacrerons notre méditation à deux proverbes qui nous sont apportés par la sagesse africaine, et qui n'ont bien entendu aucun rapport avec l'actualité de tempêtes dans un verre d'eau qui agitent la blogomangrove.

Comme je les trouve particulièrement savoureux, je vous prie de les psalmodier respectueusement dans le plus grand silence, tels des mantras venus de la savane...


Plus le singe monte haut, plus il montre son cul.

Celui qui avale une noix de coco fait confiance à son anus.


dimanche 20 août 2006

La pensée du jour : Intelligence

L'intelligence, c'est la faculté de (se) compliquer les choses simples.

Après les avoir suffisamment triturées, il arrive alors parfois - rarement - qu'on leur trouve une simplification vers une forme esthétiquement plus satisfaisante que leur forme initiale.

Mais généralement, ça fout surtout le bordel.

mardi 11 juillet 2006

A moitié pas moi. Ou tout comme.

Bien que me la pétant veugra comme un ouf' en tant que Directeur Spirituel et Grand Maître Quatre-Vingts de cet Ashram (pas trop dur : y'a que moi...), sans compter Grand Guru Cosmoplanétaire et toutes ces sortes de choses du même acabit que même Raël il est jaloux et voudrait se faire cloner en Swâmi Petaramesh... Bref, 'tain merde, je digresse encore dès le début de la première phrase, je vais jamais arriver à retomber sur mes pattes grammaticales, va falloir me discipliner tout ça deuxième pompe Petaramesh !

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vendredi 23 juin 2006

L'extinction de l'humanité

Selon Srî Minîshiva,[1] pensées dans la baignoire :

Un jour tout l'monde s'ra mort ;
Personne f'ra plus d'bébés ;
Y'aura plus personne sur la Terre ;
Tout l'monde s'ra mort.

...

Et ceux qui f'ront pas d'bébés
Y s'ront tout seuls aussi
Et après y vont êt' morts.
Et y'aura plus personne sur la Terre ;
Tout l'monde s'ra mort.

Après avoir regardé tout-à-l'heure avec sa soeur[2] la deuxième partie d'Amadeus[3], dont bien entendu la mort et l'enterrement de Mozart à la fin, Srî Minîshiva a posé beaucoup de question de manière très... posée, justement, et réfléchie, histoire de savoir si ça va arriver à tout le monde, et même à lui... Cette hypothèse avait l'air de lui paraître étrange et d'être soigneusement considérée dans sa p'tite caboche.

Ben oui mon p'tit gars, que veux-tu, y'a pas moyen d'y échapper, à la Certa[4]... C'est la règle du jeu.


Post Scriptum : Le premier cas de transmission humain-à-humain de la grippe aviaire a été rapporté aujourd'hui.
Le virus aurait muté comme on s'y attendait.
...mais France-Intox dit que c'est pô grave, faut pô s'inquiéter.

Notes

[1] 4 ans moins une semaine

[2] Qui rentre donc en septembre en CM1 en classe CHAM/maîtrise au conservatoire, l'est motivée la mini-Castafiore ;-)

[3] Vu que hier soir, on les avait virés au plume avant la fin, oeuf corse..., et mademoiselle Patâpati tenait absolument à voir la suite ce soir...

[4] Clin d'oeil au pasage à L'Art de la Joie de Goliarda Sapienza, que je n'ai toujours pas terminé d'ailleurs, je suis en cale sèche à la moitié, ce livre demande davantage de temps et de disponibilité d'esprit que ce dont je dispose en général ces jours-ci :-\

samedi 6 mai 2006

La pensée du matin

Seul le fou dit ce qu'il pense.

Mais il faut déjà être aux trois-quarts fou pour seulement commencer à penser les choses telles qu'elles sont.

vendredi 28 avril 2006

Issue de secours

Issue de secours Une forme de contrepoint à ce magnifique billet-poème de Traou.

Lié au sien par la règle des Trois Unités : Unité de lieu, unité de temps, et unité d'action ; sinon unité d'émotion et de sensation...

Cette image, je l'offre à une jeune femme qui s'interroge sur la fin des histoires et qui ne se sent pas faite pour ce monde.

Fixons bien notre esprit sur l'issue de secours. Ce qui compte, est-ce la fin, ou est-ce l'histoire ?

Ce qui compte, est-ce même que quelque chose compte ?

La fin de l'histoire est tellement connue que cela nuit fort au suspense du scénario, il faut bien l'avouer. Au point que certains lecteurs, frustrés, s'efforcent éternellement d'inventer à l'histoire une fin alternative. Sans grande réussite, néanmoins. Efforts peu convaincants, faisant toujours appel au classique Deus ex Machina. Tellement éculé, comme procédé, non ?

La fin de l'histoire est tellement connue qu'elle est définitivement reléguée au rang de non-problème, non ?
On finit comme d'hab, ben ouais, ça fait partie des contraintes inhérentes au script. Bon, d'accord, ça fait un peu chier, mais c'est comme ça, y'a pas le choix. C'est dans le contrat.

Que se passe-t-il dans un film, après le générique de fin ?

Cette question de la fin étant ainsi opportunément évacuée, il est temps maintenant de s'intéresser à l'histoire...

Impermanence.

Quand il n'y a rien à gagner, rien à perdre, rien à avoir, rien à faire. Que reste-t-il donc, sinon Être ?

Quoi d'autre, d'ailleurs ?


Illustration : Crematorium du cimetière du Père Lachaise, Paris.
Photo © Swâmi Petaramesh 2006.
Reproduction autorisée sous Licence Creative Commons By-Nc-Sa 2.0

vendredi 21 avril 2006

Mais où est donc Minîshiva ?

Z'auriez-vous-t-il pas vu Srî Minîshiva ?

On le voit plus, on l'entend pas... Cépanormal-cétrébizar... Doit être en train de faire une connerie...

Allons voir...

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Let's be un peu plus serious tout de même...

Abordons le non-fumage sous un angle sérieux et recueilli, ça nous changera un peu...

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