Ashram de Swâmi Petaramesh

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lundi 1 mars 2010

Journalistes toxiques

Après une semaine non-duelle en haut de la Montagne de ma Sorcière, là où Internet peine à arriver[1] et où nul ne songerait à allumer la télé, et après quelques heures de satsang en compagnie d'un confrère Guru, de retour à la "civilisation", à l'urbanitude en tout cas, peu après m'être reconnecté au goulot du robinet à infos, l'évidence me saute soudain à la figure : je tête là au biberon un produit toxique.

D'un coup comme ça, remettre la tête sous cette douche éminemment anxiogène de pur jus de mauvaises nouvelles, à quoi cela peut-il bien servir, sauf justement à générer l'anxiété, voire à long terme la dépression ?

Quoi, la moitié de la France inondée sous la tempête, "et moi et moi et moi" bien peinard en haut de la Montagne un brin d'herbe entre les dents qui n'en souffrais même pas ? Quoi, encore un tremblement de terre, au Chili semble-t-il, et moi qui peinardos regardais les étoiles peinardosses sans avoir entendu l'appel à l'universelle compassion lancé par le radiotélémuezzin ? Les dernières bassesses et vilenies de notre gouvernement, les derniers chiffres trafiqués, et je ne savais rien dites ! Et, ne savant rien, je n'en souffrais même pas !

Piting, en ouvrant en grand le robinet à mauvaises nouvelles - celui qui ne parle jamais des trains qui arrivent à l'heure - limite mon premier réflexe a-t-il été de culpabiliser ! Quoi, toutes ces merdes sans moi ? Tout ça sans que j'en souffre, sans que j'en compassionne, sans que, même, je ne m'en foute puisque ne le sachant pas ?

Tout ça pendant que je savourais la compagnie de gens que j'aime, que je prenais tranquillement mon souffle, que je philosophais un peu, mais pas trop, pépère, que je faisais l'amour à la femme que j'aime, que je faisais le con à moto ?

Et tu te rends compte que pendant ce temps-là, tu as raté tout un épisode de L'Univers s'écroule et c'est la merde ! et que tu as manqué à ton Devoir, n'étant pas Informé, tu n'as ni souffert ni compassionné ni redouté, bref tu t'es fait porter aux abonnés absents, tu as déserté, quoi.

En culpabiliser est donc le premier réflexe, paf, automatique. Quasi.

Et puis d'un coup la réalisation se fait. Mais putain pourquoi devrais-je être affecté, malheureux, compassionné par toutes les merdes qui se produisent dans le monde à chaque instant sans m'affecter directement mais qu'on me sert sur un plateau à longueur d'ondes de tous calibres, alors que jamais on ne m'invite à me réjouir de ce qui, si ça se trouve, se passe bien ?

Est-ce que ça les aide en quoi que ce soit, tous ceux qui souffrent dans la merde, que je regarde leurs larmes sur mon écran depuis mon canapé, qu'éventuellement j'en souffre consciemment aussi, mais que j'en sois de toute manière inévitablement affecté ? Ça les avance à quelque chose ? Quel est le bilan de cette ingestion d'images et de sons ?

Je devrais être malheureux pour ce tremblement de terre du Chili, inquiet de ces chiffres du chômage et de l'effet de serre, révolté contre ces fils de putes[2] sans foi ni loi qui nous gouvernent, juste parce que j'en serais informé, et rester informé, ma foi, c'est un peu mon devoir, non ?

Sauf que ceux qui m'informent ne m'invitent jamais à me réjouir parce qu'un couple, à Düsseldorf hier soir, a bien joui, mais alors vraiment très bien, ou parce que n'importe quel bonheur inattendu s'est produit dans le monde. Ou parce qu'un train est arrivé à l'heure. Ou parce qu'un flic a renoncé à verbaliser un RMIste ou à embarquer un sans-papiers.

Alors finalement, qu'est-ce que cette "information" sinon une gigantesque, toxique, indigeste poire d'angoisse ?

Entre la manipulation délibérée "dans l'intérêt des copains du patron", la rediffusion servile de communiqués de presse de pure propagande, et le robinet à malheurs que jamais on ne ferme, qu'est-ce que cette putain d'information sinon une saloperie de produit toxique ?

Et pourquoi je devrais avaler ça moi, hmmm, à m'en rendre malade ?

À quoi cela peut-il bien servir ? À dégainer de temps à autre le chéquier dans le grand élan de solidarité programmée et orientée, payez là, là on vous dit, ailleurs on ne vous en parle pas n'est-ce pas... Et le reste du temps craignez ! Craignez la crise, ayez peur du chômage, redoutez les terroristes barbus, flippez face aux radars, craignez, redoutez, flippez, ayez peur, je manque de synonymes pour le verbe craindre mais je pourrais en dérouler comme ça à l'infini.

Et ça sert à quoi tout ça ? Toute cette énorme information ? Ça sert à quelque chose ? Ça fait réfléchir ? Ça m'apprend vraiment des choses ? Bien sûr que non !

Ça me permet d'agir utilement ? Encore moins. L'accumulation ad inifinitum, ad nauseam des sujets d'inquiétude, de crainte, de révolte, de souffrance... Quand on n'y peut foutre rien, quand on est cerné de toutes parts, ne peut en aucun cas aboutir à la réflexion, à la révolte, à l'action.

Seulement à une totale désorientation, à la dépression, donc à l'inhibition de toute action. Donc à la soumission, de plus en plus apeurée, donc aveugle et absolue, à l'appel aux hommes providentiels qui vont nous sauver de tout ça.

Mais je n'ai plus envie de craindre.

Et le pire c'est que mêmes nos potes les trop rares journalistes honnêtes (et fauchés) qui attirent notre attention sur les innombrables et véritables sujets de révolte et de colère, ne font hélas qu'en rajouter encore sur le tas de nos frustrations, de nos humiliations, de nos impuissances. Et donc participent du phénomène, mettent la cerise tout en haut du putain de gâteau.

Après un bon sevrage, se reconnecter à ce biberon-là provoque un réflexe salvateur : celui du haut-le-coeur, de la nausée. Non les gars, vous êtes gentils, je ne veux plus boire votre jus de catastrophe en tube, il me rend malade, il me fait gerber.

Je me rends compte que quand j'en suis privé, je vais vachement mieux. Je ne vais pas mal du tout, en fait, Je vais bien, même. Très bien, si vous saviez...

Et je suis libre de penser, de ressentir, de porter mon regard sur les choses réelles qui m'entourent, les belles, aussi, pas seulement sur les catastrophes lointaines, ou moins lointaines, ou attendues, prophétisées, extrapolées ou expertisées qui nous attendent.

Alors ne m'en veuillez pas, je crois que je vais garder le robinet fermé, cesser de m'intoxiquer. Je trouverai bien toujours un pote pour me passer un coup de fil, m'envoyer un mail ou toquer à ma porte dès fois qu'il se passe quelque chose à quoi je puisse quelque chose, quelque chose à quoi je puisse être utile, des fois que j'en aie l'envie et la possibilité.

En attendant cesser de laisser les médias orienter mon esprit, désorganiser ma pensée et polluer mes affects.

Quelle que soit l'action à accomplir, je l'accomplirai toujours plus efficacement si je suis heureux et libre, détendu, calme, que mentalement intoxiqué, désorienté et apeuré.

Soyez sympa : continuez sans moi. Mais vous pouvez arrêter, aussi. Si vous voulez.

Notes

[1] Seulement en milieu de journée par temps sec, ensoleillé, tempéré et sans vent ;-)

[2] Que les putes, surtout, n'y voient nulle offense, il est vrai que les comparer à des mères de ministres ne leur rend pas justice, on dira que c'est juste une expression usuelle.

lundi 16 novembre 2009

Electrosocialogramme plat

Le scoop du millénaire !

Ce matin, Ma Sainteté, qui écoutait France-Info dans sa petite auto histoire de s'imprégner de l'atmosphère émétique et délétère propre à un lundi matin studieux, Ma Sainteté disais-je, a été contrainte de freiner en catastrophe sur la bande d'arrêt d'urgence afin de se taper le Saint-Derrière sur le bitume jusqu'à en faire jaillir des étincelles.

La cause de cette insoutenable hilarité ?

Un journaliste-passe-plat "politique" était en train d'entretenir doctement la France du formidable non-évènement que constituait la dernière réunion je ne sais où de la nomenklatura du parti-qui-ne-chie-pas-la-honte-de-s'appeler-encore-socialiste, réunion d'importance vicinale qui fut hélas troublée par la visite indésirée de Soeur Marie-Ségolène du Perpétuel Espoir Élyséen, qui n'avait pourtant point été conviée à la fête.

Or donc, devant l'ampleur quasi-quantique d'un tel évènement, le clowrnaliste consciencieux crut utile de nous informer que Monsieur Vincent Peillon, que Marx le tripote, avait dans son discours de cloture pris soin de bien remercier tout le monde de sa viendue, à l'exception de Soeur Marie des Vigoureux Désirs d'Avenir Élyséen Radieux.

On touchait déjà pratiquement au prix Pulitzer et au Nobel de journalisme réunis quand notre ami journaliste France-Infect révéla soudain le scoop du millénaire qu'il avait gardé en réserve : la preuve de ses dires sous forme du "discours de cloture" de Vincent Vestigyre Peillon était disponible sur DailyMotion et avait, tenez-vous bien, déjà enregistré 16, oui, seize visites, tînt-il à nous préciser !

Pour mieux mesurer l'importance drosophilique de l'intérêt du Peuple pour un discours socialisse aussi historiquement majeur, je me retiendrai d'évoquer les grands nombres à 6 chiffres que le moindre truc stupide un tant soit peu buzzé fait sur YouMotion ou DailyTube, non, pour rester dans un ordre de grandeur comparable, je rappellerai simplement que la vidéo de mes Saints Nains faisant les cons sur Jingle Bells joué au Bontempi de compète a pété 394 visites sur DailyMotion. Si. Et France-Info n'en a même pas parlé !

Comparons ce qui est comparable, n'est-ce pas.

Un Grand Discours Socialiste de Cloture et Remerciements du sieur Peillon, et paf, 16 visites. Dont j'imagine une de l'auteur de la vidéo, une douzaine de "journalistes politiques" et 3 supporters de l'Auguste.

Or donc, le preux journaliste, non content de nous avoir informés, poussa le devoir jusqu'à nous diffuser un extrait audio de la vidéo en question, eh oui, pour toute la France, dont le moins qu'on puisse dire est en effet que la majorité avait jusque là loupé l'évènement.

Là, et cela entendant, il était inexorable que le Rire Tonitruant me prît au point de me tamponner le fondement sur le macadam périphérique.

Mais tout de même, reconnaissons que pour une fois, France-Info tenait réellement une exclusivité. Un scoop, un sacré, même.

Il est certain qu'aucun autre évènement survenu dans le monde au cours de la dernière semaine n'aurait mieux mérité que celui-ci les minutes d'antenne qui lui furent consacrées par le Service Public, et qui seront j'imagine et France-Info oblige rediffusées ad nauseam jusqu'à ce soir.

Devant un choix aussi judicieux de l'information qui mérite vraiment trop fort d'être portée à la connaissance du public avec force détails, enquête fouillée et preuves à l'appui, je ne peux que m'incliner avec respect.

mardi 2 juin 2009

Je ne sais rien mais je dirai tout !

Les morbaques, ou régurgitation d'une vingtaine d'heures d'intoxication médiatique.

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mardi 24 février 2009

Normal, blanc quoi... Puis cent jours et mèche.

C'est sans doute le dégoût croissant, joint à un sentiment d'inutilité - comme me l'écrivait chez Céleste une commentatrice hier soir : vous ne faites que répéter ce que nombres de personnes affirment depuis des décennies…, ce qui n'est pas totalement faux, plus le manque de temps, qui m'ont conduit au silence ces derniers jours à propos de la scélérate loi HADOPI qui nous pend au nez pour enterrer une bonne fois Internet en France, du moins pour l'usage qu'en font les citoyens, soyons sûr que le supermâché virtuel et la presse qui ment n'auront rien à en craindre. Le futur d'Internet en France ? Ben la radio, la télé, la presse qui ment et un immense supermâché. Rien que de très normal.

L'interopérabilité ? Dans ton cul mon ami. Si tu as le malheur de ne pas utiliser Windows mais d'y préférer un système libre, tu seras de ce fait potentiellement embastillable pour cause de mauvaise foi caractérisée par le fait de ne pas utiliser les filtres gouverne-mentaux incompatibles avec ton système.

Mais j'apprends maintenant que, très certainement, ce modeste ashram, ainsi certainement que tous vos sites et blogs et les endroits où vous aimez flâner, mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, ne seront pas assez blancs, mon fils, pour être consultables depuis le cybercafé ou le McDo ou la médiathèque municipale du coin. Rassurez-vous, les sites du Figaro, de TF1, de FNAC.com et de l'UMP, et je parierais aussi du parti socialiste, le seront sans problème. Bien blancs. Vous ne risquerez donc pas de manquer d'information ni de la possibilité de faire quelques petites courses en bouffant votre burger.

On dit quoi là ? On dit plus rien.

Cent jours et mèche pour Julien Coupat

Ben voilà, notre otage national, qui ne va pas tarder à devenir un symbole, peut-être même à force un symbole historique, lui qui ne briguait sûrement pas tant d'honneurs, reste en cabane. Ça fait cent jours et mèche qu'il est sous lettre de cachet.

Ce qui me frappe le plus et me terrifie, là-dedans, outre toute la sympathie que je peux avoir pour lui sans le connaître, dans de telles circonstances, outre la révolte et le dégoût que cela m'occasionne, c'est quelque chose qui va encore au-delà.

Que des flics puissent avoir la main lourde et monter une opération d'envergure pour arrêter comme terroristes quelques voleurs de poules présumés, dont rien ne démontre qu'ils aient jamais volé quoi que ce soit ni ne se soient jamais approché d'une poule, ça ne me surprend pas. Dans tout système il y a des dérapages, dans toute organisation répressive, des dérapages répressifs.

Qu'un gouvernement, un ministère, puisse téléguider et instrumentaliser une telle opération dans un total cynisme, ça me fout la gerbe en éventail, mais ça ne me surprend absolument pas du gouvernement qui est le nôtre dont je n'espère absolument rien de bon dans aucun domaine, et dont aucun mensonge, vilenie crasse, malhonnêteté, injustice, magouille, forfaiture ou déni de droit ne me surprend. Ils peuvent me faire vomir plusieurs fois par jour, mais m'étonner serait plus difficile.

Qu'un procureur puisse y prêter la main ne me surprend pas beaucoup plus. Maillon du système répressif, en étroite subordination de la chancellerie, son boulot est de demander qu'on incarcère, il n'est point surprenant qu'il le fasse. Et les problèmes de conscience, s'ils existent, que peut lui donner la vacuité du dossier ne sont pas les miens, c'est une affaire entre son miroir et lui quand il se rase le matin.

Qu'un juge des "libertés" et certes, de la détention, puisse avaliser ceci et maintenir un bonhomme sous les verrous quand aucun élément sérieux ne figure au dossier, quand l'incrimination de "terrorisme" est sans aucun rapport avec la gravité des faits dont Julien Coupat est présumé innocent, quand la détention préventive d'un présumé innocent est censée être l'exception et non la règle, là, ça commence à me trouer sérieusement le cul.

Que, quand un tel juge décide la mise en liberté, le parquet aux ordres du ministère fasse aussitôt appel, rien d'étonnant, mais que la chambre de l'instruction le suive, voilà qui a fini par me libérer des dernières illusions que je pouvais entretenir sur la justice, avec un tout petit "j", de ce pays. OK, OK, j'avais déjà entendu de la bouche de quelques dangereux bolchéviques d'ultra-gauche au couteau entre les dents des mots comme justice de classe, ça restait un peu abstrait, mais c'est avec des démonstrations concrètes qu'on finit par comprendre, alors voilà, je suis un peu con et lent, mais moi aussi ça a fini par me venir : ça veut dire que, loin d'être au service de la Justice, la justice... loin d'être au service des citoyens, ni même de la République en tant que belle et noble idée, non, non. La j-minuscule-ustice est purement au service du maintien de la stabilité d'un système social et politique, ce qui veut dire qu'elle est purement et uniquement au service des intérêts de ce système, et que les intérêts du système se confondent avec ceux de ses dirigeants. Voilà. La j-minuscule-ustice est une manière de donner une apparence respectable à la répression de tout ce qui pourrait aller à l'encontre du bon plaisir des chefs. Ça fait plus long que justice de classe, mais comme ça, j'ai enfin compris.

- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'agneau ; je tette encor ma mère
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !
[...]
- On me l'a dit : il faut que je me venge !
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Bon jusque là, j'ai gerbé mon quatre-heures et j'ai appris des trucs, perdu des illusions, ce qui est toujours bon à perdre, mais je n'ai pas encore touché le fond.

Là où je commence vraiment à flipper, c'est quand je me rappelle que dans tout pays "libre et démocratique", s'il peut y avoir des bavures ou des dérapages ici ou là, il y a cependant des systèmes de sécurité en série destinés à garantir en fin de compte les libertés, et à arrêter les dérapages avant qu'ils ne dérapent trop loin sur les plate-bandes des Droits de l'Homme. Le premier de ces systèmes de sécurité s'appelant la séparation des pouvoirs, qui en principe permet de bloquer les abus commis par un pouvoir s'il n'a pas l'aval de tous les autres.

Or là que constate-t-on ? Que jusqu'ici tous les systèmes de sécurité qui auraient pu sortir Julien de sa triste situation ont dysfonctionné foireusement.

Car il n'y a pas eu, ou il n'y a plus, de séparation des pouvoirs.

Le gouvernement a voulu "faire un exemple" et un joli coup médiatique.
La police, au ordres du premier, a fait son boulot.
Le parquet, aux ordres du même, p'tit doigt sur la couture du pantalon.
La justice ? Ah oui mais là on parle d'une justice un peu spéciale, hein, pas de la juridiction de proximité au tribunal d'instance. Non, on parle d'une justice anti-terroriste, créée par des lois ad-hoc réduisant les droits de la défense, prolongeant les gardes à vue... D'un pôle judiciaire assis comme qui dirait pas bien loin de la droite du seigneur... une justice avec du pouvoir en plus, et des garanties (et des jurés) en moins.

Bon, bon, bon. Au trou monsieur Coupat. Tu la troubles ! on t'a dit.

Bon euh... C'est tout ce qu'on a comme pouvoirs dans une démocratie ? Ah ben non tiens, on a aussi le quatrième pouvoir, la presse, quoi.

Ce pouvoir si puissant qui ne devrait pas laisser passer une injustice d'une telle taille sans en faire ses grosses colonnes.

Et justement, la presse, c'est cool, a beau avoir commencé par se laisser balader par le barnum politico-flico-judiciaire, a quand même fini par mettre le nez dessus et par se rendre compte de la tronche de la bavure.

Alors, nous avons eu en Une le superbe J'accuse ! de monsieur Zola.

Ah non, on me sussure dans l'oreillette que monsieur Zola a été empêché pour cause de décès.

Alors, nous avons eu en Une du Monde le flamboyant J'accuse ! de monsieur Edwy Plenel.

Ah non, on me sussure dans l'oreillette que monsieur Plenel a été empêché pour cause de décès. Ou tout comme.

Alors, nous avons eu en Une de Libé le magistral J'accuse ! de monsieur Laurent Joffrin Mouchard.

Ah non, on me sussure dans l'oreillette que monsieur Mouchard a été empêché par l'idée de risquer de se prendre un doigt dans le cul comme monsieur de Filippis.

Bon, alors nous avons eu droit à quelques articlounets et autres entrefilets en page 8 pour nous apprendre que la presse n'est pas dupe et qu'on ne la leur fait pas, ils ne sera pas dit qu'ils se seront laissés berner. Circulez, y'a rien à voir.

Le quatrième pouvoir s'étant pas mal chié dessus le nez sur ses courbes de vente en se demandant Oh my Lord ! Mais pourquoi plongent-elles si bas ? Pourquoi ne nous lisent-ils plus ? Monsieur de Rotschild, pourriez-vous nous aider ?, la partie n'était pas finie.

Car dans une démocratie que c'est trop de la balle, il reste l'op-po-si-tion !

Alors, nous avons eu en Une de Marianne le démocratique, républicain, citoyen et outré J'accuse ! rédigé par un collectif de 343 personnalités parmi lesquelles Ségolène Royal, Marie-George Buffet, François Bayrou, Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner, Julien Courbet, Alain Finkielkraut, Alain Minc, Jean-Pierre Chevènement, Lionel Jospin et Sylviane Agacinski, Dominique Voynet, Nicolas Dupont-Aignant et l'amical soutien de Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

Pendant ce temps-là l'hémicycle retentissait des questions et protestations enflammées de l'opposition, parmi laquelle on remarqua particulièrement les discours de Jack Lang et François Hollande ainsi que les apostrophes de Jean-Marc Ayrault, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius et la mise en demeure finale, par Martine Aubry, qui fit littéralement vaciller les colonnes de l'hémicycle.

Devant une telle levée de boucliers, le bras armé du pouvoir trembla et fléchit, et Julien fut aussitôt libéré.

Euh non. En fait, non, En fait rien.

Parce que l'opposition s'en fout, que y'a pas de sièges à gagner, que les gauchistes c'est rien que des méchants pas fréquentables que c'est bien fait pour leurs pieds si y sont en cabane, na ! Et puis que les sondages disent que le Peuple y se méfie vachement des anars d'ultra-gauche et qu'il veut de la sé-cu-ri-té, alors que les défendre, ça la fout mal pour le baromètre de l'Express, alors vaut mieux regarder discrètement ailleurs et faire comme si de rien n'était.

Mais on rapporte que dans les couloirs de l'assemblée, un député socialiste somnolent sur sa digestion aurait confié "off" à un journaliste du Figaro, que quand même, garder cet homme en prison, c'était pas bien.

Alors voilà vraiment la raison pour laquelle, au bout du compte, je suis vraiment at-ter-ré : parce que tous les systèmes de sécurité et tous le contre-pouvoirs qu'est censée posséder une démocratie, tous ont lamentablement foiré. Les flics ont bien fliqué mais les juges n'ont pas jugé, les journaleux n'ont pas journalé et l'opposition n'a rien opposé.

Certes, un comité de soutien s'est formé, quelques voix d'inconnus qui crient dans le désert - sans le micro, ça porte moins loin - sans aucun ténor ou soprano en porte-étendard, et puis si y manifestent on les coffre aussi, comme ça c'est plus simple.

Aujourd'hui en France, un homme peut être jeté arbitrairement au cachot pour une durée indéterminée (Chouette ! Un C.D.I. !) sans autre raison que le délit d'opinion et la manipulation politique et tout le monde s'en fout. En tout cas tout le monde qui cause dans le poste.

Si Julien Coupat reste en taule aujourd'hui, c'est avec la complicité active ou passive de l'ensemble des pouvoirs et des "contre"-pouvoirs, de la majorité, de l'opposition, de la presse, des élites machinbidule, les autres s'en cognent, bref, il est bien en taule au nom de toute la société qui en porte collectivement la responsabilité, mais que Dieu merci ça n'empêche pas trop de dormir.

Ça, ça me fout vraiment les jetons.

Demain, à qui le tour ? Vous, moi ? Toi là-bas qui fais semblant de regarder ailleurs ?

Heureusement qu'on est dans une démocratie, dans un état de droit madame Ginette ! Pas vrai m'sieur Martin ?

Vive la République, vive la France !

jeudi 5 février 2009

Plus égaux que les autres

Si vous n'avez pas encore lu ce remarquable article du Monde.fr : La France gardée à vue, allez-y maintenant, puis revenez ensuite.

Remarquable, cet article l'est réellement.

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lundi 1 décembre 2008

Un citoyen comme un autre

Police partout, euh... Police partout, pour parodier un peu les Suiveurs....

Ce matin, la tribu médiatique est en effervescence, les ondes bruissent de leur digne révolte et de leur sainte colère.

Après l'interpellation pinochienne, pardon, sarkozienne, de Vittorio de Filippis, ex-directeur de Libération, voilà Edwy Plenel et Laurent Joffrin qui s'exclament d'une même voix, partageant en ce jour béni exactement le point de vue du Figaro, qui est exactement celui du propriétaire de La Croix.

Ça, c'est pas contre l'amende infligée au D.A.L. qu'on aurait recueilli une telle unanimité !

Mais que s'est-il donc passé pour susciter un tel élan d'indignation unanime des nos amis les médias, un consensus dont nul n'aurait osé rêver : eh bien, on s'en est pris à l'un des leurs, on a osé traiter l'une de leurs éminences comme un vulgaire malfaiteur.

À la plus belle mode de la Stasi, le monsieur a été interpellé aux aurores à son domicile, s'est vu menotter et traiter par les flics de pire que de la racaille devant son propre fils (si on ne pouvait pas insulter les gens qu'on arrête, ce ne serait pas drôle...), puis emmené au dépôt où on l'aura fait foutre à poil par deux fois histoire de regarder s'il n'avait pas un stylo-bazooka planqué dans le trou du cul.

Tout ça pour une plainte en diffamation,

Certes, la chose, digne d'une dictature sud-américaine, a de quoi glacer, et on éprouvera toute la compassion du monde pour le monsieur (qui n'en est cependant pas mort ni n'a été tasérisé, ce sera pour la prochaine fois...) et surtout pour son gamin (qui n'est pas près d'oublier cette matinée) mais de quoi s'indigne-t-on au juste ?

Lors de l'arrestation encore plus musclée il y a quelques semaines des "9 de Tarnac", a-t-on entendu le même choeur de vierges effarouchées, le même tocsin d'alarme, la République en danger, de la part de nos admirés journalistes ?

Que non point, rien de tout ça. On a eu de la présomption de culpabilité à tous les étages des kiosques, de la lecture de communiqués de presse du sinistère de l'Intérieur, du traficotage d'interviews pour faire dire aux interviewés le contraire de ce qu'ils avaient dit, de l'admiration pour nos cadors de l'anti-terrorisme qui s'étaient montrés brillamment capables d'interpeller 9 anars dans une ferme sans tuer personne.
On a eu 9 personnes brutalement interpellées par l'anti-terrorisme, traitées comme terroristes (alors même que le délit qu'on leur attribuait sans élément ni preuve n'avait fait ni morts ni blessés et n'aurait pu en faire aucun), gardées à vue pendant 96 heures... Avant d'être relâchées, le ballon s'étant dégonflé, ben non les gars, on n'a rien à leur reprocher pour de bon, mais que ça leur serve de leçon !
Les 9 de Tarnac ont été interpellés (et étaient préalablement sous surveillance) pour le seul crime de délit d'opinion (ni UMP ni P.S., vous voyez, mon bon monsieur !), de manifestation, de mode de vie alternatif, et ce dans une soi-disant démocratie qui ose encore se prétendre "patrie des Droits de l'Homme".

Et quelle a été la réaction des "grands" médias, tous confondus ou presque ? Présomption de culpabilité, sensationnalisme à pas cher, non-vérification des faits, bricolage d'interview au montage, acceptation pure et sans nuance de la brutalité de la répression, parce qu'on agitait devant leur museau de boeaufs la muleta du terrorisme.
Bon, depuis que l'affaire s'est dégonflée, on en a certes un peu parlé, dans les média et les journaux. Mais où sont les grandes envolées lyriques des éditorialistes, les cris "Au fascisme !" de la presse nationale ? Nulle part.

Il aura fallu qu'on touche à l'un des leurs pour que la dure réalité des choses les atteigne enfin, avec leur courte vue qui ne voit guère plus loin que leur petit univers clos et le cul du politicien dans lequel ils ont le nez.

Eh bien oui, aujourd'hui, braves gens, la grande presse réalise comment peut se trouver traité, du jour au lendemain, n'importe quel citoyen de ce pays à qui l'on reproche quelque chose, quoi que cela puisse être, et sur qui on lâche des "forces de l'ordre" dont bien souvent le comportement n'a plus rien de républicain, car le bâton n'est pas au service du peuple, mais de la main qui le tient.

Et nous avons ce magnifique concert de cris d'effroi.

Moi, en un tel jour, je voudrais simplement, chaleureusement et sincèrement, remercier la juge qui a envoyé les flics quérir monsieur De Filippis comme un quidam normal, en oubliant sans doute, est-ce bête, de préciser avec doigté et les égards dûs à un grand homme !

Ben oui, alors les braves flics y sont allés, et l'ont serré comme un citoyen normal, un quidam lambda, l'ont menotté avec des menottes à usage populaire et ont regardé dans son trou de balle avec une lampe de poche pour trous de balles ordinaires.

La volière est saisie d'horreur.

On la comprend. Y'a des jours où, quand on est tout-à-fait ordinaire, on se ne sent pas franchement rassuré à la perspective de notre "justice" et de nos "forces de l'ordre".

Et puis quand même, qu'on ait pu prendre un ex-dirlo de Libé pour un gauchiste, ma brave dame ! Le traiter comme tel ! Mais depuis que July a renié Mao, on n'aurait jamais cru une telle chose possible !

vendredi 21 novembre 2008

Le jeu de une erreur

Gymnastique cérébrale !

Entre cette photo de Rachida Dati prise le 17 juin 2008 au sénat :

Dati au sénat, 27 juin 2008

...et cette couverture du Figaro du 19 novembre 2008, les moines copistes du Figaro ont commis une légère erreur. Sauras-tu la retrouver, petit scarabée ?

Dati dans le Figaro, 19 novembre 2008

Un indice, petit scarabée, parce que sinon c'est trop difficile : dans leur grande charité, les moines copistes du Figaro, quotidien de révérence, ont sans doute trouvé qu'une bagouze "Liens" Chaumet à 15.600 Euros, ça la jetait un peu bling-bling, même pour une ministre de droite décomplexée.

Ils se sont donc autorisé un léger oubli. Comme disait le brave Beaumarchais, les faits sont sacrés, etc.

Alors, as-tu trouvé l'erreur, maintenant, petit scarabée ?

Heureusement que notre bon gouvernement pense souvent très fort à des moyens de contrôler ("moraliser") ce vilain Ternet dont les blogs diffusent des infos que c'est rien que des ragots et du grand n'importe quoi !
C'est pas dans la Grande Presse Sérieuse des copains du président qu'on se permettait la moindre entorse à la vérité vraie ! Pas comme chez nous les vilains Ternautes... Eux, ils ont une déontologie.

(Source : L'Express.fr)

Comme le disait aujourd'hui sur Farce-Info l'une de nos ministres, je ne sais plus laquelle,[1] à propos du nouveau fait divers du jour, cet abominable pédophile qui n'a enlevé ni violé personne mais ce n'est qu'un détail sans importance (je cite de mémoire) : Avant le danger se trouvait à l'extérieur, mais maintenant avec Internet il se trouve à l'intérieur de la maison, dans la chambre des enfants !. Ben ouais, nos chers bambins risqueraient d'avoir accidentellement accès à des photos de ministres non retouchées par le Figaro, voire même, qui sait, à de l'information non pré-mâchée et pré-chiée par la Grande Presse qui dîne avec les ministres dit la Vérité. L'horreur, quoi.

Notes

[1] Nadine Morano, ça me revient...

vendredi 14 novembre 2008

Le gag du jour

C'est ce matin sur Farce-Info, à 9h46 :

Satisfaction à Bercy : la France échappe de peu à la récession.

Avec un tel gouvernement, on n'a même plus besoin d'humoristes :-D

lundi 5 novembre 2007

Des gens très bien sous tous rapports

...ou ''la blogosphère pasteurisée".

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mardi 25 septembre 2007

Les journaux télévisés ne suffisaient plus...

240px-Sarcosuchus_skull.JPGà chanter la Gloire et les Louanges de notre Dieu Vivant, Guide Suprême, Père de la Nation, Conducatore, Chef Vénéré, Grand Sachem, Sarcosuchus Imperator et Leader Minissimo de droit divin.

Alors ce soir, France 2 nous diffuse en prime time un reportage / reconstitution / reality show / trash TV / cacaprout sur la fameuse prise d'otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine, celle qui s'était opportunément soldée par la mort du vilain méchant tout criblé de balles par les SWAT tout comme dans les séries américaines, pour la plus Grande Gloire du maire de l'époque du patelin, un type qui avait prouvé ainsi au monde que les vilains méchants n'avaient pas intérêt à venir se frotter à lui. Monsieur le Maire Héroïque, un petit bonhomme teigneux chef du ghetto de riches... Comment s'appelait-il déjà ? Flûte... Je l'ai sur le bout de la langue, mais ça ne veut pas venir... Je crois que l'Histoire n'a pas retenu son nom...

mercredi 19 septembre 2007

18h42, Nicolae Ceaucescu...

Comme beaucoup de monde, j'écoute souvent Carpathes-Info au volant de ma petite voiture, le matin en n'allant n'au boulot, le soir en rentrant d'avoir travaillé plus, pour me tenir au courant des derniers mensonges développements de l'actualité.

Depuis hier, j'ai compté 6 flashes-info et journaux du quart d'heure, commençant par la formule consacrée : Dix-huit heures quarante-deux; Nicolae Ceaucescu.... (Patati-patata, derniers Hauts Faits Héroïques et Discours du Grand Homme).

J'en ai compté 6, mais c'est parce que j'écoute peu. Mais maintenant je guette la formule d'ouverture des flashes, et depuis ce matin, j'ai échoué à en compter un ne commençant pas par l'incantation rituelle à Notre Leader Vénéré.

Il n'y a qu'un humain dans toutes les Carpathes, c'est notre Immense Nicolae, et il ne se passe rien de plus important dans le monde que les faits et dits de notre Prince.

Je me suis quand même dit qu'ils doivent bien se foutre de notre gueule, dans les pays démocratiques d'Europe occidentale... Avec notre culte de l'Homme Providentiel qui ferait rougir du Kazakhstan à la Corée du Nord, on va finir par passer pour un vrai ramassis de crétins en état de fascination morbide pour notre leader minissimo.

On a beau être dans les Carpathes et ne plus savoir ce que serait une presse audiovisuelle qui serait ailleurs qu'à la botte, là, franchement, ça se voit, à force de nous vendre notre baril de Nicolae qu'on n'a déjà pas voulu échanger contre deux flacons d'eau bénite de Sainte-Pimprenelle du Marais...

Et le pire c'est que ça marche, je vois plein autour de moi de crétins intelligents - la pire race de crétins - qui en demandent et en redemandent, du Nicolae suractivé au dabbeulyou actif (la poudre-aux-z'yeux bleue, elle est à l'intérieur, ça se voit que c'est du produit actif, ça, ma brave dame !).

Enfin moi, je dis ça, je dis rien. Je crois que je prendrai un jour ma retraite dans un pays libre, où les gens pensent avec leur tête plutôt qu'avec leur cul. Si jamais j'en trouve un.

lundi 27 août 2007

Défense de réfléchir : la politique de la "société du spectacle"

Relire Debord. Il n'a jamais été aussi d'actualité.

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mardi 1 mai 2007

Spin doctors

Un très intéressant bouquin que je suis en train de lire et que je vous conseille vivement :

Paul Moreira[1] : Les nouvelles censures / Dans les coulisses de la manipulation de l'information, Ed. Robert Laffont, 2007.

De manière parfaitement accidentelle, il est truffé de quantité de bonnes raisons qui me confirment s'il en était besoin[2] dans mon choix ferme et définitif de ne pas voter Ségolène[3] dimanche,[4] et de ne plus jamais voter socialiste en aucune circonstance et tant que ce parti existera sous cette forme et avec cette ligne et ces dirigeants, ou dans leur continuité.

Tiens, là, j'en suis à la page 152 :

Quelle place cette question [celle des effets dévastateurs du management des salariés au stress et à la précarité] occupe-t-elle dans les médias ? Quasiment aucune. Dans les années 1970, il existait une rubrique « Social » dans les grands journaux. Dans les années 1980, elle a été remplacée par une rubrique « Économie ». Andreas Freund, un journaliste du New York Times alors en poste à Paris, remarque que cette actualité-là disparaît du radar au moment de la présidence Mitterrand : « Saviez-vous par exemple qu'en six ans, à partir de 1983, une véritable répression syndicale a eu pour résultat le licenciement de 55.000 représentants du personnel dans les entreprises françaises ? Si vous ne le saviez pas, c'est qu'on ne vous l'a pas dit.[5] »

Page 153 :

Les pouvoir publics tendent à réduire les pouvoirs des inspecteurs du travail. Les sanctions professionnelles exercées par Martine Aubry, ministre socialiste, contre l'inspecteur du travail Gérard Filoche, un peu trop bavard devant les médias, ont plongé ce corps de fonctionnaires dans un silence encore plus apeuré. [...]


C'était bien, comme sujet, pour un premier mai, non ? On apprend également dans ce bouquin qu'au Japon, la mort d'un salarié par épuisement au travail porte le nom de karoshi et que les avocats du travail nippons chiffreraient le nombre de telles morts à 30.000 par an pour le seul Japon. Mais que le ministère du travail japonais, ne tenant compte que des décès fulgurants par attaque cérébrale ou crise cardiaque au travail en présence d'excès massif d'heures sup', ne retiendrait quant à lui que le chiffre d'environ 200 par an...

Notes

[1] Créateur de l'émission de reportage "90 minutes" sur Canal+

[2] Et il n'en était nul besoin...

[3] Ni Nicolas, bien entendu et a fortiori.

[4] L'attitude de José me navre.

[5] Andréas Freund, Journalisme et mésinformation Ed. Pensée sauvage, 1991.

dimanche 8 avril 2007

Le teaser kiffépeur

Je n'ai pas vraiment l'habitude de faire dans l'encart publicitaire en ce modeste ashram, mais je vous recopie ci-dessous et mot-à-mot l'édito-teaser de Jean-François Kahn qui se trouve dans le Marianne d'hier (n° 520 du 7 au 13 avril 2007) :

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vendredi 30 mars 2007

Ségolène ? Je ne peux pas la Blair-er...

Ségolène, de gôôôôche ? Rions un peu quoiqu'avec sinistrose mais sans aucune illusion, écoutez cette chronique "Presse hebdo" de Marc Fauvelle qui vient d'être diffusée sur France-Info (vendredi 30 mars, 13h47), et dont je retranscris ici les premières phrases :

« Elles les a cueillis à l'estomac » : C'est l'hebdomadaire Challenges qui raconte cette drôle de rencontre. Ils sont 9 autour de la table, 8 patrons de PME réunis par l'hebdomadaire et face à eux, Ségolène Royal, et la candidate socialiste tient des propos que ne renieraient sans doute pas ses challengers de droite: « Je dis aux entreprises : "faites des profits !" Il n'y a pas de honte à faire des bénéfices ; il faut sortir de l'idéologie punitive du profit. »
Commentaire de Challenges : « Jamais aucun dirigeant socialiste, pas même Michel Rocard, n'était allé aussi loin. La candidate socialiste a défendu une vision résolument sociale-démocrate »... [...]

(les restes en audio)


P.S. : Rencontre José Bové / Nicolas Hulot. Déclaration de José Bové

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