Ashram de Swâmi Petaramesh

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lundi 1 décembre 2008

Un citoyen comme un autre

Police partout, euh... Police partout, pour parodier un peu les Suiveurs....

Ce matin, la tribu médiatique est en effervescence, les ondes bruissent de leur digne révolte et de leur sainte colère.

Après l'interpellation pinochienne, pardon, sarkozienne, de Vittorio de Filippis, ex-directeur de Libération, voilà Edwy Plenel et Laurent Joffrin qui s'exclament d'une même voix, partageant en ce jour béni exactement le point de vue du Figaro, qui est exactement celui du propriétaire de La Croix.

Ça, c'est pas contre l'amende infligée au D.A.L. qu'on aurait recueilli une telle unanimité !

Mais que s'est-il donc passé pour susciter un tel élan d'indignation unanime des nos amis les médias, un consensus dont nul n'aurait osé rêver : eh bien, on s'en est pris à l'un des leurs, on a osé traiter l'une de leurs éminences comme un vulgaire malfaiteur.

À la plus belle mode de la Stasi, le monsieur a été interpellé aux aurores à son domicile, s'est vu menotter et traiter par les flics de pire que de la racaille devant son propre fils (si on ne pouvait pas insulter les gens qu'on arrête, ce ne serait pas drôle...), puis emmené au dépôt où on l'aura fait foutre à poil par deux fois histoire de regarder s'il n'avait pas un stylo-bazooka planqué dans le trou du cul.

Tout ça pour une plainte en diffamation,

Certes, la chose, digne d'une dictature sud-américaine, a de quoi glacer, et on éprouvera toute la compassion du monde pour le monsieur (qui n'en est cependant pas mort ni n'a été tasérisé, ce sera pour la prochaine fois...) et surtout pour son gamin (qui n'est pas près d'oublier cette matinée) mais de quoi s'indigne-t-on au juste ?

Lors de l'arrestation encore plus musclée il y a quelques semaines des "9 de Tarnac", a-t-on entendu le même choeur de vierges effarouchées, le même tocsin d'alarme, la République en danger, de la part de nos admirés journalistes ?

Que non point, rien de tout ça. On a eu de la présomption de culpabilité à tous les étages des kiosques, de la lecture de communiqués de presse du sinistère de l'Intérieur, du traficotage d'interviews pour faire dire aux interviewés le contraire de ce qu'ils avaient dit, de l'admiration pour nos cadors de l'anti-terrorismes qui s'étaient montrés brillamment capables d'interpeller 9 anars dans une ferme sans tuer personne.
On a eu 9 personnes brutalement interpellées par l'anti-terrorisme, traitées comme terroristes (alors même que le délit qu'on leur attribuait sans élément ni preuve n'avait fait ni morts ni blessés et n'aurait pu en faire aucun), gardées à vue pendant 96 heures... Avant d'être relâchées, le ballon s'étant dégonflé, ben non les gars, on n'a rien à leur reprocher pour de bon, mais que ça leur serve de leçon !
Les 9 de Tarnac ont été interpellés (et étaient préalablement sous surveillance) pour le seul crime de délit d'opinion (ni UMP ni P.S., vous voyez, mon bon monsieur !), de manifestation, de mode de vie alternatif, et ce dans une soi-disant démocratie qui ose encore se prétendre "patrie des Droits de l'Homme".

Et quelle a été la réaction des "grands" médias, tous confondus ou presque ? Présomption de culpabilité, sensationnalisme à pas cher, non-vérification des faits, bricolage d'interview au montage, acceptation pure et sans nuance de la brutalité de la répression, parce qu'on agitait devant leur museau de boeaufs la muleta du terrorisme.
Bon, depuis que l'affaire s'est dégonflée, on en a certes un peu parlé, dans les média et les journaux. Mais où sont les grandes envolées lyriques des éditorialistes, les cris "Au fascisme !" de la presse nationale ? Nulle part.

Il aura fallu qu'on touche à l'un des leurs pour que la dure réalité des choses les atteigne enfin, avec leur courte vue qui ne voit guère plus loin que leur petit univers clos et le cul du politicien dans lequel ils ont le nez.

Eh bien oui, aujourd'hui, braves gens, la grande presse réalise comment peut se trouver traité, du jour au lendemain, n'importe quel citoyen de ce pays à qui l'on reproche quelque chose, quoi que cela puisse être, et sur qui on lâche des "forces de l'ordre" dont bien souvent le comportement n'a plus rien de républicain, car le bâton n'est pas au service du peuple, mais de la main qui le tient.

Et nous avons ce magnifique concert de cris d'effroi.

Moi, en un tel jour, je voudrais simplement, chaleureusement et sincèrement, remercier la juge qui a envoyé les flics quérir monsieur De Filippis comme un quidam normal, en oubliant sans doute, est-ce bête, de préciser avec doigté et les égards dûs à un grand homme !

Ben oui, alors les braves flics y sont allés, et l'ont serré comme un citoyen normal, un quidam lambda, l'ont menotté avec des menottes à usage populaire et ont regardé dans son trou de balle avec une lampe de poche pour trous de balles ordinaires.

La volière est saisie d'horreur.

On la comprend. Y'a des jours où, quand on est tout-à-fait ordinaire, on se ne sent pas franchement rassuré à la perspective de notre "justice" et de nos "forces de l'ordre".

Et puis quand même, qu'on ait pu prendre un ex-dirlo de Libé pour un gauchiste, ma brave dame ! Le traiter comme tel ! Mais depuis que July a renié Mao, on n'aurait jamais cru une telle chose possible !

vendredi 21 novembre 2008

Le jeu de une erreur

Gymnastique cérébrale !

Entre cette photo de Rachida Dati prise le 17 juin 2008 au sénat :

Dati au sénat, 27 juin 2008

...et cette couverture du Figaro du 19 novembre 2008, les moines copistes du Figaro ont commis une légère erreur. Sauras-tu la retrouver, petit scarabée ?

Dati dans le Figaro, 19 novembre 2008

Un indice, petit scarabée, parce que sinon c'est trop difficile : dans leur grande charité, les moines copistes du Figaro, quotidien de révérence, ont sans doute trouvé qu'une bagouze "Liens" Chaumet à 15.600 Euros, ça la jetait un peu bling-bling, même pour une ministre de droite décomplexée.

Ils se sont donc autorisé un léger oubli. Comme disait le brave Beaumarchais, les faits sont sacrés, etc.

Alors, as-tu trouvé l'erreur, maintenant, petit scarabée ?

Heureusement que notre bon gouvernement pense souvent très fort à des moyens de contrôler ("moraliser") ce vilain Ternet dont les blogs diffusent des infos que c'est rien que des ragots et du grand n'importe quoi !
C'est pas dans la Grande Presse Sérieuse des copains du président qu'on se permettait la moindre entorse à la vérité vraie ! Pas comme chez nous les vilains Ternautes... Eux, ils ont une déontologie.

(Source : L'Express.fr)

Comme le disait aujourd'hui sur Farce-Info l'une de nos ministres, je ne sais plus laquelle,[1] à propos du nouveau fait divers du jour, cet abominable pédophile qui n'a enlevé ni violé personne mais ce n'est qu'un détail sans importance (je cite de mémoire) : Avant le danger se trouvait à l'extérieur, mais maintenant avec Internet il se trouve à l'intérieur de la maison, dans la chambre des enfants !. Ben ouais, nos chers bambins risqueraient d'avoir accidentellement accès à des photos de ministres non retouchées par le Figaro, voire même, qui sait, à de l'information non pré-mâchée et pré-chiée par la Grande Presse qui dîne avec les ministres dit la Vérité. L'horreur, quoi.

Notes

[1] Nadine Morano, ça me revient...

vendredi 14 novembre 2008

Le gag du jour

C'est ce matin sur Farce-Info, à 9h46 :

Satisfaction à Bercy : la France échappe de peu à la récession.

Avec un tel gouvernement, on n'a même plus besoin d'humoristes :-D

lundi 5 novembre 2007

Des gens très bien sous tous rapports

...ou ''la blogosphère pasteurisée".

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mardi 25 septembre 2007

Les journaux télévisés ne suffisaient plus...

240px-Sarcosuchus_skull.JPGà chanter la Gloire et les Louanges de notre Dieu Vivant, Guide Suprême, Père de la Nation, Conducatore, Chef Vénéré, Grand Sachem, Sarcosuchus Imperator et Leader Minissimo de droit divin.

Alors ce soir, France 2 nous diffuse en prime time un reportage / reconstitution / reality show / trash TV / cacaprout sur la fameuse prise d'otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine, celle qui s'était opportunément soldée par la mort du vilain méchant tout criblé de balles par les SWAT tout comme dans les séries américaines, pour la plus Grande Gloire du maire de l'époque du patelin, un type qui avait prouvé ainsi au monde que les vilains méchants n'avaient pas intérêt à venir se frotter à lui. Monsieur le Maire Héroïque, un petit bonhomme teigneux chef du ghetto de riches... Comment s'appelait-il déjà ? Flûte... Je l'ai sur le bout de la langue, mais ça ne veut pas venir... Je crois que l'Histoire n'a pas retenu son nom...

mercredi 19 septembre 2007

18h42, Nicolae Ceaucescu...

Comme beaucoup de monde, j'écoute souvent Carpathes-Info au volant de ma petite voiture, le matin en n'allant n'au boulot, le soir en rentrant d'avoir travaillé plus, pour me tenir au courant des derniers mensonges développements de l'actualité.

Depuis hier, j'ai compté 6 flashes-info et journaux du quart d'heure, commençant par la formule consacrée : Dix-huit heures quarante-deux; Nicolae Ceaucescu.... (Patati-patata, derniers Hauts Faits Héroïques et Discours du Grand Homme).

J'en ai compté 6, mais c'est parce que j'écoute peu. Mais maintenant je guette la formule d'ouverture des flashes, et depuis ce matin, j'ai échoué à en compter un ne commençant pas par l'incantation rituelle à Notre Leader Vénéré.

Il n'y a qu'un humain dans toutes les Carpathes, c'est notre Immense Nicolae, et il ne se passe rien de plus important dans le monde que les faits et dits de notre Prince.

Je me suis quand même dit qu'ils doivent bien se foutre de notre gueule, dans les pays démocratiques d'Europe occidentale... Avec notre culte de l'Homme Providentiel qui ferait rougir du Kazakhstan à la Corée du Nord, on va finir par passer pour un vrai ramassis de crétins en état de fascination morbide pour notre leader minissimo.

On a beau être dans les Carpathes et ne plus savoir ce que serait une presse audiovisuelle qui serait ailleurs qu'à la botte, là, franchement, ça se voit, à force de nous vendre notre baril de Nicolae qu'on n'a déjà pas voulu échanger contre deux flacons d'eau bénite de Sainte-Pimprenelle du Marais...

Et le pire c'est que ça marche, je vois plein autour de moi de crétins intelligents - la pire race de crétins - qui en demandent et en redemandent, du Nicolae suractivé au dabbeulyou actif (la poudre-aux-z'yeux bleue, elle est à l'intérieur, ça se voit que c'est du produit actif, ça, ma brave dame !).

Enfin moi, je dis ça, je dis rien. Je crois que je prendrai un jour ma retraite dans un pays libre, où les gens pensent avec leur tête plutôt qu'avec leur cul. Si jamais j'en trouve un.

lundi 27 août 2007

Défense de réfléchir : la politique de la "société du spectacle"

Relire Debord. Il n'a jamais été aussi d'actualité.

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mardi 1 mai 2007

Spin doctors

Un très intéressant bouquin que je suis en train de lire et que je vous conseille vivement :

Paul Moreira[1] : Les nouvelles censures / Dans les coulisses de la manipulation de l'information, Ed. Robert Laffont, 2007.

De manière parfaitement accidentelle, il est truffé de quantité de bonnes raisons qui me confirment s'il en était besoin[2] dans mon choix ferme et définitif de ne pas voter Ségolène[3] dimanche,[4] et de ne plus jamais voter socialiste en aucune circonstance et tant que ce parti existera sous cette forme et avec cette ligne et ces dirigeants, ou dans leur continuité.

Tiens, là, j'en suis à la page 152 :

Quelle place cette question [celle des effets dévastateurs du management des salariés au stress et à la précarité] occupe-t-elle dans les médias ? Quasiment aucune. Dans les années 1970, il existait une rubrique « Social » dans les grands journaux. Dans les années 1980, elle a été remplacée par une rubrique « Économie ». Andreas Freund, un journaliste du New York Times alors en poste à Paris, remarque que cette actualité-là disparaît du radar au moment de la présidence Mitterrand : « Saviez-vous par exemple qu'en six ans, à partir de 1983, une véritable répression syndicale a eu pour résultat le licenciement de 55.000 représentants du personnel dans les entreprises françaises ? Si vous ne le saviez pas, c'est qu'on ne vous l'a pas dit.[5] »

Page 153 :

Les pouvoir publics tendent à réduire les pouvoirs des inspecteurs du travail. Les sanctions professionnelles exercées par Martine Aubry, ministre socialiste, contre l'inspecteur du travail Gérard Filoche, un peu trop bavard devant les médias, ont plongé ce corps de fonctionnaires dans un silence encore plus apeuré. [...]


C'était bien, comme sujet, pour un premier mai, non ? On apprend également dans ce bouquin qu'au Japon, la mort d'un salarié par épuisement au travail porte le nom de karoshi et que les avocats du travail nippons chiffreraient le nombre de telles morts à 30.000 par an pour le seul Japon. Mais que le ministère du travail japonais, ne tenant compte que des décès fulgurants par attaque cérébrale ou crise cardiaque au travail en présence d'excès massif d'heures sup', ne retiendrait quant à lui que le chiffre d'environ 200 par an...

Notes

[1] Créateur de l'émission de reportage "90 minutes" sur Canal+

[2] Et il n'en était nul besoin...

[3] Ni Nicolas, bien entendu et a fortiori.

[4] L'attitude de José me navre.

[5] Andréas Freund, Journalisme et mésinformation Ed. Pensée sauvage, 1991.

dimanche 8 avril 2007

Le teaser kiffépeur

Je n'ai pas vraiment l'habitude de faire dans l'encart publicitaire en ce modeste ashram, mais je vous recopie ci-dessous et mot-à-mot l'édito-teaser de Jean-François Kahn qui se trouve dans le Marianne d'hier (n° 520 du 7 au 13 avril 2007) :

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vendredi 30 mars 2007

Ségolène ? Je ne peux pas la Blair-er...

Ségolène, de gôôôôche ? Rions un peu quoiqu'avec sinistrose mais sans aucune illusion, écoutez cette chronique "Presse hebdo" de Marc Fauvelle qui vient d'être diffusée sur France-Info (vendredi 30 mars, 13h47), et dont je retranscris ici les premières phrases :

« Elles les a cueillis à l'estomac » : C'est l'hebdomadaire Challenges qui raconte cette drôle de rencontre. Ils sont 9 autour de la table, 8 patrons de PME réunis par l'hebdomadaire et face à eux, Ségolène Royal, et la candidate socialiste tient des propos que ne renieraient sans doute pas ses challengers de droite: « Je dis aux entreprises : "faites des profits !" Il n'y a pas de honte à faire des bénéfices ; il faut sortir de l'idéologie punitive du profit. »
Commentaire de Challenges : « Jamais aucun dirigeant socialiste, pas même Michel Rocard, n'était allé aussi loin. La candidate socialiste a défendu une vision résolument sociale-démocrate »... [...]

(les restes en audio)


P.S. : Rencontre José Bové / Nicolas Hulot. Déclaration de José Bové

mardi 20 mars 2007

Sonder l'insondable

L'Inde a ses intouchables, la France aura ses insondables.

Où l'on fait référence à un sondage SOFRES sur ces français impossibles à sonder...

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lundi 19 mars 2007

Ils ne s'y attendaient tellement pas...

lemonde.fr 19 mars 2007Aussitôt la désignation des candidats "officiels" proclamée par le Conseil Constitutionnel, lemonde.fr s'est mis à publier les "fiches candidats" de tous les "petits" candidats, du moins tels que proclamés par les médias dominants de la PQM eux-mêmes, c'est-à-dire tous les candidats à l'exception des trois Grands déjà adoubés par la PQM (Sarkolène - Ségozy - Bayroudoudou) et du Vilain Gros Canard déjà largement connu et traité par ailleurs depuis belle lurette. Nous voici donc avec les "fiches candidats" de :

  • Gérard Schivardi (17h35)lemonde.fr 19 mars 2007
  • Frédéric Nihous (17h37)
  • Arlette Laguiller (17h38)
  • Dominique Voynet (18h00)
  • Marie-George Buffet (18h01)
  • Olivier Besancenot (18h03)
  • Philippe de Villiers (18h05)

Tous ? ...Sauf un, qui résiste imperturbablement à l'envahisseur, et pour lequel une "fiche candidat" ne sera finalement publiée qu'à...

  • José Bové (20h29)

lemonde.fr 19 mars 2007

Soit 3 heures après le premier, et 2 heures et demie après le dernier !

Faudrait-il en conclure que lemonde.fr ne s'attendait tellement pas à ce que notre José figure à l'affiche, qu'ils ne s'étaient même pas donnés la peine de préparer sa fiche à l'avance ?

Ah, cette presse me fera mourir de rire !

lundi 12 mars 2007

L'enfer, c'est les autres

Sans doute grâce à la qualité de leur travail, à l'impartialité de l'information qu'ils délivrent, à la variété de leurs sujets, à la profondeur de leurs enquêtes, au sérieux de leurs analyses, à leurs quotidiens sondages top-crédibilité, le petit monde des journalistes commence à sentir le feu qui leur brûle les fesses : Ils se mettent à redouter le spectre d'un monde sans journalistes.

Les aventures de Libé au pays des Rotschild leur foutent les jetons !

Alors bien sûr, plutôt que d'imaginer que leur petit ronron en vase clos puisse être pour quelque chose dans cette déroute annoncée, on a comme de juste le bon petit réflexe corporatiste du dinosaure qui vient de se faire marcher sur la queue : La désaffection dont ils souffrent, ce n'est sûrement pas leur faute à eux, non, c'est notre faute à nous [1] :

Dès l'ouverture des Assises internationales du journalisme, qui se sont tenues du 7 au 9 mars à Lille, Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone, a fait part de sa colère et de son inquiétude face à ce qu'il appelle une "organisation démagogique de l'information" générée par les fournisseurs d'accès à l'Internet. [...]

M. Bourges a pointé du doigt l'Internet nouvelle génération, le Web 2.0, qui "met en avant des "contenus" offerts par les internautes". Il y voit une de "ces pratiques qui révèlent une volonté sourde, tacite, mais profonde, de développer de manière croissante des médias sans journalistes".

(les restes chez LeMonde.fr)

Ah je le savais, tiens ! Ça va encore être ma faute...

Quand on lit ça, on se dit qu'on n'est pas très loin (coucou M. Donnedieu de Vabres !) d'une revendication de mise sous tutelle de la libre expression sur Internet par de vrais journalistes de la Pravda et de la Nomenklatura, parce que vous comprenez, mon bon Monsieur, si on commence à laisser les citoyens s'exprimer par eux-mêmes, raconter eux-mêmes ce qu'ils vivent, dire eux-mêmes ce qu'ils pensent, analyser eux-mêmes les conneries qu'on leur raconte... Raconter directement ce qui se passe dans la rue en bas de chez eux... Mais où va-t-on, je vous le demande ?

Sans personne pour faire la "nécessaire mise en perspective" ? Décider de ce qui mérite d'être dit et ce qui ne le mérite pas ? Démêler le vrai du faux ? Rewriter l'article ? Se souvenir opportunément qu'on ne doit fâcher ni l'annonceur, ni Monsieur le maire ? Mais vous n'y pensez pas !

Ah, ils sont très-très pour la liberté d'expression, nos camarades journalistes ! Euh, la liberté d'expression... La leur, ou la nôtre ?

Encore une honnête profession d'intermédiaires menacée ! Eux et les majors du disque, même combat !

Ah, tous ces braves gens auxquels le citoyen fait peur, finalement... Le public qui gouverne, s'exprime et décide, c'est vachement bien sur le papier, surtout quand il a besoin de toute une caste d'intermédiaires et autres vaches sacrées CSP++ pour ce faire ! Mais qu'il prétende s'en émanciper même un peu, passer plus de temps à écrire ce qu'il pense et à lire ce que pensent de vrais gens sur le 'net, plutôt qu'à avaler tout rond la pensée prémâchée de la boîtakons... Et il y a péril en la demeure !

Finalement, ils sont crétins, tous ces politiques. Parce que franchement, s'ils avaient pu savoir, en 1990, ce qui allait sortir de tout cet Internet moderne, ils auraient sûrement décidé de l'interdire d'entrée de jeu... Avant que ce ne soit entré dans les moeurs. Après tout, comme le disent ces braves intellectuels du groupe Kyo : Ils le font bien en Chine !.[2]


Addendum 15:17 :

Tiens, dans la même veine, mais autrement plus inquiétant que les vitupérations de Bourges, ce billet chez Caveat Emptor : "Dehors les blog-gueux!", donc voici un substantificque extrait qui nous montre par quelles voies détournées on pourrait bien essayer dans un trop proche avenir de nous faire fermer nos grandes gueules... Dans un proche avenir ? Ah non, merde, trop tard : C'est déjà fait :

Censure

Vous allez moins faire les malins car le gouvernement semble bien décidé à mettre un peu d’ordre superjuste dans votre loghorrée blogguique. Sa première mesure est d’ores et déjà très prometteuse. Grâce à un petit article glissé dans la loi sur la prévention de la délinquance, il devient interdit aux blog-gueux d’enregistrer et diffuser des images violentes. Seuls les Vrais Journalistes et les Médias Agréés peuvent le faire. Pour les autres, c’est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Rusé, le gouvernement. Il aurait pu dire la vérité, qu’il voulait vous faire taire, vous menacer de prison pour protéger une corporation -la nôtre- qui vit assez mal votre irruption dans l’espace public. Mais non, il s’agit officiellement de punir le happy slapping, cette pratique d’hydrocéphales qui filment avec leur téléphone une scène de violence qu’ils suscitent pour la diffuser sur le net ou auprès de leurs proches. Qui pourrait s’opposer à cela? Personne. Sauf que le texte de loi ne parle pas de happy slapping, mais d’images de « torture », « d’actes de barbarie ». Et même de violences commises par les forces de l’ordre.

Je répète. « De violences commises par les forces de l’ordre ». Comme Rodney King à Los Angeles il y a 16 ans, battu par des « forces de l’ordre ». Et filmé par un quidam. Interdit en France, ce genre de chose, désormais.

[...]

L’ex patron de France Télévision Marc Tessier, dans son rapport sur l’avenir de la presse, suggère un vrai label “journalisme AOC” décerné par une commission de copains des médias et du gouvernement sages pour trier les vrais folliculaires sérieux des gloseurs de blogs.

Merde, on est lundi, j'ai pas eu le temps de sortir racheter des sacs à vomi... Oh putain j'ai tout salopé le tapis du salon :-(

Ah, et puis, on pourra toujours utiliser ce charmant articulet de loi pour faire régner encore un peu plus de terrorisme judiciaire, traîner tout le monde et n'importe qui devant les tribunaux pour "diffusion d'images violentes"... Ne restera plus à la jurisprudence qu'à déterminer ce qui est "violent" ou pas... Au plus grand bénéfice de ton avocat mon ami.

Lois votées par nos chers députés, représentants du Peuple, vos élus, je vous le rappelle au passage. Vos élus à majorité UMP vous intiment de fermer vos gueules, merci, sinon c'est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Liberté d'expression à deux vitesses... Interdiction de diffuser des images de violences commises par les forces de l'ordre... Le fascisme n'est pas en route : il a déjà posé ses valoches.


Photo : iamilk, sous licence Creative Commons by-nc-nd

Notes

[1] Une suggestion, tiens : Et si, plutôt que de se faire les chantres perpétuels et sans nuances de la pensée libérale, ces braves journalistes s'exprimaient davantage en faveur de la réduction du temps de travail ? Ca laisserait davantage de temps à ce brave citoyen pour s'informer et lire la Pravda presse, non ? Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu Mâ Anandaramesh me dire : Si tu crois que j'ai le temps de lire la presse, avec la vie que je mène ! A part parcourir vaguement le "20 minutes" qu'on me donne à l'entrée du métro.... Messieurs les journalistes, vous voulez qu'on vous lise ? Commencez donc par militer pour que cette société donne à ses citoyens le temps de le faire ! En voilà une idée qu'elle est bonne !

[2] Le groupe Kyo s'est fait remarquer par ses paroles chocs : « Le truc qui m'a le plus parlé dans ce qu'il [Nicolas Sarkozy] nous a dit, c'est la possibilité de fermer un site de téléchargement illégal parce que c'est s'attaquer aux gens qui proposent de la musique gratuite et non pas s'attaquer aux internautes » et d'ajouter qu'avec Internet, « on peut faire n'importe quoi. On peut empêcher ces sites d'être utilisables en France. Ils le font bien en Chine ». - Le Monde Informatique, 10/03/2006, DADVSI : retour de la licence globale dans le projet

lundi 5 mars 2007

Bovan le barbare !

En guise de réponse à Sébastien Fontenelle qui, dans son commentaire d'hier laisse entendre que José Bové aurait dit, lors de son ahurissant interrogatoire par Arlette Chabot, qu'il appellerait à voter socialiste au second tour...

On peut remarquer que l'ensemble des principaux médias et chaînes de télévision n'ont de cesse, depuis le début de cette pré-campagne, de forcer ad nauseam la bipolarisation Sarkozy / Royal, et que l'essentiel des questions qu'ils posent à ceux qu'ils désignent eux-mêmes comme "petits candidats" se borne à leur demander non pas leur programme, mais à se positionner par rapport au programme "des grands", et si et pour qui ils donneront des consignes de vote au second tour, une fois qu'ils auront été (comme de bien entendu) éliminés, puis les journalistes s'empressent de déformer les réponses obtenues pour les transformer en réponses qu'ils avaient l'intention d'obtenir, et ce, dès le début.

Ainsi, le ralliement de José Bové à Ségolène Royal au second tour a déjà été annoncé par de scrupuleux journalistes (Associated Press), et a déjà été dementi par José. De même d'ailleurs que le ralliement de Clémentine Autain à Ségolène Royal a lui aussi été annoncé à plusieurs reprises, avant d'être également à chaque fois démenti. Mais comme dit le proverbe Médisez ! Il en restera toujours quelque chose... et cela semble être l'une des règles de base de notre vie politique.

Si l'on veut se faire une idée amusée (ou attristée) de l'impartialité avec laquelle Arlette Chabot traite du candidat José Bové, on en trouvera un assez bel exemple dans la vidéo ci-dessous, A bas José Bové !, vidéo où l'on voit une bonne partie de notre classe médiatique et de ses indispensables philosophes, d'Alain Minc à Finkielkraut en passant par Luc Ferry et Laurent Ruquier... se déchaîner comme un seul homme contre la barbarie intellectuelle dont notre José national serait le porte-flamberge...

Un gloubiboulga qui laisse rêveur...

Cette vidéo, Des bonnes raisons de détruire sa télévision a été publiée sur le site de campagne "Unis avec Bové" et a été uploadée sur DailyMotion pour la rendre plus largement accessible et économiser la bande passante de son hébergement.


(A bas José Bové sur DailyMotion)


(Update 06/03/2007 09:39 : L'URL de téléchargement de cette vidéo (ci-dessous) a été modifiée après disparition de celle-ci de son site d'origine www.unisavecbove.org...)

Le fichier original de cette vidéo (format "libavformat" .flv) peut être téléchargé ici (17 Mo), ce que je suggère à ceux qui voudraient éviter le risque de voir cette vidéo militante qui ne fera pas que des heureux disparaître brutalement de la surface de la planète, sait-on jamais...

(Update 06/03/2007 09:39 : Une version .avi/MPEG4 est également disponible ici (26 Mo).)

Objectifs, les médias ? Pas la moindre, moindre, moindre, moindre chance !

mercredi 28 février 2007

L'époque est légère, insouciante, fraîche et joyeuse !

Entendu hier après-midi à 16h27, sur France-Intox, la chronique Courant d'air par Brigitte Benkemoun...

Là, question courant d'air, c'est carrément avis de grand frais dans la boîte crânienne...

Écoutez-moi ça,[1] vous m'en direz des nouvelles...

Notes

[1] Nécessite RealPlayer.

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