Ashram de Swâmi Petaramesh

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Mot clé - liberté

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mercredi 14 mai 2008

République bananière

...Ou comment le ménage est fait devant les pas glorieux de notre Petit Bananier.

Ça s'est passé hier, en Chine Corée du nord Irak France, patrie des Droits de l'Homme fromages qui puent et de la Liberté d'expression du gros rouge qui tache.

dimanche 24 juin 2007

Quelques mots du Prophète

Richard M. Stallman Cela ne concerne pas l'argent, cela concerne la liberté. Si vous pensez que cela concerne l'argent, vous n'avez rien compris. Je veux utiliser un ordinateur librement, pour coopérer, pas pour restreindre ou interdire de partager. Le système GNU/Linux a obtenu du succès avec plus que cela. Le système est devenu populaire pour des raisons pratiques. C'est un bon système. Le danger réside dans le fait que les gens vont l'aimer parce qu'il est pratique et qu'il va devenir populaire sans que personne n'ait la plus vague idée des idéaux qui sont derrière, ce qui serait une manière ironique d'échouer.
- Richard M. Stallman

La seule raison pour laquelle nous avons un système d'exploitation totalement libre, c'est grâce au mouvement qui a dit que nous voulions un système d'exploitation totalement libre, et pas libre seulement à 90%. Si vous n'avez pas la liberté pour principe, vous trouverez toujours une bonne raison de faire une exception. Il y aura toujours des moments où, pour une raison ou pour une autre, il y a un avantage pratique à faire une exception.
- Richard M. Stallman

Je n'étais pas un esclave de la soif de l'argent, et cela m'a permis de faire quelque chose qui en valait la peine. C'est pourquoi, lorsque j'ai commencé le projet GNU, j'ai aussi commencé à faire pousser mes cheveux. J'ai fait cela parce que je voulais dire : Je suis d'accord avec un aspect du mouvement hippie : ne faites pas de la réussite matérielle un but dans la vie.
- Richard M. Stallman

Il n'existe pas de système d'exploitation appelé Linux. Le système d'exploitation appelé Linux est GNU. Linux est un programme - un noyau. Un noyau est une partie du système d'exploitation, le programme de niveau le plus bas du système qui surveille l'exécution des autres programmes et partage la mémoire et le temps de calcul du processeur entre eux.
[...] le système existe grâce une philosophie idéaliste. Si vous l'appelez Linux, vous allez à l'encontre de la philosophie. C'est un problème très grave. Linux n'est pas le système. Linux n'en est qu'une partie. [...] La vision idéaliste du projet GNU est la raison pour laquelle nous avons le système.
- Richard M. Stallman

Cité chez Framasoft


Photographie par Chrys, sous licence Creative Commons-BY 2.0

mercredi 15 novembre 2006

Le bisou de la terreur

Cette fois, ils sont vraiment devenus fous :

USA: un couple qui s'embrassait dans un avion poursuivi en justice

WASHINGTON (AFP) - Un homme et une femme à "l'activité sexuelle excessive" dans un avion vont comparaître en février devant un jury fédéral américain pour violation du Patriot Act, la loi votée après le 11-Septembre pour lutter contre le terrorisme, a-t-on appris mardi de sources judiciaires.
[...]
L'équipage a signalé l'incident au FBI, et le couple a été arrêté à l'atterrissage.
[...]
les deux passagers ont été placés sous contrôle judiciaire jusqu'à leur procès [... et ...] ils risquent jusqu'à 20 ans de prison.

Lire les restes de cette actualité, Phear !

(Réfléchissez avant de voler sur Southwest Airlines..)

...On en trouvera pour me dire que je jette un regard cynique, voire pessimiste, sur le monde :-D

lundi 30 janvier 2006

Une grenouille dans l'eau froide

...ou comment la liberté a disparu sans que personne ne s'en aperçoive.

On raconte que si l'on plonge une grenouille dans de l'eau très chaude, elle saute immédiatement hors de la casserole pour sauver sa vie. On raconte cependant que, si l'on met la même grenouille dans une casserole d'eau froide, elle s'y trouve très bien, et que si, partant de là, on augmente très progressivement la température de l'eau, la grenouille, ne se rendant compte de rien, ne tentera pas de s'enfuir et restera tranquillement là jusqu'à ce qu'elle soit cuite à point.

(Je n'ai pas réalisé cette expérience en ce qui me concerne, aucun animal n'ayant été maltraité pour la réalisation de ce blog.)

Ainsi la liberté a-t-elle disparu, non pas un triste jour, mais par petites touches, et la plupart de nos contemporains s'imaginent encore vivre dans une société libre, alors que cette liberté fuit chaque jour de toutes parts.

L'eau n'est pas chaude, elle est bouillante !

De fait, le contraire d'une société de liberté n'est-il pas une société de surveillance omniprésente ?
Un des fondements d'une société de liberté n'est-il pas la présomption d'innocence ? Son contraire n'est-il pas la présomption de culpabilité ?
L'une des libertés fondamentales n'est-elle pas la liberté d'aller et venir, et de le faire, comme tout présumé innocent, tranquillement, anonymement, sans avoir à montrer patte blanche, sans être suivi à la trace, hors de vue de l'oeil des caméras ?

Mais ces libertés-là, voyez-vous, ont disparu, sans que cela ne dérange grand-monde.

Remettons la pendule vingt ans en arrière. Quelle différence voyons-nous ?

Il y a vingt ans... Les villes n'étaient pas massivement équipées de caméras de surveillance avec enregistrement (installées bien sûr dans les lieux sensibles, cette notion élastique étendant chaque jour l'emprise de son fourre-tout). Les bâtiments publics non plus, à part peut-être quelques banques et l'accès de certaines prisons. Les magasins qui en avaient étaient rares ; seuls quelques grands magasins, dans quelques grandes villes, affichaient le sympathique écriteau Souriez ! Vous êtes filmé.. Les autres, néolithiques, se contentaient le plus souvent de quelques miroirs convexes.

Aujourd'hui ? Caméras partout. Sur les trottoirs de nos villes, à chaque carrefour, dans chaque lieu public, chaque parking, chaque magasin jusqu'au petit épicier du coin, mais également à l'intérieur des moyens de transport : chaque bus, chaque rame de métro a désormais les siennes. Et avec enregistrement s'il-vous-plaît. Les caméras, miniaturisées, placées en hauteur ou dans des boules noires opaques ressemblant à des réverbères (en ville) se sont faites de plus en plus discrètes, mais surtout, nous nous y sommes de plus en plus habitués. On ne nous invite plus à sourire, nous finirions par en attraper des crampes, de sourire sans arrêt à longueur de journée... Avez-vous une idée du nombre d'yeux de verre que vous croisez chaque jour, entre l'instant de votre lever et celui de votre coucher ? Non, vous n'en savez rien. Vous n'y prêtez aucune attention. Vous ne les voyez plus. Eux, vous voient très bien.

Comme être filmé et enregistré ne suffit pas, nos politiques votent des lois anti-terroristes afin de permettre un accès plus facile et plus immédiat des forces de l'ordre aux films de caméras de surveillance réalisés par des entités privées (magasins, etc.). Ca serait trop bête que ça ne serve à rien...

Il y a vingt ans, beaucoup d'entre-nous avions déjà une carte bancaire, mais les commerçants, eux, avaient pour la plupart encore un fer-à-repasser, et transmettaient périodiquement les facturettes à leur banque. Aujourd'hui, c'est le progrès ! Grâce au réseau informatique, le Groupement Carte Bancaire sait, en temps réel, où vous êtes. A chaque fois que vous dégainez votre carte bancaire. Votre banque le sait, et tout pouvoir qui a pouvoir sur votre banque peut le savoir aussi. Sans que vous n'en sachiez rien.

Il y a vingt ans, presque personne n'avait de téléphone portable, en dehors que quelques urgentistes et de rares et importants personnages. Aujourd'hui, chaque ado a le sien, son bien le plus précieux. Qui, grâce aux progrès de la technique, permet désormais de géolocaliser son heureux possesseur à quelques dizaines de mètres, que celui-ci téléphone ou pas, bien entendu. Il suffit que l'appareil soit allumé.

Il y a vingt ans, et même il y a dix, on avait une carte d'abonnement de transports que l'on montrait simplement au chauffeur, avant de la remettre dans sa poche. Mais tout cela a été modernisé ! Aujourd'hui, dans les grandes villes, nous avons une carte d'abonnement électronique qu'il suffit d'approcher à 10 cm de la borne pour que ça fasse Bip !, enregistrant au passage qui est passé, il est passé, et quand il est passé. Maintenant, la société des transports sait exactement qui va où, et quand. C'est le progrès.

Comme tout cela ne suffit pas, les industriels commencent à équiper les biens de consommation qu'ils nous vendent - en commençant par les chaussures, vêtements... - de tags RFID minuscules, infimes petits espions inclus dans les objets et qui pourront, par ondes radio et en silence, communiquer avec les portiques RFID qui équiperont bientôt les entrées ou les rayons de nos grands magasins. Ou de tout lieu public. Ces tags un peu bébêtes se contenteront, à chaque passage, d'émettre leur petit Salut ! Je suis la chaussure Nike n° de série XYZ ! et, par la magie de la traçabilité, il sera possible de reconstituer l'itinéraire de la chaussure n° XYZ, bien après son achat, tant que cette chaussure se promènera. Il sera possible de savoir dans quel magasin elle a été achetée, quel jour, et par quelle carte bancaire elle a été payée. Il sera possible de connaître tous les déplacements du suspect qui a acheté la chaussure n° XYZ.

Comme être électroniquement tracé ne suffit pas, nos politiques votent des lois anti-terroristes afin de permettre un accès plus facile et plus immédiat des forces de l'ordre à ces méthodes de traçage, à notre insu bien entendu. Faut être logique, on ne va quand même pas prévenir des terroristes quand on les surveille...

Il y a vingt ans, nos documents d'indentités étaient probablement falsifiables, puisqu'ils ont depuis été remplacés par des infalsifiables. Rappelons toutefois qu'il y a 60 ans, des milliers de vies innocentes ont pu être sauvées parce que les pièces d'identité ont pu être falsifiées. C'était sous l'occupation nazie. Bien sûr, tout le monde sait que cela ne se produira jamais plus, notre démocratie est éternelle...

Comme être infalsifiable ne suffit pas, nos pièces d'identité vont prochainement être remplacées par des modèles plus mieux modernes, des biométriques, s'il-vous-plaît. Des qui contiendront, sous forme informatique, l'empreinte de votre doigt, la forme de votre visage ou l'image de votre iris. Afin de pouvoir permettre à l'ordinateur de vérifier instantanément que vous êtes bien celui que vous prétendez être. Des fois que vous soyiez un terroriste, hein... Et puis, parce que les Américains l'exigent, et que, voyez-vous, ce sont eux qui commandent. Ils attraperont plus facilement Oussama quand celui-ci aura enfin son passeport biométrique. Promis, juré.

D'ailleurs, de la biométrie, on va vous en mettre partout, on va vous en faire bouffer, mes lascars ! Et, pour que ça ne vous choque pas, on va commencer par vous y habituer bien gentiment, pour avoir une carte de réduction dans le moindre aquarium[1], ou pour faire manger votre gosse de 4 ans à la cantine de son école.

D'ailleurs, c'est exactement ce que préconise le GIXEL, le groupement des industriels du flicage électronique, sacré beau bizness juteux que voilà, qui précise bien dans son Petit Livre Bleu:

Acceptation par la population :
La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d'un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l'apport de fonctionnalités attrayantes:

- Éducation dès l'école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s'identifieront pour aller chercher les enfants.
- Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo

- Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l'accès Internet...

La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l'apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gène occasionnée. Là encore, l'électronique et l'informatique peuvent contribuer largement à cette tâche.

Eh bien, nous voilà avertis des intentions de ces messieurs.

Contre qui déjà fait-on tout ça ? Au nom de quel saint nous impose-t-on cette surveillance ubiquitaire de tous les instants ? Au nom de la divinité de la Lutte Contre le Terrorisme. Celle dont les média nous rebattent les oreilles à longueur de journaux, et au nom de laquelle notre gouvernement propose, et notre parlement vote, une nouvelle Loi Anti-Terroriste tous les 6 mois, puisque, certainement, l'ancienne ne suffisait pas, et qu'il faut encore en rajouter une couche. Pour être vraiment, enfin, en sécurité.

C'est qu'ils sont vraiment dangereux, ces affreux terroristes, pour que cela justifie de placer sous surveillance extrême nos 60 millions de Français. Forcément : puisqu'on ne sait pas qui ils sont, il faut bien surveiller tout le monde ! Logique...

Et combien ont-il fait de morts en France, ces terroristes si dangereux, disons, sur les dix dernières années ? Comment ? Aucun ou presque ? Pas des tas ? Je veux dire, comparativement à une bonne épidémie de grippe ou à une canicule estivale ? Par rapport au nombre de gens tués par l'alcool ou le tabac ? Une quantité négligeable ? Nooon ? Pour de vrai ?

Mais alors, dites, on peut se demander... Si ces dangereux terroristes sont, plus qu'une menace réelle, davantage le croquemitaine pour faire peur aux enfants... Alors dites, c'est qui au juste qu'on surveille ? Ca ne serait pas "nous" ? Tout le monde ? Des fois ?
Le peuple, tout le peuple, ne serait-il pas l'objet final de tout ce contrôle, le troupeau à marquer, tracer et numéroter ? Pour son plus grand bien, comme de bien entendu. Et sous le contrôle de bergers pleins d'Amour qui ne veulent que le bien de leur gentil troupeau.
Bêêêêêêêê....

La plupart des gens s'imaginent que Big Brother est une fiction futuriste. Mais il est déjà parmi nous, un Big Brother technologique d'une omniprésence qu'Orwell lui-même n'avait pas cauchemardée.

C'est arrivé tout seul, mais ce ne fut pas difficile : Personne ou presque n'a rien dit, trop occupés à se demander qui allait remporter la Star'Ac à la télé, les gens. Trop absorbés par leurs soucis immédiats et quotidiens. Trop intoxiqués par la propagande des médias.

Et si, un jour, notre belle démocratie devait être remplacée par un régime totalitaire, celui-ci, dès son arrivée, bénéficierait d'un système de surveillance et de contrôle universel dont aucun totalitarisme n'a jamais osé rêvé.
C'est l'héritage qui lui lègueront nos gouvernants et décideurs actuels. Gageons qu'il en sera fait bon usage...

Le 20 janvier dernier, trois jeunes militants comparaissaient devant le tribunal d'Evry pour avoir détruit les appareils biométriques d'un lycée de Gif-sur-Yvette.

Louis Joinet, ancien directeur de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), a témoigné en la faveur des accusés, et s'en est expliqué ainsi:

«Parce qu'on veut faire accepter la traçabilité à des enfants de 3 ans. Parce qu'on veut leur dire qu'il est normal que leur corps soit un instrument de contrôle, comme si c'étaient des bêtes.»

Les trois militants actuellement poursuivis ont tout mon soutien et toute ma sympathie.

Délibéré au 17 février.

Notes

[1] J'avais, à l'époque, développé un argumentaire qui n'a pas pris une ride.