Ashram de Swâmi Petaramesh

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lundi 25 janvier 2010

Défaire le totalitarisme numérique

Quelques états bien connus, comme la Chine ou l'Iran (tant il est facile de désigner la paille dans l'oeil du voisin) donnent depuis des lustres le bel exemple du totalitarisme numérique par leur surveillance et leur filtrage de l'usage d'Internet et des réseaux par leur population.

Heureusement, l'obus appelant le blindage, des geeks libertaires de tous horizons, soucieux de la défense des libertés numériques, et avec l'aide d'organisations comme l'Electronic Frontier Foundation, se sont occupés depuis longtemps de fourbir les outils de la Résistance Numérique, outils le plus souvent libres, gratuits, et faciles à se procurer.

Et cela tombe bien à une époque où la paille dans l'oeil de nos voisins chinois ou iraniens ne parvient décidément plus à nous masquer la poutre de nos LSI[1], LSQ[2], DADVSI[3], HADOPI[4], LOPPSI[5] et autres petites lois anti-terroristes quotidiennes ou presque, qui, au prétexte de notre "protection" et surtout de celle du Dieu Pognon, construisent jour après jour dans notre société les murs et caméras virtuels du fascisme numérique.

Car on le sait, maintenant, l'ennemi, c'est nous.

Bien que les outils capables de ridiculiser les HADOPItreries existent et soient faciles d'accès, Monsieur et Madame Michu sont rarement informés de leur existence, de leur nature, de leur emploi et de leurs limites, créant une nouvelle fracture numérique, celle de la connaissance ou non des moyens d'échapper au flicage ubiquitaire.

Je me propose donc dans ce billet de faire un rapide tour d'horizon de quelques outils connus et plus ou moins couramment employés, et d'en donner une description que j'espère compréhensible pour n'importe quel député socialiste.

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
- Article XII

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- Article XIX

Notes

[1] Loi sur la Sécurité Intérieure

[2] Loi sur la Sécurité Quotidienne

[3] Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information

[4] Haute Autorité de je ne sais plus quoi

[5] La même chose en couleurs.

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vendredi 25 décembre 2009

Que faire un matin de Noël ?

...Quand on n'a pas grand-chose à branler (ce qui est fort bon et permet un peu de détente méditative devant le bol de café)...

Alors, accrocher le contenu de la machine à laver dont l'essorage a bercé mon réveil avant que ledit contenu ne se transforme en sculpture contemporaine au plissé trop fortement esthétiquement étudié ? Nan, taleur...

Faire les paquets kados ? Oui, Ma Sainteté fonctionne en horaires décalés... Oui, mais non, taleur...

Passer le coup d'aspiro qui me supplie de son placard de faire quelque chose depuis 2 semaines ? Euh, taleur... Après avoir accroché la machine, sans doute...

Ah tiens je sais ! Ouvrir un compte sur Touiteur : Il est temps que Ma Sainteté allergique aux "réseaux sociaux" et autres fesses de boucs Se sorte un peu les doigts du cul histoire de Se moderniser et de rester dans le trop hype, et puis ça donne une bonne occase de tester le plasmoïde microblogging de KDE 4.3.2, qui a d'ailleurs l'air de marcher plutôt pas mal...[1]

Tiens, sinon, l'abbé Mouspapam s'est mangé le carrelage, hier soir. Ma Sainteté doit être parvenue à se libérer des émotions, telle le bodhisattva moyen : Elle n'arrive pas à Se sentir trop triste en lisant cette nouvelle :-}

Notes

[1] Update : En fait, Choqok est achement mieux...

mardi 15 décembre 2009

Mister Li

Beaucoup de gens de ma connaissance hésitent à "acheter sur Internet", craignant l'arnaque ou le piratage de leur n° de carte bancaire.

Cette hésitation est encore plus importante - et compréhensible - quand il s'agit de commander quelque chose au bout du monde, avec fort peu de possibilités de se retourner contre le vendeur en cas d'arnaque ou de problème. La méthode générale étant le paiement d'avance à la commande, que faire si un chinois de Hong-Kong n'expédie jamais le produit commandé et payé, ou si celui-ci ne correspond pas à sa description ou aux attentes qu'on en a ?

C'est pourtant quelque chose que je fais de temps à autre, et jusqu'ici, je n'ai jamais eu à le regretter. Je n'ai jusqu'ici commandé "au bout du monde" que des objets de valeur relativement modeste, et pour lesquels une arnaque ou une déception serait chiante, mais pas catastrophique. Des objets également pour lesquels je ne compte pas trop sur une garantie ou un service après-vente, mon attente se bornant à ce qu'ils correspondent à leur description et fonctionnent correctement à l'arrivée. Je ne commande également au bout du monde que des objets introuvables facilement en France, ou pour lesquels l'écart de prix est tel qu'il justifie de déranger Mister Li.

Jusqu'ici, j'ai du commander 4 ou 5 trucs aux Etats-Unis, 1 en Nouvelle-Zélande et 3 ou 4 à Hong-Kong. Généralement des bidules très spécifiques, assez techniques, vraiment le machin que tu ne trouveras jamais au coin de la rue et qu'il faut aller chercher sur le 'net, ou alors des objets honteusement chers ici avec un délai de livraison à rallonge, et quasiment donnés là-bas avec un délai de livraison plutôt meilleur, comme par exemple une batterie pour un portable plus de toute première jeunesse.

Les précautions que je prends se bornent à tenter d'évaluer le sérieux du vendeur ou de la boutique (retours d'autres clients, évaluations éventuelles ici ou là), et à ne jamais communiquer mon n° de carte bancaire au vendeur lui-même, mais toujours via des sites de paiement en ligne connus pour leur sérieux.

Ces précautions élémentaires prises, je n'ai jamais eu à regretter mes "commandes du bout du monde". J'ai toujours reçu l'objet commandé dans les délais prévus, et la seule fois où je ne l'ai pas reçu (une batterie de portable, justement), il m'a suffi d'un mail au chinois de Hong-Kong pour qu'il m'en expédie une deuxième gracieusement sous 24h, en me disant dans un anglais tout ce qu'il y a d'approximatif que je pouvais garder la première si jamais je finissais par la recevoir, ce qui a fini par se produire un mois après, je ne sais vraiment pas par où celle-là était passée ;-)

La seule fois où j'ai été marron, c'est moi qui m'étais gourré dans une référence précise, et le chinois était prêt à m'échanger la pièce pour peu que je lui renvoie la première - mais la valeur de cette pièce, moins de 10 Euros, ne valait pas le coût de l'expédition et surtout l'attente de l'aller-retour pour un truc dont j'avais urgeamment besoin. J'ai donc recommandé celle qui me fallait et assumé mon erreur.

Pour certaines pièces très spécifiques et pour retaper un ordinateur portable auquel il est arrivé malheur, le chinois de Hong-Kong est souvent la meilleure solution : il a tout, à pas cher, et il envoie vraiment ce qu'on lui commande.

Finalement, les seules déceptions (relatives) que j'ai pu avoir sur Internet ont été des achats de matériel d'occasion sur eBay, deux fois où il s'est avéré que le vendeur n'avait pas la même compréhension que moi des expressions "Etat neuf" ou "Très peu servi", et où j'ai reçu du matos qui avait visiblement un sacré paquet d'heures de vol, mais qui à ce point près fonctionnait cependant parfaitement.

La raison de ce billet : J'ai reçu un p'tit colis hier pour l'anniversaire de mademoiselle Patâpatî, et je suis content. Mister Li a mis 5 jours à me faire parvenir pour moins cher un truc épuisé partout en France ou avec des délais de plus d'un mois ;-)

lundi 16 mars 2009

L'irrésistible ascension du Libre

Le succès inattendu de mes deux billets de la semaine dernière sur la loi HADOPI a amené à cet ashram plus de 17400 pèlerins de mardi à dimanche (minute d'auto-satifaction : « Ouuééééé !» - fin de la minute d'auto-satisfaction) provenant de mille recoins du net aussi divers que variés allant jusqu'aux gauchistes de combat du MoDEM de M. Bayrou.

Voilà certes un éventail de visiteurs largement plus vaste que celui des disciples habituels et blanchis sous le harnois de notre Sainte Église, un éventail de visiteurs dont on peut supposer qu'ils n'ont pas tous, loin de là, encore vu la lumière du Logiciel Libre, et qu'ils forment un échantillon représentatif (en tout cas plus que d'habitude) d'utilisateurs du nain Ternet s'étant un peu intéressés à l'actualité de ce qui va nous tomber sur le coin de la gueule.

Cet échantillon plus vaste mérite qu'on s'y arrête pour se poser la question : mais quels systèmes d'exploitation et navigateurs les Ternautes lambda utilisent-t-ils ?

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vendredi 27 février 2009

L'ai-je bien descendu ?

Le premier m'a fait rire de la crédulité de son expéditeur.

Au deuxième, je me suis adonné au coupable plaisir solitaire de l'autosatisfaction, me félicitant de la crédibilité de l'aspect de mon oeuvre.

Au troisième, j'ai commencé à flipper. Dur.

Car les âmes charitables de certains de mes visiteurs se donnaient la peine de m'informer par divers canaux - y compris le formulaire de contact que l'accès à mon modeste ashram était à présent bloqué par un drôle de filtre du gouvernement, s'enquiéraient de savoir si j'en étais informé, et incidemment de la nature exacte du crime zoophile que j'avais pu commettre pour subir un aussi funeste sort.

En se félicitant qu'on puisse encore toutefois contourner l'obstacle en faisant acte de courage et au mépris de la peur de représailles.

Le dernier m'informe heureusement que ce n'est donc pas un complot de Bill Gates, l'accès s'avérant "bloqué" également depuis les points d'accès Wi-Fi d'un lieu public d'un autre pays d'Europe.

Damned !

Ce qui me plonge dans un abîme de perplexité méditatoire, c'est que ces visiteurs ne semblent pas s'étonner qu'on soit déjà demain...

mardi 24 février 2009

Normal, blanc quoi... Puis cent jours et mèche.

C'est sans doute le dégoût croissant, joint à un sentiment d'inutilité - comme me l'écrivait chez Céleste une commentatrice hier soir : vous ne faites que répéter ce que nombres de personnes affirment depuis des décennies…, ce qui n'est pas totalement faux, plus le manque de temps, qui m'ont conduit au silence ces derniers jours à propos de la scélérate loi HADOPI qui nous pend au nez pour enterrer une bonne fois Internet en France, du moins pour l'usage qu'en font les citoyens, soyons sûr que le supermâché virtuel et la presse qui ment n'auront rien à en craindre. Le futur d'Internet en France ? Ben la radio, la télé, la presse qui ment et un immense supermâché. Rien que de très normal.

L'interopérabilité ? Dans ton cul mon ami. Si tu as le malheur de ne pas utiliser Windows mais d'y préférer un système libre, tu seras de ce fait potentiellement embastillable pour cause de mauvaise foi caractérisée par le fait de ne pas utiliser les filtres gouverne-mentaux incompatibles avec ton système.

Mais j'apprends maintenant que, très certainement, ce modeste ashram, ainsi certainement que tous vos sites et blogs et les endroits où vous aimez flâner, mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, ne seront pas assez blancs, mon fils, pour être consultables depuis le cybercafé ou le McDo ou la médiathèque municipale du coin. Rassurez-vous, les sites du Figaro, de TF1, de FNAC.com et de l'UMP, et je parierais aussi du parti socialiste, le seront sans problème. Bien blancs. Vous ne risquerez donc pas de manquer d'information ni de la possibilité de faire quelques petites courses en bouffant votre burger.

On dit quoi là ? On dit plus rien.

Cent jours et mèche pour Julien Coupat

Ben voilà, notre otage national, qui ne va pas tarder à devenir un symbole, peut-être même à force un symbole historique, lui qui ne briguait sûrement pas tant d'honneurs, reste en cabane. Ça fait cent jours et mèche qu'il est sous lettre de cachet.

Ce qui me frappe le plus et me terrifie, là-dedans, outre toute la sympathie que je peux avoir pour lui sans le connaître, dans de telles circonstances, outre la révolte et le dégoût que cela m'occasionne, c'est quelque chose qui va encore au-delà.

Que des flics puissent avoir la main lourde et monter une opération d'envergure pour arrêter comme terroristes quelques voleurs de poules présumés, dont rien ne démontre qu'ils aient jamais volé quoi que ce soit ni ne se soient jamais approché d'une poule, ça ne me surprend pas. Dans tout système il y a des dérapages, dans toute organisation répressive, des dérapages répressifs.

Qu'un gouvernement, un ministère, puisse téléguider et instrumentaliser une telle opération dans un total cynisme, ça me fout la gerbe en éventail, mais ça ne me surprend absolument pas du gouvernement qui est le nôtre dont je n'espère absolument rien de bon dans aucun domaine, et dont aucun mensonge, vilenie crasse, malhonnêteté, injustice, magouille, forfaiture ou déni de droit ne me surprend. Ils peuvent me faire vomir plusieurs fois par jour, mais m'étonner serait plus difficile.

Qu'un procureur puisse y prêter la main ne me surprend pas beaucoup plus. Maillon du système répressif, en étroite subordination de la chancellerie, son boulot est de demander qu'on incarcère, il n'est point surprenant qu'il le fasse. Et les problèmes de conscience, s'ils existent, que peut lui donner la vacuité du dossier ne sont pas les miens, c'est une affaire entre son miroir et lui quand il se rase le matin.

Qu'un juge des "libertés" et certes, de la détention, puisse avaliser ceci et maintenir un bonhomme sous les verrous quand aucun élément sérieux ne figure au dossier, quand l'incrimination de "terrorisme" est sans aucun rapport avec la gravité des faits dont Julien Coupat est présumé innocent, quand la détention préventive d'un présumé innocent est censée être l'exception et non la règle, là, ça commence à me trouer sérieusement le cul.

Que, quand un tel juge décide la mise en liberté, le parquet aux ordres du ministère fasse aussitôt appel, rien d'étonnant, mais que la chambre de l'instruction le suive, voilà qui a fini par me libérer des dernières illusions que je pouvais entretenir sur la justice, avec un tout petit "j", de ce pays. OK, OK, j'avais déjà entendu de la bouche de quelques dangereux bolchéviques d'ultra-gauche au couteau entre les dents des mots comme justice de classe, ça restait un peu abstrait, mais c'est avec des démonstrations concrètes qu'on finit par comprendre, alors voilà, je suis un peu con et lent, mais moi aussi ça a fini par me venir : ça veut dire que, loin d'être au service de la Justice, la justice... loin d'être au service des citoyens, ni même de la République en tant que belle et noble idée, non, non. La j-minuscule-ustice est purement au service du maintien de la stabilité d'un système social et politique, ce qui veut dire qu'elle est purement et uniquement au service des intérêts de ce système, et que les intérêts du système se confondent avec ceux de ses dirigeants. Voilà. La j-minuscule-ustice est une manière de donner une apparence respectable à la répression de tout ce qui pourrait aller à l'encontre du bon plaisir des chefs. Ça fait plus long que justice de classe, mais comme ça, j'ai enfin compris.

- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'agneau ; je tette encor ma mère
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !
[...]
- On me l'a dit : il faut que je me venge !
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Bon jusque là, j'ai gerbé mon quatre-heures et j'ai appris des trucs, perdu des illusions, ce qui est toujours bon à perdre, mais je n'ai pas encore touché le fond.

Là où je commence vraiment à flipper, c'est quand je me rappelle que dans tout pays "libre et démocratique", s'il peut y avoir des bavures ou des dérapages ici ou là, il y a cependant des systèmes de sécurité en série destinés à garantir en fin de compte les libertés, et à arrêter les dérapages avant qu'ils ne dérapent trop loin sur les plate-bandes des Droits de l'Homme. Le premier de ces systèmes de sécurité s'appelant la séparation des pouvoirs, qui en principe permet de bloquer les abus commis par un pouvoir s'il n'a pas l'aval de tous les autres.

Or là que constate-t-on ? Que jusqu'ici tous les systèmes de sécurité qui auraient pu sortir Julien de sa triste situation ont dysfonctionné foireusement.

Car il n'y a pas eu, ou il n'y a plus, de séparation des pouvoirs.

Le gouvernement a voulu "faire un exemple" et un joli coup médiatique.
La police, au ordres du premier, a fait son boulot.
Le parquet, aux ordres du même, p'tit doigt sur la couture du pantalon.
La justice ? Ah oui mais là on parle d'une justice un peu spéciale, hein, pas de la juridiction de proximité au tribunal d'instance. Non, on parle d'une justice anti-terroriste, créée par des lois ad-hoc réduisant les droits de la défense, prolongeant les gardes à vue... D'un pôle judiciaire assis comme qui dirait pas bien loin de la droite du seigneur... une justice avec du pouvoir en plus, et des garanties (et des jurés) en moins.

Bon, bon, bon. Au trou monsieur Coupat. Tu la troubles ! on t'a dit.

Bon euh... C'est tout ce qu'on a comme pouvoirs dans une démocratie ? Ah ben non tiens, on a aussi le quatrième pouvoir, la presse, quoi.

Ce pouvoir si puissant qui ne devrait pas laisser passer une injustice d'une telle taille sans en faire ses grosses colonnes.

Et justement, la presse, c'est cool, a beau avoir commencé par se laisser balader par le barnum politico-flico-judiciaire, a quand même fini par mettre le nez dessus et par se rendre compte de la tronche de la bavure.

Alors, nous avons eu en Une le superbe J'accuse ! de monsieur Zola.

Ah non, on me sussure dans l'oreillette que monsieur Zola a été empêché pour cause de décès.

Alors, nous avons eu en Une du Monde le flamboyant J'accuse ! de monsieur Edwy Plenel.

Ah non, on me sussure dans l'oreillette que monsieur Plenel a été empêché pour cause de décès. Ou tout comme.

Alors, nous avons eu en Une de Libé le magistral J'accuse ! de monsieur Laurent Joffrin Mouchard.

Ah non, on me sussure dans l'oreillette que monsieur Mouchard a été empêché par l'idée de risquer de se prendre un doigt dans le cul comme monsieur de Filippis.

Bon, alors nous avons eu droit à quelques articlounets et autres entrefilets en page 8 pour nous apprendre que la presse n'est pas dupe et qu'on ne la leur fait pas, ils ne sera pas dit qu'ils se seront laissés berner. Circulez, y'a rien à voir.

Le quatrième pouvoir s'étant pas mal chié dessus le nez sur ses courbes de vente en se demandant Oh my Lord ! Mais pourquoi plongent-elles si bas ? Pourquoi ne nous lisent-ils plus ? Monsieur de Rotschild, pourriez-vous nous aider ?, la partie n'était pas finie.

Car dans une démocratie que c'est trop de la balle, il reste l'op-po-si-tion !

Alors, nous avons eu en Une de Marianne le démocratique, républicain, citoyen et outré J'accuse ! rédigé par un collectif de 343 personnalités parmi lesquelles Ségolène Royal, Marie-George Buffet, François Bayrou, Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner, Julien Courbet, Alain Finkielkraut, Alain Minc, Jean-Pierre Chevènement, Lionel Jospin et Sylviane Agacinski, Dominique Voynet, Nicolas Dupont-Aignant et l'amical soutien de Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

Pendant ce temps-là l'hémicycle retentissait des questions et protestations enflammées de l'opposition, parmi laquelle on remarqua particulièrement les discours de Jack Lang et François Hollande ainsi que les apostrophes de Jean-Marc Ayrault, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius et la mise en demeure finale, par Martine Aubry, qui fit littéralement vaciller les colonnes de l'hémicycle.

Devant une telle levée de boucliers, le bras armé du pouvoir trembla et fléchit, et Julien fut aussitôt libéré.

Euh non. En fait, non, En fait rien.

Parce que l'opposition s'en fout, que y'a pas de sièges à gagner, que les gauchistes c'est rien que des méchants pas fréquentables que c'est bien fait pour leurs pieds si y sont en cabane, na ! Et puis que les sondages disent que le Peuple y se méfie vachement des anars d'ultra-gauche et qu'il veut de la sé-cu-ri-té, alors que les défendre, ça la fout mal pour le baromètre de l'Express, alors vaut mieux regarder discrètement ailleurs et faire comme si de rien n'était.

Mais on rapporte que dans les couloirs de l'assemblée, un député socialiste somnolent sur sa digestion aurait confié "off" à un journaliste du Figaro, que quand même, garder cet homme en prison, c'était pas bien.

Alors voilà vraiment la raison pour laquelle, au bout du compte, je suis vraiment at-ter-ré : parce que tous les systèmes de sécurité et tous le contre-pouvoirs qu'est censée posséder une démocratie, tous ont lamentablement foiré. Les flics ont bien fliqué mais les juges n'ont pas jugé, les journaleux n'ont pas journalé et l'opposition n'a rien opposé.

Certes, un comité de soutien s'est formé, quelques voix d'inconnus qui crient dans le désert - sans le micro, ça porte moins loin - sans aucun ténor ou soprano en porte-étendard, et puis si y manifestent on les coffre aussi, comme ça c'est plus simple.

Aujourd'hui en France, un homme peut être jeté arbitrairement au cachot pour une durée indéterminée (Chouette ! Un C.D.I. !) sans autre raison que le délit d'opinion et la manipulation politique et tout le monde s'en fout. En tout cas tout le monde qui cause dans le poste.

Si Julien Coupat reste en taule aujourd'hui, c'est avec la complicité active ou passive de l'ensemble des pouvoirs et des "contre"-pouvoirs, de la majorité, de l'opposition, de la presse, des élites machinbidule, les autres s'en cognent, bref, il est bien en taule au nom de toute la société qui en porte collectivement la responsabilité, mais que Dieu merci ça n'empêche pas trop de dormir.

Ça, ça me fout vraiment les jetons.

Demain, à qui le tour ? Vous, moi ? Toi là-bas qui fais semblant de regarder ailleurs ?

Heureusement qu'on est dans une démocratie, dans un état de droit madame Ginette ! Pas vrai m'sieur Martin ?

Vive la République, vive la France !

mercredi 23 juillet 2008

Un pingouin au McDo

Tiens, encore un billet qui cause informatique, c'est pour embêter les copines :-}

Pingouin chez McDo

Car une fois qu'on a un netbook et après en avoir doctement papoté, le centre d'intérêt obligé passe par les points d'accès publics et autres HotSpots Wi-Fi.

Or, une chaîne de restauration remplissage d'estomac rapide chère au coeur de notre ami José-les-bacchantes a eu la fort bonne idée d'équiper la majorité de ses mangeoires de points d'accès Wi-Fi gratuits et zillimités.

Or donc, sur la page d'accueil de cette chose qui nous force à scroller tout en bas d'un charabia légal que personne ne lit jamais, ce à quoi je ne fais pas exception, avant de pouvoir cliquer sur [J'accepte et je signe avec le sang de mes octets], mon oeil a soudain été attiré par l'expression les linuxiens..., de quoi, de quoi ?

Ronald McDonald connaît l'existence des linuxiens et considère comme vraissemblable le fait qu'iceux viennent surfer chez lui, au point de les accueillir à bras ouverts et leur donner de judicieux conseils techniques ?
N'est-ce pas magnifique ?

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jeudi 26 juin 2008

Transparence panoptique gogoléenne

Hier soir au débotté, Ma Sainteté fut soudain saisie d'un frisson glacé...

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mardi 10 juin 2008

Cachez ce 'net qui ne peut pas nous voir !

Le Great Firewall of France à rendre la Chine jalouse, vous n'en aviez pas rêvé ? Pourtant Sarkozy et Fillon le font.

Via Yelrah chez les Suiveurs, cet article chez ContreInfo : Le gouvernement prépare une « Charte de l’Internet » d’inspiration Orwellienne :

« Le but du pouvoir exécutif français n’est pas de lutter efficacement contre la criminalité avec des mesures adéquates car nécessaires, appropriées et proportionnées. Il s’agit de contrôler par tous les moyens le seul média libre qui ne lui obéit pas. » déclare Christophe Espern, co-fondateur de la Quadrature du Net, ajoutant « Il y a quelque chose d’odieux à utiliser la lutte contre la pédopornographie comme alibi à Big Brother. Les services de police concernés ne demandent pas de telles mesures. Parler de "confiance en ligne" dans ce contexte relève de la Novlangue. »

...la suite est là-bas, et pour les sacs à vomi, navré, ça fait plus d'un an que je suis en rupture, adressez-vous à votre compagnie aérienne préférée.

C'est quoi déjà, la devise du Canard ? Ah oui : La liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

Dans notre belle patrie des Droits de l'Homme (qui ferme sa gueule), ça fait bien longtemps qu'elle est usée jusqu'à la trame et qu'on voit à travers tous ces "patrons de presse" qui dînaient au Fouquet's avec Notre Petit Timonier pour fêter son investiture...[1]

Alors maintenant que la liberté de la presse ne fait plus peur à aucun ministre, c'est la liberté d'expression des citoyens qui pose le gros, le vilain problème. S'usera-t-elle si l'on persiste à s'en servir ?

Demandons-nous si nous devrons plaider "pédophile", "terroriste" ou plus simplement "coupable" le jour où ils viendront nous chercher, ou si ça sera beaucoup plus simple et qu'il ne faudra rien plaider du tout, puisque notre fournisseur d'accès ou d'hébergement nous aura fermé le robinet à conneries sur un simple coup de fil du préfet, et qu'on recevra ensuite par la poste une belle grosse amende administrative sans autre forme de ...procès.

Notes

[1] J'ai assisté l'autre soir à une fort édifiante conférence de Serge Halimi, qui nous détaillait par le menu la liste des invités à cette fameuse soirée, avec en commentaire la liste des titres de presse qu'ils possédaient ou dont ils détenaient le contrôle. Allez, ça devait faire un bon 85% de tout la "presse" qui se regarde, s'écoute ou se lit en France. La main du patron sur la muselière de la rédaction, coucouche-panier Rantanplan, bien sage ! Pour une fois un petit discours qui valait aussi bien qu'un gros dessin...

mercredi 27 février 2008

Another brick in the wall

L'étau libéral-fasciste se resserre encore un peu plus sur nos moyens d'expression et de communication. C'est à lire ici et .

Désolé, je ne fais que mettre ici en évidence le lien fourni hier par Patrick, n'ayant pas le temps matériel de pondre un "véritable billet"...

Mais je ne peux que constater avec un immense dégoût que rien n'arrête le train successif des mesures liberticides adoptées les unes après les autres malgré les vives protestations de ceux qui comprennent de quoi il s'agit vraiment, et dans la totale indifférence du plus grand nombre. LSI, LSQ, série sans fin de "lois antiterroristes", DADVSI, "conservation des données de connexion", biométrie à tous les étages, STIC, FNAEG, "Rétention" arbitraire sine die après la "détention"... Toutes mesures votées au prétexte de bien grands crimes qui finissent rapidement appliquées aux plus petites vétilles, comme les prélèvements génétiques effectués sur un manifestant ou un d'jeunz qui a tagué un mur... ou un prof qui a giflé un élève. Étonnant que Bayrou n'ait pas eu droit à son petit prélèvement lors de sa fameuse baffe, ou pourquoi pas Sarkozy fiché au STIC pour insulte publique ?

En l'espace de quelques années, les gouvernements successifs de ce pays se sont dotés d'un arsenal sans précédent de mesures de surveillance et de contrôle de la population au motif que nous sommes tous des "terroristes" ou des "pirates" en puissance.

Et ne nous y trompons pas, nous le sommes tous. L'ennemi, c'est le peuple. Et le gouvernement a acquis un arsenal lui permettant de réprimer n'importe lequel d'entre-nous à tel ou tel prétexte de manière arbitraire le jour où ça lui pètera.
Surveillé au microscope, tout le monde est délinquant...

En profiterai-je pour rappeler la nécessité brûlante pour chacun de prendre lui-même les contre-mesures nécessaires pour protéger sa vie privée autant que faire se peut, à commencer bien sûr par le chiffrement de son courrier électronique...

dimanche 9 décembre 2007

Pourquoi Ducros y se décarcasse...

Parfois, quand j'écris un article technique, je me demande Est-ce bien utile ?, et si ça servira jamais à qui que ce soit...

Et puis régulièrement, tous les quelques mois, je reçois un petit mail comme celui-ci :

Subject: Yououououpie!!!

Heureusement que vous existez!
Ma reconfig de routeur a fonctionné grâce à vous, ce, juste avant la phase critique du tournevis...
Un week-end de sauvé!
Um grande abraço de Luanda, Angola.

Ça, c'est sûrement pour un vieux billet de la série WRT54G... Et ça fait plaisir.

Je suis alors cent fois remboursé du temps passé à rédiger l'article, je sais que le monde est vaste et qu'Internet est une bibliothèque où tout ce qui peut être utile le sera un jour ou l'autre :-}

jeudi 30 août 2007

Déclaration d'indépendance du cyberespace

Les développements et suites de mon article Titre IV : Enfin une loi appliquée ! me donnent l'envie de reproduire ici le texte essentiel suivant : la Déclaration d'indépendance du cyberspace de John Perry Barlow...

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mardi 14 août 2007

Marronnier du mois d'août : Le répondeur fou frappe encore !

Tiens, voici un thème récurrent à la belle saison, susceptible d'intéresser tous les utilisateurs d'e-mail, donc fort probablement l'ensemble de mes Chers Disciples...

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jeudi 5 juillet 2007

Grosse livraison d'immortalité

Où Swâmi Petaramesh se berce d'illusions futiles en imaginant possible de lutter contre l'impermanence et de conquérir l'Éternité par ses gribouillis bloguesques.

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vendredi 26 janvier 2007

Ni zizis ni nénés ni foufounes !

Delphine -  Photographie de Nicole Tran Ba Vang - 2003Je savais déjà ma copine Trub' ségoliste (et depuis, quand je la croise, je change de trottoir des fois que ça serait contagieux), je la découvre pornographe.

Une pornographe au royaume des petits Mickeys, où l'on n'a ni zizis ni nénés ni foufounes ! Décidément, le ségolisme conduit à toutes les dérives, toutes les perversions...

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