Ashram de Swâmi Petaramesh

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jeudi 11 décembre 2008

Trentième jour de détention pour les otages

C'est aujourd'hui le trentième jour de détention de Julien Coupat et de sa compagne Yldune, otages d'un état fasciste, enlevés à leur domicile par les cellules terroristes d'état pour délit d'opinion, lors de « la plus grande opération d'intoxication de l'opinion réalisée par un gouvernement depuis plusieurs décennies. »[1]

Nous exigeons la libération immédiate des otages, et envisageons de solliciter l'envoi d'une force d'interposition de l'O.N.U. afin de protéger les populations civiles des exactions gouvernementales.[2]

Notes

[1] Christian Salmon dans Le Monde.

[2] Que fait Bernard Kouchner ?

mercredi 10 décembre 2008

La chasse victorieuse aux niches fiscales se poursuit !

En ce jour faste, nous apprenons avec joie que la "crise" est en passe d'être vaincue, grâce aux nouvelles initiatives de l'UMP, et particulièrement de son fer de lance et chevalier blanc Philippe Marini, traqueur infatiguable d'obstacles à la croissance et d'injustice sociale !

Voilà quelques jours, monsieur Marini était à l'origine de l'initiative tant attendue de la proposition de déduction fiscale des sommes perdues en bourse par ses amis spéculateurs. Nous saluons cette initiative bien qu'elle n'ait hélas pas rencontré le succès qu'elle aurait mérité, sans doute du fait de la présence de cellules ultra-gauchistes sous couverture au sein même de la majorité présidentielle. Hélas !
Car cette brillante initiative, eût-elle été couronnée de succès, aurait permis à nos amis investisseurs de récupérer une part notable de l'argent dont ils n'ont pas besoin plutôt que de le détourner au profit des salaires d'inutiles fonctionnaires, argent qu'ils auraient donc ipso facto aussitôt réinvesti dans l'économie, facilitant ainsi le retour d'une saine croissance et la création de millions d'emplois. Las ! Quelques regrettables réflexes passéistes s'opposent aux nécessaires réformes au sein même de l'UMP, et ceci combiné à d'indiscutables actes de sabotage ainsi qu'à la mauvaise volonté de l'opposion, et plouf ! Le projet qui aurait sauvé l'économie est à l'eau.

Mais l'héroïque Monsieur Marini, ne renonçant pas devant l'obstacle, nous revient aujourd'hui avec une proposition encore plus audacieuse, soucieux qu'il est de justice fiscale et traquant sans relâche les "niches" qui permettent à de nombreux parasites d'échapper à l'impôt pour le plus grand malheur des déficits publics.
Aujourd'hui donc, dans un éclair de génie, monsieur Marini propose que soit mis fin sans délai à ce scandale qui consiste à laisser bénéficier les parents isolés élevant un ou plusieurs enfants d'une demi-part fiscale indue et profondément injuste.
Monsieur Marini remarque, avec un grand sens de l'observation, qu'un grand nombre des personnes concernées vivent avec le SMIC ou guère davantage, profitent de cet avantage exubérant pour échapper à tout impôt, alors même que, tirant grave le diable par la queue, ils ne réinvestisssent pas un rond des sommes ainsi économisées dans l'économie qui gagne, et ne participent donc à la création d'aucun emploi.

Continuer à donner de l'argent public à fonds perdus à une plèbe sans reconnaissance ni civisme aucun, tout ça pour qu'ils puissent nourrir leurs enfants chez Carrefour ou Auchan et leur acheter quelques menus jouets pour Noël, il ne saurait en être question dans une république libérale-fasciste du XXIe s., il est donc urgent et nécessaire d'y mettre un terme !
Après tout, ils ne sont pas forcés de nourrir leurs enfants chez Carrouf, ils n'ont qu'à aller chez Leader Price, ces gueux !

Et puis oh, aussi, ils n'avaient qu'à s'abstenir de divorcer, ce qu'aucun bon catholique ne ferait, c'est quand même leur faute s'ils se sont mis dans la merde, et ce n'est quand même pas à la société d'assumer les fautes individuelles d'un ramassis d'irresponsables qui auraient mieux fait de demeurer dans l'union voulue par le Seigneur, à élever leurs enfants dans le respect du Travail, de la Famille, de la Patrie et de la Religion.

Notre modeste ashram tient donc à adresser ses plus chaleureuses félicitations à monsieur Philippe Marini, un véritable humaniste comme il nous en faudrait davantage.

vendredi 28 novembre 2008

Aidons le chef de les tas !

Entendu sur Rance-Info ce soir à 18h30 : celui dont on ne prononce pas le nom cherche quarante prisonniers exemplaires à gracier. Exemplaires, hein ! J'ai cru comprendre à la description donné par Rance-Info du prisonnier exemplaire faisant un kolossal effort de réinsertion qu'en langage pestilentiel c'était assez synonyme de serpillière, mais qu'en plus il faudra avoir le bol d'être sélectionné parmi ceux que les directeurs de prisons auront la complexe tâche de choisir selon des critères pifométriques pour faire de cette nouvelle opération de com' un succès d'audimat.
Ça sent un peu l'orange... mécanique, même, je trouve.

Mais c'est pas grave, même si nous ne connaissons pas de serpillières, proposons-lui quand même quelques noms de graciables méritants :

  • Jean Valjean
  • Papillon
  • Chéri-Bibi
  • Donatien Alphonse François de Sade (Ah non ! Chuis con : le chanoine a dit : pas les délinquants sexuels)
  • L'abbé Faria (lui, avec un chanoine, il a toutes ses chances)
  • Jean-Marc Rouillan
  • Et Odile. Surtout Odile.

Et puis tiens, s'il pouvait commencer par remettre dans leurs classes de maternelle les gosses que ses séides en bleu sont venus y chercher ces jours derniers, ce serait bien, aussi. Mais on me dit que là, ça va pas être possible : on leur a offert leur billet d'avion tout de suite... Fatalitas !

Ces jours-ci, autour des écoles, les sirènes de police font Pa-pon ! Pa-pon !...


Addendum 19:59 : Tiens, une bavure ! Maintenant, ils vont même jusqu'à regarder dans le trou du cul des ex-pédégés de Libération ! L'égalité républicaine est en marche, dirait-on... On le rajoute à la listes des graciables ? ...ou pas ?

mercredi 29 octobre 2008

La folie des grandeurs

Ce soir en le voyant faire l'ouverture du Soir 3[1] (vous regardez une page de publicité) comme un triste guignol plein de tics au pupitre, je me disais que Talonnette Premier me faisait de plus en plus penser à De Funès, jouant à l'excès sa propre caricature...

Je crains que la comparaison ne soit cependant une insulte à la mémoire de ce dernier...

Sauf que celui-ci était un acteur n'ayant d'autre prétention que de nous faire rire (ce à quoi il est fort rarement parvenu pour ce qui me concerne), tandis que le premier est aussi un acteur qui n'a aucune prétention à nous faire rire, seulement à nous mener en barque à son plus grand bénéfice et à celui de ses commanditaires. Lui non plus, ne me fait guère rire, juste un profond dégoût et la peur qu'on peut ressentir à voir tout un peuple aveugle se laisser mener par un pareil conducatore... avec ses sbires, ses caméras de surveillance et ses pistolets électriques qui-ne-tuent-pas-mais-parfois-si dont on ne cite pas la marque si on ne veut pas être poursuivi pour délit d'outrage à la pompe à phynance.

Voyant notre bon Roy si roquet, si énervé, si ridicule, appuyant tellement le moindre de ses propos d'un ton véhément de choses essentielles, au final pathétique, ce qui me plonge dans la plus grande incrédulité est de penser au nombre d'ahuris qu'il fascine comme un écran de pub pour Tahiti douche fait naître du rêve dans l'esprit des ménagers de moins de 50 ans.

Ben si, on nous le vend bien, l'homme aux rats. À longueur d'écrans et de torchons, ce qui me remémore un dégoût du même ordre que j'éprouvais vendredi dernier dans le métro, voyant des foules anonymes plongées avec intérêt dans la lecture de la brochure publicitaire gratuite (encore heureux !) nommée Direct Soir où tant la couverture que l'article de fond (si ! si !) nous montraient Talonnette au pupitre menant la (pauvre) France à grands gestes énergiques sur le beau fond bleu uni de la pente savonneuse des lendemains qui déchantent.

Après on entend les gens qui discutent : Ça y est, la crise financière est finie ou presque, les mesures y ont mis un terme, ça va se stabiliser maintenant, pis ça va remonter...

Parfois on a envie de hurler : Bon sang les gens réveillez vous ! Sortez-vous le cerveau du cul !, pis on se dit que sur le Titanic aussi, pendant pas mal de temps, on a du entendre des membres de l'équipage rassurer des passagers qui ne demandaient que ça : Juste un petit choc contre un iceberg de rien du tout, ne vous en faites pas, l'équipage contrôle la situation et ce bateau est insubmersible ! Restez à l'écoute des consignes qui vous seront données et faites bien ce que vous diront les officiers. Tout baigne.

C'est probablement normal, tout ça.

Pendant ce temps-là au pupitre, notre guignol s'agite et noie l'esprit critique sous ses gesticulations tandis que ses bons amis journalistes accourent à la soupe avec la bénédiction des propriétaires de leurs médias, ces gens si sympathiques toujours prêts à prêter un yacht au bon Roy et à dîner au haut bout de sa table.

Notes

[1] Et après que le 20 heures de France 2 ait fait en long, en large et en travers la propagande acharnée de Ses Divines Mesures pour vaincre le chômage, heureusement encore que le bouton TF1 n'existe pas sur ma télécommande, ou en tout cas je ne sais plus où il est...

lundi 20 octobre 2008

Une insoutenable odeur de vomi

Monte des glauques profondeurs de notre société déliquescente.

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samedi 26 avril 2008

J'ai vomi partout...

C'est que j'ai un peu de retard de lecture, alors j'ai vomi en retard, juste là, maintenant, car je viens de tomber sur ça.

Vous vous souvenez de nos courageux socialisses qui étaient tellement opposés à l'adoption parlementaire du traité de Lisbonne qu'ils ont voté à l'assemblée une motion la refusant - qui n'avait pas la moindre chance de passer à la majorité qualifiée - avant de courageusement s'abstenir au congrès de Versailles où la nécessité d'une majorité des 3/5èmes leur permettait cette fois de faire blocage à la révision constitutionnelle permettant d'adopter le traité ?

Ils étaient contre disaient-ils, donc ils se sont abstenus. Logique : Ben oui, quand on est contre, on ne vote pas contre, on s'abstient, qu'est-ce que vous allez imaginer ?

S'abstenant, ils ont ouvert un boulevard à l'adoption du traité, ces faux-culs de classe internationale.

Et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'ils affirment maintenant l'avoir trouvée, leur minorité de blocage. Dans une affaire qui les arrange mieux : bien placer leurs grosses fesses molles à l'occasion de la "réforme" à venir des institutions.

Vous avez dit heeuuurkkkk ? Moi aussi...

mercredi 9 janvier 2008

La philosophie selon Saint Bruce Willis

Dieu est impitoyable. A partir d'un certain age, il vous prend les poils de la tête pour vous les mettre dans les oreilles.

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samedi 24 novembre 2007

Y a-t-il une vie avant la mort ?

Parfois, dans une ville, je regarde toutes ces petites fourmis humaines qui s'agitent en tous sens à leurs activités, pressées, visages fermés, pas le temps de rigoler ni de sourire ni de regarder autour de soi ni de penser, ni de ressentir, et de ma position de témoin impuissant de cette fourmillière, je me demande : Est-ce qu'il se rendent compte qu'en cet instant précis ils ne sont pas en vie ?

Combien le savent ? Combien s'en rendent compte ? Combien en souffrent ? Combien voudraient bien faire autrement mais ne peuvent pas ou ne savent pas ?

Alors ils se vissent le MP3 dans les oreilles, téléphonent, se hâtent... Surtout ne pas perdre de temps... On n'a pas le temps ! Pas le temps d'être poli, pas le temps de laisser passer une poussette au feu rouge, pas le temps de se rappeler qu'il y a un ciel au-dessus de la rue, pas le temps de réaliser que toutes leurs petites activités tellement urgentes n'ont le plus souvent pas l'ombre d'une importance, qu'elle soient faites ou non. Et le gros con en 4x4 noir prêt à risquer des vies pour gagner deux places dans la file.

La pression sociale les meut, la publicité les galvanise, la nécessité de gagner sa vie les actionne à contre-gré, rouages consentants d'un mécanisme absurde qu'ils ne songent pas une seconde à contester au fond, tâchant simplement de ne pas se laisser broyer par lui, de ne pas laisser traîner leurs doigts entre les engrenages...

Le seul temps dont on fait bon usage est pourtant celui que l'on "perd"...

Après avoir un peu trop contemplé ce spectacle, je me sens en proie à un mélange un peu amer de compassion, de désarroi, d'impuissance et d'amertume. Que faire ? Il n'y a rien que je puisse faire, sinon zigzaguer moi aussi entre les roues dentées, avec la pleine conscience de ce qui m'entoure et de ce que je suis en train de faire.

Le milieu de l'entreprise, archétype tertiaire, sent encore plus mauvais. J'aime ma boîte ! claironne l'autre tarte... Mais tous ces encravatés, toutes ces entailleurisées, chacun imbu de sa futile importance, chacun oubliant toute humanité et jusqu'à la plus élémentaire des politesses dès lors qu'il poussent eux aussi leur propre rouage sans aucun scrupule à le pousser le cas échéant sur la tête de leur plus proche voisin, ne sachant plus qu'on peut dire "s'il-te-plaît" même quand on demande à un subordonné de faire quelque chose qui fait partie de sa tâche, oubliant qu'un retard de trois minutes à une réunion n'est pas un crime passible d'exécution sommaire, éjaculant de bonheur dès qu'on prononce le terme "corporate", prêts à tirer une langue bien longue et bien rose pour lécher les semelles des "supérieurs" tout en bottant sans vergogne le cul des "inférieurs". Même pas forcément par calcul intéressé, mais juste parce que ça leur est naturel.

Allez dans une "entreprise", un beau plateau de bureaux d'une grande ville, observez les gens : les 9/10e puent la mort.

Il y a des instants où subitement l'humanité me désespère, bien que je ne sache pas vraiment ce qui déclenche à un moment donné cette prise de conscience aigüe et douloureuse, sans raison particulière autre que, peut-être, une overdose, une gastro-entérite de la machine à digérer la connerie ? J'ai l'estomac fragile.

En période de courses de Noël, on touche au sublime.

Etre un homme utile m'a toujours paru quelque chose de bien hideux. - Charles Baudelaire

lundi 1 octobre 2007

Photo de famille

Je viens de voir sur FR3 un Jack Lang souriant de toutes ses dents sur une estrade, encadré de ses deux Grands Copains Messieurs Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy se congratulant mutuellement de bonheur. Ces petits gars s'aiment, ensemble, ils vont faire des choses formidables !

...Presque aussi formidables que ce que fera Monsieur Strauss-Kahn, homme compétent bombardé à la tête du Fonds Monétaire International, ce très excellent organisme de gôôôôôche tellement prisé des pays du tiers-monde sous-developpés en voie de développement émergents et autre racaille tobiniste et alter-mondialiste, grâce à l'appui et l'amical soutien de son ami Monsieur Sarkozy, et la bénédiction de Monsieur Dabbeulyou, grand amateur d'hommes de gôôôche devant l'Eternel.

Séquence suivante, à une même table, l'Endive Monsieur Royal Hollande et Monsieur Aumiyeu Baaaayrouuu, nouveaux copains tout heureux d'avoir décidé de se mettre ensemble pour combattre les précédents qui sont des vilains. Même si leur moyens sont moins classieux, on sent que c'est de gentils qui vont nous délivrer des Méchants Messieurs, d'ailleurs, ils nous le promettent, ils vont s'opposer.

Après, à Soir 3, Monsieur Jack Daniels Lang nous a expliqué avec son plus chaleureux sourire, ses petits yeux rapaces en boutons de bottines et sa proverbiale franchise bienveillante qu'il était socialiste à vie et qu'il venait d'inventer à lui tout seul un nouveau concept qui a devant lui l'avenir radieux des lendemains qui chantent, et qui s'appelle l'opposition à la botte, ce qui si j'ai tout bien compris, consiste à être d'accord avec l'Empereur et à cirer tout ce qui peut briller si on crache dessus avant de passer le chiffon, tout en restant dans l'âme un inébranlable opposant à vie, socialiste un jour, socialiste, toujours !

La caméra cadrait un peu trop large, on voyait à ses pieds la gamelle emplie d'un méphitique brouet, mais même la technique a parfois ses limites.

Désormais, tous les électeurs de France peuvent se sentir heureux, comblés même : il y a presque davantage de socialistes à vie dans les riantes allées du pouvoir que si Louise Michel Ségolène Royal avait été élue Sissi Impératrice. Ainsi leur vote n'aura pas été vain.

Devant tant de déliquescence d'un monde mené par ces joyeux lurons qui arborent toute honte bue avec joie leurs vestes d'Arlequins[1] multicartes, je me suis presque pâmé de bonheur.

Quelqu'un voudrait tirer la chasse ?

Notes

[1] Ça va quand même plus vite, pas besoin de retourner, collection automne-hiver 2007, très couture, très culture...

jeudi 13 septembre 2007

Aha ! Aha ! Haha !

Heureusement que je suis fort occupé ces jours-ci, parce que chaque information qui tombe sur nos télescripteurs mériterait sa bonne giclée de bile amère, mais que finalement, pisser dans un violon, c'est quand même plus rigolo.

Mieux vaut en rire, en rire, en riiiiiiireuh !

Comme quand j'entends que le gouvernement, soucieux de boucher le trou de la sécu après avoir offert 15 milliards d'Euros à l'Élite et aux Bien-Nantis envisagerait maintenant d'instaurer des cotisations sociales sur les... indemnités de licenciement !

Aha ! Aha ! Haha ! Hohoho ! Hihi !

Les indemnités de licenciement, c'est pas con, fallait y penser, avec toutes ces sociétés qui délocalisent à tout berzingue vers l'Empire du Milieu, taxer les indemnités de licenciement, c'est sûr, y'a un sacré créneau ! Surtout si ces fumiers de chômeurs fraudeurs qui ne se lèveront même plus tôt ont le front de tomber malades et d'espérer se faire soigner !

C'est pour ça que Notre Désormais-Calife a annoncé, la même semaine, qu'il fallait d'urgence dépénaliser la délinquance financière, c'est vrai quoi, y'en a marre de voir des gens très bien convoqués pour se faire infliger de sordides tracasseries administratives dans le petit bureau au mobilier vétuste de fer peint et de formica d'un quelconque petit juge jaloux qui n'est même pas membre du Rotary et qui ne passe même pas ses vacances sur un yacht long comme ma bite obligeamment prêté par un copain... Et le lendemain, donc, d'annoncer dans la foulée qu'il fallait lancer d'urgence une grande campagne de contrôle de tous ces salauds de pauvres chômeurs dont au moins les 9/10e sont des fraudeurs éhontés paresseux fossoyeurs de la France qui Gagne, foi de présentateur de journal télévisé !

D'ailleurs, hier soir, durant le journal télévisé de 20h de France 2 du Ministère de la Vérité, Mâ Anandaramesh se saisit soudain de la zapette et transforme d'un coup de bouton magique un écran de jolies formes qui bougent en fenêtre morte grisâtre et tristounette en s'exclamant, dégoûtée : J'en peux vraiment plus de cette propagande éhontée, ce n'est plus supportable ! Ce n'est pas moi qui aurait été la contredire...

Aujourd'hui, on entend aussi que nos chers préfets (quand j'étais gosse à peine plus grand que Srî Minîshiva, mon voisin du dessous, le fils du sous-préfet qui puait des pieds comme pas permis [a-t-il, par la suite, épousé Dame Laflote ?] au point que toute sa chambre en était une infection, et qui était également le numéro 2 de la bande, à qui le numéro 1, votre serviteur, a fait faire des conneries à faire frémir le thé de la sous-préfète si jamais elle avait su... mais je digresse sans but ni raison...) Nos chers préfets, donc, se voient convoqués dare-dare au ministère tel le Papon moyen pour se faire souffler dans les bronches de n'avoir pas atteint les quotas d'immigrés à jeter dehors d'urgence avec ou sans armes et bagages.

Parce que notre ci-devant Grand Vizir a décidé d'un trait de plume sur le papier que d'ici la fin de l'année il faudrait avoir viré manu militari au moins 25.000 bougnoules, pardon, honorables ressortissants étrangers qui seront poliment invités à quitter le territoire français et ensuite fort civilement reconduits à la frontière des fois qu'ils ne trouveraient pas la sortie tout seuls.

25.000. C'est un chiffre, ça. Ça sonne rond. 25.000. Pourquoi pas 30.000 ? Ou 20.000 ? Ou 21.357 ? Parce que 25.000 c'est le chiffre qui est sorti du chapeau du lapin d'un sous-chef de cabinet lors d'une réunion de braine-storminge où l'on cherchait à motiver l'électeur chafouin à sortir de chez lui pour mettre dans une urne (quelle coutume ridicule !) le petit papier portant le patronyme à la consonnance assez peu "de souche" de notre Comte des Carpates et régions avoisinantes.

25.000. Y'a pas de raison particulière, sauf que le type a du penser qu'il serait bien vu s'il disait pile-poil "25.000 !". 20.000, c'eût été courir le risque de paraître manquer d'ambition ; 30.000 aurait peut-être paru vouloir péter plus haut que son sous-cheffariat. Alors va pour 25.000 !

Sans penser un instant que derrière chacune des unités composant ces 25.000 se cache (enfin, c'est pas qu'il se cache, c'est qu'on ne veut surtout pas le voir) un être humain avec son histoire, ses espoirs, ses craintes, ses rêves, dont le sang comme dit la chanson n'est pas moins rouge que le nôtre et dont les terreurs ne font pas moins peur.

Mais fixer un objectif chiffré de masse, c'est par définition faire l'impasse la plus totale sur les "problématiques individuelles", sur la moindre notion d'humanité. 25.000, il nous en faut 25.000. Et si par malheur celui qu'on vient chercher chez lui avec femme et mômes à 6 pétantes du mat' s'est méfié et a fait basket avant l'arrivée du fourgon, c'est pas grave, on pourra toujours se rabattre sur un autre, faut juste remplir le fourgon pour pouvoir remplir le centre de rétention pour pouvoir remplir l'avion pour faire le quota.

(France-Intox se désole que la masse de roumains et autres moldaves qui alimentaient bien la machine à foutre dehors soient maintenant beaucoup plus difficiles à expulser depuis qu'ils sont entrés dans l'Europe. On se demande qui on va bien pouvoir virer, maintenant... On sent comme un regret dans la voix du présentateur, pour un peu, il s'excuserait...)

A une autre époque pas si lointaine il existait des camps qui avaient une capacité d'accueil et de traitement donnée, et des trains comportant un nombre de wagons donné, chacun d'un cubage précis, alimentaient ces camps en gens qui n'avaient pas vocation à rester peinards où ils étaient. Là aussi, bien des Hauts Commis de cet état ou de l'autre se firent tirer les oreilles si les wagons étaient trop pleins ou pas assez, c'est une question de bonne logistique, on est professionnels ou on ne l'est pas, que diable !

Au bout du compte, tout cela ne sont que de simples questions de bonne gestion administrative. Un coup de tampon, un coup de fourgon, que les statistiques soient bien tenues.

Du coup je rigole moins, parce que les désopilantes questions administratives, ça a toujours eu du mal à me remuer les zygomatiques. Mais c'est parce que je manque de sens de l'organisation.

Donc voilà, quoi. Heureusement que je suis très occupé, parce que j'aurais aussi pu pondre un billet sur les réunions de pontes de la Grande Distribution chez Monsieur le Ministre organisées à grand renforts de caméras pour annoncer que bon, les Marchands, vous allez être bien sages, vous allez bien baisser les prix d'une douzaine d'articles scolaires de première nécessité, hein, les modèles d'entrée de gamme en carton pas glacé, bien sûr, pas les pochettes avec Dora ou Spiderman dessus, hein, faut pas déconner non plus ! ...Et que cette annonce mirobolante est faite après que tous les parents de mômes de ma connaissance aient déjà terminé 90% de leurs achats de rentrée depuis 3 bonnes semaines...

Ah franchement, présenter un journal télévisé à notre époque, faut quand même de sacrées capacités à garder son sérieux, parce que ce ne sont pas les occasions de se pisser dessus de rire qui manquent !

Enfin, la bonne nouvelle, c'est que la T.V.A. "sociale" est enterrée... Euh, jusqu'aux municipales, je veux dire.

Pendant ce temps-là, Swâmi Petaramesh s'occupe comme un gros boeuf de travailleur plus qui croit en Dieu le foot, l'Église la Télé et les Institutions Euromillions à remonter son serveur, tiens, c'est au moins quelque chose même si c'est pas grand-chose, et Totorbis le portable est enfin retourné faire dodo depuis une paire de jours.

Et pendant que les préfets font de jolis camemberts sur les immigrés à raccompagner chez eux - j'espère qu'on leur offrira le camembert en souvenir de notre beau pays - Swâmi Petaramesh, pour rester dans l'air du temps, a également retapé en partie son générateur de jolis graphiques en couleurs. Je devrais peut-être postuler dans un ministère ?

mardi 27 mars 2007

Un vieux con vous parle

Safouléjton ! (Vraiment... Très...)

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lundi 26 février 2007

Une merde de chien

Poême

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lundi 22 janvier 2007

Par ordre d'importance

Devant les pitreries d'un bouffon télévisuel, le prestige d'une soutane morte, c'est plus ce que c'était...

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samedi 30 décembre 2006

Paraît que ça fait bander

Exécution de William Johnson, 20 juillet 1864, Petersburg VASi l'on en croit la rumeur et les journaux télévisés de ce soir, il n'est pas impossible qu'il reste à Saddam Hussein moins de 4 heures à vivre avant d'être délicatement réveillé pour aller se balancer au bout d'une corde - pendant que nous ronflerons quant à nous comme des bébés.

Depuis que j'ai appris hier ou avant-hier que c'était sans doute pour bientôt, je ressens un intense sentiment d'écoeurement et de dégoût.

Ce type était un dictateur, et est une crapule. Mais ceci ne légitime pas la peine de mort. Le pendre de manière barbare ne fera pas revenir une seule de ses victimes. Une barbarie n'en efface pas une autre, Abou Ghraïb vous le garantit sur facture.

Ce type était un dictateur, et est une crapule. Mais les habitants de son pays étaient certainement moins malheureux sous son seul joug que sous son joug agrémenté de l'embargo américain qui a suivi la première guerre du Golfe - pourquoi n'ont-ils pas déposé Saddam à l'époque, déjà ? Ah oui, il fallait un contrepoids géopolitique à l'Iran, c'est vrai. Saddam pouvait encore servir.

Ce type était un dictateur, et est une crapule. Mais les habitants de son pays étaient certainement moins malheureux sous son joug agrémenté de l'embargo américain, que sous la pax americana qu'ils subissent depuis que le dictateur a été déposé : Un pays dévasté, la guerre civile, un nombre de victimes incalculable, des attentats quotidiens, un base d'entraînement et d'opérations extraordinaire pour le terrorisme.

Ce type était un dictateur et est une crapule. Mais le renard s'est fait choper par le Grand Méchant Loup, et dans quelques heures, le renard sera pendu et sa peau mise à sécher sur le toît.

Le Grand Méchant Loup a mis un beau boxon, et fait tuer par la même occasion pas mal de louveteaux de son propre pays, mais il s'en bat l'oeil tant qu'il parvient à conquérir les deuxièmes réserves en pétrole du monde. Même ça, apparemment, c'est pas gagné. Un Viêt-Nam façon sable et dunes. Que des perdants, sauf les fumiers d'en haut qui ne perdent jamais vraiment, et qu'hélas on n'est pas près de pendre.

De toute façon ça fait marcher le commerce.

Dans quelques heures le renard chutera corde au cou à travers une trappe et la violence du choc devrait lui rompre les vertèbres cervicales d'un coup, s'il a de la chance, sinon ce sera plus long et moins drôle.

Condamné à mort pour un crime relativement modeste et somme toute marginal au regard d'une belle carrière de dictateur.
Le mettre ainsi à mort ne servira pas forcément à grand-chose.
Et l'empêchera définitivement de répondre de ses autres crimes. L'action de la justice à son endroit sera éteinte.
Il est certain en tout cas qu'il ne parlera plus. Depuis qu'on l'a chopé, d'ailleurs, on ne lui en aura pas vraiment laissé l'occasion.

Une fois au bout d'une corde, une page sera tournée.

Décidément tout ça me fout la gerbe.

Pendaison - PisanelloFrères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis.
Vous nous voiez cy atachez cinq, six,
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Se freres vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoy que fusmes occis
Par justice. Toutesfois, vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas bon sens assis;
Excusez nous - puis que sommes transsis -
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grace ne soit pour nous tarie,
Nous preservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

La pluye nous a buez et lavez,
Et le soleil desechez et noircis;
Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,
Et arraché la barbe et les sourcilz.
Jamais, nul temps, nous ne sommes assis;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soiez donc de nostre confrairie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'ayons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie,
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

- François Villon, La ballade des pendus, 1462


Update 30/12/2006 09:13 : Ah ben voilà, tiens. Selon Le Monde.fr :

Pendaison de Saddam Hussein, 30 décembre 2006Saddam Hussein a été exécuté samedi à l'aube

30.12.06 | 07h22 • Mis à jour le 30.12.06 | 09h11

Saddam Hussein, condamné pour l'exécution de 148 villageois mais accusé d'avoir provoqué des dizaines de milliers de morts, a été pendu, samedi 30 décembre juste avant 6 heures du matin (4 heures à Paris), à Bagdad. "Saddam est monté calmement à la potence, il était résolu et courageux", a raconté à la télévision nationale Iraqia le conseiller à la sécurité nationale, Moaffaq al-Roubaï.
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Bonne année 2007, Saddam !


Illustration :Saint Georges et la princesse de Trébizond - Pisanello

  • Exécution de William Johnson, Petersbug, VA, 20 juillet 1864 - Guerre de sécession américaine.
  • Fresque de Sainte-Anastasie, Vérone, chapelle Pellegrini. Saint Georges et la princesse de Trébizond (détail), Antonio Pisanello, 1436-1438.
  • Pendaison de Saddam Hussein, 30 décembre 2006. Image diffusée sur la chaîne de télévision al-Iraqiya.

jeudi 28 décembre 2006

Un fossé définitif

Un nécessaire sursaut de révolte, un mouvement d'indignation, une saine giclée de dégoût saisit notre Yéti, qui termine son article par :

[Je] constate qu'un fossé définitif s'est creusé entre eux et ma meute. Le but n'est plus de discuter, d'expliquer, de trouver je ne sais quel compromis...

C'est hélas bien cela. Un fossé dé-fi-ni-tif. Un fossé définitif qu'ont creusé les fumiers, et laissé creusé les collaborateurs qui, soit y trouvaient somme toute leur petit avantage, soit craignaient que lutter ou résister contre chacune des petites injustices de rien du tout qui, accumulées, finissent par faire une énorme injustice insupportable, ne risque de nuire en quoi que ce soit à leur petite tranquillié personnelle ou à leur situation au tableau d'avancement.

Tout cela, à la longue, finit par accoucher d'une société monstrueuse.

Dont une minorité de vampires suce le sang jour après jour, se gorgeant à se faire péter la panse.

Dont une écrasante majorité détourne courageusement le regard pendant ce temps, moutons tranquilles et repus dont s'occupe si bien le gentil berger. Surtout ne pas prêter attention au silence des agneaux, faire comme s'il n'existait pas. Le simple fait de savoir risquerait peut-être bien d'attirer sur nous cette foudre d'épouvante. Soyons les premiers à la tonte, les plus soumis au gentil berger, ainsi il nous aimera, et ce n'est pas nous qu'il enverra les premiers, quand le couteau du boucher fera son nécessaire passage. Sauver nos culs, nos panses rebondies et nos petits avantages.
Il n'y en a pas pour tout le monde ? Raison de plus de ne pas faire de vagues, tant qu'il en reste pour nous. Avec peut-être un peu de rab' même, sédatif judicieux de notre conscience morale.
Il est beaucoup moins grossier de roter son Champagne en public que de tendre la main.
Ca ne va pas si fort ? Ouais, d'accord, mais ça pourrait nettement être pire (La preuve : t'as vu Machin ? Il a dévissé la rampe avec sa femme et ses trois gosses...). Raison de plus de la boucler, pas de vagues.

Cachez ces sans-logis qui campent sous nos f'nêtres !

Je ne sais lesquels me dégoûtent le plus, du quarteron de vampires qui dirige le cirque, ou du troupeau de connards soumis qui dansent à leur suite, joyeux lemmings repus. Et qui surtout, vous comprenez ma brave dame, n'a pas le temps de s'intéresser à ces choses. Moi ma brave dame, je ne fais pas de politique ! Mais vous conviendrez avec moi qu'un minimum d'ordre est nécessaire, et qu'il convient donc de nettoyer les trottoirs de nos villes de ces loqueteux qui les encombrent et vis-à-vis desquels on se sent si peu en sécurité. Ces gens-là nous détrousseraient ! Et en plus, ils puent ! Se lavent-ils seulement ?
La société va péter dans 20 ans ? Ouf ! je prends ma retraite dans 10 ! (Mes enfants se démerderont... Après tout, leurs ancètres se sont bien démerdés, non ?)

Comme disait Dumas père, finalement J'aime mieux les méchants que les imbéciles car au moins, ils se reposent...

Et vient un beau jour où, comme le note si justement le Yéti, on ne peut plus que constater qu'un fossé définitif s'est creusé entre eux et ma meute, que quoi qu'il advienne, on est incapable de ne pas voir, de ne pas penser, que la dose d'anesthésique télévisuel quotidien de 20 heures et de 21 heures ne produit plus aucun effet, que notre cerveau ne tolère plus cette ingestion toxique. Qu'il repère l'odeur caractéristique du mensonge dans les trois premiers mots prononcés par l'expert sociologue qui fait l'ouverture du Soir 3 de son discours sarkozyste d'une grande neutralité (avant que la chaîne n'offre 5 secondes de plan fixe à la couverture de son dernier "bouquin").

Comme dit le Yéti, Le but n'est plus de discuter, d'expliquer, de trouver je ne sais quel compromis... Il n'y en a pas. Il n'y en a plus aucun de possible. le désaccord est tellement fondamental qu'il n'est plus soluble dans aucune forme de compromis, de demi-mesure ni de négociation.

Le problème est que, quand les dirigeants d'une société quelconque, par la combinaison de leur avidité, de leur rapacité, de leur stupidité et de leur incurie, laissent se creuser au sein de cette société un ravin entre les deux rives duquel il n'y a plus ni compromis ni discussion ni pommade possibles, on sait bien comment ça se termine : Choisis ton camp, camarade ! et toutes ces sortes de choses.

On finit par se retrouver dans une situation où il n'est plus du tout raisonnable de tenter de demeurer raisonnable. On y vient, on y vient...

Pendant ce temps-là, Actu => Chômage nous met le doigt sur les piteux mensonges de nos gouvernements : 4,45 millions de personnes inscrites comme demandeurs d'emploi à l'ANPE, dont plus de 2,3 millions sont invisibles : Ils n'apparaîssent pas dans les statistiques des "chômeurs" serinées par les radios-télés-journaux.
En 2006, pour la première fois, plus de 50% des chômeurs inscrits à l'ANPE sont invisibles. Ils n'étaient "que" 10% en 1982.
Et quand on parle de 4,45 millions de chômeurs, on ne parle évidemment que des dûment incrits à l'ANPE, hein ! De ceux qui ont dûment pointé au début du mois ! Pas des centaines de milliers de radiés pour un oui ou pour un non, ni de ceux qui, n'étant plus indemnisés, ont renoncé à continuer à pointer. Ni de ceux qui ont atterri dans la rue, sans plus d'adresse où recevoir leur convocation à l'entretien mensuel obligatoire faute duquel il seront aussitôt purgés des statistiques et de toute existence.
Ca nous ferait combien, si on ajoutait tout ? Ah, d'un seul coup, nos beaux experts-comptables ne savent plus compter...

Cette répulsion instinctive qu'inspirent les commerçants à ceux qui les approchent et qui savent, est une des très rares consolations qu'éprouvent d'être aussi miteux ceux qui ne vendent rien à personne.
- Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit.

Bonne et heureuse année 2007, au fait. On y arrive.

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