Je m'en vais vous narrer quelques anecdotes tirées des tribulations de mes pérégrinations estivales.
Samedi matin 15 juillet
Départ en ouacances. Dans la petite auto, c'est un bordel inimaginable. Putain, on ne part que pour quinze jours : 2 jours que je râle : Avec ce que je viens de charger dans le coffre et sur le toît, on a de quoi tenir un an.
On finit quand même par arriver à partir. Oué.
Samedi après-midi
La famille Petaramesh est sur l'autoroute dans un bel ensemble et sa petite voiture. Mais les paparazzi ont du être alertés : camouflé au-dessus d'un pont, un paparazzi bien planqué photographie la petite auto au téléobjectif à laser. Quelque kilomètres plus loin, un autre paparazzi en bleu dans une camionnette bleue nous demande gentiment de nous arrêter puis demande à Swâmi Petaramesh des sous pour la jolie photo. Il dit "Si ti mi donnes lé sous tou dé souite cé moins cher". Il raconte aussi une histoire de points perdus, pas tout compris. Le paparazzi est armé, si ça se trouve c'est un brigand de grand chemin. Je me fais tout conciliant et je lui donne ses sous. En liquide.
Sur le tableau de bord, ce con de GPS marmonne qu'il s'excuse mais que bon, là, il pouvait pas savoir.
Samedi fin d'après-midi
Arrivée au Camping de l'Araignée Velue et du Moustique Irrité.
Plouf dans la piscine. Chaude comme une soupière.
Samedi soir
Allons nous coucher dans ce baraquement de fortune fort joliment appelé "châlet" (ce qui, il faut bien le reconnaître, sonne mieux que stalag). Plus de 34 degrés dans le plumard. Quand je pense qu'il y avait la clim' à la maison ! Mais qu'est-ce qu'on fout là ?
Impossible de s'endormir, pile-face-pile-face-tranche-face-pile dans le plumard : je connais des jeux de plumards plus drôles...
Dimanche 16 juillet
Rien. Crise d'allergie ordinaire. Mâ Anararamesh fait sporadiquement la gueule de temps à autre pour des raisons diverses ou sans raison. Mais pas trop. Les gosses sont chiants mais pas trop. Bonne journée.
Mâ Anandaramesh voulait ce matin faire un barbecue et a acheté brochettes et tout, Swâmi Petaramesh a acheté charbon et allume-BBQ. Mais ce soir Mâ Anandaramesh ne veut plus faire BBQ. Swâmi Petaramesh râle que quoi merde tout ça, et d'abord il a faim, donc BBQ, na !
Swâmi Petaramesh commet alors l'habituel exploit de réussir à allumer le BBQ avec une seule allumette et un seul cube blanc d'allume-BBQ. La classe. Merguez et chipos sont délicieuses. Même pas trop cramées, cette fois.
Lundi
Crise d'allergie carabinée. Démarrage de la journée au Telfast 180, autant pisser dans un violon. Concerto pour Kleenex et trompette bouchée. Un peu plus tard dans la matinée, je vais supplier un pharmacien de me vendre du Xyzall sous menace d'immolation de ma personne par le feu, vu qu'une charmante m'a dit que c'était top efficace. Je m'envoie un Xyzall en urgence : Autant pisser dans un violon (again). Grandes eaux de Versailles interprétées à la Fontaine Nasale. Quelle est la conne qui m'a dit que le Xyzall servait à quelque chose, déjà ? Grrrrrr.
Sinon, courses à Intermarché aux rayons aussi dévastés par les hollandais que la queue d'anglais à la caisse est longue.
Rentré maison châlet Algéco, de toute manière, trop chaud pour avoir envie de bouffer, et encore moins de faire à bouffer.
Apéro-chips.
Sieste crapuleuse entre deux éternuements, mais pas trop : Il fait trop chaud pour faire des étincelles, et les enfants ne dorment pas.
Réveillés par les Nains après avoir peu dormi, on envisage l'épuisante idée d'aller à la piscine. Mâ Anandaramesh indique qu'elle trouve qu'on est trop souvent tout le temps collés les uns sur les autres et que c'est pas obligé. Très juste, dis-je, allez tous à la piscine puisque vous en mourrez d'envie, moi je vous rejoindrai plus tard, d'ici-là je vais sortir le portable pour écrire un ou deux trucs.
Quand Mâ Anandaramesh voit la sacoche noire du portable sortir du coffre de la bagnole, elle fait la même tête que Nosferatu voyant soudain apparaître une brouette de gousses d'ail.
Là, j'ai sorti un ordinateur ; j'ai commis un impair impardonnable : Elle fait la gueule. Pour de bon.
Ca y est, ouf ! Ils se cassent tous à la piscine. J'en profite pour pré-blogguer ce joyeux début de vacances.
Bon allez, fait trop chaud. Je file à la piscine aussi. La suite un autre jour !
Jours suivants
Pas pu me saisir de l'ordinateur ces derniers jours (heureusement pour vous), alors je résume...
Le Xyzall est OK finalement[1] ; merci à l'adorable créature qui me l'a conseillé. Suffit de le prendre avant que la crise d'allergie n'ait démarré, hein... Sinon, après, tiens, fume !
Très, très chaud (41°+) tous les jours. Nous sommes écrasés de chaleur dans ce campinge. Ca limite fortement les activités tentables à limacer jusqu'à la piscine pour y faire la planche quelques heures en chopant des boutons d'allergie au soleil. C'est qu'il cogne, le bougre !
Pour le côté culturel de la chose, on visite quand même quelques trucs avec les Nains fernaux, surtout le p'tit. Ville troglodytique, grottes, magnifiques jardins (5 plombes à marcher sous un soleil de plomb...) et caetera.

La chaleur m'a tuer. On se console en se disant que si ça se trouve, 23 816 vieux sont morts de chaud abandonnés dans leurs deux-pièces sordides dans le reste de la France et que c'est Villepin qui va avoir l'air d'un con. On se console comme on peut, hein...
Isolés du monde sans connexion Internet, je survis. Pas de nouvelles, on ne sait pas ce que devient cette amusante petite guerre que les Israéliens ont eu l'idée de démarrer au Liban la veille de notre départ. Si ça se trouve, tout le proche-Orient a été nuké d'importance et n'est plus qu'un tas de scories vitrifiées. Mais on s'en fout, on est en vacances. (Hint pour le gouvernement : Profitez-en pour augmenter toutes les taxes, revoter le CPE et adopter le TCE avant qu'on ne revienne. Pour le moment on s'en cogne, puisqu'on est en vacances. La seule chose qui pourrait nous préoccuper serait de manquer de crème solaire ou de chipos pour le barbeuc'.)
Le temps suit son cours, le midi, écrasé de soleil, je lis du Fred Vargas ou du François Villon. Bonnes ouacances.
Le soir, Patâpatî participe en chantant à divers spectacles organisés de temps à autre dans le campinge. Elle chante et elle scatte. Pas peur du micro ni des sunlights, la donzelle. Maintenant, on est connus dans le camping comme étant "les parents de Patâpatî", la nouvelle célébrité locale Rickie Lee Jones.
Srî Minishiva, lui, a complètement apprivoisé la piscine, et saute allègrement direct dans le grand bain équipé de ses deux petits brassards gonflables. Il ne sait pas nager, mais il fait comme si. Il plonge sous l'eau, remonte, joue, on n'arrive pas à le sortir de l'eau. Va falloir lui apprendre à nager avant que ses brassards ne se déglonflent, hein...
Ah si, un tas de petits cons volants dans des chasseurs à réaction ont tendance à prendre la région pour leur terrain de jeu : 2 ou 3 fois par jour ils passent en radada dans le hurlement de tonnerre de leurs engins de mort, à jouer à se faire la guéguerre volante entre eux. A chaque fois on sursaute jusqu'au plafond. Mais il faut bien que jeunesse se passe...
Euh, si ça se trouve, c'est des avions israéliens et on a été envahis par les israéliens... Vous croyez que c'est possible ?
Via mon oncle au téléphone, j'apprends que ma mère, alzheimée d'importance, a mis plus de douze heures pour faire environ 70 kilomètres en voiture entre Annemasse et Morzine, et ne sait foutrement pas où elle est passée durant ces douze heures. Après enquète et examen de talons de
carte bancaire, il apparaît qu'elle est passée par la frontière italienne. Bien emmerdés nous sommes ; on s'inquiète. Pas vous ?
Mardi 25
Aujourd'hui, mademoiselle Patâpatî a marché sur une guèpe sur le bord de la piscine. La guèpe l'a pas loupée. Chouette ! Ca me donne l'occasion d'essayer pour le première fois cet Aspivenin qu'on se trimballe inutilement depuis des années ! Patâpatî hurle à en rameuter tout le campinge. Coup de bol quand même : la loi de Murphy aurait voulu qu'on n'ait pas l'Aspivenin, justement ce jour-là. Mais on l'avait. Héhéhé.
Ce jour voit un Swâmi équipé d'une double otite affreusement douloureuse et d'une forte fièvre chanceler dans un monastère bouddhiste et s'y cramponner aux moulins à prières. Om mani padme Om. L'eau de la piscine du camping m'a tuer. Voyez antibiotiques, viendez Di-Antalvic !
Deux tympans, c'est ridiculement minuscule, mais quand on voit comme ça peut vous ruiner un bonhomme...
Sinon, ces gens fort sympathiques sont également fort pragmatiques et inventifs : le dernier moulin à prières de la série est motorisé grâce à la Fée Électricité, et peut ainsi arroser le monde de ses bénédictions 24/7/365. Il suffisait d'y penser.
Dans la soirée, glandant sur le bord d'une rivière (Swâmiji tremblant de souphrances et de phièvre et au bord du délire), Patâpatî assiste au spectacle d'un cheval qui se baigne dans la rivière avec son cavalier. Quelques instants plus tard, Patâpatî est sur le dos du dada, à cru, et zyva. M'aurait étonné, aussi.
Elle se console ainsi de la guèpe matinale.
Nuit de mardi 25 à mercredi 26
Où l'on voit un cyclope en slibard et doté d'un unique oeil rouge et d'une forte fièvre courser passé minuit un chat, armé d'un balai de ménage. Saloperie de greffier.
Cette chatte a adopté notre chalet Algéco depuis plusieurs jours. Chaque matin, elle apporte en présent à Patâpatî un mulot décapité. Pourtant, Patâpatî ne les mange pas.
Mais chaque nuit, plusieurs fois par nuit, elle miaule et gratte autour de la tente de Patâpatî : elle veut entrer... Et ça, pour réveiller tout le monde, c'est puissamment efficace...
Jeudi 27
Je tente depuis hier une intéressante expérience intitulée "40° de fièvre par 40° à l'ombre".
Hier soir, après la visite de château de chevaliers sous le cagnard qui s'imposait, Swâmi Petaramesh tapait un joli 39,4°. Puis pratiquement pas fermé l'oeil de la nuit. Retour donc à la case toubib : le joyeux microbe tombé amoureux de mes oreilles délicatement ourlées et de ma gorge profonde est résistant aux antibiotiques que le gentil docteur m'a filé. Le gentil docteur me concocte donc un super-cocktail d'antibios avec une touche de cortisone.
Il n'empêche : en dehors de la visite au toubib, je n'ai pas bougé du lit de la journée, mais j'ai quand même réussi à y taper un splendide 39,7° en fin d'après-midi. Mal de chez mal, autrement dit.
A l'extérieur de mon châlet Algéco de campinge, deux commères papotent. Faut croire qu'elles viennent au camping pour ça. Du lit où je sue, je les entends. Elles enroulent, elles enroulent, elles n'arrêtent pas une seconde. Elles auront tenu tout l'après-midi sans débander un instant. Cette incroyable capacité du cerveau féminin à parler pendant des heures sans discontinuer pour ne rien dire ou pas grand-chose ne laissera jamais de m'éberluer.
Pendant que Swâmi Petaramesh transpire et grelotte sur sa couche de souffrances, Mâ Anandaramesh a emmené les Nains visiter une grotte ou un gouffre ou que sais-je.
Sur la terrasse, la chatte me garde en se léchant les patounes.
A 18h30, un violent orage met les commères en fuite et apporte un peu de fraîcheur bienvenue...
Ce soir, Srî Minishiva est parti se coucher en disant On a mangé du foie gras aujourd'hui. C'était bon.
Quant à moi, les spécialités locales que j'ai essayées aujourd'hui sont plutôt Amoxycilline / Acide clavulanique, Ofloxacine, Prednisolone, Cefpodoxime, Dextropropoxyphène et Paracétamol. Moi dont la consommation pharmaceutique tourne autour de deux tubes d'aspirine par an les bonnes années (je ne compte pas les antihistaminiques, ce ne serait pas de jeu), là, je fais très très fort. Vous reprendrez bien un doigt de dichlorhydrate de lévocétirizine ? Sans façon ?
Samedi 29
Pliage de gaules. En fin de matinée, nous quittons le Camping de l'Araignée Velue et du Moustique Irrité. Le séjour y fut ecquecellent.
Direction les pénates de Ma Bellesoeuramesh et son Nain Cuzco ainsi que Mâ Belmeramesh et son chienchienh Krotokuh.
Durant les quelques jours de notre bref séjour, Krotokuh, le chienchienh hassabelmehr aura chié 2 fois dans la maison, vomi une fois, mais sur un lit, ce qui compte double, et pissé tellement qu'on ne ne compte plus. Il paraît que c'est en regardant le chien que l'on peut juger du maître... ou de la maîtresse, qui trouve cela excellent.
Un soir, toute la famille reçoit à dîner le père du fils de ma belle-soeur, venu en compagnie de sa femme et de ses deux gamines. La situation familiale est un tout petit peu complexe, mais il suffit de suivre. Ce sont là gens fort sympathiques au demeurant.
Mardi 1er août
Nous quittons cet asile d'aliénés en y laissant mademoiselle Patâpatî qui va y passer quelques jours supplémentaires dans la joie et l'allégresse. Nous retraversons quant à nous la France en repassant à 50 kilomètres du Camping de l'Araignée Velue et du Moustique Irrité, pour y faire escale une nuit dans la location d'une copine de Mâ Anandaramesh qui a eu l'obligeance de nous inviter à y reposer nos chevaux fourbus. Chouette endroit.
Mercredi 2 août
En fin de journée, nous arrivons à l'ashram, bien éreintés d'épuisantes vacances. A l'instant où j'écris ces lignes, Mâ Anadaramesh m'enjoint d'aller vider et ôter le coffre de toît séance tenante, faute de quoi nous ne pourrons pas entrer dans le parking de Carrouf pour y faire les courses. Ô life...
C'pas tout ça, mais on repart après-demain.
To be continued...