Ashram de Swâmi Petaramesh

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mardi 17 octobre 2006

Chef ! J'peux dire un truc ? Chef ? Cheeeeeffff ?

Garfieldd...
Petite Anglaise...
Bereno...

Next ? Next ??

Celui-ci sera, je l'espère, connu pour les siècles des siècles comme "Premier Axiome de Swâmi Petaramesh" :

La liberté d'expression des uns s'arrête où commence le droit de leur hiérarchie à préférer qu'ils ferment leur grande gueule.

D'où découle comme corollaire le "Premier Théorème de Swâmi Petaramesh" :

La liberté d'expression consiste à ne pas parler de choses qui fâchent en général, ni de son travail en particulier.

Ce matin à 9h10, Embruns annonçait l'existence du blog d'un flic, Thomas, intitulé "Que fait la police ?"

Ce même jour à 10h34, Maître Eolas relayait l'information dans son billet "Méta-Blogage", en se félicitant de l'existence d'un tel blog, mais en s'interrogeant toutefois : J'espère que le ministère de l'intérieur ne sera pas aussi frileux que d'autres et laissera faire ce fonctionnaire...

Ce même jour à 10h17 (A-t-il été encore plus rapide ? Ou y a-t-il l'effet d'un artefact de fuseau horaire de serveur ?), le flic Thomas décide de fermer son blog :

Face au succès relatif de ce blog. Un mois après, je décide une nouvelle fois de fermer. Je suis en attente d'une réponse officielle de l'administration et je ne veux pas commettre d'impairs. Ce blog a atteri sur des sites aussi divers que variés [...]

..et manifeste également quelques soucis d'être "plagié" (bien la première fois que je vois un blogueur se taire de peur d'être plagié...)

Du coup Maître Eolas culpabilise un max : Je dois porter la poisse. Mais non, rassurez-vous maître : S'il n'y a pas de gag de fuseau horaire là-dessous, Thomas l'a fermé avant que vous ne l'ouvriez !

Par coup de bol, j'avais la page du blog "Que fait la police ?" ouverte dans mon navigateur avant que celui-ci ne Dzzoïïïiingggg ! Schlack !, et je n'avais cependant pas encore eu le temps de la lire. J'ai donc pu aussitôt enfoncer le panic knob rouge et en faire une sauvegarde en l'état, incluant tous les billets du 7 septembre à ce jour.

...Et je note que le plus ancien des billets dont j'ai ainsi gardé la trace, daté du 7 septembre 2006, 10h17, était justement déjà intitulé Fermeture du Blog et disait :

A grands regrets, j'ai décidé de fermer temporairement mon blog afin de trouver une solution pour pouvoir diffuser mes écrits sans entrer en contradiction avec le devoir de réserve, que je dois respecter, malgré l'extrême modération de mes propos. Je précise que j'ai pris seul cette décision. Merci pour vos commentaires, et vos passages. Le site a vu plus de 3000 visiteurs en quelques mois.

Pour le billet de fermeture actuel, vous pouvez le consulter vous-même en ligne...


Addendum 18/10 00:19 : Tiens, j'apprends via Samantdi qu'il y en a une autre à qui son blog a pété dans la g...
Piting, bientôt les blogs, ça va faire plus de victimes que le phylloxéra...
Alors rappelez-vous bien : Ce n'est pas parce que Nissan commercialise une voiture (originalement) nommée "Micra blog" (par des marketoïdes de génie) qu'il faudrait en déduire hâtivement que de vils employés sont autorisés à ouvrir leur gueule revendicative[1] sur le wild-wild Internet qui n'est comme chacun sait qu'un repaire de pédonazis[2], de pirates informatiques et de méchants anargauchistes qui font rien qu'à désinformer le peuple à propos de la magnanime et généreuse bonhomie proverbiale des vertueuses sociétés qui les emploient.
Non.
Faut pas déconner, non plus !
C'est vrai, quoi.
A la fin.


Tout ça me rappelle à ma grande honte que j'ai un peu négligé la "Chaîne p0rn0graph1que" consacrée à Bereno, ces derniers jours. Mea maxima culpa. Voici donc...

Notes

[1] Cégétiste, même, si ça se trouve. Pas sûr, mais tout est possible, avec ces vermines de travailleurs...

[2] Oh ! Un point Godwin qui passe, tout seul, on dirait qu'il s'ennuie...

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mercredi 11 octobre 2006

Carnet d'un inspecteur du travail - Potiers "plombés"...

Parce qu'avec tous ces autres sujets, il ne faut quans même pas oublier que le blog de Bereno a disparu. Ministère l'a tuer.

Et pendant ce temps-là, notre Laurence Parisot nationale tente de promouvoir son nouveau concept : la séparation à l'amiable entre l'entreprise et le salarié.

Remarquez que ça existait déjà, une "séparation à l'amiable" : Ca s'appelle une lettre de démission, quand le salarié veut partir.
Il pouvait aussi y avoir séparation à l'amiable en cas de licenciement économique, quoiqu'au grand regret du salarié, mais celui-ci ayant au moins droit à indemnités selon la loi et la convention collective, à certaines mesures d'aide spécifiques dans le cas de "plans sociaux" ou "plans de sauvegarde de l'emploi"[1], etc.

Mais non, la "séparation à l'amiable" à la mode MEDEF telle que la prône la gentille Laurence, ça veut dire toute autre chose : Ca veut dire que l'entreprise, quand elle ne te veut plus, peut te jeter comme un Kleenex usagé. "A l'amiable", ça veut dire sans devoir s'en justifier. Sans cadre réglementaire ou législatif "pesant", comme diraient les MEDEFistes : Je te donne 3 balles et tu dégages, fais ton sac mon ami, et va te prendre un studio en ville. C'est la séparation "à l'amiable" telle que la rêve la gentille Laurence.

Le jour où l'entreprise sera un gentil couple où les deux parties seront sur un pied d'égalité, tant du point de vue du pouvoir de chacun sur l'autre que du besoin de l'autre pour sa survie immédiate, j'imagine que ça se saura jusque dans les bureaux de sépareuses à l'amiable, non ?

En attendant poursuivons donc notre chaîne p0rn0graph1que du Carnet d'un inspecteur du travail...

Notes

[1] Ce qui veut dire qu'on vire du monde, Mouhahaha !

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dimanche 8 octobre 2006

Nul n'est prophète en son pays

Ou comment éviter le péché d'orgueil en une leçon et un exercice pratique...

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Carnet d'un inspecteur du travail - Un préparateur...prépare.

Faut-il, ou ne faut-il pas poursuivre la re-publication des billets du blog de Bereno, Carnet d'un inspecteur du travail, entièrement mis hors-ligne par suite d'un ultimatum de son ministère de tutelle à qui l'un des billets aurait déplu ?

Bereno a informé hier Maître Eolas et Le Monolecte qu'après avoir posément réfléchi à la question, il souhaite ne pas donner de suites à cette affaire. (Me Eolas) et qu'il choisit le silence (Le Monolecte).

Ce choix, qui lui est personnel, est parfaitement respectable. Chacun est libre de publier ou cesser de publier, écrire ou ne pas écrire, parler ou se taire, se battre ou se résigner, à chaque instant de sa vie et pour des raisons qui lui appartiennent et dont nous n'avons pas à connaître.

Aussi, tout comme Maître Eolas, Kozlika et Le Monolecte, je respecte entièrement la liberté et le choix de Bereno. Nul ne peut être fait martyr contre son gré, soit.

A la suite de cette décision de Bereno, Maître Eolas a profondément modifié son billet, Kozlika a entièrement retiré le sien, commentaires compris, et Frank Paul a également retiré un billet de re-publication du blog de Bereno.

Personnellement, ce retrait précipité des troupes sur des positions non préparées à l'avance m'a quelque peu écoeuré, et j'ai écrit, dans l'addendum de 15h45 à mon billet d'hier : Dirait-on que les bulles de la blogosphère se dégonflent encore plus vite qu'elles ne se gonflent ?, ce que Kozlika a pris pour elle, bien qu'elle n'était pas spécifiquement visée par mon trait, qui s'adressait davantage à un comportement d'ensemble.

J'ai été, quant à moi, écoeuré de ce développement pour deux raisons viscérales, qu'Agnès Maillard, du Monolecte, a parfaitement résumées de quelques mots dans son plus récent commentaire chez moi :

je n'efface jamais mes écrits, même si je me rends compte après coup qu'il s'agit d'une énorme bouse : j'assume et je me refuse à réviser le passé. Car celui qui réécrit (ou efface) le passé contrôle l'avenir, ce qui est pour moi une forme assez aboutie de totalitarisme. Je ne peux pas faire que ce qui a été n'ait pas existé. Je ne peux que m'en nourrir et m'en servir pour continuer ma route.

Voilà pourquoi la disparition soudaine ou la profonde modification de billets "qui avaient été" ont provoqué chez moi un incontrôlable haut-le-coeur.

Agnès écrit également a propos du "choix du silence" de Bereno :

je comprends et partage sa décision, mais ... je considère par ailleurs que ses écrits font déjà partie de notre mémoire collective.

C'est aussi ce que je ressens. De mon point de vue, une fois qu'une oeuvre a été publiée, elle appartient à la mémoire collective, elle appartient à ses lecteurs, actuels, passés, mais également futurs, bien plus qu'elle n'appartient à son auteur, même si ce dernier conserve un droit moral sur l'usage qui peut en être fait, et si la loi lui reconnaît un "droit d'auteur", ces derniers points sont très secondaires pour moi.
Retirer une oeuvre qui a déjà été publiée, c'est retirer quelque chose à la mémoire collective, c'est amputer cette mémoire, et je trouve cela profondément intolérable.

Pour ces raisons, j'estime que le choix de Bereno de ne pas donner de suites n'est nullement contraignant pour ceux qui désirent continuer de donner des suites, non pas au nom de Bereno, mais en leur nom propre, au nom du rejet de la censure et de la contrainte qui ont frappé, d'une part, et au nom du refus de l'amputation de notre mémoire collective, d'autre part.

Encore une fois, il ne s'agit nullement de faire de Bereno une victime ou un martyr contre son gré. Rien ne peut d'ailleurs lui être reproché, d'autant plus qu'il exprime qu'il ne s'associe pas à ce mouvement, et que nul ne saurait reprocher à quelqu'un un acte qu'il n'a pas commis et auquel il ne s'est pas associé.

Mais, comme je l'écrivais en commentaire chez Me Eolas : Défendre le blog de Bereno, c'est défendre tout le monde, et pas seulement Bereno. Plier, c'est plier pour tout le monde, et pas seulement pour Bereno.

Je décide donc, quant à moi, de poursuivre tranquillement la republication des billets du blog de Bereno, tant que celle-ci ne me sera pas expressément interdite pour des raisons légales (droit d'auteur, copyright...) par l'auteur lui-même.[1] Je n'en publierai peut-être pas un par jour, pour laisser de la place, sur mon blog, à ma propre expression ;-) mais je continuerai d'un publier un de temps à autre.

Je vous invite par ailleurs à lire ce qu'écrit l'Inspecteur du Travail Gérard Filoche à propos de l'arrêt du blog de Bereno : ... Nous marchons dans les pas de Pierre Hamp, inspecteur du travail, qui, entre 1906 et 1912, racontait dans le journal de Jean Jaurés, l’Humanité, ce qu’il constatait dans les entreprises. Ce qui pouvait être fait en 1906 ne va pas être interdit en 2006, non ?

Ainsi que ce commentaire laissé par Incanus sur mon billet "le retour de la p0rn0graph1e" : Le pompier de Fahrenheit[2] cachait des livres, et les héros de ce monde si proche et si lointain apprenaient par coeur et transmettaient le contenu des livres brûlés. Nous, nous pouvons diffuser ce contenu sur un média ou subsiste encore un peu de liberté: profitons en tant qu'il est encore temps! Ni la radio, ni la télé, ni la presse écrite, dans leur immense majorité, ne sont plus des espaces de liberté d'expression. Si nous ne faisons rien, demain, internet?


En attendant, corvée de chiottes !

Notes

[1] Si cette éventualité devait se produire, je retirerais alors les billets republiés en explicitant la raison de ce retrait.

[2] Fahrenheit 451, roman de Ray Bradbury.

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samedi 7 octobre 2006

Carnet d'un inspecteur du travail - Big Brother... au supermarché.

Ce billet poursuit ma série de billets p0rn0graph1ques de re-publication des billets du blog de Bereno, honteusement censuré par son ministère de tutelle, et contraint de se taire.

A ma connaissance, voici une liste de billets et d'articles de sites (hors les miens) qui ont évoqué l'affaire et soutiennent Bereno :

Et sûrement des dizaines d'autres qui m'ont échappé (et que j'invite à se trackbacker ici s'ils me lisent)

...Sans compter tous les billets qui se joignent à la chaîne p0rn0graph1que, afin de rendre le blog de Bereno définitivement irrépressible.

Voici d'autre part la liste de sites et de points de téléchargement à partir desquels on peut, à ma connaissance, se procurer aujourd'hui tout ou partie de l'archive du blog de Bereno :

Que disiez-vous déjà, messieurs les censeurs ? Nos gueules ? Ah oui...

La bataille du pot de terre contre le pot de fer, c'était pas gagné, mais si on y ajoute un pot d'octets... :-D


Update 15h05 : Maître Eolas retire son billet de soutien à Bereno en indiquant : Bereno m'a contacté ... Après avoir posément réfléchi à la question, il souhaite ne pas donner de suites à cette affaire ... (lire le reste chez Maître Eolas).

Voici ce que j'ai pour ma part répondu en commentaire chez lui, et que je reproduis ici :

= = = Début de citation de mon commentaire chez Me Eolas = = =

Si c'est réellement un billet et un seul, du blog de Bereno, qui posait un tel problème à son administration de tutelle, je m'étonne que la demande de retrait ait porté sur l'ensemble du blog et non pas sur ce seul billlet.
Un peu comme si l'on interdisait définitivement un journal dont un article aurait déplu à Leurs Majestés. Il faut croire qu'on prend, pour le moment, bien moins de gants avec les blogueurs qu'avec les journaux, surtout quand on emploie les premiers, et qu'on dispose donc d'un facile et efficace moyen de pression à leur endroit.

Il semble d'autre part manquer ici le lien donnant la définition, passionnante je n'en doute pas, de "l'opportunité politique".

Quant au reste du contenu de ce "billet-qui-remplace-le-billet", je m'interroge et je médite.

Je ne sais sincèrement pas si le fait que Bereno souhaiterait (selon Maître Eolas dont je ne mets pas la parole en doute, mais enfin cela reste pour moi une information de seconde main) "écraser le coup et ne pas faire de vagues", implique que le reste de ceux qui ont pris fait et cause doivent également écraser le coup et cesser de faire des vagues.

Car la fronde et la contestation portent bien au-delà de la défense de cet homme précis : C'est une question qui concerne tout le monde, car elle concerne la liberté d'expression, telle que la définissent l'article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, que citait Eolas, et l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, que je citais en écho.

Le fait que Bereno semble accepter d'avoir été ainsi muselé, nous contraint-il à accepter qu'il l'ait été ? Je ne le pense pas.

Défendre le blog de Bereno, c'est défendre tout le monde, et pas seulement Bereno.
Plier, c'est plier pour tout le monde, et pas seulement pour Bereno.

Après Garfieldd, Petite Anglaise.
Après Petite Anglaise, Bereno.
Après Bereno, qui ?

À qui le tour ?

= = = Fin de citation de mon commentaire chez Me Eolas = = =

Update 15h45 : Kozlika, et son billet "Crie moins fort, les blogueurs vont t'entendre", suit Me Eolas et ne crie plus fort du tout elle non plus. Comme ça, les blogueurs ne vont pas l'entendre :-(

Dirait-on que les bulles de la blogosphère se dégonflent encore plus vite qu'elles ne se gonflent ?

Quant à moi, je me sens pénétré d'une sensation d'écoeurement de plus en plus prenante... Bon, je vais plutôt faire un tour à la fête foraine avec mes ''Nains', tiens.


Allez, voici maintenant mon billet p0rn0graph1que du jour :

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vendredi 6 octobre 2006

Carnet d'un inspecteur du travail - Des boîtes... des boîtes...

Ce billet fait partie de la chaîne p0rn0graph1que de re-publication des billets du blog de Bereno.

J'ai choisi le billet que je republie aujourd'hui, car il me rappelle une situation que j'ai personnellement vue :

Une chaîne d'emballage, dans une usine que je ne nommerai pas. A un poste de travail, une équipe d'ouvrières passaient leur journée entière à prendre sur un tapis roulant à main gauche une certaine quantité de produits, et à les déposer dans un carton sur un tapis roulant à main droite, et à recommencer éternellement, tandis qu'un mètre plus loin sur la chaîne, d'autres ouvrières fermaient les cartons.

La direction de l'usine nous avait expliqué qu'il y avait, juste à côté des ouvrières, une machine capable de faire ce travail, et en parfait état de marche, mais qu'on gardait les ouvrières employées à ce poste pour les occuper, parce qu'en fait, elles n'étaient là qu'en tant qu'équipe "à tout faire" disponible pour prendre au pied levé la place de n'importe quelle machine de la chaîne qui tomberait en panne...

En somme, elles étaient là plutôt que chez elles pour être prêtes à remplacer immédiatement une machine en cas de panne éventuelle, et on les occupait à remplacer une machine qui marche, parce qu'on n'allait tout de même pas les payer à rien foutre, à tricoter ou à lire le journal !

Je dédie donc la re-publication de ce billet de Bereno à toutes les remplaçantes de machines qui marchent...


Les images que j'ai choisies pour illustrer ce billet ne proviennent pas du billet initial de Bereno, elles n'engagent que moi.
J'ai pompé la première chez Trublyonne, laquelle a du la piquer ailleurs, mais je ne sais pas où. Elle n'a pas grand-chose à voir avec le sujet du billet de Bereno, mais je la dédie à tous les petits dictateurs et apprentis censeurs (qui seraient sans doute plus ouverts s'ils pratiquaient davantage). Et puis, elle contribue à la dimension p0rn0graph1que de ce billet ;-)
La deuxième, extraite des Temps Modernes de Charlie Chaplin, a tout à voir avec le thème de ce billet et est, si j'en crois Wikipedia, tombée dans le domaine public. Elle présente par ailleurs une analogie de personnage avec la première, par célèbre film interposé.

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jeudi 5 octobre 2006

Carnet d'un inspecteur du travail - Un an de blog

Puisqu'on débattait dans le fil de commentaires de mon premier billet proposant une nouvelle "chaîne p0rn0graph1que" destinée à sauver et faire connaître le blog de Bereno "Carnet d'un inspecteur du travail", du bien-fondé ou non d'une telle re-publication, je pense utile de re-publier ici sans plus attendre le billet "Un an de blog" de Bereno, qui revient sur ses objectifs et les raisons de son choix de bloguer, et de continuer à le faire malgré les pressions désireuses de le faire taire...

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le retour de la p0rn0graph1e

Quand, au mois de janvier dernier, le proviseur Garfieldd avait été révoqué[1] pour avoir tenu un blog, sous l'accusation fantaisiste de "pornographie", la blogosphère avait immédiatement réagi par différentes initiatives de soutien.

Parmi ces initiatives, celle de Kozlika de créer la Chaîne p0rn0graphique, à laquelle de nombreux blogs ont participé en republiant chacun, chaque jour, un billet extrait de l'archive du blog de Garfieldd, dans le double but de montrer l'innocence du contenu de celui-ci, d'une part, et d'affirmer haut et fort d'autre part que la liberté d'expression ne se négocie pas, et que dans une société qui tend de plus en plus à vouloir la rogner pour la remplacer par une pensée unique consensuelle cuisinée par les principaux média aux ordres des puissances financières qui les contrôlent, la liberté d'expression est un droit que l'on prend, et non une permission qu'on demande.

Aujourd'hui, une dizaine de mois plus tard, la p0rn0graph1e est de retour, dans le sens d'obscénité qu'a ce mot : Le Monolecte nous apprend que Bereno, un Inspecteur du Travail qui tenait un blog, s'est vu contraint de le fermer brutalement sans autre forme de procès, à la suite d'un ultimatum de son ministère de tutelle.

Le blog de Bereno nous montrait, avec neutralité et réserve, en respectant l'anonymat des protagonistes, le quotidien d'un Inspecteur du Travail du beau pays de France, et, à travers ses yeux, la réalité du monde du travail dans notre pays.

Une réalité qui, sans doute, dérange le ministère, tant il ne faut pas que certaines choses soient dites... Le corps des Inspecteurs du Travail n'a pas vraiment bonne presse sous ce gouvernement UMPo-MEDEFien.

Alors, silence dans les rangs ! On ne veut voir qu'une seule tête, et certainement pas celle de la liberté d'expression, non, plutôt celle du devoir de réserve, ancien concept pour exprimer de manière moderne : Ferme ta gueule, boucle-la, et tais-toi !.

Le déni du droit à l'expression, l'ultimatum exigeant le silence, la voilà bien, l'obscénité, la voilà bien, la p0rn0graph1e...

D'où me vient très logiquement l'idée de reprendre l'initiative de Kozlika[2] pour Garfieldd, et, allant dans le même sens que l'initiative irrepressible.info d'Amnesty International, de rendre irrepressible ce que nous pouvons aujourd'hui sauver du blog de Bereno, dont :

  • Un certain nombre de billets ont déjà été mis en ligne ici
  • D'autres peuvent être récupérés en explorant le cache de Google
  • D'autres enfin seront peut-être un jour disponibles sur la Wayback Machine, laquelle n'a toutefois intégré aucune mise à jour depuis début avril 2005...

Pour reprendre, quasi mot-pour-mot, les instructions de Kozlika en la matière, je demande donc à chaque volontaire participant de reproduire chaque jour, sur son propre blog, l'un des billets de Bereno :

  1. Rendez-vous sur l'un des sites archivant tout ou partie du Blog de Bereno, exacer.be ou cache de Google
  2. Choisissez un billet, publiez-le (billet complet) sur votre blog.
  3. N'oubliez pas de mentionner son auteur, la date et le titre.
  4. Informez vos lecteurs que vous participez à une initiative de soutien à Bereno.
  5. Envoyez-le en trackback sur l'Ashram de Swâmi Petaramesh dans le "billet p0rn0graph1que''" du jour de votre publication, ou dans le dernier billet disponible. Si vous ne pouvez pas faire de trackback depuis votre plate-forme signalez votre parution dans les commentaires.
  6. Poursuivez chaque jour jusqu'à avoir publié tout ce que vous avez en votre possession, provenant de l'archive du blog de Bereno.
  7. Passez la chaîne à cinq personnes.

Bonus : pour réaliser un Google bombing positif, choisissez comme titre de votre billet d'associer plusieurs mots de la liste suivante : Bereno - Inspecteur du Travail - censuré - blog - blogueur.

(Comme je l'écrivais par ailleurs dans un commentaire chez Le Monolecte : Je me demande même s'il faudrait tenir compte de l'approbation ou de l'opposition éventuelle de l'auteur, dans une telle situation. Il possède bien évidemment le droit moral sur son oeuvre (je ne parle pas de "propriété intellectuelle"), mais d'un autre côté, il est patent qu'il subit des pressions qui lui ôtent sa liberté d'action et d'expression à ce propos... Si j'étais à sa place, je serais certainement heureux que mon blog soit "immortalisé" ainsi par un acte de résistance de tiers indépendants... Toutefois, Bereno, si tu nous lis... Ma "page contact" est ...)

Je passe cette chaîne aux cinq premiers commentateurs de ce billet.


Le Billet Pornographique du jour


Bref retour

par Carnet d'un inspecteur du travail

Mercredi 13 septembre 2006

Plus de dix ans d'ancienneté, plus de dix ans de bons et loyaux services. Monsieur Y a, semble-t-il, toujours donné satisfaction. Il a accepté, par le passé, d'occuper différents postes de travail dans l'entreprise selon les nécessités du moment.

Puis survient l'accident; une mauvaise chute dans l'entrepôt. Fracture du genou gauche. Cette blessure nécessite six mois d'arrêt de travail. Lors de la reprise, il est bien conscient que son genou est encore fragile et douloureux parfois, mais l'inactivité lui pèse et il insiste auprès de son médecin pour reprendre le travail. Malheureusement, au bout de quelques jours de travail, il est de nouveau contraint de s'arrêter, pour trois mois de plus.

Cette fois, en accord avec le médecin traitant et le médecin du travail il est décidé que la reprise s'effectuera dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique mais pas sur le même poste, non cela semble trop risqué. Après une concertation entre le médecin du travail et le responsable de l'entreprise, monsieur Y aura en charge les livraisons à domicile.

Il est satisfait monsieur Y, ça lui plaît d'aller livrer les clients. Très vite cependant, il remarque que cette nouvelle fonction nécessite de sa part bien plus de responsabilités et de technicité que les tâches (essentiellement de la manutention) qu'il effectuait jusqu'alors. Tout naturellement, il sollicite un rendez-vous avec le patron pour discuter salaire et demander un avenant à son contrat de travail qui prendrait en compte son nouvel emploi.

Trois jours plus tard, il se présente dans le bureau du chef d'entreprise et lui exprime ses souhaits. Mais à peine a-t-il terminé de parler que le patron s'emporte en le tutoyant alors que jusqu'à présent le vouvoiement était de rigueur:

-"Pour qui tu te prends ? Tu es livreur et tu es suffisamment payé comme ça".

Il est abasourdi monsieur Y, il ne s'attendait pas à une telle réaction ! Le patron continue dans son élan:

-"Estime toi heureux que je te garde dans l'entreprise. Un chauffeur n'a pas d'heures et dorénavant tu travailleras tous les jours du lundi au samedi".

La moutarde lui monte au nez à monsieur Y. Il ressent ce tutoiement comme un mépris total envers sa personne. Au-delà du désaccord, c'est ce sentiment d'être traité comme un "moins que rien" qui le blesse profondément. Il est prêt à exploser mais il se contient.

-"Voila les clés du camion, pour les livraisons ne comptez plus sur moi." dit-il en déposant les clés sur le bureau et il se retire.

Il décide de reprendre son ancien poste. Il veillera à ne pas faire d'efforts trop violents pour préserver son genou blessé ...Mais le patron n'entend pas s'en laisser conter. Rapidement, il le rejoint dans l'entrepôt et le somme de passer par la pointeuse et de rentrer chez lui. Il insiste pas monsieur Y, il en a plus qu'assez, il obéit.

Le lendemain matin, il reçoit une lettre de l'employeur. Il la parcourt rapidement: mise à pied conservatoire à effet immédiat et convocation à un entretien préalable au licenciement pour faute grave.

Il est désemparé monsieur Y à la lecture de ces mots. Il me téléphone, il veut savoir: "C'est une faute grave de demander une rémunération appropriée au travail fourni et un avenant au contrat de travail ? C'est une faute grave ça ?".

Notes

[1] Révocation sur laquelle le ministre est revenu par la suite, sous la pression, la transformant en une sanction beaucoup plus légère.

[2] Kozlika, tu me pardonneras certainement d'avoir dérivé ton idée...

mercredi 4 octobre 2006

Ferme ta gueule !

On dit que la différence entre le totalitarisme et la démocratie, c'est que le totalitarisme, c'est Ferme ta gueule !, tandis que la démocratie, c'est Cause toujours...

Bon, ben maintenant, il semble qu'on en soit finalement viendu à Ferme ta gueule !

Surtout si tu es inspecteur du travail. Raconter ce que tu vois tous les jours, ça ne se fait vraiment pas en MEDEFocratie... C'est un blasphème.

Update 19:31 : En allant chercher mademoiselle Patâpatî à la piscine, et en pensant à la "mésaventure" qui arrive à Bereno, ce vers me revenait en mémoire Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place..

mercredi 27 septembre 2006

J'aime qu'on me haïsse !

Quelques petits événements récents, ainsi que certaines bonnes vieilles habitudes blogosphériques de naviguer en rond autour de son nombril[1] avant que d'aller cracher sur les tombes de ceux que l'on vient de bannir, me poussent à vous offrir ma poésie du jour :

CYRANO
A force de vous voir vous faire des amis,
Et rire à ces amis dont vous avez des foules,
D'une bouche empruntée au derrière des poules !
J'aime raréfier sur mes pas les saluts,
Et m'écrie avec joie : un ennemi de plus !

LE BRET
Quelle aberration !

CYRANO
Eh bien ! Oui, c'est mon vice.
Déplaire est mon plaisir. J'aime qu'on me haïsse.
Mon cher, si tu savais comme l'on marche mieux
Sous la pistolérade excitante des yeux !
Comme, sur les pourpoints, font d'amusantes taches
Le fiel des envieux et la bave des lâches !
-- Vous, la molle amitié dont vous vous entourez,
Ressemble à ces grands cols d'Italie, ajourés
Et flottants, dans lesquels votre cou s'effémine :
On y est plus à l'aise... et de moins haute mine,
Car le front n'ayant pas de maintien ni de loi,
S'abandonne à pencher dans tous les sens. Mais moi,
La Haine, chaque jour, me tuyaute et m'apprête
La fraise dont l'empois force à lever la tête ;
Chaque ennemi de plus est un nouveau godron
Qui m'ajoute une gêne, et m'ajoute un rayon :
Car pareille en tous points à la fraise espagnole,
La Haine est un carcan, mais c'est une auréole !

- Edmond Rostand ; Cyrano de Bergerac, II, 8.



...et je ne puis finir sans faire compléter par Guitry :

Non, non ! N'être jamais parmi ceux qui haïssent.
Tâcher d'être plutôt parmi ceux que l'on hait.
On y est en meilleure compagnie.
- Sacha Guitry


Notes

[1] Et de dégommer à l'occasion quelques gentils commentaires. Hint : Essayer le filtrage par REFERRER, c'est le nec-plus-hype de la mode bisounoursienne !

mardi 26 septembre 2006

DE BISVNVRS ILLVSTRIBVS ORBIS BLOGOSPHERAE

A mesure que de nouvelles niches écologiques se créent dans le cybermonde, de nouvelles espèces apparaîssent, mutent puis les colonisent. Normal.

L'une des espèces les plus anciennement connues et les mieux décrites de cyberbiotes est le troll, qui vit depuis fort longtemps dans les profondeurs d'USENET et des listes de diffusion, et qui a depuis réussi à s'adapter avec succès à de nouveaux environnements : tout d'abord les forums du ouèbe, puis la plus récente blogosphère. Des chercheurs réputés ont acquis toute leur gloire à son étude, comme Monsieur Maester par exemple, et de véritables encyclopédies d'une profonde érudition lui ont par ailleurs été consacrées.

Ainsi le troll est-il aujourd'hui un ravageur parfaitement et entièrement connu, et il n'y a plus grand-chose de neuf à en dire, sinon à rappeler, comme chacun devrait le savoir, qu'il ne faut jamais le nourrir. Et qu'il est plein de caca.

Cependant, dans des niches écologiques d'apparition plus récente, se trouvent mille autres passionnantes espèces encore peu connues, et peu ou mal décrites, aussi Swâmi Petaramesh, avide de paillettes et de gloriole, et, qui sait, même d'un prix Nobel, s'attaque-t-il à la noble tâche de décrire au moins l'une de ces nouvelles espèces.

Le De Bisunurs Illustribus me vaudra-t-il enfin la gloire, la célébrité, et les filles nues qui se jettent par milliers sur mon corps d'albâtre ?

Je veux donc aujourd'hui traiter du cyber-bisounours et de son cousin germain le bisounours-garou, dont le biotope naturel est la blogosphère, et plus particulièrement certains de ses blogomarécages.

Le cyber-bisounours est la variété cybernétique d'une espèce de bisounours plus ancienne et plus classique, qui fut très bien décrite par le regretté Pierre Desproges, sous l'appellation d'endive :

Endive n.f. L'homme qui s'adonne à l'endive est aisément reconnaissable, sa démarche est moyenne, la fièvre n'est pas dans ses yeux, il n'a pas de colère et sourit au guichet des Assédic. Il lit Télé 7 Jours. Il aime tendrement la banalité. Aux beaux jours, il vote, légèrement persuadé que cela sert à quelque chose.
- Pierre Desproges

Mais, il faut bien le reconnaître, le cyber-bisounours, que nous appellerons plus simplement bisounours pour la suite de cet article, présente mille caractéristiques bien plus intéressantes.

Au premier abord, le bisounours est un petit être d'aspect fort agréable : Il est tout mignon avec son poil lisse et brillant, et fait en quelque sorte un peu penser à un mogwaï.

Quand on atterrit par erreur hasard dans le blog d'un bisounours, on commence par être ben content d'être arrivé dans ce petit coin de paradis, où tout n'est que luxe, calme et volupté.

On trouve alors au bisounours tout un ensemble de qualités :

  • De prime abord, le bisounours est gentil. Très gentil même. On perçoit tout de suite qu'il s'agit d'un être à la profonde sensibilité qui patatipatata...
  • Il paraît également intelligent, écrit généralement plutôt bien et sans trop de fautes, ce qui est suffisamment rare pour être appréciable. Certains bisounours montrent même un véritable talent d'écrivain ou de photographe, bien que, le plus souvent, il s'agisse de productions de qualité correcte mais ne possédant pas une personnalité ou une originalité à décorner les boeufs, il faut bien l'avouer.
  • Le bisounours est également le plus souvent cultivé. Au moins assez pour vous faire belle impression.
  • Comme le bisounours est plutôt gentil, et pas trop con non plus, le bisounours est de gauche [1] dans la quasi-totalité des cas observés - on a bien vu quelques bisounours qui se croyaient de droite, mais il n'avaient pas tout compris.[2] Le bisounours, étant un petit être sage et modéré reste toutefois d'une gauche fréquentable, par exemple écolo-gentil à la tendance légèrement alter-mondialiste mais pas trop : J'achète les produits du "commerce équitable" chez Carrouf, quoi.
  • Le bisounours, généralement éduqué, fait partie des couches "CSP+", mais rarement "CSP++" bien qu'il en aurait probablement les capacités s'il le voulait. Il est CSP-suffisant pour posséder un ordinateur, une connexion haut-débit permanente, un hébergement pour son blog, et le plus souvent, cela semble lui suffire. En tout cas, ça lui plaît davantage qu'un 4x4 climatisé avec le pare-buffles.
  • L'ensemble des caractéristiques permettent de définir le bisounours comme une forme particulière de cyber-bobo, dont il est en effet une sous-catégorie.
  • De ce fait, le bisounours est, somme toute, assez peu original, bien qu'il soit très intimement persuadé du contraire.
  • Il est par ailleurs grégaire, voire trou de tribal. Nous verrons plus tard que c'est là une caractéristique centrale de son comportement.
  • Bien sûr, inutile de le préciser, le bisounours est très souvent une bisounourse. Le plus souvent, même.

Observons maintenant le bisounours en action. Que fait le bisounours ?

  • Le bisounours poste des billets sur son blog.
  • Le bisounours répond aux (gentils) commentaires de ses (nombreux) amis (bisounours) sur son blog.
  • Le bisounours lit les blogs de ses (nombreux) amis (bisounours), et leur laisse régulièrement de (gentils) commentaires.

Nous avons là fait le tour de l'essentiel de l'activité du bisounours.

(Un bon critère permettant de reconnaître un bisounours, c'est que, dès qu'il poste un court billet standard-lambda sans intérêt particulier [genre Je m'ai acheté une paiiire de chaussûres ou J'ai été au coiffeur], Paf ! D'un coup trente commentaires qui s'extasient sans une seule fausse note. Pas d'erreur, vous êtes sur un blog affilié à la tribu des bisounours.)

Observons de plus près, sous l'éclairage aride de l'analyse transactionnelle, la nature et la teneur de ces échanges.

  • De nombreux posts du bisounours semblent tournés vers l'extérieur, mais, à le lire pendant un certain temps, on remarque assez vite que chaque bisounours porte en lui une profonde souffrance, un profond mal-être, une mauvaise image de lui-même ("low self-esteem", écris-le comme ça, tout de suite, ça fait riche ;-) [3] et que c'est là le moteur essentiel qui le pousse à tenir un blog et à faire partie d'une tribu de bisounours. Bien sûr, de nombreux autres blogueurs ont aussi des blessures (ça n'a rien de particulièrement original), qui sont également souvent le principal moteur qui les pousse à écrire, mais ils n'en sont pour autant pas tous des bisounours, loin de là.[4]
  • Le bisounours, qui est malheureux et peu sûr de lui, a besoin de se sentir aimé, apprécié et entouré ; il recherche les strokes positifs.
  • D'où l'utilité de sa tribu de bisounours-amis, qui viennent lui déverser des tombereaux de fleurs-commentaires pour lui dire combien le bisounours est un être trop beau, trop gentil, trop plein de talent, trop unique et trop exceptionnel tout ça. A charge de revanche bien entendu, et le bisounours s'empressera toujours d'aller rembourser son bienfaiteur virtuel en lui déversant plein de strokes positifs, également, en veux-tu en voilà.
  • Il faut dire d'autant plus de gentillesses au bisounours et lui faire d'autant plus de bisous, qu'il se sent laid(e), moche, bête, con(ne) et nul(le). Bien sûr, le bisouiller ne lui fait aucun bien sur le long terme ni ne l'aide à résoudre le moindre de ses problèmes, mais sur le court terme, ça le réconforte, et il est là parce qu'il veut des bisous, quoi, merde ! M'enfin...

On voit donc que la tribu des bisounours fonctionne sur le principe, connu et éprouvé en politique, de Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné !.

Les bisounours se regroupent donc en joyeuses tribus de bisounours qui font bloc. Ils s'aiment et se font des bisous.[5]

Et ils ne veulent pas, mais surtout pas, qu'on vienne les déranger dans leur petit train-train de gentils petits bisous.

Car ils ne veulent pas se remettre en question, ils ne veulent pas se regarder ni se voir tels qu'ils sont[6], ils ne tiennent pas à savoir pourquoi ils souffrent ni comment y mettre fin.
Pas de remise en question douloureuse pour le gentil bisounours donc. Il veut juste des bisous et des câlins, et se faire réconforter par sa tribu de bisounours. Et il fuit absolument tout ce qui pourrait ressembler à un stroke négatif.

L'ennuyeux, c'est que si quelque étranger passe par là, ne connaissant pas les usages de gentillesse-guimauve et de réciprocité systématique de la tribu des bisounours, si jamais passe un étranger aux yeux ouverts, qui voit ce qu'il voit et dit ce qu'il pense (plutôt que de dire ce qu'il pense que les bisounours souhaitent entendre), alors là, soudainement, c'est le crime de lèse-bisounours ! C'est la Révolution dans le petit monde des bisounours !

Comme le mogwaï arrosé et nourri après minuit se transforme soudain en abominable gremlin, le bisounours quant à lui se transforme en bisounours-garou !

Il a l'écume aux lèvres et il veut en découdre ! Sus au bisouclaste ! Il veut l'essoriller ! Le désentripailler !

Killer Bisounours

(Illustration Grabuge utilisée sans son autorisation.[7] Mais elle me plaît trop pour ne pas l'afficher ici !)

Dieu que le bisounours-garou est une espèce redoutable ! Il est difficile d'échapper à son courroux !

Il est d'autant plus facile de déclencher l'incident, que les réactions du bisounours sont très affectives et épidermiques : Dès qu'on lui donne autre chose que sa ration de bisous, le bisounours part en vrille !
Comme le bisounours est incapable de toute distance par rapport à lui-même d'une part, s'identifie excessivement aux idées qu'il défend d'autre part, et tertio réagit (beaucoup) plus vite qu'il ne réfléchit, on arrive assez facilement au carnage !

Et puisque le bisounours est une espèce terriblement tribale, il vous suffit d'en offenser un pour qu'instantanément toute la tribu de ses porte-coton associés vous tombe aussitôt dessus pour les raisons les plus fantaisistes, ou sans raison.

Les plus gentils des bisounours, ceux que vous n'aviez même pas véritablement identifiés comme tels, peuvent d'un coup se jeter sur vous toutes griffes dehors et gueule ouverte, boudiou, phear ! ça fait peur !

En plus, je soupçonne que le bisounours soit un animal très rancunier. Et comme il est tribal, il suffit qu'un seul bisounours vous en veuille velu pour que la tribu entière vous déteste grave pour les siècles des siècles, amen.

Si vous voulez vous faire adopter par une tribu de bisounours, rien n'est plus simple : Il suffit d'aller lire leurs blogs et de leur faire plein de bisous. Il vous prendront aussitôt pour l'un des leurs et vous adopteront ! Rien de plus facile, donc.

Mais attention, n'oubliez surtout pas votre livraison quotidienne de bisous, sinon, la suspicion s'installera très vite sous forme de Ben quoi ? Tu commentes plus chez moi ? T'es malade ? Tu me boudes ?, et rappelez-vous que si vous donnez au bisounours quoi que ce soit qui ne soit pas un bisou, vous avez intérêt à être entraîné dans le combat contre pitt-bulls ! Moi je dis ça, hein, je dis rien...[8]

Geste qui Sauve N'oubliez pas toutefois, si vous êtes agressés par toute une tribu de bisounours, qu'il y a un geste et un seul, capable de les mettre en fuite, tout comme un crucifix met en fuite un vampire.

Et c'est un geste simple.

N'oubliez jamais le Geste qui Sauve.

Notes

[1] Donc démocrate, est-il nécessaire de le préciser ?

[2] Attention ! Ceux qui sont vraiment de droite ne sont pas d'authentiques bisounours ! Méfiez-vous des imitations !

[3] Je suis bien triste que le bisounours soit malheureux, tiens. Mais est-ce de ma faute ? On devrait lui payer un stage d'entraînement au Darfour, tiens, ça lui remettrait les idées en place ;-)

[4] On pourrait même presque dire du bisounours que c'est un malheureux qui se connaît fort mal. De bien plus malheureux et bien plus tordus que lui s'en sont souvent bien mieux tirés, car ils ont creusé plus profond dans leur puits intérieur. Ils ont été obligés d'apprendre à mieux comprendre et à mieux se connaître, pour seulement pouvoir survivre.

[5] On pourrait même dire que chacun d'eux, bien incapable de s'aimer lui-même, s'en sort en aimant les autres et en étant aimé d'eux. Enfin en théorie ;-)

[6] Ça leur fout les jetons. Remarque, à moi aussi...

[7] J'ai demandé l'autorisation, hein, et elle ne m'a pas dit non, non plus, quoi...

[8] Mais vous allez voir ce qui ne va pas tarder à tomber sur le coin de ma cybergueule...

lundi 25 septembre 2006

La célébrité est en marche...

Célèbre ? Peut-être pas encore.

Plagié ? Certainement.

Le monde est petit. Des fois, c'est bête, hein ?

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dimanche 24 septembre 2006

Allô Samantdi Tango Charlie ?

Update 24/09/2006 09:24 : Ouf, le blog de Samantdi est revenu en ligne :-)
Je laisse tout de même ce "doublon" de billet ici pour les générations futures ;-)

Update 24/09/2006 14:08 : A la demande expresse de Samantdi, les commentaires concernant ce billet se poursuivent désormais ici et non là-bas.


A l'heure où j'écris ces lignes, le blog de Samantdi semble avoir, temporairement je l'espère, disparu de la blogosphère :

Samantdi 404

Panne ? Accident ? Fausse manip' ? Zabotache ? Ou seppuku blogosphérique ?

La coïncidence est surprenante, car figurez-vous que...

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dimanche 10 septembre 2006

Message personnel

J'informe le visiteur qui vient d'arriver ici grâce à Google avec la recherche soigner une névrose à 56 ans, qu'il est beaucoup trop tard. Désolé.

Peut-être vaudrait-il mieux consulter l'ADMD ;-)

vendredi 8 septembre 2006

Envisageons l'avenir

À la manière de Madame Laflote qui hésite entre les différents avenirs radieux qui s'offrent devant elle avec son dans dix putains d'années.

...Mais foin de mesquineries et de courtes années, poussons la logique à son terme ou presque, et posons-nous la question avec plus d'envergure.

(Enfin, posez-vous-la pour vous-même, pour Swâmi Petaramesh, ça n'a aucun intérêt)

Alors, dans soixante putains d'années, vous serez, à votre avis :

1/ Un joli cadavre bien conservé puant le formaldéhyde et les onguents dans un beau mausolée de marbre de Carrare dans un coin pépère du père Lachaise, niché entre deux autres célèbres conserves-pour-asticots ?

2/ Un vieux cadavre tout pourri et mité dans un cercueil de sapin gondolé et entr'ouvert en pleine terre entre deux autres ci-devant indigents du même acabit ?

3/ Quelques grammes de sels minéraux mélés à quelques fragments dentaires au milieu d'une quantité nettement plus importante de cendre de bois dans une urne "faux antique" d'un goût plus que douteux ?

4/ Un presque cadavre hébété flageolant sur ses dernières forces en voyant tout ce qu'il a été se dissoudre inexorablement ?

De ces quatre solutions, quelle est la plus glorieuse ?

Et comme disait, chez elle, Madame Laflote : Trois opchiones, un tchoïss. Celui qui recueillera le plus de commentaires sera commandé au grand architecte pour mes années de vie à venir...

Bon là, pour changer, il y a quatre opchiones.

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