Je savais déjà depuis bien trop longtemps que Julien Coupat était otage politique au pays des Droits de l'Homme, détenu sans jugement, sans terme et sans preuves sous le coup d'une accusation démesurée, victime de l'injustice d'une manip' politico-médiatique à vomir.
Je ne savais toutefois pas grand-chose, sinon rien, de l'homme lui-même, hors de son rôle bien involontaire de symbole et de preuve, non pas de la culpabilité qu'on s'acharne contre vents (faibles) et marées (méditerranéennes) à vouloir lui faire porter, mais au contraire de la culpabilité et de la déliquescence en droit d'une société qui le détient ainsi.
Je ne savais pas grand-chose de lui, et encore moins qu'il était admirable, ce que je découvre en lisant ceci : Julien Coupat : « L'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie »
Le lien chez moi vers cet article qui figure déjà en Une de Rezo n'ajoutera sans doute pas grand-chose à son lectorat, mais me donne une occasion de tirer un large coup de chapeau à Julien, la plume de mon couvre-chef balayant largement le sol.
Si l'on en doutait ou si l'on n'en savait rien, voilà qui fait d'un opposant "soldat inconnu" mondialement célèbre dans son patelin, présenté comme un "intellectuel" dont les productions ne sont guère jusqu'ici parvenu jusqu'à nous, un authentique résistant dont l'attitude force le respect.
Voilà qui le transforme du rôle d'objet de sa détention à celui de sujet agissant et assumant cette épreuve, partie prenante plus que digne dans son refus du jeu qu'on veut lui imposer.
C'est à l'épreuve qu'on reconnaît la trempe du métal, et celui-ci me paraît foutrement bien trempé.
Je doute que notre société en voie de fascisation soit encore prête à faire de Julien Coupat un martyr en lui expédiant une balle dans la nuque au petit matin dans une cour sombre, ni en le suicidant opportunément dans sa cellule. Il sortira donc bien un jour, et s'il ne sort pas comme martyr, il sortira célèbre et assorti d'un poids politique, d'une notoriété et d'une audience qu'il n'avait pas en entrant.
Toutes choses étant égales par ailleurs et sans encore pouvoir en connaître les proportions, pensons à ce que la détention d'état injuste et arbitraire, longue ou répétée, a pu faire d'un Mandela ou d'un Gandhi. Que fera-t-elle aujourd'hui d'un Coupat ?
Soyez sympas, messieurs les juges, gardez-nous encore Julien au frais quelque temps, il sortira bien, et à lire le bois dont est taillé cette pipe, je ne me fais guère de soucis pour lui. Rien de tel qu'une bonne cave pour faire un bon pinard.
Nul besoin de trop forcer mes swâmiques dons de voyance, je prédis à Julien, quand il sera sorti, et il sortira, un avenir "politique", une audience et un impact qu'il n'aurait jamais eus sans ces péripéties.
En attendant, je le salue de nouveau bien bas et lui serrerais bien volontiers la main.
Bon, à recompter, ça ne fait pas 6 mois et mèche, mais 5 et mèche, bientôt 6. Voilà que mal réveillé, au café du matin, et emporté par mon enthousiasme, je ne sais plus compter jusqu'à 6 :-}
Hélas, pour les 6 mois, il se peut que l'avenir me donne prochainemet raison...