Ashram de Swâmi Petaramesh

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mercredi 10 décembre 2008

La chasse victorieuse aux niches fiscales se poursuit !

En ce jour faste, nous apprenons avec joie que la "crise" est en passe d'être vaincue, grâce aux nouvelles initiatives de l'UMP, et particulièrement de son fer de lance et chevalier blanc Philippe Marini, traqueur infatiguable d'obstacles à la croissance et d'injustice sociale !

Voilà quelques jours, monsieur Marini était à l'origine de l'initiative tant attendue de la proposition de déduction fiscale des sommes perdues en bourse par ses amis spéculateurs. Nous saluons cette initiative bien qu'elle n'ait hélas pas rencontré le succès qu'elle aurait mérité, sans doute du fait de la présence de cellules ultra-gauchistes sous couverture au sein même de la majorité présidentielle. Hélas !
Car cette brillante initiative, eût-elle été couronnée de succès, aurait permis à nos amis investisseurs de récupérer une part notable de l'argent dont ils n'ont pas besoin plutôt que de le détourner au profit des salaires d'inutiles fonctionnaires, argent qu'ils auraient donc ipso facto aussitôt réinvesti dans l'économie, facilitant ainsi le retour d'une saine croissance et la création de millions d'emplois. Las ! Quelques regrettables réflexes passéistes s'opposent aux nécessaires réformes au sein même de l'UMP, et ceci combiné à d'indiscutables actes de sabotage ainsi qu'à la mauvaise volonté de l'opposion, et plouf ! Le projet qui aurait sauvé l'économie est à l'eau.

Mais l'héroïque Monsieur Marini, ne renonçant pas devant l'obstacle, nous revient aujourd'hui avec une proposition encore plus audacieuse, soucieux qu'il est de justice fiscale et traquant sans relâche les "niches" qui permettent à de nombreux parasites d'échapper à l'impôt pour le plus grand malheur des déficits publics.
Aujourd'hui donc, dans un éclair de génie, monsieur Marini propose que soit mis fin sans délai à ce scandale qui consiste à laisser bénéficier les parents isolés élevant un ou plusieurs enfants d'une demi-part fiscale indue et profondément injuste.
Monsieur Marini remarque, avec un grand sens de l'observation, qu'un grand nombre des personnes concernées vivent avec le SMIC ou guère davantage, profitent de cet avantage exubérant pour échapper à tout impôt, alors même que, tirant grave le diable par la queue, ils ne réinvestisssent pas un rond des sommes ainsi économisées dans l'économie qui gagne, et ne participent donc à la création d'aucun emploi.

Continuer à donner de l'argent public à fonds perdus à une plèbe sans reconnaissance ni civisme aucun, tout ça pour qu'ils puissent nourrir leurs enfants chez Carrefour ou Auchan et leur acheter quelques menus jouets pour Noël, il ne saurait en être question dans une république libérale-fasciste du XXIe s., il est donc urgent et nécessaire d'y mettre un terme !
Après tout, ils ne sont pas forcés de nourrir leurs enfants chez Carrouf, ils n'ont qu'à aller chez Leader Price, ces gueux !

Et puis oh, aussi, ils n'avaient qu'à s'abstenir de divorcer, ce qu'aucun bon catholique ne ferait, c'est quand même leur faute s'ils se sont mis dans la merde, et ce n'est quand même pas à la société d'assumer les fautes individuelles d'un ramassis d'irresponsables qui auraient mieux fait de demeurer dans l'union voulue par le Seigneur, à élever leurs enfants dans le respect du Travail, de la Famille, de la Patrie et de la Religion.

Notre modeste ashram tient donc à adresser ses plus chaleureuses félicitations à monsieur Philippe Marini, un véritable humaniste comme il nous en faudrait davantage.

mercredi 24 janvier 2007

Travaux forcés

(via Soumission sociale)

Au programme de Little Brother : rétablir les travaux forcés. Enfin, pour les pauvres...

Délit de pauvreté

Parce que l'idée fondamentale de Monsieur Sarkozy, c'est qu'un pauvre qui survit d'un minimum social de misère (et c'est bien le cas de le dire !) est un vil profiteur assisté du système.

Tandis que bien sûr, un riche qui ne travaille pas n'est en aucun cas un exploiteur du travail d'autrui. Non, c'est un riche.
Comme un con pauvre, c'est un pauvre con ; un con riche, c'est un riche. Et bien là, pareil.
C'est les Forces Vives de la Nation. C'est un riche parce que papa ou maman était riche, peut-être, mais ce n'est en aucun cas un parasite. Même s'il n'a jamais levé le petit doigt de sa vie que pour engueuler son banquier et son gestionnaire de patrimoine quand ça ne rapporte pas assez, avant d'aller se faire un petit parcours de golf. On ne dit pas exploiteur, on dit investisseur. Ces fameux investisseurs dans le cul desquels la Bourse plante quotidiennement le thermomètre. Qu'un investisseur tousse parce qu'il ne tond pas assez de laine bien chaude sur ton dos, et c'est tout le pays qui s'effrite.

On n'avait pas aboli les privilèges, déjà ?

Comment ? Moi (pauvre) con ? Moi très con ? Ah bon...

Sinon, bien sûr, dans notre pays, il existe une chose qui s'appelle le SMIC. Ce qui veut dire qu'on ne peut en aucun cas faire travailler quelqu'un pour moins que le SMIC.[1]

240px-Sarcosuchus_skull.JPGMais notre Sarcosuchus Imperator veut l'abolir, le SMIC. Puisqu'il veut désormais infliger aux pauvres le travail obligatoire (S.T.O.) non pas en échange d'un SMIC, mais en échange d'un minimum social. D'un RMI, quoi. Donc le projet de Monsieur Sarkozy consiste à mettre le SMIC au Rémi. Bieeeeenn.

Parce que forcément, un travail d'intérêt général, c'est pas un travail normal. Faut pas le payer normalement, puisqu'il est d'intérêt général. Bien infâmant pour les pauvres cons, de bosser sans être correctement payés, mais dans l'intérêt général. Je verrais même bien une condamnation, non ? T'es pauvre, t'es con,[2] on te condamne à bosser comme un con pour trois queues de topinambours. Ça, ça serait une belle et vraie mesure de droite, pour redresser le pays, bordel ! [3]

Alors ça va être quoi, ce travail d'intérêt général, dis ? Tondre les pelouses de la mairie ? Vider les poubelles ? Ah, ça nous fait des éboueurs ou des jardiniers au Rémi, plus au SMIC, alors. Qui serait assez con pour payer des salariés au SMIC, quand un travailleur d'intérêt général peut le faire pour un Rémi ?

Tiendrait-on compte des compétences du feignant profiteur assisté, pour ce travail d'intérêt général ? Y'en a peut-etre qui pourraient faire, je ne sais pas moi... Profs d'informatique par exemple ? C'est d'intérêt général, ça, prof, non ? Ou employé de mairie peut-être ? De la sécu ? C'est d'intérêt général aussi, ça, et on dit même qu'il y a des chômeurs profiteurs assistés qui savent lire (et même écrire, et bien remplir les demandes d'allocs, même !). Ça ferait des super assistantes sociales, ça, tiens ! Connaîssent toutes les ficelles pour bien profiter du système, ces salauds de pauvres[4] assistés ! Un métier d'intérêt général ça, encore un. Y'a qu'à chercher, y'en a plein !

Encore plus fort : il suffira bientôt à un employeur de refuser l'embauche d'un salarié pour faire aussitôt de celui-ci un assisté qui devra, la semaine suivante, occuper le même poste dans la même boîte non plus en tant que salarié mais en tant que travailleur forcé du Reich. Et parions qu'il y aura très vite un accord par lequel le Reich fournira gratuitement ou à très vil prix de tels travailleurs au Grandes Entreprises qui en auront grand besoin pour leurs travaux d'intérêt général (construire des routes, poser des rails, casser des cailloux...)

Y'a pas, le programme de l'UMP, c'est rien que des lendemains qui chantent...

Bon, faut que je vous laisse, faut que j'aille tailler les rosiers en bas de la préfecture...

Notes

[1] Comment ? Moi (pauvre) con ? Moi très con ? Encore ? Ah bon...

[2] Car si tu n'étais pas con (et feignant), bien sûr, tu ne serais pas pauvre ! (thèse droitière n° 1). Et si t'es con et pauvre c'est bien fait pour tes pieds (thèse droitière n° 2). Exploiter ta connerie de pauvre est donc dans l'ordre (darwinien) des choses (thèse droitière n° 3).

[3] On trouve peut-être quelques feignasses de chômeurs assistés qui prétendent qu'ils préféreraient un vrai travail payé d'un vrai salaire, mais si on commençait à écouter et à croire ces gens-là...

[4] La traversée de Paris, Claude Autant-Lara, 1956, Grandgil (Jean Gabin).

mardi 20 juin 2006

Humour U.M.P.

Si, si, l'Umour U.M.P., il paraît que ça existe, et que ça se situerait quelque part entre Bigard et Jean Lefebvre, tout dans la finesse.

Ha-Ha-Ha qu'est-ce qu'on rigole avec l'Umour de l'U.M.P. !

Pendant ce temps-là, selon des sources bien informées proches des milieux autorisés, les brigades pâtissières de Noël Godin s'entraînent sans relâche dans une cave des faubourgs de Bagdad à l'entartage de Nain U.M.Piste, attentat particulièrement délicat nécessitant un geste technique spécifique, puisque l'entartage de cornichon ordinaire se fait généralement par un geste du bras de haut en bas propulsant la tarte au-dessus des têtes de l'assistance ébahie éventuelle un peu à la manière d'un service au tennis - l'entraînement a d'ailleurs régulièrement lieu à Rolland-Garros - tandis que ce geste traditionnel ne convient pas à l'entartage de cornichon nain U.M.P, lequel nécessite quant à lui un geste de bas en haut démarrant bras en bas, davantage à la manière du service "à la cuiller" ou de quelques très beaux gestes de la pelote basque.
Ce geste impose des contraintes spécifiques, puisque, s'il facilite la dissimulation sournoise du projectile, il rend toutefois impossible le jet par-dessus les têtes, et nécessite donc la proximité physique immédiate avec la victime espérée. On comprend donc que les brigades pâtissières ont encore pas mal de pratique à acquérir au cours de leur formation dans la plaine de la Bekaa, avant, d'être ultérieurement transférées sur leur base opérationnelle du Centre de Formation de Clairefontaine (qui sera entièrement disponible sous quelques jours). Soyons certains que dans tous les cas tout sera prêt d'ici 2007 ;-)


Addendum 13:50 : L'humour U.M.P. n'a vraiment pas de limites : j'apprends que monsieur Dominique Galouzeau de Villepin, obscur haut fonctionnaire à la carrière menacée (si j'ai bien tout compris) et ex-futur candidat putatif à la Présidence de la République, mais toujours désireux de caresser l'électeur dans le sens de son poil de supporter aviné, a exhorté lundi les Français à soutenir les Bleus, ah ben ça c'est de l'info que c'est de l'info qu'elle est importante et qu'elle est bonne !

Ce monsieur de Villepin se serait écrié dans un bel élan de patriotisme télégénique[1] : En toutes circonstances, on est derrière sa famille, on est fier de sa famille, on soutient sa famille, on ne dénigre pas sa famille.

Eh bien, monsieur Galouzeau de Machinchose, sachez que vous n'êtes pas de ma famille. Pas plus qu'une douzaine de couillons à mollets poilus en culottes courtes et T-shirts bleus.

Notes

[1] Ta mère. Bon, ça va, je sais, je sors...

vendredi 16 juin 2006

La Gerbe du Jour

est attribuée haut la main avec mention "4 sacs en papier" à Eric Raoult, député-maire UMP du Raincy, pour ses propos concernant les petites culottes de jeunes filles[1] tels que rapportés dans cet article de tf1.lci.fr[2] intitulé Pas de voile à l'école, pas de string non plus et dont voici un petit extrait :

Eric Raoult, député-maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis) : Lors d'une réunion récente au collège de ma ville, nous nous sommes arrêtés plus d'une demi-heure sur la question de savoir ce qu'était une tenue correcte. J'en ai appris plus à ce moment-là sur ce qu'étaient les tenues des jeunes filles de 12-14 ans aujourd'hui quand il fait chaud. Je suis allé devant l'entrée du collège. J'ai pu voir des adolescentes arriver les fesses apparentes et un string derrière leur jeans, d'autres avec un tout petit tee-shirt laissant voir le ventre et quasiment le pubis avec un piercing ! J'ai été choqué. On ne peut pas, dans les écoles de France, être partagé entre d'un côté le voile et, de l'autre, le string. Ces tenues ne seraient mêmes pas permises dans une discothèque !

Jusqu'ici des propos classiques de Père-La-Pudeur réac[3], sans grande surprise de la part d'un député U.M.P. en général, et de celui-ci en particulier.

Mais c'est à trois paragraphes de la fin de l'article que le monsieur[4] gagne brutalement ses 4 sacs en papier d'un coup, avec cette kolossale énormité :

E.R. : La violence en milieu scolaire, [...] c'est aussi un certain nombre d'attouchements ou d'agressions. On n'en parle pas, mais malheureusement ils sont en hausse [...]. Les viols et les tournantes ne se passent pas par moins 30° mais surtout quand il fait chaud et quand un certain nombre de petites jeunes filles ont pu laisser croire des choses.

...nous resservant ainsi l'argument massue employé depuis la nuit des temps par tous les violeurs du monde dans tous les commissariats et tous les tribunaux du monde, et qui se reformule ainsi dans leur bouche : J'lai pas violée m'sieu l'juge, elle était d'accord cette salope, d'ailleurs elle faisait rien qu'à montrer son cul à tout le monde, c'est bien la preuve qu'elle était d'accord ! Maintenant elle dit qu'elle était pas d'accord, mais elle l'a bien cherché cette salope ! Elle avait qu'à pas montrer son cul !

Donc, si elle s'est faite violer[5], la victime, c'est bien entendu de sa faute. Au moins en grande partie. L'avait qu'à pas provoquer, c'est vrai, quoi !

Et on voit encore certains de nos chers députés capables de reprendre (sans même s'en rendre compte ?) cet argument massue... Les bras m'en tombent.

Je m'étonne qu'il n'ait pas encore une douzaine de chiennes de garde en train de hurler sous sa fenêtre, celui-là...


Addendum 16/06 14:01: Je découvre que le monsieur est moderne et a son blog à lui, et qu'il y a même reproduit une copie de l'article en question, c'est dire s'il assume pleinement les propos qu'il a tenus, tels que les rapporte l'article.
Ca vous donne l'opportunité de laisser vos commentaires circonstanciés sur le blog du monsieur...
Non, ne me remerciez pas.


Addendum 17/06 14:31: Arf, en plus, si l'on en croit la barre d'outils Netcraft[6] le site du môssieur est à la fois risqué (voyez la barre rouge "Risk Rating" dans la barre d'outils ci-dessous, et la bulle "Risk Rating : 10" juste au-dessus de la photo ;-) et nouveau / inconnu, (ou en tout cas célèbre seulement dans son immeuble, ben ouais, il a un compteur qui affiche 4619 hits en au moins un an [ses archives remontent jusqu'à juin 2005], soit sans doute moins de visites en un an que ce qu'Embruns fait en un jour, ou l'humble ashram de Swâmi Petaramesh qui a tout de même tapé ses 108.593 hits humains[7] en moins de 5 mois d'existence... C'est dire si le fait d'être Député-Maire et Vice-Président de l'Assemblée Nationale[8] rend automatiquement bloguistiquement et internettiquement célèbre par-dessus le marché...)

Netcraft Toolbar, Blog Eric Raoult

Notes

[1] C'est Google qui va être content ! Et voilà comment les requêtes tordues sur moteurs de recherche vont encore ramener quelques milliers de visiteurs de plus à l'ashram...

[2] Daté du 15 juin 2006.

[3] Qui ne doit pas sortir bien souvent dans des boîtes de d'jeunz...

[4] Pas de majuscule, merci.

[5] Ne saurons-nous jamais trouver le temps de nous pencher affectueusement sur ces fronts graciles au-dessus de ces yeux brûlants aux longs cils vibrants d'un amour incapable de s'épanouir au rythme infernal de nos ambitions carriéristes dont la tyrannie nous condamne à répondre distraitement "ta gueule" à l'enfant qui nous dit "Maman, je m'ai faite violer" ? (Pierre Desproges, Textes de scène, 1986)

[6] Que vous pouvez vous aussi installer trop fastoche dans votre navigateur...

[7] Robots exclus, à l'heure où j'écris ces lignes.

[8] Tiens, on peut encore cumuler tout ça ? Je croyais qu'on ne pouvait plus...? J'ai du être mal renseigné...