(via Soumission sociale)

Au programme de Little Brother : rétablir les travaux forcés. Enfin, pour les pauvres...

Délit de pauvreté

Parce que l'idée fondamentale de Monsieur Sarkozy, c'est qu'un pauvre qui survit d'un minimum social de misère (et c'est bien le cas de le dire !) est un vil profiteur assisté du système.

Tandis que bien sûr, un riche qui ne travaille pas n'est en aucun cas un exploiteur du travail d'autrui. Non, c'est un riche.
Comme un con pauvre, c'est un pauvre con ; un con riche, c'est un riche. Et bien là, pareil.
C'est les Forces Vives de la Nation. C'est un riche parce que papa ou maman était riche, peut-être, mais ce n'est en aucun cas un parasite. Même s'il n'a jamais levé le petit doigt de sa vie que pour engueuler son banquier et son gestionnaire de patrimoine quand ça ne rapporte pas assez, avant d'aller se faire un petit parcours de golf. On ne dit pas exploiteur, on dit investisseur. Ces fameux investisseurs dans le cul desquels la Bourse plante quotidiennement le thermomètre. Qu'un investisseur tousse parce qu'il ne tond pas assez de laine bien chaude sur ton dos, et c'est tout le pays qui s'effrite.

On n'avait pas aboli les privilèges, déjà ?

Comment ? Moi (pauvre) con ? Moi très con ? Ah bon...

Sinon, bien sûr, dans notre pays, il existe une chose qui s'appelle le SMIC. Ce qui veut dire qu'on ne peut en aucun cas faire travailler quelqu'un pour moins que le SMIC.[1]

240px-Sarcosuchus_skull.JPGMais notre Sarcosuchus Imperator veut l'abolir, le SMIC. Puisqu'il veut désormais infliger aux pauvres le travail obligatoire (S.T.O.) non pas en échange d'un SMIC, mais en échange d'un minimum social. D'un RMI, quoi. Donc le projet de Monsieur Sarkozy consiste à mettre le SMIC au Rémi. Bieeeeenn.

Parce que forcément, un travail d'intérêt général, c'est pas un travail normal. Faut pas le payer normalement, puisqu'il est d'intérêt général. Bien infâmant pour les pauvres cons, de bosser sans être correctement payés, mais dans l'intérêt général. Je verrais même bien une condamnation, non ? T'es pauvre, t'es con,[2] on te condamne à bosser comme un con pour trois queues de topinambours. Ça, ça serait une belle et vraie mesure de droite, pour redresser le pays, bordel ! [3]

Alors ça va être quoi, ce travail d'intérêt général, dis ? Tondre les pelouses de la mairie ? Vider les poubelles ? Ah, ça nous fait des éboueurs ou des jardiniers au Rémi, plus au SMIC, alors. Qui serait assez con pour payer des salariés au SMIC, quand un travailleur d'intérêt général peut le faire pour un Rémi ?

Tiendrait-on compte des compétences du feignant profiteur assisté, pour ce travail d'intérêt général ? Y'en a peut-etre qui pourraient faire, je ne sais pas moi... Profs d'informatique par exemple ? C'est d'intérêt général, ça, prof, non ? Ou employé de mairie peut-être ? De la sécu ? C'est d'intérêt général aussi, ça, et on dit même qu'il y a des chômeurs profiteurs assistés qui savent lire (et même écrire, et bien remplir les demandes d'allocs, même !). Ça ferait des super assistantes sociales, ça, tiens ! Connaîssent toutes les ficelles pour bien profiter du système, ces salauds de pauvres[4] assistés ! Un métier d'intérêt général ça, encore un. Y'a qu'à chercher, y'en a plein !

Encore plus fort : il suffira bientôt à un employeur de refuser l'embauche d'un salarié pour faire aussitôt de celui-ci un assisté qui devra, la semaine suivante, occuper le même poste dans la même boîte non plus en tant que salarié mais en tant que travailleur forcé du Reich. Et parions qu'il y aura très vite un accord par lequel le Reich fournira gratuitement ou à très vil prix de tels travailleurs au Grandes Entreprises qui en auront grand besoin pour leurs travaux d'intérêt général (construire des routes, poser des rails, casser des cailloux...)

Y'a pas, le programme de l'UMP, c'est rien que des lendemains qui chantent...

Bon, faut que je vous laisse, faut que j'aille tailler les rosiers en bas de la préfecture...

Notes

[1] Comment ? Moi (pauvre) con ? Moi très con ? Encore ? Ah bon...

[2] Car si tu n'étais pas con (et feignant), bien sûr, tu ne serais pas pauvre ! (thèse droitière n° 1). Et si t'es con et pauvre c'est bien fait pour tes pieds (thèse droitière n° 2). Exploiter ta connerie de pauvre est donc dans l'ordre (darwinien) des choses (thèse droitière n° 3).

[3] On trouve peut-être quelques feignasses de chômeurs assistés qui prétendent qu'ils préféreraient un vrai travail payé d'un vrai salaire, mais si on commençait à écouter et à croire ces gens-là...

[4] La traversée de Paris, Claude Autant-Lara, 1956, Grandgil (Jean Gabin).