Ashram de Swâmi Petaramesh

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lundi 25 janvier 2010

Défaire le totalitarisme numérique

Quelques états bien connus, comme la Chine ou l'Iran (tant il est facile de désigner la paille dans l'oeil du voisin) donnent depuis des lustres le bel exemple du totalitarisme numérique par leur surveillance et leur filtrage de l'usage d'Internet et des réseaux par leur population.

Heureusement, l'obus appelant le blindage, des geeks libertaires de tous horizons, soucieux de la défense des libertés numériques, et avec l'aide d'organisations comme l'Electronic Frontier Foundation, se sont occupés depuis longtemps de fourbir les outils de la Résistance Numérique, outils le plus souvent libres, gratuits, et faciles à se procurer.

Et cela tombe bien à une époque où la paille dans l'oeil de nos voisins chinois ou iraniens ne parvient décidément plus à nous masquer la poutre de nos LSI[1], LSQ[2], DADVSI[3], HADOPI[4], LOPPSI[5] et autres petites lois anti-terroristes quotidiennes ou presque, qui, au prétexte de notre "protection" et surtout de celle du Dieu Pognon, construisent jour après jour dans notre société les murs et caméras virtuels du fascisme numérique.

Car on le sait, maintenant, l'ennemi, c'est nous.

Bien que les outils capables de ridiculiser les HADOPItreries existent et soient faciles d'accès, Monsieur et Madame Michu sont rarement informés de leur existence, de leur nature, de leur emploi et de leurs limites, créant une nouvelle fracture numérique, celle de la connaissance ou non des moyens d'échapper au flicage ubiquitaire.

Je me propose donc dans ce billet de faire un rapide tour d'horizon de quelques outils connus et plus ou moins couramment employés, et d'en donner une description que j'espère compréhensible pour n'importe quel député socialiste.

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
- Article XII

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- Article XIX

Notes

[1] Loi sur la Sécurité Intérieure

[2] Loi sur la Sécurité Quotidienne

[3] Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information

[4] Haute Autorité de je ne sais plus quoi

[5] La même chose en couleurs.

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samedi 14 mars 2009

Quand c'est con, c'est con, mais on croyait qu'il y avait des limites !

Eh bien non. Pas au gouvernement : ils osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

J'étais là à besogner péniblement un long article qui commençait de manière absolument géniale mais peine à trouver l'articulation médiane qui en fera quelque chose de publiable tout en me pétrissant distraitement l'entre-cuisses qui gratte de la manière un peu maussade du gars qui glande devant son ordi alors que son inconscient lui reproche de ne pas être en train de passer la serpillière et que sa Rousse lui manque terriblement, déplorant la semaine que je viens de passer à me faire chier comme un rat mort au boulot et le week-end que je suis bien parti à passer à ne pas passer la serpillière et accrocher les rideaux de mademoiselle Patâpatî dans cet appartement moche-caca où je dépense des fortunes d'EDF pour encore me geler les couilles en toussant mes bronches en rêvant aux femmes que j'aime et qui me manquent, bref, je nageais sur un petit nuage d'optimisme béat proche de l'absolue non-dualité quand soudain...

Quand soudain...

Quand soudain l'éclair de l'illumination subite s'abattit avec une bière sur mon crâne innocent.

Bon sang mais c'est bien sûr !

Reprenons.

Alors le logiciel filtre-espion de l'HADOPI (oui, je sais, ce truc me traumatise), il sert à innocenter monsieur Mouduglan et le protéger des foudres des ayant-lois si jamais on lui hacke son Wi-Fi pour télécharger la dernière chansonnette de Pascal Obispo pendant qu'il est innocemment en train de faire ses achats sur Fnoque.comme...

Parce que, heureusement, le logiciel filtre-espion de l'HADOPI il tourne, et paf ! Ça prouve que c'est pas lui.

Mais quand monsieur Mouduglan dort, ou qu'il est à son bureau ? L'ordinateur de monsieur Mouduglan est éteint. Le filtre à mazout de monsieur Mouduglan tourne pas. Ergo monsieur Mouduglan est potentiellement coupable ! S'il se fait pour de bon hacker son Wi-Fi quand il n'utilise pas son ordinateur, c'est pour ses pieds ! Ou si les p'tits gars de Pirate Bay ont volontairement empoisonné leur tracker pour mettre l'adresse IP de Philippe Mouduglan dedans, c'est lui, lui, lui le coupaaaaaableuh ! Faute d'innocentation appropriée.

Ah ben voilà monsieur Mouduglan bien mal. Il est désormais obligé de laisser tourner son PC 24h/24, 7j/7, pour que le gentil logiciel de l'HADOPI l'innocente en permanence. Il enverra sa facture EDF et les frais engagés pour rendre sa machine totalement silencieuse à l'HADOPI sans doute...

Ou alors, faudra qu'il prenne l'habitude d'éteindre sa Machinbox dès qu'il éteint son PC, c'est plus sûr !

Oui mais il a le triple play ! Il a aussi son téléphone et sa télé branchés sur sa Machinbox monsieur Mouduglan ! Ben c'est pas grave, faudra qu'il allume son PC s'il veut téléphoner ou regarder la télé en toute sécurité.

D'ailleurs, il a quand même intérêt à le laisser allumé tout le temps, son PC, parce que même si sa Machinbox est éteinte, ça ne le protègera pas contre le coup du tracker empoisonné où les bots des gentils ayant-lois trouveront son IP, et comme il a une IP fixe, monsieur Mouduglan, ben il sera marron du bout.

Or doncques, gentilhommes et damoiselles, grâce à l'invention formidable de cette loi qui vous rend coupable à moins que vous ne soyez à chaque instant en mesure de prouver votre innocence avec le petit logiciel rigolo qui plaît tant à M. Frank Riester, vous avez aussi gagné le plaisir, le devoir et l'honneur de laisser tourner votre PC 24/7. Parce que, franchement, si ça ne sert qu'à vous innocenter 2 ou 3 heures par jour le soir, hein, on conviendra que ça ne sert pas à grand-chose.

Voilà encore un effet amusant de la bonne blague que nos crânes d'oeufs surdiplômés des ministères ont trouvée.

Ça fout quand même un peu les jetons de se voir gouvernés par des faux (jetons) dont l'armée de "spécialistes" n'est même pas foutue de réfléchir 2 minutes (en dehors du chiffre d'affaires à gratter pour les éditeurs de logiciels... et des 3 tranches de centrales nucléaires à construire pour alimenter tous les PC de France 24/7/365, va savoir...)

mercredi 11 mars 2009

La bête est morte, mais elle nuit encore

Ou quelques considérations éthérées à propos de la loi HADOPI et de l'industrie de la musique et de la vidéo.

L'industrie de distribution de la musique et de la vidéo, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est une bête blessée à mort, et comme beaucoup de bêtes à l'agonie, extrêmement dangereuse.

Sous cette forme elle va crever, elle le sait, c'est inéluctable et inscrit dans l'histoire bien plus que dans quelques lois scélérates autant que passagères.

Pour autant, cette industrie condamnée, dans ses derniers spasmes, n'hésite pas une seconde à mordre sauvagement la main qui l'a si longtemps grassement nourrie - la main de "son" public - en tentant de contraindre celui-ci, par la loi s'il le faut, à continuer de lui acheter des choses dont il n'a plus besoin à des prix que plus rien ne justifie, au détriment des libertés publiques les plus fondamentales, sans le moindre scrupule si ce n'est de faire fonctionner autant que possible le tiroir-caisse jusqu'à la dernière, ultime et inévitable seconde, pour que les gros actionnaires et gros bénéficiaires de ce système moribond puissent s'en mettre encore une grosse giclée dans les fouilles avant d'aller l'investir ailleurs ou de prendre une retraite dorée.

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mardi 10 mars 2009

Hadopi dans ta face ou l'arroseur arrosé

C'est amusant, j'y pense depuis quelque temps, il est fort possible que l'ignorance technique abyssale des gentlemen qui votent nos lois pour le compte de lobbies sans même comprendre le contenu réel de ce qu'ils votent, n'aboutisse avec la loi "HADOPI" à une protection légale en béton pour les téléchargeurs boulimiques.

Expliquons...

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vendredi 27 février 2009

L'ai-je bien descendu ?

Le premier m'a fait rire de la crédulité de son expéditeur.

Au deuxième, je me suis adonné au coupable plaisir solitaire de l'autosatisfaction, me félicitant de la crédibilité de l'aspect de mon oeuvre.

Au troisième, j'ai commencé à flipper. Dur.

Car les âmes charitables de certains de mes visiteurs se donnaient la peine de m'informer par divers canaux - y compris le formulaire de contact que l'accès à mon modeste ashram était à présent bloqué par un drôle de filtre du gouvernement, s'enquiéraient de savoir si j'en étais informé, et incidemment de la nature exacte du crime zoophile que j'avais pu commettre pour subir un aussi funeste sort.

En se félicitant qu'on puisse encore toutefois contourner l'obstacle en faisant acte de courage et au mépris de la peur de représailles.

Le dernier m'informe heureusement que ce n'est donc pas un complot de Bill Gates, l'accès s'avérant "bloqué" également depuis les points d'accès Wi-Fi d'un lieu public d'un autre pays d'Europe.

Damned !

Ce qui me plonge dans un abîme de perplexité méditatoire, c'est que ces visiteurs ne semblent pas s'étonner qu'on soit déjà demain...