Quelques petits événements récents, ainsi que certaines bonnes vieilles habitudes blogosphériques de naviguer en rond autour de son nombril[1] avant que d'aller cracher sur les tombes de ceux que l'on vient de bannir, me poussent à vous offrir ma poésie du jour :
CYRANO
A force de vous voir vous faire des amis,
Et rire à ces amis dont vous avez des foules,
D'une bouche empruntée au derrière des poules !
J'aime raréfier sur mes pas les saluts,
Et m'écrie avec joie : un ennemi de plus !LE BRET
Quelle aberration !CYRANO
Eh bien ! Oui, c'est mon vice.
Déplaire est mon plaisir. J'aime qu'on me haïsse.
Mon cher, si tu savais comme l'on marche mieux
Sous la pistolérade excitante des yeux !
Comme, sur les pourpoints, font d'amusantes taches
Le fiel des envieux et la bave des lâches !
-- Vous, la molle amitié dont vous vous entourez,
Ressemble à ces grands cols d'Italie, ajourés
Et flottants, dans lesquels votre cou s'effémine :
On y est plus à l'aise... et de moins haute mine,
Car le front n'ayant pas de maintien ni de loi,
S'abandonne à pencher dans tous les sens. Mais moi,
La Haine, chaque jour, me tuyaute et m'apprête
La fraise dont l'empois force à lever la tête ;
Chaque ennemi de plus est un nouveau godron
Qui m'ajoute une gêne, et m'ajoute un rayon :
Car pareille en tous points à la fraise espagnole,
La Haine est un carcan, mais c'est une auréole !- Edmond Rostand ; Cyrano de Bergerac, II, 8.
...et je ne puis finir sans faire compléter par Guitry :
Non, non ! N'être jamais parmi ceux qui haïssent.
Tâcher d'être plutôt parmi ceux que l'on hait.
On y est en meilleure compagnie.
- Sacha Guitry
Notes
[1] Et de dégommer à l'occasion quelques gentils commentaires. Hint : Essayer le filtrage par REFERRER, c'est le nec-plus-hype de la mode bisounoursienne !










