Ashram de Swâmi Petaramesh

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Mot clé - Bouddhisme

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mardi 2 janvier 2007

Ouverture

Je me souviens des propos troublants que tenait une Américaine mariée à un Tibétain. ayant entendu parler de mon intérêt pour la science et de mon engagement actif dans un dialogue avec des scientifiques, elle m'avertit du danger que la science représentait pour la survie du bouddhisme. Selon elle, l'histoire montrait que la science était l' « assassin » de la religion et qu'il n'était pas conseillé que le dalaï-lama entretienne des amitiés avec les représentants de ce domaine. En entreprenant ce périple personnel à travers la science, je suppose que j'ai pris des risques. La confiance que je ressens tout en m'y aventurant est fondée sur une conviction fondamentale, à savoir que la science, tout comme le bouddhisme, cherche à comprendre la nature de la réalité au moyen d'une investigation critique : si l'analyse scientifique devait démontrer que certaines affirmations du bouddhisme sont fausses, il nous faudrait alors accepter les conclusions de la première et abandonner les affirmations du second.[1]
[...]
Indépendamment des différents points de vue personnels sur la science, aucune interprétation crédible du monde naturel ou de notre existence humaine [...] ne peut ignorer les idées de base de théories aussi essentielles que l'évolution, la relativité et la mécanique quantique. Quant à la science elle-même, elle pourrait bien être enrichie par sa rencontre avec la spiritualité, en particulier à l'interface des questions humaines plus vastes, allant de l'éthique à la société. Pour ce qui est de la pensée bouddhique, certains de ses aspects - comme ses anciennes théories cosmologiques et sa physique rudimentaire - devront sûrement être modifiés à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques.[2]

- Sa Sainteté Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama, Tout l'Univers dans un atome (Prologue), trad. Hayet Dhifallah, Ed. Robert Laffont


On attend toujours une prise de position similaire de la part du pape, tandis que pendant ce temps, au Etats-Unis, les fondamentalistes chrétiens dépensent 25 millions de dollars pour ouvrir un musée créationniste qui prétend démontrer que les dinosaures étaient contemporains d'Adam et Eve, et que l'arche de Noé a une réalité historique...

Et pendant ce temps également, des éléphants nucléaires évangémachiniques[3] professent que la théorie de l'évolution est un ramassis de billevesées, que les fossiles sont bidon, la datation au carbone-14 aussi, que la Terre est âgée de 8 à 10.000 ans, et que l'Alpha et l'Omega de toute vérité sont contenus dans la bible.

C'est qui c'est qu'a raison ?

Choisis ton camp camarade :-}

(Swâmi Petaramesh est Pastafarien...)

Notes

[1] Op. cit. pp. 10-11

[2] Op. cit. p. 14

[3] Egalement informaticien et auteur du logiciel antispam libre DSPAM : http://dspam.nuclearelephant.com/...

lundi 11 septembre 2006

Sat, Chit, Ananda

Ou Rions un peu avec les religions, qui ont toujours tant fait pour l'amitié entre les peuples, et tellement excellé à mettre les hommes d'accord entre eux...

En voici un savoureux exemple qui nous vient du XIVe s. :

27/ De même qu'un homme tombé à la mer voit ses sens perturbés, de même celui qui apprend que la Réalité est Une et indivisible, a l'esprit paralysé par l'angoisse.

28/ Le Maître Gaudapada l'a mentionné[1]: Certains yogis, adeptes du brahman pourvu de forme (c.-à-d. du dieu personnel), redoutent cet état de contemplation sans distinction.

29/ Ce yoga "sans contact" (asparsa-yoga) est difficile à mettre en oeuvre, car les yogis le redoutent : ils projettent leur angoisse sur Cela qui est exempt de trouble (et toujours serein).

30/ Le vénérable Maître Shankara parle de ces (bouddhistes) Madhyamika[2], si habiles en logique stérile, qui divaguent à propos de l'atman éternel, inconcevable par l'esprit.

31/ Ces bouddhistes, aveuglés par l'ignorance, ont le fol orgueil de faire fi de la Révélation (Sruti) ; réduits à ne voir que par les oeillères de l'inférence, ils ont échoué dans la "doctrine du non-Soi".

32/ (S'adressant aux bouddhistes :) Votre formule : "Seul, le Vide existait (auparavant)" signifie-t-elle que le Vide est associé à l'Être, ou bien qu'il est de la nature de l'Être ? Mais dans les deux cas, votre idée du Vide se trouve contredite.

33/ Le soleil et les ténèbres sont incompatibles ; il en va de même pour l'Être et le Néant : comment donc pouvez-vous prétendre que "le vide existait" ?

34/ (Réponse des bouddhistes :) Les noms-et-formes des éléments tel l'akasha, etc. sont projetés par la maya (sur l'Être, selon vous les védantins) ; (nous disons, quant à nous) de même, les noms-et-formes sont projetés sur la Vacuité.
(Réponse des védantins :) Vous êtes mal barrés ! (litt.: Puissiez-vous vivre longtemps !)

Srî Vidyaranya Swâmi, La Pancadasi[3]

Houhahahaha !

Je ne sais pas pourquoi, ça me fait hurler de rire.[4]

Notes

[1] Dans son commentaire à la Mandukya Upanishad, III, 39.

[2] Ceux qui suivent Nagarjuna et son école du Madhyamika = le chemin du milieu ; ils prennent une position intermédiaire et ne se rangent ni à l'affirmation ni à la négation au sujet des choses, mais les reconnaissent pour vides d'être propre (L'Inde Classique, 2343). Comme les autres écoles bouddhistes, les Madhyamika ne reconnaissent pas l'autorité de la Révélation védique et récusent la notion d'un Soi substantiel, permanent et immuable. Shankara critique la doctrine du Madhyamika dans son commentaire aux Brahma-sutra (II, 2, 31).

[3] Traduction et annotation d'Annie Cahn-Fung, Ed. Accarias - L'Originel, coll. Advaïta.

[4] Oui, je sais, je dois être un peu spécial.