Où Swâmi Petaramesh se berce d'illusions futiles en imaginant possible de lutter contre l'impermanence et de conquérir l'Éternité par ses gribouillis bloguesques.
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jeudi 5 juillet 2007
Par Petaramesh le jeudi 5 juillet 2007, 07:54 - Miscellania
Où Swâmi Petaramesh se berce d'illusions futiles en imaginant possible de lutter contre l'impermanence et de conquérir l'Éternité par ses gribouillis bloguesques.
mardi 17 octobre 2006
Par Petaramesh le mardi 17 octobre 2006, 13:57 - p0rn0graph1e
Garfieldd...
Petite Anglaise...
Bereno...
Next ? Next ??
Celui-ci sera, je l'espère, connu pour les siècles des siècles comme "Premier Axiome de Swâmi Petaramesh" :
La liberté d'expression des uns s'arrête où commence le droit de leur hiérarchie à préférer qu'ils ferment leur grande gueule.
D'où découle comme corollaire le "Premier Théorème de Swâmi Petaramesh" :
La liberté d'expression consiste à ne pas parler de choses qui fâchent en général, ni de son travail en particulier.
Ce matin à 9h10, Embruns annonçait l'existence du blog d'un flic, Thomas, intitulé "Que fait la police ?"
Ce même jour à 10h34, Maître Eolas relayait l'information dans son billet "Méta-Blogage", en se félicitant de l'existence d'un tel blog, mais en s'interrogeant toutefois : J'espère que le ministère de l'intérieur ne sera pas aussi frileux que d'autres et laissera faire ce fonctionnaire...
Ce même jour à 10h17 (A-t-il été encore plus rapide ? Ou y a-t-il l'effet d'un artefact de fuseau horaire de serveur ?), le flic Thomas décide de fermer son blog :
Face au succès relatif de ce blog. Un mois après, je décide une nouvelle fois de fermer. Je suis en attente d'une réponse officielle de l'administration et je ne veux pas commettre d'impairs. Ce blog a atteri sur des sites aussi divers que variés [...]
..et manifeste également quelques soucis d'être "plagié" (bien la première fois que je vois un blogueur se taire de peur d'être plagié...)
Du coup Maître Eolas culpabilise un max : Je dois porter la poisse.
Mais non, rassurez-vous maître : S'il n'y a pas de gag de fuseau horaire là-dessous, Thomas l'a fermé avant que vous ne l'ouvriez !
Par coup de bol, j'avais la page du blog "Que fait la police ?" ouverte dans mon navigateur avant que celui-ci ne Dzzoïïïiingggg ! Schlack !, et je n'avais cependant pas encore eu le temps de la lire. J'ai donc pu aussitôt enfoncer le panic knob rouge et en faire une sauvegarde en l'état, incluant tous les billets du 7 septembre à ce jour.
...Et je note que le plus ancien des billets dont j'ai ainsi gardé la trace, daté du 7 septembre 2006, 10h17, était justement déjà intitulé Fermeture du Blog
et disait :
A grands regrets, j'ai décidé de fermer temporairement mon blog afin de trouver une solution pour pouvoir diffuser mes écrits sans entrer en contradiction avec le devoir de réserve, que je dois respecter, malgré l'extrême modération de mes propos. Je précise que j'ai pris seul cette décision. Merci pour vos commentaires, et vos passages. Le site a vu plus de 3000 visiteurs en quelques mois.
Pour le billet de fermeture actuel, vous pouvez le consulter vous-même en ligne...
Addendum 18/10 00:19 : Tiens, j'apprends via Samantdi qu'il y en a une autre à qui son blog a pété dans la g...
Piting, bientôt les blogs, ça va faire plus de victimes que le phylloxéra...
Alors rappelez-vous bien : Ce n'est pas parce que Nissan commercialise une voiture (originalement) nommée "Micra blog" (par des marketoïdes de génie) qu'il faudrait en déduire hâtivement que de vils employés sont autorisés à ouvrir leur gueule revendicative[1] sur le wild-wild Internet qui n'est comme chacun sait qu'un repaire de pédonazis[2], de pirates informatiques et de méchants anargauchistes qui font rien qu'à désinformer le peuple à propos de la magnanime et généreuse bonhomie proverbiale des vertueuses sociétés qui les emploient.
Non.
Faut pas déconner, non plus !
C'est vrai, quoi.
A la fin.
Tout ça me rappelle à ma grande honte que j'ai un peu négligé la "Chaîne p0rn0graph1que" consacrée à Bereno, ces derniers jours. Mea maxima culpa. Voici donc...
mercredi 11 octobre 2006
Par Petaramesh le mercredi 11 octobre 2006, 09:01 - p0rn0graph1e
Parce qu'avec tous ces autres sujets, il ne faut quans même pas oublier que le blog de Bereno a disparu. Ministère l'a tuer.
Et pendant ce temps-là, notre Laurence Parisot nationale tente de promouvoir son nouveau concept : la séparation à l'amiable entre l'entreprise et le salarié.
Remarquez que ça existait déjà, une "séparation à l'amiable" : Ca s'appelle une lettre de démission, quand le salarié veut partir.
Il pouvait aussi y avoir séparation à l'amiable en cas de licenciement économique, quoiqu'au grand regret du salarié, mais celui-ci ayant au moins droit à indemnités selon la loi et la convention collective, à certaines mesures d'aide spécifiques dans le cas de "plans sociaux" ou "plans de sauvegarde de l'emploi"[1], etc.
Mais non, la "séparation à l'amiable" à la mode MEDEF telle que la prône la gentille Laurence, ça veut dire toute autre chose : Ca veut dire que l'entreprise, quand elle ne te veut plus, peut te jeter comme un Kleenex usagé. "A l'amiable", ça veut dire sans devoir s'en justifier. Sans cadre réglementaire ou législatif "pesant", comme diraient les MEDEFistes : Je te donne 3 balles et tu dégages, fais ton sac mon ami, et va te prendre un studio en ville. C'est la séparation "à l'amiable" telle que la rêve la gentille Laurence.
Le jour où l'entreprise sera un gentil couple où les deux parties seront sur un pied d'égalité, tant du point de vue du pouvoir de chacun sur l'autre que du besoin de l'autre pour sa survie immédiate, j'imagine que ça se saura jusque dans les bureaux de sépareuses à l'amiable, non ?
En attendant poursuivons donc notre chaîne p0rn0graph1que du Carnet d'un inspecteur du travail...
[1] Ce qui veut dire qu'on vire du monde, Mouhahaha !
dimanche 8 octobre 2006
Par Petaramesh le dimanche 8 octobre 2006, 10:35 - p0rn0graph1e
Faut-il, ou ne faut-il pas poursuivre la re-publication des billets du blog de Bereno, Carnet d'un inspecteur du travail, entièrement mis hors-ligne par suite d'un ultimatum de son ministère de tutelle à qui l'un des billets aurait déplu ?
Bereno a informé hier Maître Eolas et Le Monolecte qu'après avoir posément réfléchi à la question, il souhaite ne pas donner de suites à cette affaire.
(Me Eolas) et qu'il choisit le silence
(Le Monolecte).
Ce choix, qui lui est personnel, est parfaitement respectable. Chacun est libre de publier ou cesser de publier, écrire ou ne pas écrire, parler ou se taire, se battre ou se résigner, à chaque instant de sa vie et pour des raisons qui lui appartiennent et dont nous n'avons pas à connaître.
Aussi, tout comme Maître Eolas, Kozlika et Le Monolecte, je respecte entièrement la liberté et le choix de Bereno. Nul ne peut être fait martyr contre son gré, soit.
A la suite de cette décision de Bereno, Maître Eolas a profondément modifié son billet, Kozlika a entièrement retiré le sien, commentaires compris, et Frank Paul a également retiré un billet de re-publication du blog de Bereno.
Personnellement, ce retrait précipité des troupes sur des positions non préparées à l'avance m'a quelque peu écoeuré, et j'ai écrit, dans l'addendum de 15h45 à mon billet d'hier : Dirait-on que les bulles de la blogosphère se dégonflent encore plus vite qu'elles ne se gonflent ?
, ce que Kozlika a pris pour elle, bien qu'elle n'était pas spécifiquement visée par mon trait, qui s'adressait davantage à un comportement d'ensemble.
J'ai été, quant à moi, écoeuré de ce développement pour deux raisons viscérales, qu'Agnès Maillard, du Monolecte, a parfaitement résumées de quelques mots dans son plus récent commentaire chez moi :
je n'efface jamais mes écrits, même si je me rends compte après coup qu'il s'agit d'une énorme bouse : j'assume et je me refuse à réviser le passé. Car celui qui réécrit (ou efface) le passé contrôle l'avenir, ce qui est pour moi une forme assez aboutie de totalitarisme. Je ne peux pas faire que ce qui a été n'ait pas existé. Je ne peux que m'en nourrir et m'en servir pour continuer ma route.
Voilà pourquoi la disparition soudaine ou la profonde modification de billets "qui avaient été" ont provoqué chez moi un incontrôlable haut-le-coeur.
Agnès écrit également a propos du "choix du silence" de Bereno :
je comprends et partage sa décision, mais ... je considère par ailleurs que ses écrits font déjà partie de notre mémoire collective.
C'est aussi ce que je ressens. De mon point de vue, une fois qu'une oeuvre a été publiée, elle appartient à la mémoire collective, elle appartient à ses lecteurs, actuels, passés, mais également futurs, bien plus qu'elle n'appartient à son auteur, même si ce dernier conserve un droit moral sur l'usage qui peut en être fait, et si la loi lui reconnaît un "droit d'auteur", ces derniers points sont très secondaires pour moi.
Retirer une oeuvre qui a déjà été publiée, c'est retirer quelque chose à la mémoire collective, c'est amputer cette mémoire, et je trouve cela profondément intolérable.
Pour ces raisons, j'estime que le choix de Bereno de ne pas donner de suites
n'est nullement contraignant pour ceux qui désirent continuer de donner des suites, non pas au nom de Bereno, mais en leur nom propre, au nom du rejet de la censure et de la contrainte qui ont frappé, d'une part, et au nom du refus de l'amputation de notre mémoire collective, d'autre part.
Encore une fois, il ne s'agit nullement de faire de Bereno une victime ou un martyr contre son gré. Rien ne peut d'ailleurs lui être reproché, d'autant plus qu'il exprime qu'il ne s'associe pas à ce mouvement, et que nul ne saurait reprocher à quelqu'un un acte qu'il n'a pas commis et auquel il ne s'est pas associé.
Mais, comme je l'écrivais en commentaire chez Me Eolas : Défendre le blog de Bereno, c'est défendre tout le monde, et pas seulement Bereno. Plier, c'est plier pour tout le monde, et pas seulement pour Bereno.
Je décide donc, quant à moi, de poursuivre tranquillement la republication des billets du blog de Bereno, tant que celle-ci ne me sera pas expressément interdite pour des raisons légales (droit d'auteur, copyright...) par l'auteur lui-même.[1] Je n'en publierai peut-être pas un par jour, pour laisser de la place, sur mon blog, à ma propre expression ;-) mais je continuerai d'un publier un de temps à autre.
Je vous invite par ailleurs à lire ce qu'écrit l'Inspecteur du Travail Gérard Filoche à propos de l'arrêt du blog de Bereno : ... Nous marchons dans les pas de Pierre Hamp, inspecteur du travail, qui, entre 1906 et 1912, racontait dans le journal de Jean Jaurés, l’Humanité, ce qu’il constatait dans les entreprises. Ce qui pouvait être fait en 1906 ne va pas être interdit en 2006, non ?
Ainsi que ce commentaire laissé par Incanus sur mon billet "le retour de la p0rn0graph1e" : Le pompier de Fahrenheit[2] cachait des livres, et les héros de ce monde si proche et si lointain apprenaient par coeur et transmettaient le contenu des livres brûlés. Nous, nous pouvons diffuser ce contenu sur un média ou subsiste encore un peu de liberté: profitons en tant qu'il est encore temps! Ni la radio, ni la télé, ni la presse écrite, dans leur immense majorité, ne sont plus des espaces de liberté d'expression. Si nous ne faisons rien, demain, internet?
En attendant, corvée de chiottes !
samedi 7 octobre 2006
Par Petaramesh le samedi 7 octobre 2006, 10:21 - p0rn0graph1e
Ce billet poursuit ma série de billets p0rn0graph1ques de re-publication des billets du blog de Bereno, honteusement censuré par son ministère de tutelle, et contraint de se taire.
A ma connaissance, voici une liste de billets et d'articles de sites (hors les miens) qui ont évoqué l'affaire et soutiennent Bereno :
Et sûrement des dizaines d'autres qui m'ont échappé (et que j'invite à se trackbacker ici s'ils me lisent)
...Sans compter tous les billets qui se joignent à la chaîne p0rn0graph1que, afin de rendre le blog de Bereno définitivement irrépressible.
Voici d'autre part la liste de sites et de points de téléchargement à partir desquels on peut, à ma connaissance, se procurer aujourd'hui tout ou partie de l'archive du blog de Bereno :
Que disiez-vous déjà, messieurs les censeurs ? Nos gueules
? Ah oui...
La bataille du pot de terre contre le pot de fer, c'était pas gagné, mais si on y ajoute un pot d'octets... :-D
Update 15h05 : Maître Eolas retire son billet de soutien à Bereno en indiquant : Bereno m'a contacté ... Après avoir posément réfléchi à la question, il souhaite ne pas donner de suites à cette affaire ...
(lire le reste chez Maître Eolas).
Voici ce que j'ai pour ma part répondu en commentaire chez lui, et que je reproduis ici :
= = = Début de citation de mon commentaire chez Me Eolas = = =
Si c'est réellement un billet et un seul, du blog de Bereno, qui posait un tel problème à son administration de tutelle, je m'étonne que la demande de retrait ait porté sur l'ensemble du blog et non pas sur ce seul billlet.
Un peu comme si l'on interdisait définitivement un journal dont un article aurait déplu à Leurs Majestés. Il faut croire qu'on prend, pour le moment, bien moins de gants avec les blogueurs qu'avec les journaux, surtout quand on emploie les premiers, et qu'on dispose donc d'un facile et efficace moyen de pression à leur endroit.
Il semble d'autre part manquer ici le lien donnant la définition, passionnante je n'en doute pas, de "l'opportunité politique".
Quant au reste du contenu de ce "billet-qui-remplace-le-billet", je m'interroge et je médite.
Je ne sais sincèrement pas si le fait que Bereno souhaiterait (selon Maître Eolas dont je ne mets pas la parole en doute, mais enfin cela reste pour moi une information de seconde main) "écraser le coup et ne pas faire de vagues", implique que le reste de ceux qui ont pris fait et cause doivent également écraser le coup et cesser de faire des vagues.
Car la fronde et la contestation portent bien au-delà de la défense de cet homme précis : C'est une question qui concerne tout le monde, car elle concerne la liberté d'expression, telle que la définissent l'article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, que citait Eolas, et l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, que je citais en écho.
Le fait que Bereno semble accepter d'avoir été ainsi muselé, nous contraint-il à accepter qu'il l'ait été ? Je ne le pense pas.
Défendre le blog de Bereno, c'est défendre tout le monde, et pas seulement Bereno.
Plier, c'est plier pour tout le monde, et pas seulement pour Bereno.
Après Garfieldd, Petite Anglaise.
Après Petite Anglaise, Bereno.
Après Bereno, qui ?
À qui le tour ?
= = = Fin de citation de mon commentaire chez Me Eolas = = =
Update 15h45 : Kozlika, et son billet "Crie moins fort, les blogueurs vont t'entendre", suit Me Eolas et ne crie plus fort du tout elle non plus. Comme ça, les blogueurs ne vont pas l'entendre :-(
Dirait-on que les bulles de la blogosphère se dégonflent encore plus vite qu'elles ne se gonflent ?
Quant à moi, je me sens pénétré d'une sensation d'écoeurement de plus en plus prenante... Bon, je vais plutôt faire un tour à la fête foraine avec mes ''Nains', tiens.
Allez, voici maintenant mon billet p0rn0graph1que du jour :
vendredi 6 octobre 2006
Par Petaramesh le vendredi 6 octobre 2006, 11:12 - p0rn0graph1e
Ce billet fait partie de la chaîne p0rn0graph1que de re-publication des billets du blog de Bereno.
J'ai choisi le billet que je republie aujourd'hui, car il me rappelle une situation que j'ai personnellement vue :
Une chaîne d'emballage, dans une usine que je ne nommerai pas. A un poste de travail, une équipe d'ouvrières passaient leur journée entière à prendre sur un tapis roulant à main gauche une certaine quantité de produits, et à les déposer dans un carton sur un tapis roulant à main droite, et à recommencer éternellement, tandis qu'un mètre plus loin sur la chaîne, d'autres ouvrières fermaient les cartons.
La direction de l'usine nous avait expliqué qu'il y avait, juste à côté des ouvrières, une machine capable de faire ce travail, et en parfait état de marche, mais qu'on gardait les ouvrières employées à ce poste pour les occuper, parce qu'en fait, elles n'étaient là qu'en tant qu'équipe "à tout faire" disponible pour prendre au pied levé la place de n'importe quelle machine de la chaîne qui tomberait en panne...
En somme, elles étaient là plutôt que chez elles pour être prêtes à remplacer immédiatement une machine en cas de panne éventuelle, et on les occupait à remplacer une machine qui marche, parce qu'on n'allait tout de même pas les payer à rien foutre, à tricoter ou à lire le journal !
Je dédie donc la re-publication de ce billet de Bereno à toutes les remplaçantes de machines qui marchent...
Les images que j'ai choisies pour illustrer ce billet ne proviennent pas du billet initial de Bereno, elles n'engagent que moi.
J'ai pompé la première chez Trublyonne, laquelle a du la piquer ailleurs, mais je ne sais pas où. Elle n'a pas grand-chose à voir avec le sujet du billet de Bereno, mais je la dédie à tous les petits dictateurs et apprentis censeurs (qui seraient sans doute plus ouverts s'ils pratiquaient davantage). Et puis, elle contribue à la dimension p0rn0graph1que de ce billet ;-)
La deuxième, extraite des Temps Modernes de Charlie Chaplin, a tout à voir avec le thème de ce billet et est, si j'en crois Wikipedia, tombée dans le domaine public. Elle présente par ailleurs une analogie de personnage avec la première, par célèbre film interposé.
jeudi 5 octobre 2006
Par Petaramesh le jeudi 5 octobre 2006, 17:26 - p0rn0graph1e
Puisqu'on débattait dans le fil de commentaires de mon premier billet proposant une nouvelle "chaîne p0rn0graph1que" destinée à sauver et faire connaître le blog de Bereno "Carnet d'un inspecteur du travail", du bien-fondé ou non d'une telle re-publication, je pense utile de re-publier ici sans plus attendre le billet "Un an de blog" de Bereno, qui revient sur ses objectifs et les raisons de son choix de bloguer, et de continuer à le faire malgré les pressions désireuses de le faire taire...
Par Petaramesh le jeudi 5 octobre 2006, 09:28 - p0rn0graph1e
Quand, au mois de janvier dernier, le proviseur Garfieldd avait été révoqué[1] pour avoir tenu un blog, sous l'accusation fantaisiste de "pornographie", la blogosphère avait immédiatement réagi par différentes initiatives de soutien.
Parmi ces initiatives, celle de Kozlika de créer la Chaîne p0rn0graphique, à laquelle de nombreux blogs ont participé en republiant chacun, chaque jour, un billet extrait de l'archive du blog de Garfieldd, dans le double but de montrer l'innocence du contenu de celui-ci, d'une part, et d'affirmer haut et fort d'autre part que la liberté d'expression ne se négocie pas, et que dans une société qui tend de plus en plus à vouloir la rogner pour la remplacer par une pensée unique consensuelle cuisinée par les principaux média aux ordres des puissances financières qui les contrôlent, la liberté d'expression est un droit que l'on prend, et non une permission qu'on demande.
Aujourd'hui, une dizaine de mois plus tard, la p0rn0graph1e est de retour, dans le sens d'obscénité qu'a ce mot : Le Monolecte nous apprend que Bereno, un Inspecteur du Travail qui tenait un blog, s'est vu contraint de le fermer brutalement sans autre forme de procès, à la suite d'un ultimatum de son ministère de tutelle.
Le blog de Bereno nous montrait, avec neutralité et réserve, en respectant l'anonymat des protagonistes, le quotidien d'un Inspecteur du Travail du beau pays de France, et, à travers ses yeux, la réalité du monde du travail dans notre pays.
Une réalité qui, sans doute, dérange le ministère, tant il ne faut pas que certaines choses soient dites... Le corps des Inspecteurs du Travail n'a pas vraiment bonne presse sous ce gouvernement UMPo-MEDEFien.
Alors, silence dans les rangs ! On ne veut voir qu'une seule tête, et certainement pas celle de la liberté d'expression, non, plutôt celle du devoir de réserve, ancien concept pour exprimer de manière moderne : Ferme ta gueule, boucle-la, et tais-toi !
.
Le déni du droit à l'expression, l'ultimatum exigeant le silence, la voilà bien, l'obscénité, la voilà bien, la p0rn0graph1e...
D'où me vient très logiquement l'idée de reprendre l'initiative de Kozlika[2] pour Garfieldd, et, allant dans le même sens que l'initiative irrepressible.info d'Amnesty International, de rendre irrepressible ce que nous pouvons aujourd'hui sauver du blog de Bereno, dont :
Pour reprendre, quasi mot-pour-mot, les instructions de Kozlika en la matière, je demande donc à chaque volontaire participant de reproduire chaque jour, sur son propre blog, l'un des billets de Bereno :
Bonus : pour réaliser un Google bombing positif, choisissez comme titre de votre billet d'associer plusieurs mots de la liste suivante : Bereno - Inspecteur du Travail - censuré - blog - blogueur.
(Comme je l'écrivais par ailleurs dans un commentaire chez Le Monolecte : Je me demande même s'il faudrait tenir compte de l'approbation ou de l'opposition éventuelle de l'auteur, dans une telle situation. Il possède bien évidemment le droit moral sur son oeuvre (je ne parle pas de "propriété intellectuelle"), mais d'un autre côté, il est patent qu'il subit des pressions qui lui ôtent sa liberté d'action et d'expression à ce propos... Si j'étais à sa place, je serais certainement heureux que mon blog soit "immortalisé" ainsi par un acte de résistance de tiers indépendants...
Toutefois, Bereno, si tu nous lis... Ma "page contact" est là...)
Je passe cette chaîne aux cinq premiers commentateurs de ce billet.
Le Billet Pornographique du jour
par Carnet d'un inspecteur du travail
Mercredi 13 septembre 2006
Plus de dix ans d'ancienneté, plus de dix ans de bons et loyaux services. Monsieur Y a, semble-t-il, toujours donné satisfaction. Il a accepté, par le passé, d'occuper différents postes de travail dans l'entreprise selon les nécessités du moment.
Puis survient l'accident; une mauvaise chute dans l'entrepôt. Fracture du genou gauche. Cette blessure nécessite six mois d'arrêt de travail. Lors de la reprise, il est bien conscient que son genou est encore fragile et douloureux parfois, mais l'inactivité lui pèse et il insiste auprès de son médecin pour reprendre le travail. Malheureusement, au bout de quelques jours de travail, il est de nouveau contraint de s'arrêter, pour trois mois de plus.
Cette fois, en accord avec le médecin traitant et le médecin du travail il est décidé que la reprise s'effectuera dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique mais pas sur le même poste, non cela semble trop risqué. Après une concertation entre le médecin du travail et le responsable de l'entreprise, monsieur Y aura en charge les livraisons à domicile.
Il est satisfait monsieur Y, ça lui plaît d'aller livrer les clients. Très vite cependant, il remarque que cette nouvelle fonction nécessite de sa part bien plus de responsabilités et de technicité que les tâches (essentiellement de la manutention) qu'il effectuait jusqu'alors. Tout naturellement, il sollicite un rendez-vous avec le patron pour discuter salaire et demander un avenant à son contrat de travail qui prendrait en compte son nouvel emploi.
Trois jours plus tard, il se présente dans le bureau du chef d'entreprise et lui exprime ses souhaits. Mais à peine a-t-il terminé de parler que le patron s'emporte en le tutoyant alors que jusqu'à présent le vouvoiement était de rigueur:
-"Pour qui tu te prends ? Tu es livreur et tu es suffisamment payé comme ça".
Il est abasourdi monsieur Y, il ne s'attendait pas à une telle réaction ! Le patron continue dans son élan:
-"Estime toi heureux que je te garde dans l'entreprise. Un chauffeur n'a pas d'heures et dorénavant tu travailleras tous les jours du lundi au samedi".
La moutarde lui monte au nez à monsieur Y. Il ressent ce tutoiement comme un mépris total envers sa personne. Au-delà du désaccord, c'est ce sentiment d'être traité comme un "moins que rien" qui le blesse profondément. Il est prêt à exploser mais il se contient.
-"Voila les clés du camion, pour les livraisons ne comptez plus sur moi." dit-il en déposant les clés sur le bureau et il se retire.
Il décide de reprendre son ancien poste. Il veillera à ne pas faire d'efforts trop violents pour préserver son genou blessé ...Mais le patron n'entend pas s'en laisser conter. Rapidement, il le rejoint dans l'entrepôt et le somme de passer par la pointeuse et de rentrer chez lui. Il insiste pas monsieur Y, il en a plus qu'assez, il obéit.
Le lendemain matin, il reçoit une lettre de l'employeur. Il la parcourt rapidement: mise à pied conservatoire à effet immédiat et convocation à un entretien préalable au licenciement pour faute grave.
Il est désemparé monsieur Y à la lecture de ces mots. Il me téléphone, il veut savoir: "C'est une faute grave de demander une rémunération appropriée au travail fourni et un avenant au contrat de travail ? C'est une faute grave ça ?".
mercredi 4 octobre 2006
Par Petaramesh le mercredi 4 octobre 2006, 18:57 - Politique infiniment dualiste
On dit que la différence entre le totalitarisme et la démocratie, c'est que le totalitarisme, c'est Ferme ta gueule !
, tandis que la démocratie, c'est Cause toujours...
Bon, ben maintenant, il semble qu'on en soit finalement viendu à Ferme ta gueule !
Surtout si tu es inspecteur du travail. Raconter ce que tu vois tous les jours, ça ne se fait vraiment pas en MEDEFocratie... C'est un blasphème.
Update 19:31 : En allant chercher mademoiselle Patâpatî à la piscine, et en pensant à la "mésaventure" qui arrive à Bereno, ce vers me revenait en mémoire Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.
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