En cette tendre soirée de Noël où les familles[1] ont coutume de se rassembler devant le sapin pour regarder de leurs yeux émerveillés des inepties télévisuelles à côté desquelles les talk-shows habituels passeraient pour un congrès de physiciens quantiques, tout en bouffant des saloperies pleines de cholestérol et en buvant des mousseux frelatés qui sont aux cellules hépatiques ce que le sinistre Most Hated est à un sans-papier afghan, en cette douce soirée de Noël où l'Oberstürmpape s'apprête à célébrer la messe de minuit à 22 heures, sa propre date limite de consommation exigeant son retrait des gondoles avant minuit, en cette féérique soirée de Noël où il est coutume de faire la bise à la tante qui pique, de se farcir la conversation inepte du cousin à côté de laquelle le bêtisier sur l'autre chaîne fait figure d'assemblée de philosophes, d'assurer à sa belle-mère adorée qu'elle n'a pas du tout changé depuis l'année dernière, et à sa belle-soeur préférée que sa dernière ponte hideuse est la huitième merveille du monde...

En cette divine soirée de Noël où les Solitaires Désespérés et les Vieux Inutiles se suicident plus que n'importe quel autre jour de l'année, typiquement en se foutant la tête dans une hotte jusqu'à ce que mort s'ensuive...

En cette soirée bénie de Noël donc, où les sujets familiaux et tous-publics sont de rigueur, je m'en vais vous entretenir, ô disciples, du moule-bite.

Car eh oui, enfin, la grosse majorité[2] [3] [4] des mes disciplesses auront enfin la réponse à la question qui les taraude telle la fraise du dentiste[5] : Ma Sainteté porte-t-elle des slips, ou des caleçons ?

Eh bien, sans faire davantage durer le suspense et sans autre coquetterie, Ma Sainteté le proclame : elle porte des slips ! Enfin, habituellement, mais pas aujourd'hui, puisque c'est Noël.

Je ne sais si vous l'avez remarqué, ô disciples et disciplesses aux yeux de faucons,[6] mais il est terriblement excessivement difficile de ne pas suivre la mode, quoiqu'on en ait.

Il est de fait que Ma Sainteté porte des slips, tout comme il est de fait que Ma Sainteté n'a jamais jusqu'ici essayé de porter un caleçon - qui est fait pour caler les cons, s'il était fait pour caler les bites on l'appellerait un calebite (et non pas un calbute), raison suffisante en soi à expliquer pourquoi Ma Sainteté n'en porte point.

Mais la raison essentielle est de simple confort, et non point esthétique, Ma Sainteté qui, n'ayant comme chacun sait aucun a priori, n'en a pas davantage quant aux mérites esthétiques comparés du slibard versus le calbard.[7]

Du point de vue du confort, donc, Ma Sainteté dont la réputation de puissance de l'esprit de déduction à depuis fort longtemps dépassé sans visa les frontières, n'a pas été sans se faire la remarque que, sous un jeans normalement serré, un machin peu ajusté qui descend à mi-cuisses, ça ne doit pas être des tas de masses confortable et que ça doit de surcroît laisser valser les baloches si promptes à douloureusement se coincer dans une jambe de denim épaisseur triple au moindre faux-mouvement. Ma Sainteté, esprit scientifique, estimait donc préférable le port d'un sous-vêtement qui accomplit son rôle principal de soutien-burnes sans toutefois s'avérer gênant aux niveau des jambes où son usage ne se justifie pas.

Las ! Trois fois las ! Si le calbute semble quelque peu passé de mode, peut-être par suite des inconvénients sus-déduits, il semble que le slibard soit lui aussi une espèce en voie d'extinction, à l'exception sans doute de son fleuron que l'on nomme à l'armée "SCBAOL"[8], accessoire qui est à l'érotisme méridional ce que son frère le Marcel est à l'érotisme septentrional.

Or donc, Ma Sainteté Paupérisée, sortie en ville l'autre jour pour une corvée à côté de laquelle celle du dentiste, voire de la coiffeuse,[9] sont peu de choses, à savoir la Corvée de l'Achetage de Fringues, Ma Sainteté donc, partie pour s'acheter une paire de chemises rentra du magasin équipée d'un jeans et d'un pull, mais d'aucune chemise, pour la double raison que ce n'eût point été budgétairement correct d'une part, et que d'autre part le temps supplémentaire que cela eût exigé que Ma Sainteté passât dans un magasin de fringues à demander leur avis aux tafioles vendeurs[10] tout en tripotant des bouts de tissu moches pressé dans une foule enthousiaste sous un éclairage agressif les oreilles saturées de jus d'NRJ, eût été bien au-delà des forces de Son Saint Système Nerveux et de nature à provoquer des tremblements à côté desquels ceux de Karol W. II ou de Renaud[11] un jour d'abstinence anisienne eussent été peu de chose.

Ma Sainteté, donc, n'y resta plus guère, mais suffisamment longtemps dans la queue de la caisse, pour avoir le temps de contempler, ici comme ailleurs, le présentoir de boxers et autres shortys il faut le dire stratégiquement placé, et de se faire la remarque qu'ici comme à Carchan ou Aufour le slip semblait bien mort[12] et que Ma Sainteté allait sans doute devoir consentir un effort de modernisation en sacrifiant quelque peu à la mode avant de se retrouver toute trouée du cul.

Ma Sainteté, perplexe, se résolut donc à demander à l'autre folle au vendeur,[13] qui s'y connaissait sans nul doute, quelle différence il pouvait bien y avoir entre un boxer et un shorty, puisqu'il semblait exclu que dans sa boutique pour beaux mâles on puisse trouver un honnête slibard - alors qu'on y trouve pourtant force chemises à chier vert qui vous donnent toute la classe imaginable chez un vendeur de téléphones mobiles.

Ma Santeté, toujours prompte à s'instruire des choses de la vie, apprit donc qu'en gros c'est la même chose dans le genre moule-bite, mais qu'a priori un shorty, comme son nom l'indique, est plus court qu'un boxer.

Ma Sainteté, désirant progresser par étapes plutôt que les brûler, se décida donc pour le shorty.

C'est donc ce matin (Tatatsoiiinn !) que Ma Sainteté se décida à trancher d'un cutter déterminé non pas la gorge d'un pilote mais le plastoc de garantie m'assurant que ce morceau d'étoffe n'avait encore moulé aucune bite, qu'il était vierge en quelque sorte, ce qui me permit, ben tiens, de l'enfiler avec délices.

Car en effet c'est agréable. L'enfilage de cette chose moulante et lycrisée ou élasthanisée comporte un léger effet érogène propice à l'érection du membre, effet dont on peut hélas regretter qu'il cesse au bout de seulement quelques dizaines de secondes.

Ceci étant fait, il ne resta plus à Ma Sainteté qu'à enfiler son jeans par-dessus, et à s'embarquer pour une journée de petit test (également appelé testicule) avec le même sérieux qu'Elle met en toute chose, comme par exemple pour un comparatif de récepteurs GPS.

Las ! Trois fois las ! Après une journée de port de l'accessoire, il faut bien l'avouer, Ma Sainteté est déçue, fort déçue !

Car, comme Elle s'en doutait un peu, quoique le tissu soit mince et élastique, les mouvement du jeans parviennent à rapidement retrousser, ou faire remonter, bref c'est inconfortable, les courtes jambes de la chose, et en plus je soupçonne que le résultat doit être visuellement rigolo (c'est-à-dire peu érogène) au déjeanssage.

De surcroît le tissu moulant laisse peu respirer le Monstre qui baigne alors dans sa chaleur, ce qui comme chacun sait est très mauvais pour la fécondité et la production de zoïdes. Outre cela, Ma Sainteté redoute que la chaleur malvenue ainsi générée par cet élastique emprisonnement de l'organe dans des substances synthétiques ne finisse par produire en ce lieu surchauffé quelques inconvénients d'ordre olfactif, voire gustatif, inconvénients aussi préjudicables à la fellation qu'ils manquent de courtoisie à l'égard de la dame, surtout à la fin d'une longue journée, déguisant n'importe quelle Sainteté en Maharajah de Tabîthâhungoût...

Las ! Que sont les slibards de coton devenus ?

Quant à Ma Sainteté, ce n'est pas pour dire, mais non suiveuse de troupeaux qu'elle est, elle réveillonnera d'ici 48 heures en famille (si bien) recomposée, en compagnie de la Sorcière de la Montagne, et en slip ! [14]

Notes

[1] Nationalement Identiques.

[2] Soyons modeste tout de même.

[3] Et non pas la majorité des grosses.

[4] Les autres ayant déjà la réponse à cette lancinante question pour avoir vérifié par elles-mêmes.

[5] Je n'ai pas osé dire la bite à Rocco, parfois, c'est dingue, je m'autocensure !

[6] Les vrais étant impitoyablement chassés hors céans !

[7] Ou cale-barre ?

[8] Slip de Coton Blanc à Ouverture Latérale

[9] Encore que...

[10] Ça y est, Ma Sainteté va encore se faire tirer à boulets rouges :-D

[11] Qui fut, rappelons-le, de son vivant, un chanteur sympathique, voire même d'anargauche, avant d'être atteint d'une tontonmania qui le poussa, à travers bien des bouteilles, jusqu'à chanter des inepties avec Axelle R., et même, toute honte bue, jusqu'à signer pour HADOPI...

[12] Qu'en dirait Gai-Luron ?

[13] C'est un constat, pas une critique...

[14] Ce soir du 24, c'est boycott : Soirée solitaire machine à laver, emballage de pitis kados, et bouffage de trucs sous vide 2 minutes 30 au microyondes et hop ! T'as un truc tout dégueu tout chaud !