Je possédais il y a quelques années un "vieux" GPS Tomtom GO 300, las, lors de mon divorce c'est mon ex-épouse qui hérita de la garde du GPS.

Comme c'est le genre de truc dont on a du mal à se passer une fois qu'on y a goûté, je me suis racheté avec un petit budget il y a 9 mois de ça un Garmin Nüvi 250 d'entrée de gamme.[1]

Vaut toujours mieux faire un comparatif entre des objets qu'on connaît vraiment pour les avoir longuement utilisés, plutôt qu'entre des machins qu'on n'a eu en main que quelques heures...

Donc voici mon comparatif : "Un vieux Tomtom vs. un Garmin récent".

Il est intéressant de prendre pour un tel comparatif deux appareils de bas de gamme, parce que pour autant que j'aie vu, chez un fabricant donné, le logiciel de l'appareil est le même ou quasiment le même sur toute la gamme. En comparant des appareils de base, on a une très bonne comparaison de leurs fonctions "de base", donc les plus utiles...

Dans une vitrine chez Carchan ou à la FNOQUE, tous les GPS se ressemblent et les gammes évoluent à des prix très comparables entre marques. Le "vendeur", si on est assez naïf pour lui demander, ne connaît généralement des appareils qu'il vend que ses taux de commission et ses objectifs de vente selon la marque ou le modèle...

Or les deux choses les plus essentielles sur ces appareils ne se voient pas dans la vitrine, pas plus que dans l'argumentaire du vendeur :

  • La qualité et les fonctionnalités du logiciel qui anime l'appareil
  • Le prix des "cartes électroniques" et de leur mise à jour

En effet un GPS ne vaut que par la précision de la carte qu'il embarque et la qualité du logiciel qui permet de l'utiliser.

Casus belli : le prix des cartes

Ce qui est sans doute à l'origine de ce billet est la colère que j'éprouve vis-à-vis du prix éhonté de vente des cartes chez Garmin.

Sachant que j'ai payé l'appareil Garmin Nüvi 250, carte d'Europe incluse, 125 Euros, Garmin propose l'achat[2] de la mise à jour de cette carte sur son site web à 129,99 U.S.$ !!!

Ils ont tellement honte de leur prix qu'il faut cliquer sur ajouter au panier pour voir le prix s'afficher... ensuite !

Garmin propose également une "mise à jour à vie" pour 139,99 U.S.$, ce qui témoigne clairement qu'ils ne veulent vendre que des mises à jour "à vie" et pas des cartes unitaires.

...et la notion de "à vie" chez Garmin se limite à la vie de cet appareil, pas la vie de son utilisateur !

Bref, vendre les mises à jour de cartes plus cher que l'appareil, voilà ce que j'appelle un foutage de gueule éhonté, écolo-Copenhaguement très incorrect, et une raison suffisante pour moi d'exclure à l'avenir tout achat de GPS Garmin.

Combien d'Atlas routiers parpier peut-on acheter pour 129 $, prix d'une carte électronique téléchargée sans aucun support matériel ?

Du côté de Tomtom, il y a quelques mois encore, et je ne pense pas que cela ait changé, une carte d'Europe coûtait dans les 70 Euros en téléchargement. Je trouvais ça très cher, mais la comparaison avec Garmin calme : c'est presque moitié prix !

Tomtom proposait également un service de mise à jour permanente sur abonnement avec l'abonnement à 30 Euros / an, si ma mémoire est bonne, ce qui fait à peu près le prix d'un bon atlas routier papier de l'année.

De plus, chez Tomtom, un compte client est lié au numéro de série d'un appareil, mais on peut changer d'appareil en réaffectant son compte à un nouvel appareil, et récupérer alors toutes les cartes qu'on avait achetées pour les installer sur son nouvel appareil.[3] Voilà que je trouve honnête si son appareil est perdu, volé, cassé, remplacé par un plus récent : on n'a pas à re-payer ce qu'on a déjà payé.

Seul bon point pour Garmin : À l'achat de l'appareil, on peut télécharger[4] gratuitement la dernière mise à jour de la carte qui est dedans, pendant un mois, donc on ne reste pas avec une version qui date de la sortie d'usine. Je ne sais pas si Tomtom fait pareil.

Modification des cartes

Sur un Garmin, la carte n'est pas modifiable par l'utilisateur. Quand le GPS s'obstine à vouloir vous faire rouler sur un "GR" incorrectement classifié comme route, il n'y a pas de solution. Pendant 10 ans, il continuera imperturbablement de vouloir vous faire rouler sur le pùtà£#! de "GR".

Sur un Tomtom, l'utilisateur peut modifier dans une certaine mesure sa carte lui-même, notamment pour indiquer qu'une route n'est pas praticable, qu'un sens unique a changé de sens, etc. De plus il est possible d'uploader à Tomtom ses propres modifications et de récupérer en retour celles indiquées par d'autres utilisateurs, et ce service est entièrement gratuit.

Le seul avantage des cartes de Garmin, c'est qu'elles arrivent avec beaucoup plus de "points d'intérêt" de toutes sortes (restaurants, garages, banques, pharmacies, cinémas, etc...) que les cartes de Tomtom. Mais c'est bien tout...

Logiciel de l'appareil

Que ce soit chez Garmin ou chez Tomtom, les mises à jour du logiciel de l'appareil sont gratuites. On dispose donc toujours de la dernière version, et on peut donc comparer aisément les dernières versions des deux marques.

Affichage des cartes

Sur un Tomtom, il est possible de choisir le "thème de couleurs" de l'affichage de la carte pour le rendre quasi-identique à celui de la carte routière papier à laquelle vous êtes habitué (i.e. Michelin, IGN...) ou de créer son propre modèle de couleurs perso.

Sur un Garmin, c'est impossible. La carte est "comme ça" et puis c'est tout. Personnellement je trouve la carte (unique) d'un Garmin bien plus moche que celle par défaut (modifiable) d'un Tomtom, mais ce n'est qu'un avis esthétique personnel.

Le Garmin propose seulement de modifier l'aspect du véhicule 3D représenté à l'écran pour en faire un camion, un avion, une voiture de course ou le traîneau du père Noël... Gadget inutile.

Les données affichées sur l'"écran principal de navigation" du Tomtom sont paramétrables. Sur le Garmin, non.

Détours et modification d'itinéraires

Le Tomtom propose de multiples manières de modifier un itinéraire, de choisir des itinéraires alternatifs, de dire qu'on ne veut pas passer par tel tronçon de route, etc.

Le Garmin n'a qu'une fonction "détour" bête et méchante et en pratique inutile.

Voix

L'unique voix "féminine" française d'un Garmin est sans doute plaisante pour qui aime les maîtresses sado-maso en cuir avec fouet et voix métallique.

Un Tomtom propose le choix entre une voix française féminine ou une masculine, toutes deux agréables (façon hôtesse de l'air pour la dame).

Sur un Tomtom, on peut acheter des voix supplémentaires (inutile, gadget, mais bon ça ne mange pas de pain...) et on peut également supprimer de l'appareil les voix des 127 langues dont on n'a pas besoin, pour gagner pas mal de place mémoire. Sur un Garmin, c'est impossible.

Ergonomie soft

Ce n'est qu'une opinion personnelle, mais je trouve l'ergonomie d'usage du logiciel Tomtom quasi parfaite, et celle du logiciel Garmin réellement imbitable.

Antenne extérieure

Mon vieux Tomtom permettait le branchement d'une antenne extérieure,[5] quasi-indispensable pour les voitures à pare-brise "athermique" contenant du métal qui bloque les ondes GPS. Je ne sais pas si tous les Tomtom récents le permettent aussi, toujours est-il que le Garmin Nüvi 250, non. Du coup dans ma bagnole la qualité de réception est mauvaise et la précision de position s'en ressent catastrophiquement, surtout en ville.

Radars

Le Tomtom permet d'affecter différents sons de son choix aux différents types de radars (fixe certain, mobile possible...) ou d'alertes, et de les distinguer clairement, rien qu'à l'oreille.

Le Garmin fait le même son pour tous les types de radars, affiche un message indiquant le type de radar annoncé en caractères microscopiques (lire des trucs minuscules sur son GPS quand on conduit, c'est top...) et de plus ce message idiot s'affiche au milieu de la carte en masquant l'icône du radar qui en rendrait pourtant l'identification immédiate plus facile...

De plus, le Garmin ignore les préférences de notifications qu'on indique pour les différents types de radars en les chargeant avec le logiciel "POI loader". C'est sûrement un bug.

Windows

Hélas, le Tomtom[6] aussi bien que le Garmin sont prévus pour être interfacés à l'ordinateur en utilisant des logiciels exclusivement Windows :-(

Cependant, les deux sont également vus comme "stockage USB générique" et il est possible d'en faire la sauvegarde ou d'y transférer des fichiers sous Linux.

Pour le Tomtom, les fichiers de points d'intérêt (radars par exemple) sont des fichiers distincts, il est donc possible de les mettre à jour en les copiant simplement sous Linux, sans utiliser le logiciel spécifique sous Windows (appelé TomTom Home) de l'appareil.

Pour le Garmin, il est indispensable d'utiliser un programme sous Windows appelé "POI loader", qui est de plus buggué (les paramètres d'avertissement qu'on y indique sont ignorés par l'appareil).

Sous Windows, pour le Tomtom, tout se fait (chargement de cartes, mises à jour, sauvegardes, etc) avec un programme complet appelé Tomtom home, qui permet même de faire fonctionner son GPS virtuellement sur l'écran de l'ordinateur (qui en reproduit alors toutes les fonctions en liaison avec le GPS : Affichage d'un GPS Tomtom virtuel sur l'ordinateur, fonctionnel, cliquable...).

Pour le Garmin, tout se fait dans Internet Exploder avec des extensions ActiveX (et celui-ci seulement: certaines fonctions marchent aussi avec Firefox, mais d'autres non, c'est lamentable...) sauf le chargement des points d'intérêt qui se fait avec un programme séparé "POI loader", buggé, donc...

Conclusion

Quand tu as roulé avec un vieux Tomtom, rouler avec un ''Garmin' récent, c'est une sacrée purge :-/

Notes

[1] j'ai pris un Garmin parce que la marque est réputée et parce que j'appréciais un vieux Garmin de poche - de pure navigation, mais sans cartes intégrées - que je possédais dans le temps.

[2] en téléchargement

[3] Chez Tomtom, on peut changer son n° de série d'appareil une fois tous les 6 mois maximum.

[4] Prévoir 2 à 3 Go de téléchargement et le double pour la décompression sur le disque dur de votre ordinateur...

[5] Le genre de truc qui coûte un oeil en France, mais qu'on peut acheter pour une misère à Mister Li

[6] dont le système d'exploitation interne est pourtant un Linux...