Technique par-tout ! Logique nulle part !
Par Petaramesh le mercredi 25 novembre 2009, 18:39 - Méchanceté gratuite - Lien permanent
Aujourd'hui, paraît-il, c'est la journée de la baffe.
Je suis certes fort mal placé pour en parler, moi qui, approchant (hélas) de mon demi-siècle au compteur n'ai jamais levé la main sur aucune femme, ni menacé de le faire, à l'exception toutefois de ma petite soeur, mais j'avais moins de 10 ans, donc il y a prescription, et puis, hein, comme on dit, elle l'avait mérité ! [1]
Si je n'ai donc jamais été dans la peau d'un coupable, il m'est cependant arrivé une fois de me faire lapider d'objets contondants puis rouer de coups au point de ne trouver comme autre issue que la protection puis la fuite, la riposte étant exclue par un rapport taille/poids qui l'aurait rendue peu honorable, évènement survenu aussitôt après que j'aie prononcé l'innocente phrase : je te quitte.
Que faire contre une furie qui griffe, mord et vise les couilles, si on s'interdit soi-même de lui causer le moindre dommage au titre de la légitime défense ? [2] J'étais donc parti en 4ème vitesse dormir sur mon lieu de travail, en attendant que ça se tasse. Et heureusement, ça se tassa.
Il m'est arrivé également de devoir faire preuve de réflexes et d'une certaine adresse jointe à une souple vélocité pour éviter quelques vols d'assiettes ou de théières qui finirent fracassées sur l'évier ou les murs pour la plus grande joie des petits et des grands.
Je crois même avoir un jour reçu plein cadre une baffe-provenant-de-compagne, tirée plus vite que le temps de réaction de mes contre-mesures.
Les aléas de l'existence, quoi.
Je n'irais pas jusqu'à nier avoir jamais été tenté, fortement tenté même, mais quoi, j'ai été marié 15 ans ! :-D Et les rapports humains sont fort loin de toujours être un long fleuve tranquille, la tentation de la violence quand la coupe déborde restant un atavisme épais sous la très fine couche d'un vernis de civilisation qui a rarement dans l'histoire été aussi craquelé que dans la nôtre.
Et force est de reconnaître que c'est dans le cadre intime, de couple ou familial que bien souvent les sentiments sont les plus vifs, les émotions les plus puissantes, bonnes ou mauvaises, les frustrations parfois profondes et durables, c'est également là que la cocotte-minute parfois le plus longtemps, que les mises en question poussent leurs brûlantes racines au plus profond de notre inconscient, et que les crises sont les plus vives.
Heureusement pour ce qui concerne Ma Sainteté, dans ce genre de situation de crise, mes inhibitions ont toujours été plus fortes que mon instinct de Néanderthal, mais j'en ai personnellement tiré les leçons suivantes :
- Que compte tenu du point où il m'est arrivé d'être poussé à bout, et compte tenu de la minceur de la feuille de papier à cigarette qui m'a parfois, dans de tels instants, séparé de la réponse par un acte violent, une toute petite goutte de plus aurait immanquablement mis le feu au vase, et que donc la situation était plus que critique, à la limite extrême de la perte de contrôle. (Ma réponse d'urgence à moi dans de telles situation a toujours été : Respirer grand coup, repli stratégique sur positions préparées à l'avance, mettre chaussures, mettre manteau, aller faire un tour et respirer un bon coup, Ne pas revenir avant d'être à la fois détendu et fatigué.).
- Que tout être humain est susceptible d'être suffisamment poussé à bout pour se livrer à un déchaînement de violence, moi inclus. Il suffit de le pousser assez loin, ce dernier point dépendant de l'individu considéré, de son histoire, de la lucidité et du sang-froid dont il fait preuve ou non, de l'intensité de ses réactions émotionnelles, des borborygmes de son inconscient, etc.
- Que toute personne connaissant suffisamment intimement un être humain (genre : son conjoint, sa conjointe...) saura exactement où taper[3] pour faire extrêmement mal, si elle en a le désir conscient ou inconscient, et que ça marche encore mieux avec la légendaire finesse de la perception féminine ;-) qui prédispose sans doute ces dames à d'extrêmes violences psychologiques et les rend compétentes en la matière au moins autant qu'on accuse la nature néanderthalo-primaro-brutépaisse des hommes de les prédisposer à la violence physique.
- Que la combinaison des facteurs précédents rend l'explosion hors de contrôle possible, voire probable, dans toute situation de crise grave entre deux personnes intimes dont au moins l'une des deux n'a pas le recul intérieur et la lucidité nécessaires pour savoir rompre et battre en retraite avant d'en arriver là, et la possibilité matérielle de le faire.
- Que dans n'importe quelle situation où l'on en arrive à la violence physique, c'est généralement le plus gros qui gagne, et le plus petit qui morfle. Sauf si le plus petit est ceinture noire d'Aïki-do, équipé d'un couteau de cuisine, d'une poële à frire, d'un bazooka ou de n'importe quelle arme plus offensive que les biceps du gros.
- Que, la vie étant ce qu'elle est, dans n'importe quelle vie de couple durant suffisamment longtemps, une situation vraiment merdique risque de se produire un jour, et qu'il n'est pas exclu que le baffotron de l'un ou de l'autre puisse partir tout seul, Ooops. Sans que celui ou celle dont le baffrotron a été accidentellement survolté puisse nécessairement être taxé de monstruosité pour autant.
- Que si toutefois des situations de crise d'une telle tension venaient à se reproduire plus qu'extrêmement exceptionnellement, ce serait le signe d'un profond foirage de la communication entre les personnes concernées, d'une incapacité de l'un, de l'autre, ou des deux, à rétablir cette communication, de la présence de rancunes ou haines profondes, rampantes, peut-être cachées, mais tenaces, de facteurs inconscients non maîtrisés et non élucidés, mais dans tous les cas de figure d'une situation devenue intenable et insoluble vis-à-vis de laquelle la seule réponse possible est de se barrer illico et de ne plus jamais revenir. Parce que la situation est morte et sa prolongation délétère, et potentiellement dangereuse.
Comme le dit un adage rigolo : Un homme qui n'a jamais été tenté de tuer une femme, n'a jamais été marié.
Il y a paralèlement d'autres points :
- L'histoire humaine entière, y compris l'histoire présente que nous rapportent télés et journaux, atteste que la violence est un mode d'expression d'usage courant et instinctif chez l'être humain (plus particulièrement mâle) depuis la nuit des temps. Elle ne saurait donc être considérée comme anormale[4] ni contraire à la "nature humaine", bien au contraire (hélas ?[5]).
- Nous vivons toutefois dans une civilisation qui bannit absolument et dans tous les cas de figure l'usage de la violence comme moyen d'expression, et considère comme monstrueusement déviante toute personne chez qui une pulsion violente s'avérerait plus forte que l'interdit social.
- Cette règle ne s'applique pas à toute personne revêtue d'un uniforme bleu, chez qui l'expression violente sera considérée comme parfaitement normale, voire même recommandée si l'interlocuteur à qui est adressé ce mode d'expression est jeune, manifestant, ou basané.
- Cette règle ne s'applique pas non plus à toute personne revêtue, même à son corps défendant (on appelle ça une "mobilisation"), d'un uniforme kaki. Tout être humain normal revêtu d'un uniforme kaki doit se montrer capable d'assassinat et d'actes de la plus extrême violence et barbarie vis-à-vis d'êtres humains inconnus qui ne lui ont personnellement rien fait, pour peu que l'ordre[6] de commettre ces actes lui soit donné par un autre humain revêtu d'un uniforme kaki ayant plus de petits machins dorés sur les manches ou les épaulettes.
- Tout être humain normal, et particulièrement un mâle, qui, une fois revêtu de kaki s'avérerait incapable ou non désireux de se livrer à des actes d'assassinat ou de barbarie extrême si un autre en kaki aussi avec des machins dorés le lui demande, doit être considéré comme lâche, anormal ou criminel, et sévèrement puni.
- Assassiner quelqu'un qui ne vous a personnellement rien fait est normal si c'est demandé gentiment par un type en kaki, mais se laisser aller à coller une baffe à un(e) conjoint(e) qui vous aurait éventuellement poussé au-delà de l'extrémité du bout de vos limites psychologiques est un signe de monstruosité.
Bon mais au fait, pourquoi je vous raconte tout ça moi ?
Parce que hein, quand même, ça n'a pas grand-chose à voir avec le titre du billet, donc avec son sujet.
Cessons donc de digresser, non sans avoir précisé pour les mal-comprenants que les considérations ci-dessus ne constituent de ma part en rien une approbation, une justification ni une excuse vis-à-vis des actes de violence conjugale. Simplement une méditation sur ce type de situations et l'examen de certains de leurs tenants et aboutissant (des exposés beaucoup plus savants, beaucoup plus exhaustifs, beaucoup plus scientifiques, politiques ou féministes d'autres tenants et aboutissants ayant été amplement faits et commentés par d'autres plumes que la mienne, je vous y renvoie plutôt que de tomber dans la redite pour ceux-ci ;-).
Parce que le titre de ce billet, c'était quand même...
Technique par-tout ! Logique nulle part !
Et que je voulais avant tout méditer avec vous sur cette bonne petite manie qu'a désormais notre société de vouloir apporter des réponses techniques à des problèmes qui ne sont pas des problèmes techniques, ou en tout cas pas du même domaine, si l'on veut conserver le mot "technique".
Ainsi en est-il du perpétuel déploiement d'encore plus de l'omni-présente vidéosurveillance, alors que les rapports les plus documentés et les plus sérieux ont amplement démontré que son effet sur la délinquance ou la criminalité est faible, globalement inefficace, alors que son impact sur les libertés publiques est hélas trop réel.
Eh bien, dans le champ qui est le nôtre aujourd'hui, j'entendais parler hier à la radio d'une innovation technique qu'elle est trop top ! : L'invention de téléphones mobiles spéciaux pour femmes battues avec un bouton d'appel d'urgence incorporé pour faire rappliquer la maréchaussée au domicile (préalablement communiqué aux services de police).
Entendant cela, les bras me tombèrent, voire même me tombirent. Or quoi ! me dis-je... peut-on en déduire que :
- Le statut de "femme battue" est quelque chose qui se conçoit dans la durée au point que l'on puisse se définir comme telle, s'installer dedans, et que l'industrie puisse concevoir et fabriquer des équipements spéciaux pour femmes battues ?
- Si ce truc a un bouton d'appel qui fait rappliquer la maréchaussée à son domicile, doit-on en conclure qu'une femme battue n'est battue qu'à son domicile ?
- Si une femme a été battue, probablement de manière répétée, et redoute que ça recommence au point d'envisager de s'équiper d'un tel engin, on peut en conclure que :
- Elle craint de manière permanente pour sa sécurité physique ;
- L'individu cause de cette crainte est clairement identifié ;
- L'individu cause de cette crainte a certainement déjà commis des actes violents (donc délictueux voire criminels) à son encontre ;
- Que la police en est informée ;
Dans ces conditions, (cochez la bonne case selon votre opinion[7]), l'action appropriée est :
a) [_]
- Pour la victime, de se séparer et se mettre à l'abri du conjoint violent qui représente une menace
- Pour les associations, services sociaux, psychologues, de l'aider à effectuer cette séparation aussi bien psychologiquement que matériellement
- Pour la police, d'empêcher le malfaisant de nuire
- Pour la justice, de prononcer les condamnations correspondant aux actes éventuellement déjà commis, et les mesures de contrôle judiciaire de nature à éviter leur renouvellement (éjection du domicile, interdiction d'approcher de l'ex-conjointe, etc.)
b) [_]
- De ne rien faire de tout ce qui est proposé en (a)
- De proposer à la Femme Battue un téléphone spécial girly avec un bouton rouge (et un forfait GSM Spécial Tartagueule ?)
- Et l'instruction d'appuyer sur le bouton rouge du téléphone (à condition qu'elle le trouve, que la batterie soit chargée, qu'il soit à portée de main et qu'elle en ait le temps) la prochaine fois qu'elle se fera bourrer la gueule...
- Afin que la maréchaussée puisse venir constater de visu bleus, bosses et horions et arrêter l'agresseur après qu'il ait agressé.
La logique, il faut croire, est de répondre (b). Mais je ne suis probablement pas suffisamment logique moi-même pour comprendre.
Notes
[1] Mouarf.
[2] Question classique, ça : à moins d'être ceinture noire d'Aïki-do, comment peut-on faire pour maîtriser sans lui faire aucun mal une personne qui a pété un plomb et tente par tous les moyens de vous faire le plus de mal possible ?
[3] Métaphoriquement parlant.
[4] Statistiquement parlant.
[5] Le point d'interrogation parce qu'il est toujours absurde de plaquer un jugement de valeur sur la simple constatation de ce qui est''...
[6] Voire la simple autorisation, ou même une bénédiction tacite.
[7] En appuyant fortement sur votre écran avec un stylo bille bleu ou noir, sinon le carbone imprime pas...









Commentaires
Je suis d'accord, mais c'est sans doute par ce que nous partageons les même chromosomes de plantigrade.
La réponse morale est A. La réponse juridique est B. Eolas a déjà fait un cours sur la différence entre droit et morale.
La réponse A coûte aussi plus cher que B, ceci explique cela. Et puis A fait offense à tout un tas de libertés fondamentales, des droidlômes, toussa :
A est médiatiquement associé à 'voir le mal partout', 'systématisation de l'enfermement' ( donc sarkozyme ou hortefisme primaire ). 'vous voulez enfermer des gens préventivement, spabien, fâââââchiste ! '
Dans l'air du temps : 'principe de précaution'.
@1 : Euh, vous m'avez mal lu, je n'ai jamais proposé ni soutenu l'idée d' qui que ce soit, encore moins .
Ce billet ne porte d'ailleurs pas sur l'utilité des peines d'emprisonnement (et encore moins sur leur admissibilité dans le cadre infâme de leur application actuelle), et l'évoquer nous entraînerait vraiment trop loin du sujet de ce billet. Normalement, on attend au moins le commentaire #20 avant de glisser ainsi hors-sujet telle une bite molle hors d'un préservatif ;-))
Sinon je vous rejoins sur le fait que la réponse (a) est certainement plus coûteuse (financièrement) que la (b), et moins génératrice de profits pour les fabricants de téléphones portables et de bidules-électroniques-pour-régler-les-problèmes-des-humains...
bonjour ta sainteté :)
Il me semble (mais je peux me tromper) que le dit téléphone portable est à donner à des femmes séparées de leur conjoint violent, ou dont le conjoint violent a promis de s'amender et est sous surveillance, en "probation". Dans tous les cas elles gardent ce portable avec elles, et elles déclenchent le bouton dès que leur conjoint approche (ou si elles vivent avec, dès qu'il fait mine de s'énerver). C'est une sorte de "bouton de panique", comme en portent les personnes protégées par un service de sécurité.
Je suis assez d'accord avec tes vues, sauf sur un point : je pense que la monstruosité ne désigne pas vraiment celui qui, hors de lui, dans un moment d'extrême énervement, finit par laisser partir involontairement une baffe qui chargeait depuis un moment. Celui là sait que la violence ne résoud pas les choses, que ce qui s'est produit est grave, et il n'a pas choisi de faire ça.
Dans les discussions que nous avions eu entre jeunes femmes à la fac, et dans celles que j'ai maintenant avec mes amies de plus-si-jeune-femme, ce n'est pas quelquechose que l'on fustige, cette baffe, même si on est d'accord avec toi pour se dire qu'une fois qu'on en est arrivé là dans un couple, il n'y a plus d'espoir ni de retour en arrière possible. On l'évoque comme un regret profond d'un geste terrible, d'un acte inadmissible mais que l'on peut comprendre, pas un dégoût d'une monstruosité.
En revanche, il existe bien des gens pour qui cette domination physique est soit un but en lui même, "pour lui apprendre", "parce que ça se fait, on va pas discuter avec une gonzesse quand même ?!", soit un moyen vers une destruction et un contrôle de la personnalité du conjoint : "tiens, elle a l'air bien mûre pour accepter des coups maintenant. VLAN. parfait, elle baisse les yeux... "
Ce sont toujours ceux là qui nous font le plus peur, ceux sur lesquels on espérait ne jamais tomber. J'ai eu énormément de chance, certaines moins, et il y a de ces manipulateurs destructeurs et violents qui ont fait du dégât parmi mes amies. De visu, je dirais que la caractéristique de ce genre de monstres, c'est qu'ils sont collants comme des chewing-gum. On ne relâche pas l'emprise sur sa proie, la récupérer et finir de la briser sont leurs seuls buts. Du coup, je connais au moins deux cas ou ce genre de téléphone portable à portée de main aurait peut être évité des circonstances déplaisantes à certaines...
Ce que je ne comprends pas en revanche, c'est l'insistance des médias à expliquer le principe de ce portable, à montrer son apparence et son fonctionnement. Parce que je serais un mari violent et dominateur, le genre manipulateur qui veut remettre la main sur sa proie, la première chose que je ferais maintenant c'est de guetter ce style de portable et de l'exploser AVANT de m'occuper de madame. En restant un secret bien gardé, très discret, ça aurait eu plus de chances d'être efficace à mon avis :/...
tu vas encore avoir des emmerdes toi ....
tu vas subir une attaque en piqué de lorie-calque ...
Violence et technique, pas grand-chose à voir ? Bien sûr que si !
La violence ne résout rien, et ça a même tendance à empirer les choses.
Et justement l'exemple avec la technique : en tapant sur les machines, ça améliore rarement les choses... quand ça ne les cassent pas tout simplement !
Non mais j' crois qu' c'est clair... lafâmebattu, c'est un marché. Comme lepauvre, levieux, létranger... enfin non, létranger, c'est plutôt une tête de turc. L'étranger ne vote pas et ne consomme pas... à mais si, il consomme ! (Suis-je bête !) Létranger est donc bien aussi un marché. Je crois qu'aujourd'hui c'est comme ça, on met les gens dans des catégories, et on les flattent ou on leur fait peur (au choix). La mode actuelle c'est faire peur : Lagrippa, linsécurité, etc. ... non, pas lafindumondemayaen2012, faut pas déconner non plus... faut qu' ça soit un minimum crédible :-)
@Krysalia : Bonjour :-)
Je partage pleinement ce que tu dis en matière de violence ; comme je l'écrivais plus haut, mon but n'était pas de faire un tour exhaustif de la question, simplement d'en évoquer un aspect très rarement évoqué, le reste l'étant déjà de toutes parts, et ne doutant pas que je serais par la suite complété dans les commentaires ;-)
Pour ce qui concerne le "téléphone d'urgence", là où c'est pour moi une totale fumisterie, c'est que tous les téléphones portables que j'ai jamais possédés, même les plus anciens, avaient la fonction "touches programmables, appel rapide" et que donc, objectivement, fabriquer un téléphone "spécial Lafâme battue" ne sert strictement à rien, et avec le battage fait autour, sert surtout à rendre ce genre de téléphone particulier plus aisément répérable pour un conjoint ou ex-conjoint violent.
C'est donc avant tout une bonne affaire pour un quelconque fabricant, et avec le battage et la mousse faits autour de cette pseudo-solution au problème, une grosse opération de communication et d'intox politique
Il aurait suffi d'ouvrir un service d'appel particulier en indiquant aux victimes potentielles de programmer ce numéro dans leur téléphone habituel, moins repérable, pour parvenir au même résultat.
Et pendant qu'on y était, j'aurais préféré qu'un tel service d'urgence soit destiné à toute personne sous le coup de menaces sérieuses pour son intégrité physique de la part d'un tiers identifié, et pas seulement à Lafâme battue...
-...
- Elle n'est pas foutue de taper puis :o}
Euh, "1" puis "8", c'est les beaux camions rouges et les casques brillants... Pour les animateurs socio-culturels en bleu, c'est "1" puis "7", et avec les portables, "1" puis "1" puis "2", ça marche aussi, mais c'est plus long à taper et moins spécifique :-}
(Sans compter que "1-1-2", ça marche même si t'as plus de forfait, une carte SIM périmée, un téléphone volé ;-) ou la seule visibilité du réseau d'un autre opérateur quand tu es hors-zone du tien...)
"Euh, vous m'avez mal lu, je n'ai jamais proposé ni soutenu l'idée d'"enfermer" qui que ce soit, encore moins "préventivement"."
Diantre ! et moi qui avait associé ça à " Pour la justice, de prononcer les condamnations" en (a). . .
Me voilà rassuré.
Signé : Bite Molle.
@#10 : (Désolé, j'ai un peu de mal avec votre pseudonyme qui sonne comme un slogan et que je n'arrive pas à associer mentalement à un interlocuteur...)
Quand j'évoque , vous aurez remarqué que je n'entre pas dans la nature de celles-ci, encore moins dans le complexe débat de l'adéquation des peines d'emprisonnement avec les objectifs affichés de réinsertion ultérieure, et encore moins dans les cas où la réinsertion, au regard des délits commis, nécessiterait un travail en profondeur sur soi-même que la prison ne facilite certainement en aucune manière.
Quoi qu'il en soit, je ne sache pas que les seules peines auxquelles la justice puisse condamner soient des peines d'enfermement, et le mot "condamner" exclut le concept "préventivement" puisqu'il ne me semble pas qu'une condamnation puisse être prononcée pour autre chose qu'un crime ou délit déjà commis - tant que nous n'en serons pas à Minority Report et Pre-crime... ce vers quoi notre société glisse par petites touches.
Et effectivement, nous sommes là très-très loin du sujet du billet.
112, ça marche... C'est vite dit !
témoin une fois d'une maison qui brûle, deux fois d'un accident, une fois d'une agression : j'ai fait le 112 comme une bonne petite fille bien sage (pour une fois :-}), ça n'a JAMAIS décroché. Ja-mais. D'autres gens sur place ont fait le 17, le 18 ou le 15 et ont obtenu quelqu'un dans les deux minutes. Du coup, le 112, maintenant j'oublie :D.
@Krysalia : Moi, j'ai fait une fois le 112 "pour vérifier si ça marchait'' avec un téléphone dont la carte SIM n'était théoriquement plus valide (plus d'abonnement). Ça a effectivement marché, on a répondu tout de suite et je me suis excusé du dérangement, mais la personne qui m'a répondu m'a dit que quand on était dans une zone ou 15/17/18 fonctionnent il valait mieux faire ceux-là parce que c'est routé directement vers le bon service sur le bon secteur et évite un aiguillage supplémentaire.
J'ai également fait une fois le 112 sur autoroute et ai eu la surprise de tomber directement sur la gendarrrrmerrrie...
Par contre pour les trucs qui marchent pô, je me souviens d'avoir à l'âge d'une vingtaine d'années du m'arrêter à une borne d'appel d'urgence orange sur une autoroute pour un malaise physique, avoir appuyé sur le bouton, et avoir entendu le machin sonner pendant 40 minutes dans le vide... Pas encore de téléphone mobile à l'époque. Au bout de 40 minutes, je suis reparti, malaise passé, mais heureusement que ce n'était pas un malaise cardiaque ou une urgence vitale, j'aurais pu crever la bouche ouverte en écoutant sonner la borne orange...
Le portable d'urgence il rapporte pas au fabricant mais à Mondial assistance qui traitera les appels.
C'est une mauvaise transposition d'un dispositif espagnol où le mec violent a un bracelet électronique et la femme un portable. Tous les deux à GPS. Et quand le mec viole les limites prévues d'éloignement, ça alerte un centre qui prend les mesures nécessaires.
On peut effectivement rêver d'autre chose que d'une surveillance permanente. Mais sachant que les femmes assassinées le sont dans la majorité des cas après d'autres violences, et très souvent après/à cause de la séparation, c'est peut-être mieux que rien. Au moins les espagnols inscrivent-ils ça dans le cadre d'une loi large qui s'occupe aussi de prévention, d'éducation à l'égalité, de formation des personnels soignants à la détection....
@Christine :
Tiens, je ne savais pas qu'ils faisaient aussi dans la beigne...
>
Et là, ça commence à faire plus mieux sens, non ?
L'éducation, comme d'hab', c'est là qu'il faut agir.
Mon expérience personnelle en matière de violences conjugales a beau être limitée, pour ce que j'en ai vu (ça y est, je vais faire hurler ;-) je suis persuadé qu'il y aurait moins de bourreaux s'il y avait moins de victimes "volontaires".
Je m'explique :
Dans la totalité des cas que j'ai eus à connaître (OK, pas suffisamment pour pouvoir leur donner une valeur statistique, mais une indication peut-être...) j'ai constaté que les coups, d'abord absents, puis occasionnels, puis plus fréquents et plus graves, venaient à la suite d'un rapport de couple établi depuis longtemps (ou depuis le départ) sous l'angle domination/soumission, et que cette domination/soumission avait pu s'installer parce qu'elle avait d'abord été acceptée, considérée comme "normale", par les deux parties, aussi bien la partie dominée que la partie dominante.
Le premier "cas" que j'ai vu de près était vraiment emblématique et caricatural : une copine que j'ai du héberger en urgence pendant 3 mois quand j'avais une vingtaine d'années, parce que son type lui maravait la gueule et que la séparation, décidée, se passait plus que mal et était dangereuse pour elle, et qu'elle avait peur d'être "seule", craignant qu'il ne débarque pour régler des comptes.
À mieux la connaître, j'ai appris que c'était son troisième compagnon successif qui lui savatait la goule, et y'a des répétitions qui semblent un peu exclure le seul fait du hasard. J'ai ensuite appris qu'elle avait passé son enfance à voir son père rentrer bourré et tabasser sa mère et éventuellement les gosses...
Caricatural, mais absolument vrai. Il me semble inutile de m'étaler alors sur la fameuse névrose de répétition, etc... mais elle avait décidément comme un capteur qui lui permettait de détecter ce genre de type à 500 mètres et d'y aller tout droit, alors que d'autres, ayant le même feeling, auraient pris la fuite illico.
Je sais avec certitude qu'aucune des compagnes que j'ai eues dans ma vie n'aurait toléré le moindre acte de violence physique de ma part (ou de celle de tout autre homme parmi leurs jules passés ou futurs) ou simple menace d'un tel acte et que donc elles n'auraient jamais laissé une telle situation s'installer. J'aime les femmes à "forte personnalité", faut croire ;-))
J'ai effectivement eu une copine dont le précédent compagnon avait commencé à se montrer violent, très violent même, et après qu'elle se soit barrée sans tarder, avait eu le comportement "chewing-gum indécollable" dont Krysalia parlait plus haut, la suivant jusqu'à son nouveau domicile, téléphonant sans cesse malgré renumérotations et liste rouge, tagguant sa boîte-aux-lettres, allant même jusqu'à s'attaquer à la porte de son appart' au marteau tandis qu'elle était à l'intérieur jusqu'à ce que les flics viennent lui passer les bracelets... Vraiment flippant, quoi. Mais ça n'a pas duré : il s'est vraiment vite retrouvé dans une institution psychiatrique, car la violence qu'il manifestait vis-à-vis d'elle était le signe d'une psychose qui avait également eu des conséquences par ailleurs, et direction la case cabanon.
J'ai vu d'autres cas d'amies qui étaient, un jour ou l'autre, tombées sur un homme violent, mais aucune ne l'avait toléré, toutes avaient mis instananément fin à la relation, et, même si elles avaient pu traverser une passe merdique, ça s'était toujours terminé, assez vite.
Un type te tape dessus quand tu es sa chose, mais tu dois d'abord être devenue sa chose avant qu'il ne te tape dessus. C'est le genre d'attitude qui se manifeste très tôt dans une relation, et si tu remballes vertement le bonhomme dès les premiers signes d'un tel comportement, et prends tes cliques et tes claques, ça a peu de (mal-)chances d'aller au-delà de quelques bonnes insultes parce que tu n'auras jamais été la chose lui appartenant.
Vraiment tous les cas de figure que j'ai vus ou indirectement connus de situations de violences conjugales qui s'installaient et perduraient le faisaient sur la base d'une relation de domination acceptée depuis longtemps ou depuis le début, et d'une incapacité de la victime à en sortir par elle-même - et ce n'est certainement pas le "dominant" qui y mettra spontanément fin.
...Et tous les cas de violence installée que j'ai pu connaître et qui ont un beau jour cessé, ont cessé quand la femme a décidé , jamais autrement, ce n'est jamais le violent qui a cessé "spontanement" d'être violent - et de ce point de vue les histoires de "conjoints violents repentis en rémission" me font doucement rigoler. Allez, ça doit bien arriver que ça s'arrête pour de bon... une fois sur un million... On ne reconstruit pas à zéro sur d'autres bases une relation qui a pris naissance et racines sur des bases foireuses.
Ce qui, évidemment, ne dédouane en rien les bourreaux de leur entière responsabilité.
Là où l'éducation est la clé, c'est que toutes ces choses reposent sur la reproduction de comportements parentaux ou de "coutumes" familiales ou culturelles/sociales, des situations où dès l'enfance on intègre que les uns puisse dominer et littéralement posséder les autres et que c'est non seulement tolérable mais normal.
Je pense quant à moi qu'aucune relation de couple harmonieuse et satisfaisante ne peut être basée sur autre chose qu'une complète égalité de dignité et de droits, et que domination/soumission sont un poison à éviter et à refuser d'emblée. Ça ne peut être amusant qu'au lit, à condition que ce soit un jeu conscient et accepté et éventuellement à double sens.
Il me semble que ce serait vraiment pleinement le rôle de la société, de son système éducatif public, que de bien faire entrer dans le crâne des petits mâles comme des jeunes femelles que personne n'appartient jamais à personne, que personne n'a jamais de "droits" sur personne, et qu'aucune prétention en ce sens ne devrait jamais être tolérée, pas même une seconde.
Insister systématiquement là-dessus, à l'occasion de cours d'éducation civique ou d'éducation sexuelle, ou que sais-je du même tonneau, l'inscrire en lettres d'or dans les programmes scolaires, me paraîtrait infiniment plus utile que tous les téléphones à bouton de secours, parce que si on en arrive là, c'est qu'il est déjà trop tard.
C'est pour ça que je m'échine à faire régulièrement infuser dans la tête de mademoiselle Patâpatî des mantras comme : . Et j'espère bien qu'il en restera quelque chose, j'en suis persuadé d'ailleurs ;-) ...en tout cas, je fais de mon mieux pour l'armer de ce côté-là.
Franchement, si tu enlèves les victimes volontaires, il restera toujours quelques criminels pathologiques et quelques fous furieux, mais je suis sûr que la majorité des situations de violence qui s'installent du fait du type de relation qui existe entre deux personnes qui y jouent chacune un rôle opposé mais complémentaire disparaîtrait...
Ca fait quand même un peu "Minority report" pour le (a), au moins dans sa deuxième moitié.
Quand à la (b), pas assez radicale; un Tazer judicieusement intègré dans le téléphone inhiberait sans aucun doute le
malmâle tout en gardant une certaine distance ;-)Sinon, dans le temps, y'avait le bon vieux rouleau à pâtisserie, mais depuis que Lafâme ne cuisine plus, ça lui fait un argument-massue de moins ;-)