De la passerelle du navire immobile, l'océan de montagnes se dissout dans une brume lointaine. Sur leurs plus proches vagues, de vastes plages ocre s'élargissent. Il y a deux semaines, elles rougeoyaient encore. Sous le tilleul un brillant tapis jaune ; les doigts des cerisiers pointent un ciel automnal. Roulement de nuages.

La soirée est douce, le feu pétille, la nuit davantage encore.

Dans l'autre partie du lieu les ados font la fête.

Corvée de bois. Des bûches à fendre, pas assez toutefois pour de nouvelles ampoules aux mains, puis du bois d'allumage à chercher sous les pins. La forêt est généreuse : il n'y a qu'à se baisser pour en remplir de pleines brouettes.

Pour remonter le bois d'en bas, il faudra que je répare le tracteur.

Le temps est doux, le ciel invite à flâner, main de Sorcière dans la mienne, puis lézarder sur les pierres sous un soleil encore puissant, bas mais vif, qui colore les murs d'un blanc-jaune chaud aux ombres nettes et tranchées.

Ôter le bois mort de la glycine. En équilibre précaire au-dessus d'un vide même pas menaçant, rompre d'une seule main des bois pourris plus épais que mon bras. Allumer une cigarette en contemplant le soleil arasant sur la mer de montagnes entièrement dégagée. Le Bouddha de pierre sourit. Paisible.

Puis le putain de TGV.