Une des grandes questions de ce siècle...
Par Petaramesh le mardi 16 juin 2009, 20:23 - Râleries dualistes - Lien permanent
...sera sans doute de tenter de comprendre un jour comment de telles quantités de gens auront pu passer une portion aussi importante de leur existence assis derrière un bureau à ne strictement rien produire d'intéressant ni d'utile à quoi que ce soit, alors qu'il y a tant d'Ailleurs qui leur tendraient les bras...
Encore ne suffit-il pas de produire de l'inutile, il faut de plus le faire dans l'urgence perpétuelle (un peu comme ces lois qu'on vote à l'assemblée...), sous la pression du stress et en veillant bien de préférence à ce que les uns pourrissent la vie des autres autant que faire se peut, sinon ce serait moins drôle...
27 ans que je bosse... Putain ! 27 ans !
À de bonnes périodes de chômage près durant lesquelles j'étais (mal) payé à ne rien foutre, j'ai passé les autres de ces années à être (parfois bien) payé (mais plus maintenant) à faire des choses, en dernière analyse, profondément inutiles.
(Putain !) 27 ans (!) de "carrière" derrière moi, même en comptant large disons 7 à chomouiller, formouiller, faire ou espérer autre chose, ça doit bien faire une bonne vingtaine d'années de boulot. Fois à la louche 220 jours bossés, soit quelque chose comme 4.400 journées de "boulot"... Ou 35.200 heures.
Arrivé à ce point la question qui se pose est : Ai-je, dans le cadre de mes 35.200 heures d'activité professionnelle, réalisé une seule fois une seule chose qui ait été réellement, directement ou indirectement utile à quelque chose d'utile, ou, en dehors de ce cadre, quelque chose de beau ?
Comme on dit, poser la question c'est donner la réponse...
Pour le côté utile, ah oui, j'ai fait plein de choses utiles à d'autres choses utiles à d'autres choses dont l'utilité finale n'aura été que d'engraisser quelques actionnaires (on dit : increase shareholder value
) eux-mêmes radicalement inutiles.
Pour le côté beau, ah oui, j'ai bien fait quelques acrobaties savantes ou pondu quelques bouts de code artistiquement quenutés et atteint parfois une forme d'esthétique[1] dans un truc éventuellement utile (ou pas, mais on s'en fout puisque c'est bien fait) à quelque chose d'à son tour inutile. Et moche.
Rien n'est aussi inutile que de faire avec efficacité ce qui ne devrait pas être fait du tout.
- Peter Drucker
Mais il faut po-si-ti-ver, me direz-vous ! Enfin, j'espère que vous ne me le direz pas ;-)
En po-si-ti-vant, je peux me féliciter du fait que cette gigantesque accumulation d'inutilité flagrante m'aura permis de remplir mon estomac de MacDoteries, de m'offrir dans mon jeune temps quelques (caisses de) gadgets techniques ultra-sophistiqués (périmés en 6 mois)[2] dont la seule vue chez mes cadets compulsifs de l'i-Phone me fait périr d'ennui, de fumer l'équivalent budgétaire de quelques Porsches neuves, de payer la même durée de loyers à des propriétaires inutiles qui s'engraissent en dormant sur le dos de mon travail inutile, et de permettre l'existence matérielle de quelques (très) beaux enfants dont j'espère très-très fort qu'ils trouveront leur tour venu autre chose à foutre pour remplir leur gamelle que de sacrifier la majeure partie de leur existence au culte du Dieu Inutile.
Ceci compenserait-il cela dans un jeu à somme nulle ? Ma foi, si j'en crois mon dernier relevé de compte, le bilan général serait nettement déficitaire.
Probablement en partie parce que la perception aigüe de l'inutilité globale m'ôte tout désir et toute ambition de grimper la putain d'échelle en consacrant à l'inutile encore davantage de temps et de gages de soumission. Le point infranchissable étant celui de la soumission mentale et du leurre consciemment auto-infligé.
Se consoler a minima ? Se dire qu'à défaut de faire de l'utile, du moins n'aura-t-on pas fait de nocif ? Pas de conception de viseurs de chars ou de fabrication de mines anti-personnel à mon actif, pas d'arrestation de "sans-papiers" ni de complicité à de telles choses, pas de participation à la diffusion massive de polluants dans la biomasse, et je ne crois pas que mon activité professionnelle ait causé le moindre tort à qui que ce soit. Même pas indirectement. Déjà ça de pris. Mais c'est maigre.
De mon auguste point de vue, le temps passé ainsi à faire des choses inutiles aura été autant de temps passé à m'empêcher de trouver un moyen de faire une chose utile, ou à tout le moins, des choses intrinsèquement intéressantes. À moins que ce ne soit le signe clinique d'un manque absolu d'imagination ou de capacité à la mettre en action dans un tel cadre.
En fin de compte, je dois être le seul parmi mes relations professionnelles que mon manque absolu de motivation ne surprend pas du tout.
À peu près autant que ne me surprend pas du tout le fait que le truc hyper-urgent-bouillant-faut-tout-laisser-tomber-et-se-précipiter du jour sera le truc dont personne n'aura rien à secouer qu'il n'ait pas été fait la semaine prochaine.
Et pendant ce temps-là, le soleil brille sur les montagnes et les feuilles des arbres bruissent dans des havres de paix.












Commentaires
Swami, tu oublies de comptabiliser un élément fort important. Durant ces années de travail, tu as cotisé (beaucoup), et cet argent a (parfois) aidé à financer de belles choses, écoles, hopitaux, recherche, retraites de gens (dont certains) méritants.
Finalement, tu peux passer une vie à creuser un trou un jour pour le reboucher le lendemain avant de recommencer, et pourtant faire le bien autour de toi via les impots et taxes que tu as si volontiers payé durant ces 27-7 années.
mouarf,
ça fait que 10a que je bosse (j'aborde ma trentième année sur terre), dont 6 à servir de soutier préposé aux chaudières informatiques d'un titanic de l'industrie financière (une énooorme boîte que nous nommerons la Vesoul & Sanois Banking Compagnie : les hedges funds, c'est nous, les LBO c'est nous, les subprimes c'est encore nous, faut qu'ils raquent, faut qu'ils crachent...).
Pendant les 5 premières années, j'ai usé mes yeux sur de bien peu cathodiques écrans, usé mes fonds de culotte à m'assoir sur ce sentiment diffus de travailler à la perte du monde joyeux du capitalisme, faisant contre mauvais coeur, bonne fortune.
la fortune étant parti, m'étant rappelé que les actions de la VSBC ne se mangent pas surtout quand elles ne valent même plus le prix d'un pack de 6 rouleaux de PQ, je me retrouve avec les mêmes questions.
J'aurai du faire dealer de beuh dans les maisons de retraite, au moins j'aurai apporté joie et bonheur, profité du savoir ancestral de mère grand en matière de botanique (même si mère grand n'a jamais fumé autre chose que de la camomille) et contribuer à remettre du lien social entre les générations (je sais , c'est beau comme du borloo...)
Salut, honorable guru de cet ashram
C'est très bien vu. J'ajouterais avec plaisir un beau texte qui va un peu dans le même sens :
Loisir et oisiveté. – Il y a une barbarie propre au sang « peau-rouge » dans la soif de l’or chez les Américains : et leur hâte sans répit au travail, ‑ le vice proprement dit du Nouveau Monde ‑ déjà commence à barbariser par contamination la vieille Europe et à y répandre une stérilité de l’esprit tout à fait extraordinaire.
Dès maintenant on y a honte du repos : la longue méditation provoque presque des remords. On ne pense plus autrement que montre en main, comme on déjeune, le regard fixé sur les bulletins de la Bourse ‑ on vit comme quelqu’un qui sans cesse « pourrait rater » quelque chose. « Faire n’importe quoi plutôt que rien » ‑ ce principe aussi est une corde propre à étrangler toute culture et tout goût supérieurs.
Et de même que visiblement toutes les formes périssent à cette hâte des gens qui travaillent, de même aussi périssent le sentiment de la forme en soi, l’ouïe et le regard pour la mélodie du mouvement. La preuve en est cette grossière précision, que l’on exige partout à présent dans toutes les situations où l’homme pour une fois voudrait être probe avec les hommes, dans les contacts avec les amis, les femmes, les parents, les enfants, les maîtres, les élèves, les chefs et les princes ‑ on n’a plus de temps ni de force pour des manières cérémonieuses, pour de la courtoisie avec des détours, pour tout l’esprit de la conversation et pour tout otium en général.
Car la vie à la chasse du gain contraint sans cesse à dépenser son esprit jusqu’à épuisement alors que l’on est constamment préoccupé de dissimuler, de ruser ou de prendre l’avantage : la véritable vertu, à présent, c’est d’exécuter quelque chose en moins de temps que ne le ferait un autre. Et de la sorte, il ne reste que rarement des heures où la probité serait permise : mais à pareilles heures on se trouve las et l’on désire non seulement pouvoir se « laisser aller », mais aussi s’étendre largement et lourdement.
C’est conformément à cette pente que l’on rédige maintenant ses lettres : le style et l’esprit des lettres seront toujours le « signe du temps ». S’il est encore quelque plaisir à la vie de société et aux arts, ils sont du genre de ceux que se réservent des esclaves abrutis par les corvées. Quelle affliction que cette modestie de la « joie » chez nos gens cultivés et incultes ! Quelle affliction que cette suspicion croissante à l’égard de toute joie !
Le travail est désormais assuré d’avoir la bonne conscience de son côté : la propension à la joie se nomme déjà « besoin de repos » et commence à se ressentir comme un sujet de honte. « Il faut bien songer à sa santé » ‑ ainsi s’excuse-t-on lorsqu’on est pris en flagrant délit de partie de campagne. Oui, il se pourrait bien qu’on en vînt à ne point céder à un penchant pour la vita contemplativa (c’est-à-dire pour aller se promener avec ses pensées et ses amis) sans mauvaise conscience et mépris de soi-même.
‑ Eh bien ! autrefois, c’était tout le contraire : c’était le travail qui portait le poids de la mauvaise conscience. Un homme de noble origine cachait son travail, quand la nécessité le contraignait à travailler. L’esclave travaillait obsédé par le sentiment de faire quelque chose de méprisable en soi : ‑ le « faire » lui-même était quelque chose de méprisable. « La noblesse et l’honneur sont seuls admis à l’otium et au bellum » : voilà ce que proclamait la voix du préjugé antique !
Friedrich Nietzsche, Le gai savoir (1882) - § 329
De l'utilité de ce beau texte sur l'inutile (dont on est prisonnier de).
J'interviens pour la première fois sur ce sympathique blog pour signaler que sur la grande question qui vous agite, j'ai justement écrit un modeste billet il y a peu. Peut être que cela vous intéressera : quel est le sens de la vie ?
Bonne continuation !
ceci dit... y a pas que le boulot dans la vie !
Ça fait plaisir de te relire.
Et une spéciale dédicace pour toi et tes bagnards de collègues.
De la bise (et heureusement que tu blogues, ça améliore nettement ton utilité réelle!)
En dehors de ton boulot , ce que tu produis sur ce blog amène beaucoup de joie , de plaisir à tous tes fidèles adeptes et crois moi ,c'est beaucoup .
Nous attendons avec fièvre chacun de tes mots .
C'est sûr ,çà ne nourrit pas son homme ! mais bon .
Ta motivation est proche de zéro au boulot mais nous ,nous sommes à 100% pour ta production de billets (trop rares à notre goût ) .
Salut Swâm
:-)
Petit souvenir d' "Horizons perdus" de James Hilton :
Une bonne soeur occidentale égarée dans l'Himalaya, demande au sujet des moines de Shangri-là:
"Mais que font-ils donc de leurs journées?
-Ils méditent, Madame.
-Mais ce n'est pas faire quelque chose, ça, méditer !
-Alors, Madame, disons qu'ils ne font rien."
N'ecoute pas le fantôme de l'ombre de l'ectoplasme du miasme de ces bonnes soeurs aux relents de fleurs crevées, utilitaires jusqu'au diable, foutre,
Swâmi, reprend ton bâton, ou souffle un peu,
les pierres du chemin n'indiquent rien que l'altitude, c'est tout ...
Evidemment, l'oxygène s'y fait rare ...
Je m'applique à faire rien mais avec talent ...
Je voulais te faire une réponse argumentée, mais je me suis dit qiue c'était inutile.
Même remarque qu'Agnes (monolecte)... tu fais pas que de l'inutile, ta prose est presque poétique...
Pour le reste ...
Enfin, ceci dit, faudrait définir l ' "Utile" ...
Ca sent la crise de la crise de la quarantaine (bien tassée) dans cet article !
Il n'est jamais trop tard pour changer de vie !
se sentir utile au bonheur des autres au lieu de "produire" de l'inutile bruit...tout un programme ! Saine lecture, merci pour la question qui tue...
Que d'excellents commentaires ! :-) ...et le pauvre serveur de l'ashram qui semble souffrir d'une congestion ce matin...
Une autre vision des choses est l'aphorisme de Baudelaire : mais là, justement, ce n'est pas de la même utilité qu'on parle : l'utilité hideuse de Baudelaire est bien l'utilité pratique, matérielle, immédiate, mise en opposition avec le seul fait d'être - sans but, comme dirait le maître Zen - sans but donc sans utilité autre qu'artistique, l'art étant par définition en ce sens inutile.
(Et merci à ceux et celles qui flattent mon ego en semblant surestimer tant l'utilité que la qualité de mes petites productions bloguiennes ;-)
@Thierry :
C'est un concept qui m'avait, certes, échappé ! :-D Bon, disons qu'on doit bien pouvoir arriver à payer des taxes en faisant autre chose qu'un trou pour le reboucher ensuite ;-)
@Hotmazil :
Va savoir... Pour la quarantaine bien tassée, aucun doute. Pour la crise, la question que j'évoque ici est loin d'être nouvelle pour moi ; j'aurais peut-être pu en faire une crise de la trentaine par exemple ;-)
Peut-être cette question prend-elle une forme de soupape écrite au soir d'une longue journée à baigner dans l'inutile mêlée de l'intense désir d'être justement ailleurs, par exemple dans la photo là-haut...
>
Certes ! Ça nous ramène aussi à la question du manque d'imagination ou de moyens ;-)
Au stade de la crise de la trentaine il m'est souvent arrivé de penser que, si je savais faire comme tout le monde un bon nombre de choses, il était cependant malheureux qu'une chose que j'aimais et savais vraiment bien faire - la seule que je sache faire à un niveau réellement professionnel et dont je puisse donc tirer subsistance - ne s'échange majoritairement contre monnaie sonnante et trébuchante que dans un milieu qui m'ennuie à mourir pour en faire des choses d'une parfaite inutilié... C'est ballot.
(Si les proxies de la B.N.P. et de G.D.F. avaient l'amabilité de cesser de vouloir pomper la totalité du contenu de ce modeste ashram à un rythme effrayant de gros bourrins qui met mon serveur à genoux, je leur en serais reconnaissant... Faut de quoi je vais me retrouver contraint de les éjecter de mon brave serveur, avec hélas leurs utilisateurs, pour éviter que deux sources de requêtes massives ne privent à elles-seules de nombreux disciples de la sattvique lecture de ce modeste ashram... Les aspirateurs de site qui se comportent comme des gorets ne sont pas les bienvenus...)
"Ca sent la crise de la crise de la quarantaine (bien tassée) dans cet article !"
Ouais et demain c'est l'épreuve de philo du bac et donc voici une réponse philosophique : "il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien d'utile que risquer qu'il se passe quelque chose d'utile en ne pompant pas" (Tout le monde aura compris que je suis fénéasse et que j'ai pompé cette réponse).
Sinon, l'oscar de celui qui a fait la chose la plus inutile de l'année :
and the winner isssssss (roulements de tambours) : le mec qui a tenu en apnée 11 minutes sous l'eau. Putain, 11 minutes! mais pour quoi faire?
Alors moi aussi je veux accorder ma contribution à l'inutiltude : mon commentaire.
Donc, ça fait longtemps que tu te poses la question, en pure perte sembles-tu croire. Pas certain. Quand on met des poids sur le plateau d'une balance (le vieux modèle, la classique Roberval) pour équilibrer ce qui est sur l'autre plateau, il ne se passe RIEN pendant longtemps. Et à un moment, ploum, ça bascule, parfois pour quelques grammes de plus.
Mais ça va être dur si tu continues à fréquenter O'Chiant et M'KDO, ça fait partie intégrante du package, comildiz. En plus, tu obliges plein de pauvres types à fabriquer pire que des trucs inutiles, des choses NUISIBLES.
Pour ce qui est de l'utilité de ton blog, je confirme, elle est majeure. Si tu espaces pour vivre plus, j'ai rien à dire. Mais si tu espaces à cause du boulot, alors là, honte sur toi!
J'ai déjà eu ce sentiment... et c'est vrai que c'est finalement une question philosophique, l'utilité et l'inutilité des actions (et des inactions aussi)... mais je dirais, avec le recul, que c'est en fait plus un sentiment de gâchis (réinventer la roue, inexploitation du produit du travail, etc.)
Eh bien alors, Swami-ji, qu'est-ce que c'est que cette dualité?
Pourquoi chercher l'utilité? Comme s'il y avait quelqu'un qui accomplisse une action?
OK, je sais, facile à dire...
@Jardin :
Je n'espace pas à cause du boulot. J'ai commencé à largement espacer pour cause de manque de temps lié à de profonds boulversements dans ma vie hors-antenne (la vie hors-antenne de ce corps, pour faire plaisir à Neti-Neti peau d'chien), puis j'ai continué d'espacer pour cause de toujours manque de temps et de manque parallèle d'inspiration... Impression de futilité à souvent réenfoncer des portes largement ouvertes, toutes ces sortes de choses... Désormais mon "vivre plus" connaît de nouveaux bouleversements qui m'éloignent à nouveau du clavier, ce que je n'aurais pas une seconde l'idée de regretter :-}
À vrai dire, compte tenu de la parcimonie de ma production ces temps derniers et du fait que je suis plus immergé dans l'existence - avec ses aléas bons ou mauvais - que dans l'écriture, j'en suis même venu à m'interroger sur la poursuite ou non de ce modeste ashram ou son éventuelle mise en sommeil très profond... Mais tout bien considéré, je laisse les choses en l'état avec l'idée tranquille de laisser sortir ce qui sort... et quand ça ne sort pas c'est que je suis ailleurs dans divers sens du terme. À méditer dans ma grotte. Peut-être là, à me préoccuper de la marche extérieure du monde autant qu'une brave poule ;-)
@Neti-neti peau d'chien :
Que serait une non dualité qui exclurait la dualité ? :-}
@Joe Staline :
La réponse quarante-deux me semble préférable à c elle que tu donnes... De la réflexion, certes, mais encore beaucoup trop de mental et d'idées dont il faudra te défaire. Comme celle qu'il existerait une telle question :-}
>>>Rien n'est aussi inutile que de faire avec efficacité ce qui ne devrait pas être fait du tout.
- Peter Drucker
Je suis scotché, notre gourou cite un des grands pontes du management !
Rendez-nous le vrai Swamiiiii, celui qui a de saines lectures !
@Frugal :
Même une horloge arrêtée a raison deux fois par jour :-}
Modeste contribution d'un ex-informaticien chômeur oisif compatissant :
"Do or die
Les Créatifs culturels se définissent d’abord par ce pour quoi ils militent : « les bases de l’identité collective se sont déplacées, écrivent Ray et Anderson, glissant de la “contestation” vers une vision plus positive et volontariste des choses, de l’activisme et de l’avenir. Il a fallu presque deux décennies pour que les mouvements “contre la guerre” deviennent des mouvements “pour la paix”, ou pour que les mouvements féministes finissent par se détacher des accusations et de la haine systématiques envers les hommes pour mieux se (re)définir de façon affirmative, en fonction de ce pour quoi elles étaient. » Il s’agit d’inventer une nouvelle manière de vivre. Le terme, archi-usé, d’alternative reprend ici tout son sens. L’utopie devient enfin concrète…
D’après Ray et Anderson, la terre vit une époque de transition. Plusieurs scénarios sont possibles, qui vont de la destruction pure et simple de la planète (si le modernisme libéral continue à faire des ravages) à la mise en œuvre d’une nouvelle culture soucieuse de ce qu’elle laissera en héritage « à la septième génération à venir ». Tout peut arriver, expliquent les chercheurs ; il est probable d’ailleurs que les prochaines années voient l’humanité osciller entre ces deux scénarios extrêmes. Comme le disait Martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères ou périr ensemble comme des idiots ». En anglais, une expression lapidaire résume le choix qui se présente à nous : « do or die », agis ou meurs.
Or, estiment les auteurs, si les Créatifs culturels ne prennent pas conscience de leur force, s’ils ne se comptent pas, s’ils sous-estiment leur influence, s’ils ne comprennent pas qu’ils sont en mesure de faire évoluer la manière de voir le monde de ceux qui les entourent, le scénario le plus pessimiste risque de se vérifier. « Ce qu’il faut, concluent les chercheurs américains, abandonnant le ton du constat, c’est que chacun d’entre nous, avec ses qualifications particulières, ses savoirs et sa sagesse les plus précieux, sa curiosité, son empathie et son intelligence, s’implique. (…) Le nouveau discours qui se met en place, la nouvelle histoire que nous sommes en train d’écrire demandent des dizaines de milliers de conteurs, et deux fois plus encore de personnes qui s’en inspirent. (…) On peut dès maintenant se mettre à imaginer une culture qui ait suffisamment de sagesse pour réussir à trouver son chemin et effectuer cette traversée jusqu’au bout, et réfléchir au rôle que nous voulons jouer dans ce processus. Ce n’est que le premier pas. »
Dans un texte écrit peu après les attentats contre les Etats-Unis, Starhawk annonce : « Il est possible que la chose la plus radicale que nous puissions faire en ce moment est d'agir à partir de notre vision, et non à partir de la peur, et de croire en la possibilité de sa réalisation. Toutes les forces autour de nous nous poussent à baisser le rideau, à nous isoler, à faire retraite. Au lieu de cela, il nous faut avancer, mais de manière différente. Nous sommes appelé(e)s à faire un saut dans l'inconnu. » "
source http://france.youthsection.org/inde...
J'aime ton style, mec !
Tu vois Sw^^i, on t’aime, on aime ton style, il sent pas mauvais comme certains crustacés. On y sent que tu prends note de ce qui dépasse les bornes de ta conscience. Ton style, ta dégaine dans le miroir, tes propos comme reflet. Ces portes ouvertes, tu les passes avec élégance, rien de plus utile au mec derrière qui s’apprêtais à les enfoncer avec des roues lapidaires.
A quoi bon, se rendre utile, nous avons une notion forcément faussée un poil plus haut et un poil plus bas de l’utilité envisagée de nos projets, et de toute façon après une journée de labeur transi au service de la boîte inhospitalière, au volant d’un utilitaire, le naturel revient et se jette dans le canapé (façon de parler, comment se jeter dans le canapé avec une bière à la main ?) Il faut te contenter du travail sur toi, de lutter contre ton ombre, apprendre tout sur le zizi, etc.
Sans vouloir te flatter je te dis comme d’autres que tu fais œuvre utile sur ce blog. Pascal ne se sentait pas utile en compilant des fragments de pensées. Les émanations de toi n’aiguisent pas chez le lecteur (moi et lui qui lève la main) des appétits de critique cinglante. Preuve que c’est édifiant. En négligeant de te proposer comme exemple, tu t’imposes comme tel. Preuve que tu es utile, voire, preuve que tu sais te rendre utile le cas échéant. Tu peux lire les visages derrière nos commentaires, et sourire ou t’entraîner à la patience. Seul ce qui t’es vraiment utile à titre personnel te rend utile aux autres, et réciproquement, catégoriquement et gracieusement.
11 minutes, pour quoi faire ? Se rouler sur les chemins, pour quoi faire ? Quel plaisir tires tu à t’asseoir sur les clous ? Ce sont des questions de chroniqueurs
L' "utilité" (utilitarisme) est la façon rabougrie d'envisager le sens.
L' utilitarisme est un "sens" pour les vaches maigres qui rêvent de veau d'or.
Au pretexte -ayant tous les oripeaux du sérieux- que l'intendance est indispensable, il réduit tout à elle.
L'animal survit, mais ne décolle jamais, l'humain attendra, dans le luxe de limbes réservés aux loisirs, à l'ailleurs, aux utopies, etc
(la poesie sera rangée, s'il reste de la place, dans ces loisirs-là)
tandis que massive, matérielle, rouleau-compressive, la revendication néo-conne de "bon sens" pragmatique, par exemple, fournira à jet continu, - surtout ne pas s'arrêter, hein-, la justification de la loi de la jungle par ses seuls bénéficiaires, et fera le modèle obligé, approximativement consentant, de l'espèce en tant que domestique.
Mais alors, à quoi bon nous ?
Les volcans, les amibes et les atomes suffisent à une determination ordonnée,
disparaissons, il y a assez de cloportes pour tenir encore quelques milliards d'années.
Le faire construit l'être, mais ne saurait s'y réduire;
s'il faut chercher une utilité, que ce soit lucidement celle de nos fins,
les nôtres, sans aucune délégation,
sentier où je rejoins PauLoui:
"Seul ce qui t’es vraiment utile à titre personnel te rend utile aux autres, et réciproquement, catégoriquement et gracieusement."
Il suffit pour l'entendre de trouver utile ce qui t'embellit, et nourrit de sens ta présence au monde ...
Un jour ou l'autre, l'écho de ce travail, transfiguré par l'autre, te reviendra
au moins sous la forme d' une tranquillité lucide et indéboulonnable, même si, d'ici là,
le karma, le jeu des frustrations conservent un temps (toujours trop long) leur dynamique...
toussa ...
Au bord de l'eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L'Américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer :
« Pas très longtemps », répond le Mexicain.
« Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus ? » demande l'Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.
L'Américain demande alors : « Mais que faites-vous le reste du temps ? »
« Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie. »
L'Américain l'interrompt : « J'ai un MBA de l'université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l'usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d'où vous dirigeriez toutes vos affaires. »
Le Mexicain demande alors : « Combien de temps cela prendrait-il? »
« 15 à 20 ans », répond le banquier américain.
« Et après? »
« Après, c'est là que ça devient intéressant », répond l'Américain en riant.
« Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions. »
« Des millions? Mais après? »
« Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis. »
C'est asser vrai dans l'ensemble, il y a quand même un point qui me dérange.
Vous dites que vous n'avez pas contribuer à polluer, mais justement pour produire des choses
concrètes et utiles il faut souvent polluer, même un peu, à force de travailler dans l'immatériel
on a tendance à l'oublier.
@Châmpi Prajnântiarve #28 : Tu devrais commenter plus souvent ;-)
@Niafron : Le problème, c'est que par l'effet de l'américain de Harvard et de ses congénères, il devient de plus en plus difficile pour le petit pêcheur au petit bateau de ramener ses quelques poissons en "pas trop longtemps", et, s'il y parvient, d'en vivre...
@FoncFum4x4 (quel pseudo poétique !) :
Ce n'est pas de ce type de pollution légère que je parlais, tu l'auras compris.
Moi j'aime bien quand tu es grave.
On touche au sens.
Là, profond-profond.
Et tu sais quoi, c'est précisément ce dont nous manquons, infiniment.
Cher Swâmi,
Je te conseille de te faire offrir (ou d'acheter si tu as 14 €) et de lire cet essai :
ÉLOGE DE LA DÉMOTIVATION - Guillaume Paoli
On est en plein dedans !!!
Pour te mettre l'eau à la bouche :
http://www.actuchomage.org/modules....
Bises, et bravo !
J'avais déjà prévenu hier, je viens de me voir contraint de bannir deux proxies de la B.N.P. de l'accès à ce modeste asham, pour cause de pompage massif du site et d'écroulement subséquent de mon humble serveur.
Pourrais-je suggérer aux gurus informatique de la B.N.P. d'utiliser leur alchimie informatique pour transmuter mon rouge en noir plutôt que pour écrouler le serveur de ce lieu de paix ? :-}
Oula tu mets des mots sur ce que je pense
A 20 ans j'ai réussi à limiter la casse à 6 mois de travail inutile.
Mais même lorsque je m'efforce de ne pas regarder l'avenir, je sens venir le temps ou il faudra que je demande l'autorisation de produire des choses inutiles.
Les gens ont du mal à comprendre le manque de motivation qui m'anime de même que je me suis toujours demandé ce qui les poussaient.
Enfin le fait que jusqu'ici j'ai toujours eu trois repas par jours fausse surement mon jugement.
"Aucun penseur n'oserait dire que le parfum de l'aubépine est inutile aux constellations" . J Monod
L'inutilité, le doute, la fuite, l'ennui, l'oisiveté peuvent être bénéfiques et salvateurs, et reflètent seulement l'impernanence des choses
Dis comme ca c'est un peu radical, mais ce serait très long à argumenter dans ce commentaire, alors pour ceux qui veulent creuser, je
vous invite a lire ce que les poch ont déjà écrits dans différents billets qui ont souvent comme source d'inspiration ce qui est à première vue
peut paraître inutile (aux principales valeurs dont vous parlez, c'est à dire du travail ou de son action envers la société), ou sans aucun sens :
Vagabonds et clochards célestes - et lectures inutiles
Monod: et si l'aventure humaine devait échouer
Gai Savoir - 56 - le désir de souffrance
S'asseoir et oublier selon Tchouang-Tseu
Bourdon et esacargot - éloge de l'instant]
Concept de photographies artistiques mais inutiles
Entretiens avec Jung - Question de sens et de non-sens
Mais il y en a encore pleins d'autres, aussi vous pouvez butiner de cailloux en cailloux plus ou moins inutiles ou essentiels les uns les autres.
A chacun de se faire l'idée de ce qui lui est plus utile ou plus essentiel.
De l'utilité au travail, un poch cite :
- Sur la porte des toilettes au bulot je mettrais bien un écriteau : « boite à idée, déposez vos projets »
@Swâmi : "Pourrais-je suggérer aux gurus informatique de la B.N.P. d'utiliser leur alchimie informatique pour transmuter mon rouge en noir ..."
Curieux, il me semble plutôt que, alchimiquement parlant, l'évolution va du noir au rouge (en passant par le blanc).
Bonjour à tous les lecteur de cet Ashram et, bien entendu, à son gourou.
Je lis ces publications depuis un certain temps sans intervenir n'ayant pas l'impression de pouvoir rajouter quelque chose de plus.
Mais, sur le présent billet, je ne peux garder le silence tant il décrit une situation proche de la mienne.
Informaticien aussi depuis une petite 20aine d'années, je me suis aussi posé la question de l'utilité de mon travail. Non qu'il me déplaise, mais plus que j'avais, comme le maître de ces lieux, l'impression que sa seule finalité était de remplir les poches - déjà bien trop pleines - d'actionnaires en voulant toujours plus.
J'ai alors tenté de faire un bilan de compétence pour tenter une reconversion vers une profession plus en accord avec mes convictions. Quelque chose en rapport avec l'environnement par exemple.
La conclusion de ce bilan est que, si je veux faire quelque chose d'utile, il faut quasiment que je divise mon salaire par 2 ce que je ne peux malheureusement me permettre.
De là ne pourrait-on envisager l'hypothèse suivante : "Dans une société capitaliste, le salaire d'un emploi est inversement proportionnel à son utilité" ? Les traders et les ouvriers sont une bonne illustration de ce concept mais il doit évidemment exister des exceptions...
> Que serait une non dualité qui exclurait la dualité ? :-}
O mahaguru, ce n'est pas la non-dualité qui exclut la dualité,
c'est plutôt l'inverse... ;-)
@Swâm#31
Vers une frugalité du stakhanovisme ...
des copains inutiles :
http://video.google.fr/videoplay?do...
Beaucoup de personnes sensées et intelligentes prennent des décisions débiles. Le livre de Christian Morel ("Les décisions absurdes") cite un exemple parmi d'autres : une copropriété est victime de vols répétés. Il y a 2 entrées libres à cette résidence. L'assemblée générale des copropriétaires vote des travaux pour mettre une serrure à l'une des 2 entrées. Les vols ont continué.
Il y a aussi le cas de la navette Challenger qui a explosé, les managers tenaient à la lancer, les "techniciens" savaient que le risque d'explosion était élevé (température autour de 0° en Floride, ce qui arrive très rarement, mais qui arrive). Je vous laisse deviner qui a imposé sa décision...
Alors, voir des personnes sensées, intelligentes et diplomées passer une vie à faire des conneries, ce n'est pas étonnant.
@Sparkes :
Alors je dois être un excellent alchimiste bancaire :-\
<Bas Moldave>En parlant de bancaire, la consultation de la liste de mes bannis pour cause de proxy glouton me montre que j'ai au fil du temps commencé par bannir le Crédit Al Grickhol, puis la Société Généreuse, et aujourdhui la Banque des Nouveaux Pauvres. Cela ne pouvait plus durer, je n'aurais su plus longtemps priver nos camarades banquiers de la nourriture spirituelle dont ils ont un si profond besoin.
Je les ai donc courageusement déblacklistés en tentant de contenir la fougue de leurs proxies par l'installation sur Apache du module
mod_limitipconnque j'espère efficace pour prévenir les gloutonneries excessives sans pour autant fermer la porte à nos amis subprimators...Ayez la gentillesse de me prévenir si, visiteurs ordinaires non armés de proxies sauvages, vous constatiez quelques bizarreries dans ce modeste ashram, genre : page incomplètement affichée, images ou boutons partiellement manquants, messages d'erreur impolis, et toutes ces sortes de choses...
Pour le moment j'expéritonne et je tamente...
</Bas Moldave>Swâmi, dois t'on dire "Amen" ?
P.S.: Il semblerait que le petit Babelfish ai quelques difficultés à traduire tes bannières en moldave populiste.
Putain mais arrête de t'écouter pleurer. Si ta vie n'a aucun sens aies au moins le courage d'essayer de lui en donner en dehors de ton egoblog. Change quoi ! On peut pas se tripatouiller une nouille déprimée en public comme ça... C'est pas humain, et pour l'internaute c'est chiant.
@Padkoi : Contresens. Merci tout de même de tes conseils, il subiront le sort habituel (faudra d'ailleurs que je pense à la vider avant de sortir demain...)
"il subiront !" Ah, Swâmi, quand tu réponds trop vite, tu en laisses passer de belles ;-)
@Padkoi: serais-tu maso? Pourquoi se forcer à lire ce site si il est chiant
Le Maître de ces lieux serait-il victime d'un coup de mou?
Apparemment, c'est humain...Où suis-je, où vais-je, etc...
Dans ce grand tourbillon, trois phases sont à relever:
(je sais, on va dire que j'enfonce une porte ouverte)
- "Oh le joli bébé" (séquence: bienvenue parmi les humains)
- "Bonjour Mademoiselle" (ou "Bonjour Monsieur") (séquence: reproduction)
- "C'est toujours les meilleurs qui partent" (séquence: retour vers le néant)
Passages obligés pour tous, on a juste l'option de sauter l'étape 2.
Entre les phases 1 & 3, on s'occupe selon ses possibilités.
Au mieux agréablement. Mais au final, tout cela est bien vain.
M'étonnerait que la Terre ou le monde s'arrête de tourner pour autant.
Après ces propos oiseux, carpe diem.
Et pendant ce temps, je suis à la retraite depuis 5 ans et j'en ai 49. Invalidité pour insupportation du principe du chef, hé oui, ça a failli se terminer en meurtre très explosif. Moi, je rigole pas avec ces choses-là, je kill.
J'étais prof pour des gueux qui s'en branlaient, pleins de leur jute qu'ils ou elles étaient. Drôlement utile pour un des plus beau métier du monde (dans un système de merde). Les collègues se la pètent utilité mais sont des caves en profondeur, je ne parle pas de la hiérarchie stupide et monotone.
Finalement, je touche le SMIC à faire ce que je veux et c'est très satisfaisant. Plus de chef, plus de contraintes imbéciles dictées par un autre, plus d'horaire, plus d'ordres à la con...
Travail 'tripalium pas pour moi. Je m'éclate dans mes blogues où je me creuse un peu et je ne pense pas glander. Est-ce utile ce qu'on fait en dehors du boulot ? Non, à en croire la pression sociale qui ne reconnaît même pas le travail fait, donc, le non-travail...
Moi, je me branle de leurs considérations de ce monde, je n'en fais plus partie, sinon pour toucher ma "paye" de blogueur et de jouisseur...
encore un très bon billet :)
Si s'interroger sur son travail inutile est une bonne chose, une des plus grande question de ce siècle ne serait-elle pas : quel travail est utile ?
Le maitre de ces lieux et ces disciples et sympathisants pourraient-ils citer quelques exemples concrets de travail salarié utile en ce bas monde ?
Maraîcher, boulanger, fabricant de chapeau style "L'an 01"?
En fait, ton idée est pleine d'utiles prolongements, pef. Faisons la liste de métiers VRAIMENT utiles, et refusons de "placer" nos économies (s'il nous en reste) ailleurs que dans ces métiers-là. Orientons nous, suggérons à nos amis, à nos enfants de s'orienter prioritairement vers eux. Exigeons qu'ils soient détaxés, ils le méritent au moins autant que les heures sup des "travailler-plus".
Voilà un bon début, non?
On pourrait prendre le problème par l'autre bout, faire la liste des métiers indiscutablement nuisibles, puis celle des métiers inutiles. Mais je pense que ma première proposition est la bonne: moins de polémiques à priori.
Alors, pour les emplois inutiles, j'ouvre le bal :
1- Politiciens .....
Attention : notre ami pef demande qu'on lui cite "quelques exemples concrets de travail salarié utile". L'important, il me semble, dans cette demande, c'est le mot "salarié". Faire la liste des "métiers" utiles, ce n'est pas du tout la même chose. A la fois ça élargit beaucoup le champ des réponses, à la fois ça sort un peu du sujet.
Sujet qui concerne bien, sauf erreur de ma part, la déprime lancinante d'un guru "salarié", qui n'a pas tant de grief contre un "métier" (que je l'ai vu exercer gratuitement avec passion ;-), que contre le "contexte" dans lequel il l'exerce.
Petits rappels utiles :
- ce qui définit un salarié, c'est un contrat de travail.
- ce qui définit un contrat de travail, c'est qu'il est contrat de subordination. Point.
Ceci juste pour remettre le coup de blues de not' Guru dans une perspective plus juste, me semble-t-il.
En même temps, je fais pas beaucoup avancer ton chmilblick, mais ça mange pas de pain non plus :-))
@Patrick (l'autre ;-) :
De ce point de vue, on peut considérer comme une forme de malédiction (ou de cruelle erreur) le fait de faire à titre professionnel / salarié - donc sans contrôle sur les pourquoi et sans guère sur les comment - quelque chose que l'on ferait par plaisir dans d'autres conditions.
D'où découle le 57e théorême de Swâmi Petaramesh : Ne choisissez pas une de vos passions comme profession, à moins d'avoir le plein contrôle sur la manière dont vous l'exercerez.
À défaut, soit on en vient à se dégoûter de ce qu'on aimait, ce qui est ballot, soit on en vient à le pratiquer également la nuit et le week-end, mais selon ses propres lois, pour conserver le plaisir de le faire :-}
Comme je m'y retrouve. C'est une lecture qui arrive au hasard d'un moment perdu, et qui rayonne tel un mirroir, tout en apportant du réconfort. Il est rassurant de voir, que ses semblables, humains, hommes, blogueurs, internautes, informaticiens, penseurs...(liste non exhaustive) peuvent aboutir aux même réflexions, au points de se demander si finalement, notre vie et notre contexte socio economique, qui, je l'admet, présente de nombreux avantages en terme de "pas forcément besoin de se poser de questions sur le pourquoi mais plutot sur le combien", par rapport à d'autres endroits et autres environnements dans lesquels les questions existentielles sont bien plus pragmatique, telle que, serons nous encore en vie le lendemain, faute de plein de choses. Paradoxalement, nous sommes plus ou moins piégés dans un confort qui à mon sens nous préoccupe lors de nos méditations quand au changement de vie. Dans mon cas, je me dis, lors de ces reflexions que finalement, je ne sais pas ce que j'irai chercher ailleurs, tout en sachant que le contexte actuel ne convient pas. Oser tout claquer et risquer ce que nous avons construit au long de notre vie, c'est peu etre le risque que nous n'osons pas prendre et qui nous emprisonne. Qui sont ils ceux qui ont osé et se sont épanouis ? comment ont ils su ? Finalement, ça n'est pas tant ce qui nous emprisonne et contre lequel nous luttons jour après jour qui nous tiens immobiles, mais peut être une peur de l'inconnu et un risque non quantifiable et pas démesuré que de prendre un nouveau départ.
Quand ça ne va pas je me dis qu'un de ces jours je migrerais au Canada ou en Australie pour découvrir le monde, mais je reste pour l'instant là, tiraillé entre mes misérable acquis que je peux mesurer, et l'incroyable inconnue que représenterait l'expérience ultime de partir à l'aventure et de s'enrichir à nouveau, au moins culturellement....Ce qui, je pense, est certainement bien plus épanouissant que l'accumulation de la fortune qui au final n'apporte que la peur de retomber plus bas !
Pardon pour ces longues phrases dont le sens peut échapper, tout ça pour dire, Swâmi, c'est un plaisir de te lire, même lors de visites sporadiques.
Il y a comme un écho intéressant, ici :
Miguel Benasayag : "La liberté, c’est déployer sa propre puissance dans chaque situation".
Bon texte, assez représentatif de ce que j'éprouve (tout en ayant moins d'années d'inutilité rémunéré à mon actif) en ce moment. J'ai juste une petite remarque, pour ma part, je suis de plus en plus convaincu que le code (quelque soit le langage) est une forme d'art et que par conséquent tout ceci n'est peut être pas si inutile... mais en même temps c'est peut être une vague construction de mon esprit qui m'aide ainsi à accepté ma condition... sait pas... sait plus... oublier donc ce que je vient d'écrire.