Ce sont les témoignages des voisins ayant assisté à la scène qui ont permis de comprendre les ressorts de l'engrenage fatal ayant conduit au terrible drame qui a endeuillé la majorité présidentielle : les témoins de la scène ont en effet rapporté qu'avant le coup de feu fatal, ils ont entendu le député s'acharner violemment contre sa maîtresse aux cris de Sale bolchévique ! Suppôt de Karl Marx ! Ennemie de la libre entreprise ! Tu toucheras pas à mon bouclier fiscal ! Traître au patronat ! Si tu crois pouvoir m'enfermer au goulag ! avant de dégainer son arme et de tirer en s'exclamant Prends ça Arlette !

Selon son entourage, le député redoutait depuis quelque temps une agression violente à son encontre de la part de la mouvance anarcho-autonome libertaire, et avait reçu plusieurs menaces d'attentat pâtissier. C'est à la suite de ces menaces qu'il aurait perdu le sommeil et fait l'acquisition d'une arme pour assurer sa sécurité, arme dont il ne se séparait plus et sans laquelle ce terrible drame n'aurait pu se produire.

Le patron du café "Le Terminus" dans lequel le couple avait pris l'habitude de se rencontrer clandestinement témoigne quant à lui : Ces temps-ci il n'était plus lui-même. Hagard, les traits tirés, à chaque fois qu'il entrait dans mon établissement il regardait tout autour de lui suspicieusement et me demandait si j'étais sûr qu'il n'y avait pas de "gauchistes"... Quand ils sont venus hier, il n'a pas bu plus que de raison, je ne l'aurais de toute manière pas resservi après la troisième bouteille, mais sur un homme dans son état... Il titubait un peu quand il est parti et criait des choses incohérentes, comme "j'encule Lénine !" et je ne sais plus quoi...

Il est probable que ce léger abus de boisson joint à son état de fatigue et de tension extrême auront été la cause de son délire et lui auront fait finalement confondre son amie avec une ennemie de classe.

Réalisant le geste fatal qu'il venait de commettre, il n'a cependant pas pu admettre en être lui-même l'auteur, et sombrant dans la folie aurait porté son arme à sa tempe en s'écriant Tu vas payer pour ce que tu as fait, Olivier !, toujours selon les témoins acoustiques.

Interrogée, Michèle Alliot-Marie a affirmé que, compte tenu du contexte, la responsabilité de ce drame incombait bien évidemment aux anarcho-terroristes de l'ultra-gauche qui avaient poussé cet homme honorable et membre de la majorité à son point extrême de rupture, et l'avaient forcé à se munir de l'arme qui se sera avérée fatale. La ministre a indiqué que dans ce contexte, le gouvernement prendra toutes ses responsabilités, que bien que l'action de la justice soit heureusement éteinte vis-à-vis de notre malheureux confrère, elle ne le sera pas à l'encontre des véritables responsables de cet acte de barbarie et qu'un projet de loi est à l'étude pour dissoudre la mouvance terroriste d'ultra-gauche qui devra par ailleurs répondre de ses actes devant la justice dont le gouvernement exigera une extrême fermeté.. La ministre a également ajouté qu'à ce stade de l'enquête, rien ne permettait encore d'exclure que la première victime ait effectivement été de gauche, des voisins ayant rapporté que selon ses dires elle aurait voté socialiste aux dernières élections. Selon la ministre cela n'excuse bien évidemment rien, mais explique, et permet de mieux comprendre la violence de la réaction viscérale de notre député, et la confusion qu'il a commise sous l'effet de la boisson. L'enquête a été confiée au parquet anti-terroriste.

Bien qu'elle soit actuellement fort occupée, nous avons pu joindre Ségolène Royal par téléphone, qui nous a fait part de sa profonde tristesse pour les victimes et leurs familles, particulièrement pour notre confrère de l'assemblée pour lequel nous avons observé une minute de silence, mais également pour sa compagne s'il est avéré qu'elle avait voté pour moi. Elle a ensuite ajouté : Il faut tout de même se montrer pragmatique et conscient des risques que l'on court à fréquenter un membre de l'UMP. Pour ce qui me concerne, je refuse absolument toute alliance qui irait au-delà du MoDEM !, puis : Si les militants me font confiance, je tendrai la main aux anarcho-autonomes, ils ont toute leur place au sein de la grande famille socialiste unie que j'entends conduire à la victoire. Je poserai comme seul préalable qu'ils s'engagent à renoncer aux attentats pâtissiers. Une page doit être tournée. Avant tout, la gauche doit être unie et moderne et c'est à cette tâche d'union et de rajeunissement que je me consacrerai si les militants m'accordent leur confiance.