Faisant pendant à l'excellent, mais désolant, atterrant, désespérant billet de notre ami Olivier, le début du fil de commentaires d'un article du Nouvel Obs me cause une telle nausée que je suis incapable d'en dépasser les deux premières pages :-(

Ce sont nos contemporains, nos voisins, nos collègues, ceux que nous croisons au feu rouge, au supermarché, dans l'ascenseur, qui sont capables de penser et d'écrire des choses de cet ordre, monuments fuligineux à la bêtise humaine, à l'incapacité de toute empathie, à l'incompréhension viscérale, à l'esprit étriqué, aux répétitions qu'on prend pour des idées, à l'égoïsme le plus aride et le plus total.

Putain, mon repas ne va pas descendre. Cette fois c'est réellement physique.

Et pendant ce temps-là Sainte Marie-Ségolène de Solférino se félicite qu'on ait remis Jean-Marc Rouillan au trou.[1] Ben ouais quoi, le bougre a continué à prôner la lutte armée... Ou du moins est-ce ainsi qu'on a volontairement déformé ses propos. Car maintenant, il ne suffit plus de tirer 20 ans de taule pour avoir "payé sa dette envers la société" (cette expression est d'une saveur...) et en être tenu quitte, encore faut-il de plus témoigner d'un repentir sincère et, de préférence, s'en confesser à Monsieur le Curé et faire pénitence chaque jour. Éventuellement, après la prison, le cloître ?
Alors comprenez Sainte Marie-Ségolène : qu'un homme libéré (sous plein de conditions en forme de gros élastique...) après 20 ans de gnouf et qui, à la question du journaliste, ne se précipite pas pour battre sa coulpe en public, s'auto-flageller, abjurer ses péchés et témoigner du profond regret d'avoir été ce qu'il a été, un homme qui soit capable d'assumer ce qu'il a été et ce qu'il a fait, et de ne pas se condamner lui-même une nouvellle fois - estimant sans doute que la société qui l'entoure s'est déjà suffisamment chargée des matières de condamnation et de peine... - qu'on puisse laisser un tel homme en liberté, voilà bien qui serait intolérable à notre chère ex-présidentiable de gôôôôôôcheuh...

Bon, je parlais de vomir, je crois que je vais le faire par lots...

Notes

[1] Dans Direct-matin