Une insoutenable odeur de vomi
Par Petaramesh le lundi 20 octobre 2008, 14:04 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
Monte des glauques profondeurs de notre société déliquescente.
Faisant pendant à l'excellent, mais désolant, atterrant, désespérant billet de notre ami Olivier, le début du fil de commentaires d'un article du Nouvel Obs me cause une telle nausée que je suis incapable d'en dépasser les deux premières pages :-(
Ce sont nos contemporains, nos voisins, nos collègues, ceux que nous croisons au feu rouge, au supermarché, dans l'ascenseur, qui sont capables de penser et d'écrire des choses de cet ordre, monuments fuligineux à la bêtise humaine, à l'incapacité de toute empathie, à l'incompréhension viscérale, à l'esprit étriqué, aux répétitions qu'on prend pour des idées, à l'égoïsme le plus aride et le plus total.
Putain, mon repas ne va pas descendre. Cette fois c'est réellement physique.
Et pendant ce temps-là Sainte Marie-Ségolène de Solférino se félicite qu'on ait remis Jean-Marc Rouillan au trou.[1] Ben ouais quoi, le bougre a continué à prôner la lutte armée
... Ou du moins est-ce ainsi qu'on a volontairement déformé ses propos.
Car maintenant, il ne suffit plus de tirer 20 ans de taule pour avoir "payé sa dette envers la société" (cette expression est d'une saveur...) et en être tenu quitte, encore faut-il de plus témoigner d'un repentir sincère et, de préférence, s'en confesser à Monsieur le Curé et faire pénitence chaque jour. Éventuellement, après la prison, le cloître ?
Alors comprenez Sainte Marie-Ségolène : qu'un homme libéré (sous plein de conditions en forme de gros élastique...) après 20 ans de gnouf et qui, à la question du journaliste, ne se précipite pas pour battre sa coulpe en public, s'auto-flageller, abjurer ses péchés et témoigner du profond regret d'avoir été ce qu'il a été, un homme qui soit capable d'assumer ce qu'il a été et ce qu'il a fait, et de ne pas se condamner lui-même une nouvellle fois - estimant sans doute que la société qui l'entoure s'est déjà suffisamment chargée des matières de condamnation et de peine... - qu'on puisse laisser un tel homme en liberté, voilà bien qui serait intolérable à notre chère ex-présidentiable de gôôôôôôcheuh...
Bon, je parlais de vomir, je crois que je vais le faire par lots...
Notes
[1] Dans Direct-matin











Commentaires
'tain...
Lire les commentaires sur les articles des sites de presse est toujours débectant.
On s'aperçoit bien que les idées de solidarité, d'égalité, de tolérance que nous échangeons entre ami-es et autour de nos blogs sont bien loin d'être majoritaires.
Et que la bien pensance, la mesquinerie, le goût de l'ordre et de la répression, la haine pour la différence animent
beaucoup de nos contamporain-es.
Un truc à se construire son paradis privé et à abandonner la lutte collective....
Et pendant ce temps-là, le Grand Sujet du jour sur tous les média réunis à l'encensoir est l'hommage universel après le décès de Soeur Emmanuelle, presque centenaire...
Non pas que j'aie quoi que ce soit contre la mémoire de cette brave femme, mais le contraste est si rude, l'hypocrisie si totale, qu'on atteint les extrêmes limites du grotesque.
Désolée, je gerbe.
tant que connard1er roi des abrutis sort pas 320milliards pour l'enterrement de cet pauvre vieille chiffornière, le fond du gouffre n'est pas atteint.
Ah ! Tiens, on me signale en régie que le fond du gouffre on y est déjà. En fait, il s'agit juste de creuser plus profond.
Eh oui, Dieu a fait la preuve de son inexistence :
Soeur Emmanuelle nous a quitté et Christine Lagarde est toujours là !
Quand à Jean-Marc, ils sont en train de réussir à en faire un martyr.
De là a déclencher des vocations...
les fils de com des journaux, ou d'autres sites en ligne sont très souvent infects, mais malheureusement révélateurs de l'état d'esprit de nos concitoyens (en Italie c'est bien sûr idem).
j'ai déjà essayé d'intervenir, je me dis toujours qu'il faudrait le faire, pour être plus nombreux à exprimer autre chose que du mépris, que des lieux communs plein de haine.
peut-être sommes nous trop repliés dans nos abris, contents de lire chez les uns et les autres les échos satisfaisants de nos pensées.
ou alors le faire de façon humoristique, comme les fatals flatteurs
http://www.leplanb.org/fatals-flatt...
s'organiser en commando pour réagir dans les fil de coms, en équipe c'est plus facile de contrer les interlocuteurs
@Celeste : une fois de temps en temps (mais pas trop souvent, hein !), je veux bien jouer avec toi. Peut-être d'autres de la liste V ?
C'est vrai que ce serait sympa de faire une descente à 4 ou 5 dans certains fils !
Les commentaires sur les sites de journaux sont un ramassis de merde, c'est sûr. Mais l'uniformité des réactions bien-pensantes de la gauche de la gauche sur ce blog me met aussi parfois mal à l'aise.
Et je rappelle quand même que Rouillan a été condamné à la perpétuité au nom du peuple français, donc sa "dette à la société", il ne la paiera jamais complétement. C'est con, ça fait mal aux gauchistes, mais c'est comme ça. Et ça vaut pour Rouillan assassin comme pour un skin assassin.
Oh ! Une insoutenable odeur de troll velu...
C'est quoi, "il ne la paiera jamais complètement" ? Tapie, en attendant, il l'a payée puis on lui a remboursée avec les intérêts… (MMMhhhh c'est bon un com facile de gauchiste ;-))
Heureusement qu'il y a ce blog de "gauchistes".
Rouillan a été condamné à une peine à perpét. avec période de sûreté, qu'il a effectuée. Donc il devrait être dehors si certains ne confondaient pas Justice et Vengeance.
Oh ? Y'a des gauchistes ici ? Des vrais ? Au sein de notre Sainte Église où tout n'est que méditation, calme et volupté ? Où y sont, que je les dénonce à la Sarkandantur !!
Ah bin, de temps en temps, un petit troll qui mélange tout sur un site de méditation Guruesque, ça détend un peu, non ? ;-)
En fait, je pense que non, j'irais pas me chier à troller chez les gerbeux. Y'a déjà pas mal de boulot à se tenir chaud dans un monde où même les couettes sont des saletés de corvées rien qu'à les replier, alors non, j'irai pas m'emmerder au pôle nord. De toute façon, les manchots du neurone sont sourds comme des pots, autant allez se bronzer sous les tropiques si c'est pour un résultat nul.
Pis au moins, la biguine et le rhum blanc, ça balance :-))
Voilà bien du Saint-Patrick, j'aurais dit pareil : Le commando des redresseurs de torts à Connardland, ça sera sans moi, j'ai d'autres délicieuses chattes à lécher :-}
Non mais, sérieux, t'as un mec qui a pris le temps de regarder dans le dictionnaire le mot "perpétuité" pour écrire un commentaire, tu vois, pis y'a une bande de gauchisses, après, ils se foutent de sa gueule. C'est pas charitable de recevoir aussi vertement les tentatives d'ognions divergentes.
Bon, là, c'est le mot "divergentes" que je voulais mettre, voyez.
Par exemple.
J'le trouve marrant.
Hmmm...
dix verges hantent ? Y en a à qui ca va donner des idées ça ^^
Merci de me répondre si nombreux. Je n'avais pas l'intention de troller, je lis fréquemment ce blog et poste très rarement des commentaires.
Certes le terme "gauchiste", c'est de la provoc'. Pardon pardon.
Rayons donc ce mot malencontreux (mais qui au moins m'a valu plein de réponses), j'avais juste envie de vous dire pour une fois ce que je ressens en lisant les commentaires ici, dans cet entre-soi où tout le monde est d'accord avec tout le monde, et où les points de vue dix-verges-han sont systématiquement tournés en dérision, disqualifiés par avance pour "trollisme" ou autre. Comme je le disais dans mon premier message, cette uniformité dans vos commentaires, ça me met mal à l'aise.
Pour reprendre le gourou, pour moi vous êtes finalement des bisounours. Une espèce particulière liée à un éco-système particulier, avec ses coutumes propres, la rébellion contres ces salauds de patron, contre ces enfoirés de l'UMPS... Avec ses sources d'indignation toutes désignées à l'avance, à tel point qu'après les deux premières lignes on sait déjà ce qu'on va lire dans la suite d'un billet ET dans les commentaires... Mais tout de même une bonne vieille espèce de bisounours, toujours d'accord entre eux et avec le gourou.
Voilà, c'est dit, maintenant je vais vous regarder vous agiter dans votre cage de bisounours, pour une fois qu'il se passe un truc d'imprévu !
"peut-être sommes nous trop repliés dans nos abris, contents de lire chez les uns et les autres les échos satisfaisants de nos pensées."
J'voudrais pas faire mon Louis, mais c'est pas faux...
@Louis : je pense qu'on avait bien lu et correctement interprété ton ressenti sur "l'entre-soi" local.
Une petite remarque, tout de même : cet "entre-soi" est virtuel, n'a pas de contours, pas de limites, il peut donc être infini (dans les deux sens : foultitude où grand désert). Ton ressenti est, de la même façon, certainement partagé par un tas de gens qui "passent" dans ce coin virtuel, par un tas de gens qui forment même peut-être une foule supérieure à la quantité "visible" de Bizounours du coin. Le haut de l'iceberg qui te met des boutons.
En soi, ton opinion a donc :
- autant d'importance que la mienne.
- aucune importance.
Et réciproquement.
Conclusion : je m'en fout. Voir même : je me lasse un peu de lire tout le temps les mêmes poncifs sur les gens qui s'aiment visiblement, écrit par des gens qui n'aiment pas les gens qui s'aiment. Où qui n'aiment pas les mêmes gens que moi. Voir qui n'aiment pas qu'on s'aime.
En très gros : j'emmerde les gens qui sont capables d'émettre une opinion définitive sur un iceberg dont 99% de la vie leur est cachée.
@Louison : sur le fond : ton "opinion" sur la justice est tout simplement brouillée par une incompréhension du terme "perpétuité". Un indice : le mouvement "perpétuel" n'existant pas dans la nature, et encore moins dans la nature transitoire de l'être humain, la justice n'a donc pas le pouvoir de le reproduire, sauf à appliquer la notion fort subjective, et très éloignée du concept de justice, de la vengeance. L'entre-soi localo-gauchiste est, sans doute, à minima d'accord sur ce point. Si c'est tout ce qui cause ton trouble, c'est donc pas si grave.
Le seul exemple de mouvement perpétuel qu'on trouve dans la nature étant celui de la connerie, ce qui corrobore les observations d'Einstein affirmant que la bêtise humaine est la seule chose qui puisse donner une idée des dimensions de l'infini (lequel infini revient directement à se mélanger à une Rousse, mais c'est une toute autre affaire dont la connerie humaine et les peines de prison sont nécessairement - et fort heureusement - absentes ;-)
@Patrick
Ah foutre, y'a quand-même une Providence !
Je venais d'écrire sensiblement la même chose, mais "prévisualiser", c'est pas assez, faut aussi "envoyer", enfin bref, ma prose s'efface, mais c'est sans tristesse, la tienne en fera office par un plussoiement de mon aloi.
Tiens, d'la bise, tu l'as pas volé,
et bien baveuse, en plus, histoire d'emmerder Rambo ...
;-)
Un détail en passant sur Rouillan : ila dit qu'il devait se taire (c'était le deal pour qu'il sorte) on lui reproche d'alluser à son passé, mais on oublie le seul truc concret qu'il a dit, peu de gens en causent, dans cette interview "ça empêche de tirer le BILAN CRITIQUE de notre action"
Alors puisqu'on suputte dans tous les coins, peut-être que si le DEBAT avait lieu, ce bilan critique, dans une vraie discussion loyale, aurait peut-être amené par exemple à Rouillan à renoncer librement à l'action armée, (et non en rampant pour mendier sa sortie) mais aussi des gens à s'apercevoir, -même si ces actions furent condamnées (et "payées", faut-il le rappeler)-, qu' il y a dans la société ACTUELLE de quoi motiver des dizaines de Rouillan, même au simple vu de ses pensées de l'époque.
Et c'est surtout ce bilan critique qu'on a absolument besoin d'enterrer, en ne prenant pas le moindre risque que quoi que ce soit fasse débat, fut-il courtois, à la loyale ...
Donc le gouv est contraint de préférer des injustices énormes au moindre désordre, et ça c'est franchement délétère ...
@Chomp : de mon côté, je me demande si ce n'est pas plutôt l'histoire (des historiens) que les gouvernants actuels ne supportent pas. Comme ils sont en pleine ré-écriture de celle-ci, le gars Rouillan leur fait juste remonter "l'autre", la non-fantasmée, la vécue, derrière la cravate. Ils pensaient avoir trouvé le moyen de s'assurer que le fantôme reste au placard, et paf ! le voilà derrière un micro.
Et ça, ils n'aiment pas, mais alors pas du tout, nos gouvernants.
Vendredi dernier, on s'est retrouvé, un groupe de bisounours militants d
'extrêmee gôche, pour le plaisir, d'abord, et puis pour éventuellement relancer un collectif unitaire dans un quartier de Montpellier. On a beaucoup discuté (sans tour de parole, mais on les respectait quand même :-)). A un moment, quelqu'un a dit un truc qui nous a tous touché-e-s et qu'on ressent tou-te-s :Ça m'a fait penser au fameux : Le monde social m'est supportable parce que je peux m'indigner, du regretté Bourdieu.
K.O. ben si ils s'indignent mais ...... à l'opposé !
Exemple une discussion l'aut' jour au taf. Une fille évoque la difficulté de s'en sortir, seule avec deux enfants à charge et un smic.
Y'en a eu une pour répondre, sérieusement : ah, mais franchement, personne ne t'oblige à vivre seule ou sinon faut pas avoir d'enfants, c'est n'importe quoi, les gens se foutent dans la merde tout seul. C'est sûr après c'est ceux là qu'on aide.
La seule en question, pobretta, ne mouftait plus.
Alors j'ai fait digression sur le montant des loyers.
Et là, ben finalement tout le monde est tombé d'accord : faut gruger, scanner des faux contrats de travail, des fausses feuilles de paie....
à l'hôte 22
personnellement je préfère
Einstein affirmant que l'infini est la seule chose qui puisse donner une idée des dimensions de la bêtise humaine
précisions sur mon com 7
je ne pensais pas aller "troller chez les gerbeux" (bravo patrick pour la formule) mais exposer des arguments différents des éructions nauséeuses qui emplissent les fils de com de certains sites, ou journaux en ligne.
dire autre chose, quoi, on sait jamais, on peut peut-être arriver...à discuter difficile, mais au moins à faire entendre un son de cloche différent.
j'en ai marre de lire ce qu'écrivent les cons, les bouffis, les merdeux, les prétentieux donneurs de leçons, les égoïstes fielleux, les indifférents, les salauds, les ringards avec leurs valeurs pourries qui font chier l'humanité depuis des siècles, les racistes, les aigris, les frustrés...
ils sont partout!
ils envahissent l'espace...
alors bien sûr se tenir chaud, se retrouver est essentiel, primordial
mais moi j'ai toujours pratiqué ce que j'appelle un militantisme de proximité, militantisme pour les valeurs auxquelles je tiens plus que tout: l'humanité, la solidarité, la justice sociale
alors j'essaie toujours de convaincre, petitement, à mon échelle, que si chacun y met un peu du sien, on peut aussi changer le monde
Faut-il s'étonner, avec Paolo l'autre jour et Louis maintenant, que l'Ashram, conformément à son ambition affichée depuis toujours, soit devenu une secte ?
Le discours du Guru est le précieux refuge de la Pureté et de la Vérité, et en se pétrifiant petit à petit sur des postures toujours plus définitives, outrancières, hermétiques à toute discussion, voire réflexion, il a su regrouper une petite communauté autarcique venant se nourrir des Contes des Bons et des Méchants.
Un combat à mort entre Eux et Nous. Et quand Nous serons Eux, on leur en fera baver comme jamais ils n'auront osé nous le faire à Nous ! Voilà qui sera Justice ! Voilà qui jettera enfin les bases d'une saine Société !
Mais qui suis-je moi, tiède, révisionniste aveugle, social-traître, suppôt de l'oppresseur, chien soumis et fétide, pour douter ainsi de la bonne marche de la Révolution ? Lors du Grand Soir, je serai le premier sur l'échafaud.
yogi, si je puis me permettre, non seulement tu es à côté de la plaque mais en plus tu donnes beaucoup d'importance à ta personne.
te serais-tu laissé berner par l'intitulé "ashram"?
n'y vois-tu aucun humour?
secte!!!
quel grand mot!
parlons plutôt d'un ensemble de personnes attachées aux mêmes valeurs, essentielles pour elles.
parlons plutôt d'amitié
parlons plutôt d'une volonté commune de s'insurger contre les innombrables coups que le gouvernement porte aux plus démunis
parlons plutôt d'un lieu où il fait bon rire, plaisanter, s'indigner, se retrouver
Il me semble, vous me direz si vous voulez ...mais depuis un, deux mois nos commentaires ici, ailleurs et non pas chez les gerbeux ont perdu toute inspiration poétique.
Comme si l'aspiration des évènements nous entraînait sans gestuelle dans un malaxage des faits insupportables mais aussi insurmontables.
La résistance se trouve dans l'emploi des mots autres, des mots vengeurs enjolivés, des mots moqueurs dérisoires...
La résistance se trouve, vraiment dans l'ailleurs.
Dons, à nos neurones, à nos sens, à nos désirs, à nos respirations. Création, Invention, Vie.
Du vent dans nos crânes!!!
@GP Marcel : Que voilà d'excellentes paroles ! (et pas mal d'excellentes paroles d'autres amis, également... Des fois, moins j'écris, plus le niveau des commentaires rattrape l'indigence des billets ;-) D'ailleurs je vais encore moins écrire dans les jours qui viennent, pour cause de création, inspiration, vie, toussa ;-))
@Céleste : Ben si, c'est une secte, m'enfin ! C'est marqué en haut, c'est pourtant pas dur ! :-}
@Yogi : Tu as avalé ton yoga de travers ? Pète un coup : t'es tout bleu ! :-D
C'est nos postures qui sont outrancières et nos discours qui sont "hermétiques" à tout, mais c'est les fâcheux/fâchés qui ont un bouchon dans le cul et les lèvres pincées.
Va comprendre ! ;-))
... comment dire ... le pôte Hu Jintao a offert un pool de trolls OGM à son pôte le nabot pour démultiplier l'effet Lefevre .... sont fortiches avec les newtech , les successeurs du miaousaittout ....
Le Web, si t'y prends pas garde, y finirait par te faire croire que la terre est peuplée de 50% de Bruno Mégret et de 50% de soeur Emanuelle degauche ecolo et tout et tout ...
Ben moi qu'en suis sorti , j'ai juste réalisé que le monde il est peuplé de gens as tous intelligents, pas tous méchants, ... pas des héros, juste des cons ordinaires ...
Faut faire avec ...
Je voulais reprendre l'idée que pour un mec sorti de tôle après de longues années, l'interdiction d'évoquer son passé le prive d'un indispensable support de réflexion, le fait d'en parler, justement, hors du cercle fermé de ses amis, avec des gens qui sans être des ennemis, ne sont pas obligatoirement d'accord avec lui.
Le prive, et NOUS prive. Car bien sûr, l'utilisation de la violence (la vraie, celle qui consiste à tuer un homme, pas à siffler la marseillaise) en guise d'action politique est une vraie question. Il y a la question de l'efficacité de ce genre d'assassinat. Il y a aussi, surtout (pour moi) la question des moyens qu'on emploie et de leur relation avec le but qu'on poursuit.
L'arbre est contenu dans la graine comme la fin est contenue dans les moyens. Camus disait (et ayant participé à la Résistance il savait de quoi il parlait) que si on peut quelquefois être contraint au meurtre dans des circonstances extrêmes, on ne devrait jamais prétendre le justifier. Position acrobatique sans doute, position d'équilibriste. Mais profondément humaine.
Remettre Jean Marc Rouillan en prison va en sens inverse de cette nécessaire réflexion. Mais c'est sans doute ce que souhaitent nos saigneurs: que nos rangs se clivent entre ceux qui refusent le meurtre, y compris le meurtre légal de la peine de mort et celui de la prison à vie, et ceux qui, exaspérés, revendiquent le droit de vie et de mort sur les méchants.
Cet acharnement à punir sans mesure des crimes anciens me dégoûte également quand il s'agit d'anciens nazis. Ou d'anciens collabos. Ce qui est intéressant, c'est précisément d'écrire l'histoire de leurs crimes, de pister leurs traces jusque dans le présent, en Argentine et ailleurs. Certainement pas de mettre en prison des vieillards malades.
Mouais ... L'assassinat pour le profit, le pouvoir ou une raison d'Etat qui n'est jamais que la raison du confort politique de la caste en place n'a que rarement arrêté un grand propriétaire ou un puissant soucieux avant tout de maintenir ou accroître son pouvoir. C'est répréhensible bien sûr mais tellement dans l'ordre des choses ... Qu'un révolutionnaire fasse de même pour faire en sorte que le pouvoir change de mains, là est le vrai scandale, mais où allons-nous ma bonne dame ?
L'acharnement à punir peut dégoûter même "quand il s'agit d'anciens nazis. Ou d'anciens collabos".
Sûrement. Mais cet acharnement est quant même assez curieusement sensiblement moins virulent dans ce type de configuration. De même qu'en Italie les attentats étaient d'évidence bien moins horribles (et donc justement bien moins durement sanctionnés) lorsqu'ils étaient commis par des patriotes d'extrême droite. Les ignobles terroristes d'extrême gauche condamnés par contumace ne sauraient prétendre à un nouveau procès, quand bien même la participation de certains d'entre eux n'est pas avérée.
La morale est chose relative et si l'assassinat politique est à proscrire, c'est avant tout parce qu'il est contre-productif. Et que cela ravit les dirigeants en place à triple-titre : discréditer les opposants, justifier l'accroissement de l'appareil répressif, et amener la lutte sur le terrain où ils sont les plus forts.
Quant à l'assassinat révolutionnaire postérieurement à la prise de pouvoir c'est inepte, stérile et également contre-productif. Personne n'ira perdre de temps à se venger (?) sur de malheureux shadocks jaunes auto-centrés dont on se foutra éperdument. Mais l'auréole de martyre putatif leur va si bien au teint :-)
@ Sardine : Personne n'a semblé faire attention à ton com... Moi voui, et je ne suis pas loin d'être d'accord avec ouat ;-)
@Laflote : la pensée venait de Céleste (7) et personne ne l'a relevée non plus...
le repli m'inquiète toujours, il n'est souvent qu'illusion
@ Sardine : C'est Laflote mourrute ma douce :-) Voui, le repli n'est bon, je crois, que pour reprendre des forces, après, pfiout, il faut voyager (et pas que physiquement), et puis revenir, et puis repartir... Je me rends de plus en plus compte que j'ai du mal avec les groupes, aussi composés soient-ils de personnes symapthiques... Enfin bref, toussa n'empêche pas que je suis d'accord avec Guru : dans le fond du gouffre, c'est à gerber.
Cette histoire de repli, quelle qu'en soit la formulation (rester entre nous, conversations confortables, espaces protégés...) me paraît une analyse tout à fait fausse. Elle vaudrait si chacun-e d'entre nous ne faisait que écrire des billets et des comms sur des blogs amis, sans vivre de vie "physique" ni s'informer ailleurs. Que sait-on de ce que font les personnes qui écrivent ici ? Pensez-vous réellement que nous ne lisons que des choses ou se retrouvent les échos satisfaisants de nos pensées ?
Je suis bien sûre que nos sources d'information sont multiples.
Ne pas vouloir porter le fer en des endroits moins protégés ne me paraît pas un signe de repli. Je crois que j'irais bien mais juste pour le plaisir de la joute verbale et de la provocation, sans aucun espoir de faire changer d'avis même une seule personne. Ce n'est pas là que ça se passe.
Je ne vais pas boire des coups, dîner ou faire la fête avec des gens qui sont mes ennemis. Le blogage c'est un peu pareil, c'est un lieu d'infos, d'échanges, de discussion, de rencontres mais pas le lieu où on changera le monde. Je le refais virtuellement, dans l'amitié et parfois la tendresse, dans l'humour et le radicalisme. Mais le lieu des combats politiques n'est pas la blogosphère. C'est la vie physique.
Tout lieu d ecombat est bon à investir. je vis la blogosphère comme toi pour le plaisir mais aussi pour l'information et la lutte.
Pas d'accord non plus avec le fait qu'argumenter sur ces espaces ne serve à rien.
Tu oublies les indécis qui lisent sans comenter et que ton discours peu toucher.
Partout où je peux l'ouvrir, je ne vais pas me gêner :-) j'suis un peu connue pour ça, non ?
Christine : "Mais le lieu des combats politiques n'est pas la blogosphère. C'est la vie physique." Clap-clap ! les blogs sont des réservoirs. A idées, à colères, à amitiés, à réflexions...
et à discussions, argumentations, diffusion d'idées etc....
"Mais le lieu des combats politiques n'est pas la blogosphère. C'est la vie physique." exact mais...
"et à discussions, argumentations, diffusion d'idées etc...." exact aussi
je crois que l'on très bien faire les deux: combat politique dans la vie physique et diffusion d'idées, indignations, dénonciations sur les blogs.
ce sont deux aspects différents
complémentaires
"Tu oublies les indécis qui lisent sans commenter et que ton discours peut toucher."
absolument
par contre du point de vue combat politique dans ma vie physique, j'ai du mal à être active: peu de temps, difficulté à trouver un mouvement qui corresponde vraiment à mes aspirations...plus le fait que je sois en Italie
le blog me permet justement d'exprimer tranquillement mes idées, de dénoncer ce qui me choque, de lire les analyses des autres et qui souvent sont plus riches que celles que l'on lit dans la presse.
je pense aussi, par exemple au blog d'emcee, "des bassines et du zèle", on lit toutes ces traductions qu'elle fait et qui nous permettent de prendre connaissance de textes que l'on ne lit pas ailleurs!
c'est une autre forme de combat politique
et je pense que dans l'avenir, si la situation empire, internet peut extrêmement utile pour communiquer, se retrouver, se regrouper autour d'idées communes.
en plus de l'amitié, la colère etc
Mais pour cela, il faut laisser de l'espace ouvert.
Ce qui n'empêche pas de se regrouper en nids de bisounours assumés lorsque l'on en a envie.
Mais sur un billet d'idées, il est tentant de réagir et parfois de ne pas être d'accord avec l'auteur.
@ Celeste
C'est tout à fait vrai, la plupart des choses que l'on peut lire sur les forums et discussions proviennent des aigris...
et ne passent pas leur temps sur Internet :-)
Je ne suis personnellement peut-être pas heureux, mais je passe peu de temps sur Internet, et le seul blog que le lise doit être celui-ci, celui de mon ami Petaramesh... donc comme ça je suis à l'abri du reste.
"incapacité de toute empathie, à l'incompréhension viscérale, à l'esprit étriqué, à l'égoïsme le plus aride et le plus total".
...Et même autour de nous, il se trouve...
Je suis comme Céleste, pour la paix, la joie, mais il y a des jours où le besoin de hurler s'avère nécessaire!
Attention, cher ami informaticien : ne laissez pas le Yéti disparaître!
Je pense que le risque du repli sur une communauté d'amis n'est pas seulement une question d'internet. Dans la vie aussi, nous le pratiquons, et comment ne pas le comprendre? Il se trouve que ma vie actuelle me donne l'occasion de fréquenter (à petite dose heureusement) des gens que je n'aurais en aucun cas choisis comme amis. Du coup, je me rends compte à quel point je trie habituellement mes fréquentations.
Et à quel point je supporte mal d'entendre chanter les louanges de l'esprit d'entreprise, dénigrer le manque de solidarité des salariés SNCF, ricaner sur les conneries que disent les écolos alors que la pire source de pollution est la respiration humaine par la faute des pays sous développés qui pondent comme des lapins, d'entendre dire que l'on doit autoriser à travailler après 60 ans les malheureux maléficiaires d'une retraite minable qui ont déjà eu du mal à arriver vivants à cet âge très avancé.
Tout ça par des gens intelligents, mais tellement pourris de fric que ça leur a ôté bon sens et logique, sans même parler de sensibilité humaine. Des gens qui, de surcroît, ont fait, un jour lointain il est vrai, le serment d'Hippocrate.
Et je peux vous dire que, revenue à la vraie vie, je vais RECOMMENCER à me replier sur mon cercle d'amis. Même si c'est dommage de se priver de cette précieuse source d'information, qui explique fort bien l'incroyable ascension du père Ubu. En gardant pourtant le souvenir que "ça" existe. Et, peut-être, en me refaisant de temps à autre une piqure de rappel.