Refusons la pauvreté !
Par Petaramesh le vendredi 17 octobre 2008, 15:45 - Méchanceté gratuite - Lien permanent
Tout-à-l'heure, à un feu rouge, j'ai vu un vrai pauvre. Heureusement que j'avais verrouillé le centralichose de la voiture ! Le bougre voulait me vendre un Macadam ou autre Réverbère, mais je lui ai dit : Mon brave, aujourd'hui c'est la journée du refus de la pauvreté. Je refuse que vous soyez pauvre ; vous n'avez donc pas besoin de mon argent !
J'ai quand même hésité. Ces derniers temps, je ne l'achetais plus, le Réverbère, parce qu'avec la hausse des carburants, je voulais conserver mon budget trajets à peu près stable... Mais il semble que ça baisse, je vais de nouveau pouvoir me le permettre, à budget constant. Même si nous ne sommes pas riches, je suis bien heureux de pouvoir rendre service, quand je peux.
Habituellement, une ou deux fois par an, je l'achète, le Macadam, par charité envers les déshérités. Je garde même toujours à cet effet un sac poubelle dans la voiture : je ne voudrais pas le poser sur les sièges, bien sûr, à cause de la vermine. On peut être généreux, mais ce n'est pas une raison pour s'exposer à toutes sortes de maladies de peau !
Nous donnons aussi nos vieux vêtements, ceux qui sont chauds et pas trop troués, quand ils sont restés dans le placard quatre ou cinq hivers de suite, on sait bien qu'on ne les mettra plus (d'ailleurs quand j'ai essayé le manteau devant la glace pour être sûr de le donner, j'ai failli crier d'horreur !) C'est vrai que ce n'est plus très à la mode, mais c'est toujours préférable au froid, n'est-ce pas ? Quand on n'a rien...
Heureusement tout de même que le Père Scévert et nos amis qui font tellement pour les miséreux dans les bonnes oeuvres du diocèse se donnent tant de mal (Dieu le leur rendra !) pour éduquer un peu ces âmes perdues à la morale et en faire de bons pauvres, les inciter à se remettre au travail pour retrouver leur dignité d'hommes, hélas ! Combien se livrent encore à la mendicité et n'ont pas de honte à exhiber leurs duvets crasseux et leurs sacs plastiques écologiques réutilisables de chez Carchan, pleins d'on n'ose imaginer quoi, sous les ponts de nos beaux fleuves et de nos voies rapides ! C'est bien simple, on dirait que malgré tous les efforts éducatifs du diacre et les tickets de métro qu'il leur a offert pour venir à la catéchèse, certains ne veulent vraiment pas apprendre. Faites du bien à un vilain, et...! Évidemment, ils boivent, que peut-on espérer d'ivrognes ? Certains, mêmes, se droguent, on se demande où ils trouvent l'argent ! Nos compagnons de l'Armée du Salut ont beau les réveiller gentiment à 6 heures du matin au foyer pour leur apprendre les vertus d'un réveil matinal et les inciter à chercher un travail honnête dont on n'ait pas à rougir devant le Seigneur, rien n'y fait. Heureusement que la charité chrétienne n'attend rien en retour et que notre main droite qui tient les pages économiques du Figaro ignore ce que fait notre main gauche quand elle donne quelques Euros à ces malheureuses créatures... Dieu seul voit nos bonnes oeuvres et Lui seul en tiendra compte...
À propos d'économie d'ailleurs, je ne sais pas si vous avez vu, mais les sommes investies en bourse par l'évêché viennent de prendre une sacrée claque ! Si c'est pas malheureux, l'argent de Dieu ! Celui qui est dépensé pour l'amour du prochain ! Pourtant son gestionnaire, un homme très bien, très droit, très pieux, a toujours pris soin de ne faire que des investissements prudents et raisonnables, rien d'aventureux, et surtout rien qui puisse être contraire à l'éthique : par exemple, pas question de financer d'un centime une société fabriquant des pilules pour l'avortement ! Ni des armes, bien sûr...[1]
Nous somme inflexibles sur l'éthique. Par exemple, nous avons pris la décision de faire démonter les antennes de téléphone GSM qui profanaient nombre de nos églises, même ingénieusement camouflées sous forme de croix. Nous avons en effet réalisé qu'elles pouvaient transmettre des vidéos pornographiques ! Et profaner par là-même le Lieu Saint et la Parole de Dieu, ce qui n'était pas tolérable. Hélas, la résiliation des contrats des opérateurs, c'est encore de l'argent qui fout le camp et qui n'ira pas aux bonnes oeuvres...
Ah par les temps qui courent, il n'y a vraiment pas que les pauvres qui souffrent !
Notes
[1] Cité dans cet ordre par un écclésiastique sur France-Info vers 13h aujourd'hui.











Commentaires
Grand dieu (;-D), cela faisait quelques temps que je ne m'étais pas pwâlée de la sorte
en lisant un de tes billets. Tiens, pour la peine, ce dimanche, je me rendrai à l'églisesur les genouxafin de faire brûler un cierge pour ton salut :-}C'est encore autorisé, les pauvres ?
BOF!!!
N'oubliez pas les pauvres en esprit qui portent le costard- cravate!
Ah, mais c'est pas du tout la même chose, cette misère là est non seulement tolérée mais encouragée et grassement rétribuée, Jacques Marseille en sait quelque chose. Je cite celui-là parce que son éternel sourire béat me fait monter l'adrénaline, mais combien sont-ils de la même eau à encombrer tous les jours nos écrans de leur niaiserie satisfaite et bouffie?
Imaginez le passage du car de police qui les enverrait, sans ménagements excessifs, à aller étaler ailleurs leurs matelas plein de billets de banque et leurs cabas de cartomanciennes?
Ah, la charité chrétienne... "Plutôt que d'apprendre à pêcher du poisson à quelqu'un, mieux vaut lui donner". C'est vrai, et puis il vous sera toujours reconnaissant !
PS : Je crois que je me suis peut-être un peu mélangé les pinceaux pour la citation... mais bon, le sens est là, c'est le principal. ;-)
parfait!
du grand swâmi!
Ca me fait penser à une délicieuse chanson de Tim Minchin, 'The Guilt Song (Fuck The Poor)'
Désolé pour ceux qu'ont pris allemand première langue, y'a moins de chansons drôlatiques dans cette langue.
Mais non, tout faux : les pauvres, ça n'existe pas en France, c'est Balkany qui l'a dit ! Il est aussi question sous ce lien d'un 357 Magnum...