Des sous !

...ça peut éventuellement en valoir la peine.

Apprenez, ô disciples, que l'autre jour, pendant que je me livrais à la purge annuelle de la joyeuse déclaration des pôs et que j'avais besoin pour cela d'exhumer divers papelards de mon immonde pile de merdes jamais ouvertes, je me décidai soudain à en classer ou poubelliser enfin un gros tas.

Parmi ce gros tas, tout un tas de courriers jamais ouverts de ces Dicks, vu que les derniers mois, les ouvrir pour apprendre ce que je savais déjà, à savoir qu'ils ne me filaient plus un radis n'était pas excellent pour le moral.

Après avoir repris le collier et m'être dûment radié, j'en reçus encore un ou deux que je ne pris point la peine d'ouvrir pour apprendre ce que je savais déjà, à savoir au revoir et merci d'être viendu.

Mais l'autre jour, donc, j'en ouvris enfin un oublié au milieu de mon tas de bordel, et ce courrier m'apprit à mon immense surprise qu'en tant qu'ex-indemnisé-que-dalle qui venait de retrouver le chemin de se lever tôr pour travailler plus, j'avais éventuellement droit à une prime de retour à l'emploi à condition bien entendu d'en faire la demande (ben tiens !) et de fournir à l'appui une pile de documents épaisse comme l'intelligence d'un électeur UMP justifiant notamment du fait que je m'étais levé tôt tous les jours durant au moins quatre mois postérieurement à mon retour dans le droit chemin.

Je regardai alors la date de ce courrier oublié et m'aperçus qu'il était vieux d'environ 360 jours. On se sent vraiment très con dans ce genre de cas-là ! Il m'apparut aussi que pour ce type de courrier, ces braves gens s'étaient bien gardé de m'expédier par la suite l'ombre d'un rappel ou la moindre relance. Si tu l'as pas ouvert ou si le facteur s'est gourré, mon gars, c'est pour tes pieds !

Je me dis Mais bon sang ! Peut-être n'est-il encore point trop tard ! surtout dans la mesure où je n'aurais techniquement pas pu répondre à ce courrier moins de 4 mois après l'avoir reçu, puisqu'il semble que la politique de ces Dicks consiste à donner des sous à des gens qui n'en avaient plus depuis lulure plus de 4 mois après qu'ils en aient soudain légèrement moins besoin.

Je fis donc ma pile de photocopies, bulletins de salaire des "n" derniers mois, je remplis le formulaire tout bien comme il faut, et je mis le tout dans une grosse enveloppe à l'intention de ces Dicks. Pour recevoir bien évidemment deux semaines après le retour de la totalité m'expliquant qu'il fallait en plus que je fournisse la copie intégrale de mes (!) contrats (!) de travail, mazette, 9 pages pour des prunes.
Je me dis toutefois que la demande de fafiots en plus valait toujours mieux qu'une fin de non-recevoir façon T'es hors délais, tuladanlku ! et que je n'étais plus à une dizaine de photocopies et une autre grosse enveloppe avec un gros timbres près. Je m'exécutai donc, et restai depuis sans la moindre nouvelle.

Jusqu'à ce matin où un mail de ces Dicks suivi d'une longue série d'erreurs 500 de leur joli site Web avec plein de belles images qui montrent à quel point elle est trop belle la vie de chômiste ne finisse par m'apprendre que, tiens donc, j'avais du finir par envoyer tous les papiers qu'il faut et que Ding ! la timbale venait de tomber dans ma fort légère escarcelle.

Ce qui ne tombe pas si mal, puisqu'ainsi cette année ce sont donc ces Dicks qui me paient une partie de mes pôs de bon français qui se lève tôt.

La morale de cette histoire c'est que même si vous pouvez vous torcher le fion avec les courriers de l'ANPE (après avoir obtempéré tout de même, une radiation est si vite arrivée), il est recommandé d'ouvrir les courriers de l'ASSEDIC, même et surtout si vous n'en espériez plus rien.

Des fois que...