Sans informatique... "presque", donc.

Parce qu'au réveil de ma grasse-mat' dominicale aussi rare qu'appréciée, la première chose dont j'ai pris conscience était que ce brave Totor avait décidé d'exploser en vol pendant mon sommeil (par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute ! J'ai dormi, ô Shiva ! Je n'aurais pas du !...) et que non seulement plus d'ashram, plus de mail, plus de rien, mais qu'en plus il ne bootait même plus... Plus de filesystems utilisables non plus. Une explosion en vol certainement causée par la simultanéité d'un remplissage à 100% de snapshots LVM2 joint à la décision Totorienne nocturne de vérifier en pleine nuit tous ses volumes RAID. Ce qu'il fit alors est l'équivalent informatique d'un accident cardiaque sauvage, ne laissant qu'une pauvre chose en état de coma profond et de fibrillation siliconesque.

Ma Sainteté commença donc son dimanche par deux heures de travail acharné et de boot à la manivelle bol de café en main, pour premièrement arriver à réparer le RAID pour pouvoir ensuite réparer la LVM, ce qui causa à Ma Sainteté moûlt reproches conjugaux liés à la notion abstraite de retard de pique-nique et qui c'est qui fait les sandwiches ? et de encore sur ta saloperie d'ordinateur !, ce qui est un mantra fréquemment récité à l'ashram.

À la suite de quoi nous allâmes pique-niquer parmi les fourmis rouges et les frelons sous un soleil cancérigène, avant d'aller faire les cons singes dans les arbres à plus de quinze mètres du sol, ce qui est bien plus physique qu'il n'y paraît et se paie le lendemain de toutes sortes de plaintes de la mécanique.

Et de la constatation toujours étonnée du Qu'est-ce que ça grandit ces trucs-là ! quand on voit sa demoiselle Patâpatî se balader sereinement en funambule sur un câble tendu à une hauteur d'autant plus immense si on la ramène à sa taille...

Ah oui, ces trucs-là, ça commence comme ça :

Mademoiselle Patâpatî en mars 1998

...et puis peu de temps après, t'as rien vu venir, et tu te retrouves avec ça :

Nains singes

...pis normalement, dans quelques années, ça donnera quelque chose dans le genre de ça :

Les yeux de Lady K.

C'est tout-à-fait le genre de constat qui me file des vertiges immensément plus intenses que l'évocation de n'importe quelle grandeur astronomique. C'est bien plus difficile à réaliser que le temps qu'il faudrait pour se rendre à Proxima Centauri en course en sac par exemple. C'est simple, tu peux pas appréhender, d'autant moins que t'as rien vu venir, et que tu verras encore moins venir ce qui reste à venir. Alors sit back and relax.

Là où tu vois d'autant plus que t'as rien vu venir, c'est quand tu vois ta propre gueule sur une photo de la même série que la première, et que tu la mets à côté de ta gueule sur une photo de la même série que la dernière. Mais là, ce n'est plus de l'ordre du vertige des espaces infinis, c'est davantage de celui du grognement, comme sensation :-\
Ça fait un peu comme les bras le lendemain d'être descendu de l'arbre, mais dans la tête, en somme...