La dernière sublime invention de nos législateurs compulsifs : un nouveau délit.

Je vous le donne en mille : le délit d'apologie de l'anorexie.

On en était à interdire tout ce qui peut être de près ou de loin dangereux ou mauvais pour la santé, nous faisons un grand pas en avant, désormais, il sera interdit d'exprimer une opinion favorable à ce qui peut être dangereux ou mauvais pour la santé. En l'honneur des "victimes" et de leurs chères familles, comme de bien entendu.
Par les temps qui courent, la liberté ne vaut pas bien cher, à l'exception notable de la liberté de circulation des capitaux.

Bientôt le délit d'apologie du tabagisme et d'apologie du pinard ? Pauvre Gainsbourg...

Et puis après probablement, le délit d'apologie du sexe sans capote, le délit d'apologie de la sieste (qui fait travailler moins pour gagner moins sauf quand on fait travailler les autres), et le délit d'apologie des délits d'apologie.

Un problème sociétal, culturel, de santé ? Facile : une réponse pénale ! Éducation et bon sens ne suffiraient pas ? Ben non, empressons-nous d'interdire, et avant tout d'interdire l'expression. Demain tu dis : J'aime les filles minces ! Paf ! va donc répéter ça dans le bureau du juge, mon gars...

Nous somme vraiment gouvernés par de petites gens dont la profondeur de vues est un poil inférieure à celle de la cuvette de mes gogues et dont la philosophie est nettement plus trouble que l'eau qui garnit celle-ci au matin.

On n'encule même plus les mouches en plein vol : maintenant, on les emprisonne avant.

En dehors de ça, il arrive que les grands esprits coïncident : J'intitulais mon bref billet de ce matin Another brick in the wall, ce soir, Mâ Anandaramesh, qui ne l'avait pas lu, rapporte de la médiathèque le DVD du film Pink Floyd, The Wall, que je n'avais pas vu depuis des années (1982, putain, 26 ans !) et qui, s'il porte la marque d'une époque,[1] est pour les thématiques qu'il aborde et visions qu'il représente toujours aussi d'actualité.[2] J'ai même cru voir un instant notre leader minissimo haranguant les foules à la tribune. Mais je peux me tromper...

Mercredi dans les salles, on ressort Les hommes préfèrent les grosses avec le soutien du ministère de la santé, de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports, du pas de l'oie et du bras tendu.

Remarque, quand on voit les djeunettes de 15 ans avec le jeans taille basse, le string qui dépasse de 15 centimètres derrière et les bourrelets devant[3] et sur les côtés, on se dit que l'anorexie ne menace pas encore la majorité de la population :-D
(Le ministère de la santé, de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports, du pas de l'oie et du bras tendu envisage de mettre le bourrelet comme matière en option au bac, avec un bon coefficient, et dans un élan louable en faveur de la santé publique. Une séance "grande bouffe" sera organisée à la fin de chaque session "mémoire de la Shoah".)

Notes

[1] La notre manquant singulièrement de productions d'une telle envergure et ambition artistique...

[2] Sûr qu'il sortirait maintenant, il serait interdit : On pourrait trop aisément l'interprêter comme étant plein de délits d'apologies...

[3] Quand le piercing du nombril disparaît avalé derrière le bourrelet, c'est le drame !