Tout a commencé par un sombre vendredi soir où j'avais l'intention d'effectuer quelques tests d'une bidouille sous Winchose pour une amie hérétique n'ayant pas encore vu la Lumière, et où mademoiselle Patâpatî souhaitait ardemment pouvoir utiliser le CD-Rom de jeu emprunté à la médiathèque.[1]
Tout a commencé par une auberge abandonnée, et par un homme que le manque de sommeil avait rendu trop las pour continuer sa route.
Euh non, ça, c'est les Windozisseurs...

Tout a commencé parce que Mâ Anandaremesh, qui avait promis d'apporter son portable professionnel Sous WinXprout à l'ashram, a oublié de le faire, nous laissant Patâpatî et moi le bec dans l'eau, moi avec mes bidouilles Winchoziennes infaisables, Patâpatî faisant un drame pour son jeu Windozien sans Winchose.

C'est alors que l'idée démoniaque a de nouveau germé dans mon esprit de contenter tout le monde en installant un Xprout dans le bac à sable blindé d'une machine virtuelle, sous Linux.

Mais voilà, depuis que je suis passé de Mandriva à Ubuntu, ma vieille installation de machine virtuelle VMWare était fortement cassée et impossible à refaire tomber en marche. Oh, je n'ai pas essayé des heures, s'agissant d'un produit commercial que je n'aime que modérément pour cette raison, mais bon, ça voulait pas, et quand ça veut pas, ça veut pas.

Une petite recherche m'a alors montré qu'il existait un autre engin à machines virtuelles nommé VirtualBox, libre sous licence GPL, et dont il existe même un package Ubuntu. Alors, heureux ?

Let's give it a shot ! me dis-je, parlant anglais couramment.

J'installai donc le machin, fingerz in ze noze, me mettant les doigts dans le nez en anglais couramment, et installai dessus un Windows XP Pro tout ce qu'il y a d'officiel et qui me fut jadis offert par Monsieur Microsoft himself, dans une maladroite tentative de me convaincre que c'était bien.

C'est à peu près à ce moment que Mâ Anandaramesh commença à me faire gravement la gueule à cause du temps que je passais sur ce foutu ordinateur un vendredi soir.

L'installation fut cependant rapide et zaisée, et je fus rapidement convaincu que VirtualBox est meilleur et notablement plus rapide que VMWare, à ma grande joie.

Ma joie fut moins grande quand je découvris, damned ! que le package VirtualBox fourni avec Ubuntu était incapable de gérer les périphériques USB, or je voulais justement faire avec le Doze des bidouilles sur une clé USB ! Étais-je maudit ?
Que non pas, car Internet est vaste et plein de ressources, et je trouvai rapidement cette excellente page qui explique à merveille ce qu'il faut faire pour pouvoir gérer les périphériques USB dans une VirtualBox, ce qui passe par l'installation d'un package VirtualBox plus récent, que l'on peut télécharger sur le site de VirtualBox, en remplacement de celui d'Ubuntu.

Je mis donc à jour mon bestiau, fis les manips indiquées, et découvris, ô joie, ô bonheur ! Que le Doze-en-boîte avait désormais accès aux clés USB et autres GPS ou appareils photo. Bien.

C'est à peu près à ce moment que mademoiselle Patâpatî se mit à me tanner la couenne pour essayer son jeu sur ma machine, tannage auquel j'opposai un refus formel sous forme de Pas de jeux Doziens sur mon serveur, pas question, Niet !.

Sa mère prit le relais et chanta dans les choeurs en décrivant combien j'étais autocratique et cruel de refuser à ma fille martyre l'accès au paradis des jeux Doziens de la médiathèque et qu'elle était une enfant maltraitée par rapport à ses copines et que c'était trop inzuste.

Le tannage devint si intolérable pendant que j'installais les 181 premières mises-à-jour de sécurité doziennes par dessus le Doze tout frais installé, que je ne m'en sortis que par la promesse d'installer, dès le lendemain matin, une machine virtuelle avec un Doze dans le Linux de mademoiselle Patâpatî pour qu'elle(s) arrêtent une bonne fois de me casser les couilles pieds.

Cette nuit-là, je dormis mal.

Le lendemain au saut du lit, dès potron-minet, je me mis donc en devoir d'installer la machine virtuelle sur le Linux de mademoiselle Patâpatî dans l'espoir de me préserver un week-end pacifique, ce qui fut fait sans difficulté, puis de faire marcher son putain de jeu... qui ne voulut rien savoir.

Un examen rapide me montra alors que l'étiquette "CD-ROM" de la médiathèque était bien collée sur... un putain de DVD ! et que le PC de mademoiselle Patâpatî n'a qu'un graveur de CD et non pas un lecteur de DVD, damned !

Devant la crise qui s'annonçait dans les yeux et les cordes vocales de Patâpatî, je pris alors la décision d'installer le bordel sur mon portable, lequel est dûment équipé d'un graveur de DVD, et de laisser jouer la puce dessus. Et roule Raoul !

Aussitôt dit, aussitôt fait, et devant le regard extasié de ma belle enfant commençant à jouer au vétérinaire virtuel avec son DVD de la médiathèque,[2] je me disais que j'allais enfin pouvoir goûter un week-end bucolique de paix et de tranquilité.

Erreur.

Car c'est le moment que choisirent les Xprout en boîte (dotés de leurs 181 mises-à-jour de sécurité) pour beugler comme un seul homme qu'ils voulaient absolument que leur soit installé le Service Pack 2, ce que je fis, et qui prit un temps beaucoup plus considérable que l'installation initiale.

Une fois le Service Pack 2 installé, et après avoir rebooté un nombre impressionnant de fois chaque machine virtuelle, elles commencèrent à beugler qu'il n'y avait pas d'antivirus, et que c'était dangereux.

Bon prince, j'installai alors ClamWin.

Les Xprout en boîte me demandèrent alors d'installer plus de 80 nouvelles mises-à-jour de sécurité, ce que je fis.

Puis ils me supplièrent d'installer, pendant que j'y étais, également Internouille Exploder 7, ce que je fis aussi, et qui me prit presque aussi longtemps que pour le Service Pack 2.
Après quoi et quelques reboots il ne resta plus, fait remarquable, que 2 nouvelles mises-à-jour de sécurité à installer.

J'avais (volontairement) bu le calice de l'installation Windozienne jusqu'à la lie.

Après quoi c'était le soir, et le samedi était foutu.

Je me fis seulement reprocher de n'avoir pas beaucoup aidé et rien fait dans la maison, ce samedi-là.

Cette nuit-là, je fis des cauchemars.[3]

Le lendemain, Mâ Anandaramesh avait invité à la maison une famille ayant 2 Nains aussi turbulents que les nôtres. Méprisant consciencieusement les Xprout que j'avais installés à la sueur de mon front, ils passèrent une bonne partie de la journée à jouer à SuperTux sous Linux, et le reste à me coller la migraine.

Le week-end était passé.

Ce midi, après avoir passé une heure 30 à poireauter pour inscrire mes chers Nains à la Maison de l'enfance pour la deuxième semaine des vacances de février (certains parents poireautaient devant la porte depuis 9h30 du mat', l'inscription commençant à 12h30...), je suis allé acheter un graveur de DVD pour la machine de mademoiselle Patâpatî...

Il y a des week-ends où je sais pourquoi j'aime GNU/Linux...

Notes

[1] Je me demande bien pourquoi Mâ Anandaramesh tient tellement à emprunter des jeux pour Winchoze à la médiathèque, sachant qu'on n'en a pas à l'ashram... Mystères de l'âme féminine...

[2] Qui m'a donné le rare plaisir de contempler le démarrage d'un jeu Windozien qui commence par insister lourdement pour que l'on s'enregistre et s'inscrive en ligne, avant de passer 2 bonnes minutes à verifier toutes les protections anti-copie du DVD, et à enfin se décider à bien vouloir démarrer...

[3] Ce fut précisément cette nuit-là que choisit un jeune crétin de voisin qui venait d'emménager dans un studio de l'étage du dessus, pour déballer ses cartons avec la musique (Ta-poum ! Ta-ta-poum !) à donf' pour se donner du courage jusqu'à 3 plombes du mat'. A 2 heures 30 du mat', excédé, j'allai arpenter sauvagement les couloirs de l'immeuble pour faire sa fête à ce con, mais je ne pus déterminer avec certitude de quel appart sortait cette musique de sauvages. Peu désireux de réveiller un innocent en sursaut, je rentrai chez moi et me résignai à insomniaquer jusqu'à ce que l'autre tête de con arrête son Ta-Poum !. Je m'endormis avant.