Première vision
Par Petaramesh le mercredi 2 janvier 2008, 08:47 - Chienne de vie - Lien permanent
Ma première vision (diurne) du jour de l'an 2008, ouvrant la fenêtre de notre chambre au matin...

Paix et sérénité.
Paysage de petite montagne à mi-chemin entre Émilie Romagne et Toscane. Calme, ciel bleu, soleil. Voilà qui augure bien d'une nouvelle année !
La veille au soir, nous avons dignement fêté le passage en nombreuse et sympathique compagnie, dans une langue volubile où je comprends un mot sur dix, mais c'est sans gravité, on sait toujours tendre un verre ;-)
À minuit, nous avons rituellement brûlé il vecchione, épouvantail de bois représentant l'année morte, hissé sur un bûcher, dans un grand feu emportant avec lui tout ce que 2007 avait dont nous nous serions bien passés, et que nous brûlerions bien aussi avec le vieux bonhomme, mais que nous pouvons d'ores et déjà oublier, nous tournant vers la nouveauté des lendemains qui chantent ;-)
Tandis qu'il vecchione agonisait dans les flammes et que les enfants s'émerveillaient de feux d'artifices et jouaient aux jeunes artificiers - faudra pas s'étonner d'en avoir fait des pyromanes ;-) - un vieux bonhomme, bien vivant celui-là, commence à me parler dans un improbable mélange de français et d'italien saupoudré de quelques mots d'anglais, d'où ressort que lui et son épouse apprécient énormément la France, l'ordre qui y règne et le respect de La Loi dont fait preuve notre belle nation. Au fur et à mesure que je comprends ses propos, mon sourire se fissure légèrement jusqu'à ce qu'il nous assure de toute l'admiration qu'il éprouve pour notre petit duce, ce à quoi je lui rétorque que si c'était en mon pouvoir, je le lui offrirais bien volontiers, et surtout qu'il le garde, pas la peine de rendre la monnaie. Ce qui met un peu fin à la conversation ;-)
J'apprendrai un peu plus tard que, manque de bol, il s'agissait du seul individu indiscutablement de droite dans ce joyeux repère de membres et sympathisants de Rifundazione Communista... Un proche voisin qu'il n'aurait pas été convenable de ne pas inviter à la fête ;-))
2007 meurt donc avec il vecchione dans les bouchons qui sautent, les chansons et les feux d'artifice.
Matin.
Réveil tranquille au soleil. On termine d'éteindre les restes du Vecchione...



Et après un dernier café...

...vient le temps des adieux, de la fin d'un magnifique séjour et des 600 kilomètres de retour vers Sarkoland.
Argh.
Bon, faut que j'aille prendre ma douche, je bosse, ce matin... :~/











Commentaires
Compassion et solidarité ;-))
Mais c'est enfin l'occasion d'embrasser tous tes adorables collègues. Haut les coeurs !
Ah, puis tous les voeux qu'il faut prononcer ou écrire... (je viens de me fader les voeux professionnels, là... *gros soupir*)
Enfin... bienvenue quand même chez toi, Guru !
@Ko : Eh, il y a quand même des gens à qui l'on est heureux d'envoyer ses voeux, la belle ;-)
Beau paysage fenestrier, plus sympa à voir que la boite à cons, non, à cierges, de Bologne.
(Et ça fait plaisir que vous êtes capable de faire un cadeau à un type de droite ;-)
@PMB :
Oui, je peux par exemple lui offrir au choix des tartes ou des beignes ;-)
@Den : Ton commentaire a été dégommé, parce que le protocole exige que tout commentaire faisant dans ce modeste ashram des jeux de mots à deux balles sur le pseudonyme de Ma Sainteté soit dégommé avant même d'être lu.
Meilleure chance la prochaine fois.
Mauvais caractère !
Hé y'a Céleste, elle a fait le même ! Mais chez elle ;-))
D'accord, je sors....
Swâmi : on ne dit pas des beignes, on dit des beignets !
Et rssurez-nous, le vieux voisin, ce n'est pas le vecchionne que vous avez brûlé ?
(La loi, dites, elle est pas représentée par le type qui consulte ses SMS comme une racaille pendant qu'il Papa Benedetto 1664 papote ? Type qui, en matière de bellemeramesh, semble avoir touché gros avec mamma Bruni...)
Tu es trop succeptible pour moi . Adieu!
si j'avais pu être dans un petit recoins
Ohhh Swâmi! Comme ça fait envie ton paysage dis donc!!!!
"Vecchionne" ça veut dire Sarkozy en transalpin fleuri? Vous lui aviez bien mis ses talonnettes au moins?
Bon, pour réponde au commentaire de Ga(i)elle sur un autre fil: oui Ga(i)elle tu as parfaitement bien tout compris à mes élucubrations post sylvestriennes dans "Génération jus de bidet"! Bravo. Et pour dire à Christine: sur les hommes, leurs poils, leurs bières, etc je l'ai dit, j'ai forcé le trait. Mais ce n'est pas moi qui ai inventé le concept de "métrosexuel" (dont j'ai appris récemment que ça ne signifiait nullement faire du sexe dans le métro)!! Cela étant dit, oui, je crois que ça a quelque chose de révolutionnaire de penser l'égalité (en l'occurrence, des sexes) autrement qu'en termes d'identité ( qui se révèle d'ailleurs en général une collection de présupposés et de copier-coller comportementaux...)
Bref: Swâmi, i lest bien ton blog - allez, zou, dans les liens ;)
Bonne journée à tertoutes et tertous, Avanti popolo!
La Louve
Tiens tiens ! Brigetoun chez toi ;) Bonjour Brigetoun, ça fait un bail!
@La Louve :
Je plussoie vigoureusement ! La confusion entre égalité (en dignité en en droits) et identité est une erreur majeur que l'on retrouve hélas couramment partout.
Alors, je remets le commentaire que j'ai posté chez la Louve.
Je pense que ce qui est révolutionnaire, c'est de penser l'égalité entre individus ayant chacun et chacune le droit de roter la bière (mais pas forcément ;-), celui de pleurer et de se faire prendre en charge parfois, celui d'être autonome et fort-e parfois, celui d'être des fois actif/active et des fois passif/passive. Entre personnes différentes et pas identiques, mais pas assignées à des identités de groupes.
Ce qui vaut pour l'égalité entre les hommes et les femmes, les zétéros et les zomos, les zoriginaires d'ici et d'ailleurs, les de diverses couleurs. Etre des individus différents et égaux, libres de toute pré-assignation.
Bah moi, je plussoie Christine...
Même si je défendrai le droit de chacun et chacune à se conformer s'il - elle le souhaite (ou s'il - elle ne sait pas faire autrement...) aux rôles sociaux, culturels, de genre... pré-assignés (oui, même avec un foulard sur la tête, même si je trouve ça un peu con, même ...)
Et j'ajoute, histoire d'embrouiller bien tout le monde juste avant d'aller au lit, que le concept de genre (gender) nous permet ici d'éviter l'écueil qui consisterait à nier les différences biologiques et physiologiques entre féminin et masculin... différences qui entraînent des différenciations culturelles profondément imprimées en nous, mais dont certain-e-s savent fort bien (parfois instinctivement) se défaire, dont ils - elles savent jouer, qu'ils - elles savent se réapproprier en les mélangeant...
Et ça aussi, surtout, c'est révolutionnaire !
C'est beau... Merci de la ballade au matin, avant de commencer le boulot (dehors, il fait encore nuit et il pleut, amusant le contraste)
Merveilleuse année, dans ces merveilleux paysages
@Ko :
...est une question passionnante que l'on prend le plus souvent comme coulant de source alors que rien n'est moins évident. J'ai eu l'occasion d'en parler plusieurs fois pendant des heures avec deux belles personnes et amies que l'on voyait l'autre jour ici et qui se sont évadées de celui auquel leur numéro de sécu prétendait initialement les astreindre. Évasion qui se paie au prix fort dans notre société, à tous points de vue.
Une petite définition du genre pour les découvreurs et découvreuses du concept : c'est le "sexe social", toutes les caractéristiques que notre éducation nous fait incorporer (mot pas choisi au hasard) parce qu'on est né d'un sexe ou de l'autre ; toutes les caractéristiques que les autres et la société attendent de chacun-e de nous pour cette même raison (y compris des nourrissons).
Qui n'ont rien à voir avec notre biologie (même si les différences biologiques sont en partie acquises, si, si, mais ne compliquons pas)
(parce qu'elles sont, justement, incorporées... mais sur du très long terme ?)
La force, l'agileté étant des exemples flagrants de différences biologiques construites.
A force d'entendre "cours pas, tu vas tomber", on s'entrave soi-même. A force de porter des jupettes, et d'entendre "tiens-toi bien", on s'entrave soi-même. A force de jouer à des jeux calmes, parce que c'est ce qui est attendu des filles, on ne développe pas sa force physique.
Sans parler de toutes les situations où la nourriture manque et où les filles et femmes sont alors moins bien nourries.
On peut imaginer que sans différences éducatives, il resterait des différences (va savoir !) mais plutôt sur un continuum entre les individus.
Idem pour le fonctionnement du cerveau où les rares différences constatées disparaissent avec des apprentissages communs.
Deux livres INDISPENSABLES à lire : "Du côté des petites filles" et "Cerveau, sexe et pouvoir"
On peut aussi écouter là
Air contrit (pas vraiment) : on est un peu éloigné du sujet du billet, non ? ;-))
Je pense même qu'on mérite une palme du hors-sujet magistral !
Mais c'est pas grave. ;-)