Esclavage
Par Petaramesh le mercredi 12 décembre 2007, 08:08 - A lire ailleurs... - Lien permanent
Encore un article matière à réflexion, chez Anne Archet : Déprolétarisons-nous.
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Par Petaramesh le mercredi 12 décembre 2007, 08:08 - A lire ailleurs... - Lien permanent
Encore un article matière à réflexion, chez Anne Archet : Déprolétarisons-nous.
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Commentaires
L'article me paraît à moi largement à côté de la plaque : dans la vraie vie je me demande bien où faire passer la frontière entre "exploités" et "dominants", a fortiori si cela signifie "victime du travail et de la société de consommation" vs "profiteur". En tous cas cette frontière, si elle existe en termes aussi génériques, ne se superpose sûrement pas à "salariat".
Il m'a semblé à moi que au-delà de la démonstration que je trouve rigoureuse, quoique un tantinet dogmatique, mais Anne en est consciente, elle démontre, quoi, ce qu'elle invoque avant tout, c'est la possibilité de se réapproprier des provinces, et pourquoi pas le territoire entier de notre propre vie. Ce qu'elle ne révèle pas, c'est la stratégie de guérilla complexe qui permettrait d'y parvenir: les ultimes hippies, du vieux ou nouveau monde, vivent retranchés comme les Hopis dans les falaises d'Arizona, vivant leur vie à résister au lieu de la vivre à vivre.
En tous cas moi, j'ai bien aimé, ça m'a donné envie de me réapproprier des pans concédés jusque là. Comment? Je n'en sais encore foutre rien.
Où faire passer la frontière entre dominés et dominants : entre ceux qui ont perdu la capacité à déterminer leur propre vie et ceux qui accumulent pouvoir et richesse, comme cela est si bien dit.
Ce qui effectivement ne se superpose pas à salarié-es, pas salarié-es.
Mais ce n'est pas parce que la limite entre les deux classes antagonistes n'est pas précise au millimètre que l'article est à côté de la plaque.
Et même si certain-es d'entre nous, dominé-es, avons des marges de manoeuvre pour vivre en plus de survivre, l'analyse est juste.
Se penser "dominé-e" peut être douloureux.
L'interrogation, c'est plutôt : comment on en sort. Par l'anarchisme individualiste, que je comprends être son camp. Ou par les luttes collectives.
Le problème me paraît mal posé. Certes il vaut mieux être un esclave riche qu'un esclave pauvre, mais les deux catégories "ceux qui ont perdu la capacité à déterminer leur propre vie" et "ceux qui accumulent pouvoir et richesse" ne s'opposent pas, elle se recouvrent en partie.
... et de plus il y en a qui "gardent la capacité à déterminer leur propre vie" sans être parmi ceux qui "accumulent pouvoir et richesse".
Oui, mais là ce sont carrément des ...
Bon, allez j'me lance sans savoir trop où ça va me mener!! T'es chiant aussi, cher vénéré, à lancer des sujets sérieux comme ça dès le matin et qu'en plus c'est déjà l'après-midi !
Tiens d'ailleurs en fait! ça rejoint la problèmatique!! D'abord l'article d'Anne Archet, que j'avoue ne pas avoir lu jusqu'au bout, mais presque! est un certain point de vue sur la relation dominant-dominé, dans l'économique! L'esclavage assimilé au statut du salarié, qui pense maitriser la situation, mais qui y est contraint par la nécessité de "vivre" tout simplement, tout ça me semble assez juste, et sur d'autres points aussi d'ailleurs!
Yogi dit:""...ceux qui ont perdu la capacité à déterminer leur propre vie" et "ceux qui accumulent pouvoir et richesse..." ne s'opposent pas; ces 2 catégories se recouvrent en partie. Ben là, je suis pas sur, parce qu'il y a des déterminants sociaux de classe qui n'ont pas disparu, quoiqu'on en dise! La lutte des classes n'est pas terminée, elle a seulement changé de visage!
On est sans doute moins déterminé, par sa naissance, son éducation, ses principes religieux à appartenir soit aux dominés soit aux dominants, qu'au milieu du 19 ème, mais les cloisons restent malgré tout encore assez étanches! Bon, ça reste à prouver!
Yogi rajoute au # 5 :"...et de plus il y en a qui "gardent la capacité à déterminer leur propre vie" sans être parmi ceux qui "accumulent pouvoir et richesse". C'est très relatif, car soit tu appartiens à une lointaine communauté baba-hippie ou type "Longo Maï" et tu vis en autarcie ou presque avec très peu de besoins, et très peu de possibles en cultivant ton jardin, dans tous les sens du terme et en te coupant volontairement du monde et c'est possible, mais à la longue frustrant ; soit tu crées ta propre boite où tu essaies d'"exploiter" le moins possible qui que ce soit dans quelque domaine que ce soit, en essayant de rentrer le moins possible dans le système et tu rames!! c'est donc une contrainte que tu crois t'imposer librement mais qu'en réalité tu subis! et les quelques minutes que je viens de "prendre sur mon temps", pour écrire ces qques lignes sont un luxe que je m'offre et que je paie parfois cher!
Moralité! la liberté aussi a un prix! A plus .
vieil anar
Il me semble que la problématique principale du texte d'Anne Archet est celle du travail qui « oppose radicalement la vie et la survie : se donner les moyens d’assurer sa survie supprime tous les moyens de vivre et se mettre à vivre met en péril notre survie. »
C'est particulièrement flagrant dans le salariat mais elle montre que c'est la même chose pour le « bas », si on prend la condition de chômeur, de voleur, de SDF, d'habitant du tiers-monde, etc. Il serait possible de démontrer la même chose vers le « haut », les professions libérales, les patrons, les actionnaires, les richissimes héritiers.
C'est pourquoi, il n'y a pas, dans son texte, de frontières clairement définies entre exploiteurs et exploités, dominants et dominés. Le problème c'est qu'elle emploie ensuite le terme de classe qui rend le tout quelque peut confus. Le pouvoir dans notre beau capitalisme traverse les classes sociales et même s'il n'est pas également réparti, il n'est pas l'exclusive d'une classe sociale. A ce titre, le pouvoir comme le travail nous baisent tous même si, de mon point de vue, il est plus facile à Arnaud Lagardère de se mettre à vivre sans mettre en péril sa survie. Pourquoi ne le fait-il pas ? Il ne me semble pas plus vivant que n'importe lequel d'entre nous et pour tout dire, de mon point de vue, un peu moins. Il est probable qu'il n'ait pas du tout le même point de vue sur la survie que moi et que cette survie se pare, en plus, de la « transcendance » « du projet positif » « de régir l’ensemble des êtres vivants sur la planète » (le pouvoir) mais une chose que nous partageons certainement est bien cette même trouille de vivre.
Ce serait même une des choses la mieux partagée au monde que ça ne m'étonnerait pas.
Il faudrait bien sûr donner une définition de vivre et vivant mais j'en suis bien incapable d'autant qu'elle ne peut que se rapporter à soi. « La » vie, dans l'absolu, ça n'a pas beaucoup plus de consistance que dans l'expression « C'est la vie ! »
Un article ...
http://www.legrandsoir.info/article...
@Vieil anar :"...soit tu crées ta propre boite où tu essaies d'"exploiter" le moins possible...". Ma petite expérience de ce genre de tentative de "sortie par le haut", très prisée des "conseillés" en reconversion professionnelle de tous poils en cette époque de baisse du chômage à marche forcée, me laisse à penser que sur le long terme tu es forcément perdant. Pourquoi ? il suffit de se souvenir qu'une entreprise, dans la "mécanique financière" capitaliste qui en a inventé le concept, est un investissement. Point. Tout le reste est discours.
Cela suppose donc deux choses : que tu as un capital à investir, et que cet investissement rapporte. Dans la vraie vie, plus ton capital de départ est important, moins tu seras soumis aux aléas de la production de ta boite. Simplement parce que ton banquier sera toujours plus souple pour t'aider à passer les moments difficiles tant que ton capital lui sert de garantie. A l'extrême, les boursicoteurs ne font rien d'autre que placer de l'argent en se foutant complètement de la production. Seul le bénéfice attendu compte. La clé est là.
A contrario, le gars qui a monté sa boite avec le capital minimum requis se trouve sur-exposé dès le départ. Le moindre impayé peut le flanquer par terre. Dans de telles conditions, "exploiter le moins possible" revient à s'exposer encore plus. Un hamster dans sa roue. Plus tu es impliqué dans les conditions de production, plus tu cours, plus la roue accélère.
A ce compte, ceux qui s'en tirent le moins mal sont ceux qui ne s'occupent que de gérer leurs intérêts et protéger leur capital de départ. Je ne connais pas d'exemples contradictoires.
Techniquement, "exploiter le moins possible" n'est pas, et ne sera jamais, une pensée soluble dans la gestion d'une entreprise engluée dans les principes qui "gouvernent les marchés". Le plafond de verre mis en place par le capitalisme pour protéger les grands capitaux des vicissitudes de la production comporte un outil techniquement incontournable : la banque. C'est LA clé du système, celle qui interdira toujours au petit d'être autre chose qu'une victime consentante.
A l'échelle de monsieur tout-le-monde, j'ai laissé pas mal de "capital" à ce jeu de massacre. A l'échelle du prix du "ticket d'entrée" réel dans le système capitaliste, c'est peanuts. J'ai mis du temps à le comprendre, j'ai d'ailleurs pas fini de payé mon petit tour(*) de manège cinq ans après l'extinction des lampions, mais c'est bon, là, c'est rentré :o)
(*mes deux tours et demi, en fait, je suis un peu têtu, des fois :o)
@ patrick, j'ai bien peur que tu n'aies malheureusement raison et moi qui suis peut-être encore plus têtu que toi, (ça fait plus de 20 ans que ça dure!), j'ai du me résigner à bosser seul pour simplifier, sur tous les plans! Et là tu rames aussi, des fois même contre le courant et tu n'as que tes 2 bras! mais bon, tu gardes l'impression d'être libre! A plus.
vieil anar
@vieil anar : tiens, on a suivi la même trajectoire. Pile-poil. Mes "tours de manège" ont duré environ 20 ans aussi pour moi, fin du baroud en solo pendant 4-5 ans. J'ai juste trouvé une "niche" au moment où mes 2 bras fatiguaient. Je te raconterai ça un jour ;o)
Oh-oh : le petit tour en manège tout seul, je me suis lancée là-dedans aussi, et du coup j'apporte une pierre à la discussion : peut-être que le secret, pour tenir et ne pas dépendre d'une banque (fût-elle La Nef ou le Crédit Coop, dans mon cas, car il faut être cohérent autant que possible...) : ne pas investir !
J'm'esssplique : développer une activité qui ne demande que ton cerveau, tes mains, et, allez, un ordi et une connexion 'ternet (ok, faut pouvoir, faut savoir, faut que ça soit viable). Pas d'investissement ; pas de prêt ; juste une banquière qui te regarde d'un oeil distrait quoique amical (elle n'a rien à perdre, tout à gagner, des fois que tu te déciderais à vouloir grossir - mais foutre non !).
Après, faut jongler comme un saltimbanque, faut être extrêmement organisé, faut viser un domaine d'activité dans lequel les clients sont pas des requins sans âme (je bosse avec des CE et aussi un peu dans la com d'entreprise : dès que je peux, je lâche les clients grosses boîtes pour me concentrer sur mes chers secrétaires de CE...), et t'as tous les inconvénients du : difficultés à gérer le calendrier des tâches (secret : pas beaucoup bosser ;-)) et le fait de passer à côté de certains contrats parce que t'inspires pas assez confiance. Baste ! J'aime autant. Ceux qui bossent avec moi me font confiance, c'est assez souple, mais justement, c'est ainsi que je peux le mieux respecter mes délais.
Et l'autre grand secret, c'est de ne pas grossir. Surtout pas ! Dès lors que tu commences à mettre le doigt dans l'engrenage du développement, c'est foutu, t'es condamné à grossir encore et toujours. C'en est fini de la tranquillité, des demi-journées en semaine où tu peux vivre-ta-vie-à-toi... Alors ok, t'es pas un winner, t'es pas bling-bling, tu gagnes pas plus, t'as pas beaucoup de sécurité (surtout dans mon domaine : ça s'trouve, dans quelques années, y aura plus de CE !!) et c'est un peu flippant pour l'avenir (t'auras pas de retraite et faudra taffer jusqu'au bout ? ou trouver une solution alternative... quitte à se la construire dès maintenant...).
Mais au moins, t'es tranquillou-bidou, t'as plus mal au ventre, tu t'emmerdes plus, t'es peinard. Ça compense plus que largement...
(et ça durera ce que ça durera, ma foi...)
(bonjour, je m'invite dans la discussion)
Je suis un peu sur la même voie que Ko avec un boulot qui rapporte pas grand chose du point de vue fric mais laisse un peu de sensation de liberté (sensation uniquement, surement, mais même si c'est illusoire c'est plus sympa qu'une sensation d'esclavage)... Tout ça parce que je ne suis pas assez jusqu'au-boutiste pour passer le stade au dessus façon volem rien foutre, que j'ai mes dépendances à un certain mode de vie citadin, social etc...
Mais ce qui est intéressant dans le texte de la miss Archet, c'est que le fait de rappeler la nature profonde du salariat devrait nous aiguiller vers sa remise en cause maintenant et tout de suite, plutôt que d'attendre un messianique grand soir cher aux marxistes ultra orthodoxes...Elle disait dans un autre texte : quand on est en prison, on essaye pas de réformer la prison, on essaye de s'évader. Et ça m'amène à m'interroger : pourquoi diable vais-je battre le pavé pour défendre les droits des salariés, alors que je suis contre le salariat ? Et là je me répond par une autre image (pas de moi non plus) : on est dans une cage, l'état social-démocrate, mais la dite cage nous protège pour l'instant des requins qui tournent autour de la cage et veulent nous bouffer, donc on est bien obligés d'essayer de maintenir la cage debout tant qu'on a pas fait partir les requins... Mouais...
J'aime bien cette image de la cage, Seb, et même ton final, que je partage. Sauf que chasser les requins ? disons plutôt être suffisamment costauds pour les maintenir à distance, plutôt.
Disons que rien ne nous empêche (sauf le temps et l'énergie que ça réclame, peut-être...) de nous battre sur les deux fronts : défense des acquis ET luttes pour les prolonger et les dépasser.
De même qu'on a beau se vouloir décroissant, on arrive pas encore à se passer de voiture (pas de voiture, pas de boulot, peu de vie sociale, hors les grandes villes).
En fait, on est en permanence dans des arbitrages, du point de vue de la vie quotidienne.
Et puis intellectuellement, là on peut se permettre d'aller plus loin, plus haut (aller plus haaaaauuuuuut !). Et du coup, je renvoie encore à un texte que je suis en train de savourer à petits pas tellement il fait du bien et il est riche :
Emancipation. (tout un programme, s'pas ?) ;-)
@ko : la petite souris qui s'est trouvé un coin à l'abri du vent, c'est exactement ce que j'appelle "une niche". Elle existe en effet. Aussi bien en indépendant qu'en entreprise, d'ailleurs. Je bosse aujourd'hui dans l'une d'elle. Un cerveau, un stylo, et surtout surtout ne pas grandir, pour ne pas offrir de prise au vent.
En effet les niches existes. Mais sont rare. Et à l'échelle d'une société, est-ce seulement viable ?
@Seb : la cage qui protège des requins, merci de cette image qui m'a fait sourire :o)
Un truc tout de même : pourquoi les requins profiteraient de l'océan tout entier et pas nous ?
Bien sûr, les niches sont rares... on peut y inviter la famille, les amis, même si on doit se serrer on se tient chaud, mais à l'échelle de la société, ça reste une niche. Comme nos pays riches sont une niches pour nous, du point de vue de l'humanité...
C'est pourquoi l'action collective, publique, demeure indispensable. Sera-ce suffisant pour mater les requins et les contraindre à partager les grands espaces marins ? De nos jours, cette perspective semble s'enfoncer au plus profond des grandes failles...
Heu, de mémoire la cage aux requins c'était dans une interview de Chomsky...Un anar qui défend l'état (comme pas mal d'anars en ce moment, signe des temps)
Bref, est-ce que tous les petits poissons dans la cage doivent s'unir pour foutre la branlée aux requins (ce qui ne sera pas la première tentative...) ou plutôt essayer de se barrer discrètement...
Bien sur que la "niche" individuelle est forcément un compromis, mais au final cela est peut être moins un compromis : (puisque qu'on influe sur nos vies, maintenant et tout de suite, et que le peut de liberté, d'autodétermination qu'on peut y créer, c'est toujours ça) que la fixation sur un changement global bien incertain (bien au fond des grandes faillesn, comme dit ko), sans rien changer à notre quotidien de m.... en attendant.
@ seb, j'ai été voir ton site, beau travail de graphiste! même dans les huiles, (à propos est-ce que tu vends "Avant"?)
Si tous les petits poissons devaient s'unir pour foutre la branlée aux requins, ça s'appellerait la révolution, on a déjà vu ça, mais ça fonctionne pas très bien!! Et puis le collectivisme, moi, c'est pas mon truc ou alors à petite échelle, à taille humaine! Genre "volem rien foutre al païs", autogestion et toute cette sorte de choses border-line!
Eh oui, ça exclut forcément! ,mais tout le monde n'a pas envie de ça, persuadés qu'ils sont de leur indépendance garantie par l'Etat!
Bon imaginons, imaginons! il en restera toujours qqchose!
A plus.
vieil anar
La métaphore de la cage anti-requins laisse quelques ouvertures : et si, par exemple cet cage prenait tout l'espace disponible, laissant les requins crever sur la plage ?
Oui, je sais : "et si" ...ma tante en avait ? :o)
Juste pour info le mot "salaire" vient de "sel", diamant du désert et qui pendant longtemps du sel gemme au sel de mer fut soumis à l'impôt, parce que c'était et c'est toujours un élément indispensable à la vie! A plus.
vieil anar
De l'analyse du salariat comme esclavage volontaire à 'gang de requins' ... y a pas digression ?
Des travailleurs indépendants, c'est le rêve du patronat : plus de contrats de travail, de conventions collectives, de "charges" salariales. On traite d'égal à égal :)
( j'ai été aussi été indépendant et chef d'entreprise )
Un livre de Truong "le successeur de Pierre" propose un absolutisme du travail comme seul moyen de survivre. Mais finalement cette fiction est déjà inscrite dans la morale actuelle : Le dernier rapport de l'OCDE sur la diminution des prestations chomage dans les pays 'civilisés' pour obliger les sans-emplois à avoir un emploi...comme si un emploi se trouvait au coin de la rue. Tout le monde sait que les emplois disparaissent grâce, et non à cause, à une meilleure productivité, à l'automatisation...
André Gortz disait :"...chaque défilé, chaque pancarte proclamant « nous voulons du travail » proclame la victoire du capital sur une humanité asservie de travailleurs qui n'en sont plus mais ne peuvent rien être d'autre." "
Serait-il inconcevable que le travail ne soit plus obligatoire mais volontaire ( quel pied d'imaginer que seulement ceux qui aiment leur métier ont un job ) ? Que les tâches les plus pénibles soient automatiser, robotiser ? N'est-ce pas l'objet du progrès que de sortir l'humain du monde animal, du mode survie ?
Bon j'arrête là mes fantasmes.
Ps : je n'ai jamais lu de textes de Chomsky dans lequel il est pour l'état. Il est pour le collectivisme ou plutôt le collaboratif. Mais bon, on lui fait dire tellement de con...ries...
C'est horrible, pardonnez moi pour les fautes ...
Les travailleurs indépendants comme rêve du patronat, ben oui, faut pas être dupes... mais il s'avère que c'est bel et bien la solution de mon point de vue personnel, et de celui de pas mal d'autres autour de moi.
C'est-à-dire que, quitte à choisir une servitude, je préfère cette marge à l'aliénation du salariat.
Encore une fois, je renvoie à Emancipation (lien plus haut, #15), qui revient aux sources du socialisme, quand les communistes réclamaient la fin du salariat... et rejoignent ainsi, en une boucle temporelle imaginaire, les décroissants d'aujourd'hui.
Actifs à vouloir la fin du salariat aujourd'hui, les communistes libertaires, les anarchistes.
Une idéologie à (re)découvrir ;-)
@Ko :
Je t'admire d'avoir choisi cette périlleuse et libre solution pour ce qui te concerne, et de sembler parvenir à en vivre... Faut du cran (ou ne pas avoir de personnes dépendant économiquement de soi).
Pour ce qui me concerne, je ne crois pas avoir les qualités/compétences requises (notamment passer son temps à "se vendre" et être son propre commercial, s'occuper de gestion... chacun son boulot et ces compétences ne sont pas les miennes).
Tous ceux que j'ai connus dans ma branche qui faisaient ça bouffaient des nouilles et des patates, et encore, pas tous les mois. La plupart sont revenus au job salarié après quelques années à tirer sur les rames... Me souviens d'avoir du aider un confrère (un "consultant freelance" qui bossait dans la boîte où j'étais moi-même salarié) à déménager sa baraque en urgence un soir avant que les huissiers ne débarquent le saisir le lendemain matin (y'a longtemps, y'a prescription ;-), parce que son "E.U.R.L." buvait le gros bouillon, et que sa responsabilité ne semblait pas si "limitée" que ça... On avait mobilisé la moitié (sympa) du service informatique pour lui vider sa turne dans la soirée et lui stocker son barda au vert le temps que les choses se tassent... Et ça faisait des mois qu'il avait des emmerdes à n'en plus finir. Ça a un peu donné à réfléchir à tous ceux qui étaient présents et caressaient plus ou moins le projet de "se mettre à leur compte"...
Et en plus, le mec était plutôt compétent... mais se vendait plutôt mal.
Remarque, ça ne m'a pas empêché d'essayer de me monter plus ou moins "mon" truc quelques années plus tard en acceptant de m'associer à un type qui me le proposait... On a bu le bouillon, la totalité des économies de la famille Petaramesh y ont été englouties comme un seul homme, et après, sortez les rames.
Ça a fini de me calmer :-/
@ Christine : bien sûr ! On en retrouve d'ailleurs chez les adeptes de la joie de vivre...
*****
@ Swâmi: C'est ce que je dis : le secret, c'est de ne PAS investir. Et de ne JAMAIS faire de dettes. Surtout pas ! Ni dette, ni crédit.
Et de bosser chez soi (un seul loyer, une seule facture énergie/communication - qui peut passer en frais -, un à payer comme taxe pro, et basta).
Bon, encore une fois, c'est la nature même de mon activité qui me permet une telle légèreté. Et ce sera un peu différent quand j'aurai une ou des personnes à charge (mais je bosse pas encore à pleine capacité - puisque cela ne m'est pas encore nécessaire, ça fait que j'ai de la marge).
Au pire, qu'est-ce que je perds si mes clients ne me font plus bosser ? Je m'accroche un peu, (j'ai tout de même de quoi voir venir un chouïa), je re-prospecte plus intensément (ça, c'est vraiment le truc chiant, c'est vrai, mais bon... faut entretenir un réseau, surtout...), et puis quand il n'y a plus rien pour payer le loyer, ma foi ! je retourne faire serveuse, par exemple.
Cela dit, ça commence à bricoler de-ci, de-là, chez les indépendants, pour être moins isolés et peut-être mutualiser nos réseaux et nos compétences... avec un petit groupe, on réfléchit à ça (des locaux communs, pour ceux qui ont besoin de place, intégrer dans le collectif une commerciale, pour prospecter et assurer le suivi de dossier...). On va pas ré-inventer l'entreprise, mais se tenir un peu chaud.