Réflexion sur la beauté
Par Petaramesh le mercredi 28 novembre 2007, 23:46 - Non-dualité tout court - Lien permanent
Srî Minîshiva, "mon"[1] petit bonhomme de 5 ans 1/2 vient de débarquer en pyjama dans le salon, oscillant comme une algue dans le courant de son sommeil.
- Tu peux me donner de l'eau ? J'ai soif.
En l'abreuvant, attendri devant sa petite bouille, je me disais que si on était capable de voir chez tous les autres la beauté intérieure et extérieure aussi instinctivement et profondément qu'on la ressent en contemplant ses propres mômes, l'humanité ne serait pas loin d'être sauvée...
Hélas, on en est loin.
On dépense chaque jour tellement d'efforts pour avoir l'air le plus moche et le plus fermé possible et ne voir chez autrui que le strict aspect utilitaire de ce qui nous sert ou qui nous contrarie... Qui voit-on vraiment ?
S'exercer à voir, ce n'est pas forcément instinctif, mais c'est un bon début.
Notes
[1] Ce possessif étant bien entendu totalement inapproprié, un être vivant n'appartient à personne, et surtout pas à ses géniteurs :-)










Commentaires
Petite citation d'Hannah Arendt, que j'ai lue il ya pas longtemps, je'n'sais plus trop où : " Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues!"
Oui je sais, ça ne répond pas à la question de la beauté, intérieure ou extérieure ou les 2, mais ça viendra plus tard! C'est joli ton expression, à propos de ton petit bonhomme :"..oscillant comme une algue dans le courant de son sommeil...!". Il y a des fois tu devrais écrire ! A plus.
vieil anar
La je rejoins viel anar.Très belle image.
Dans le genre Nougaro dans "plume d'ange": le visage obscurci de cheveux, d'araignées de sommeil...
Ah, la beauté intérieure...j'avais un beau sujet de dissert là-dessus hier matin, où je fus embarqué (malgré moi) dans une réunion d'un style à laquelle je participais pour la 1ère fois, et qui dura 4 heures ...pff !
J'étais là comme caution technique à une bande composée pour moitié de l'équipe vente de 'grosfabricantd'imprimantes' associée à 'grosdistributeurinformatique' face à l'équipe chargée d'évaluer la proposition commerciale chez 'exétablissementpublicquiveutdevenirunebanquecommelesautres'.
Il y avait là un joli minoi d'acheteuse qui malgré ses yeux de braise lançait force missiles à la partie adverse et à sa droite un cadre qui se la pétait grâve et avait lui aussi force munitions; est-ce que son agacement était simulé ou réel ? est-il vraiment aussi con/chiant/rabas-joie dans la vie ? Et miss beaux-yeux, comment est-elle dans la vraie vie lorsqu'elle cesse de vouloir être méchante ?
Et tous mes voisins qui s'excrimaient à paraître respectables et impeccables, si sûrs de leurs discours, qu'elle allure ont-ils lorsqu'ils rentrent chez eux le soir, fourbus de cet exercice imposé ?
Oui, toutes ces question j'ai eu le temps de me les poser, puisque j'ai du dire 3 mots en 5 secondes de temps de paroles que l'on m'accorda.
Je fais un métier formidable...payé au lance-pierre...mais ça va changer, na ! (enfin j'espère...)
le nain -quasi du même âge- qui nous a colonisé dit régulièrement ceci : "fais toi belle maman, souris moi!"
Bé, tu lui donnes à boire alors même qu'il n'a pas prononcé le mot magique ? Pitaing, quel laxisme ;-D
Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.
C'était un Espagnol de l'armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.
Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire »", dit mon père.
Belle méditation...
De qui est-ce?