Pédophilie : Le Grand Politicard Circus
Par Petaramesh le lundi 20 août 2007, 19:08 - Râleries dualistes - Lien permanent
Nicolas Sarkozizy, le plus navrant américain de nos présidents, a encore frappé...
Après cette sinistre histoire de pédophile tout juste sorti de taule qui a agressé un petit gamin il y a quelques jours, nos politiques nous montrent, comme à leur désormais triste habitude, qu'un problème de société ne se règle pas au long cours et sur le fond, mais plutôt par un grand battage médiatique et législatif - une loi de plus qui ne sera pas appliquée ! [1] - en réaction à l'évènement, pour faire les cadors devant les pousse-micros.
En revenant du boulot, j'écoutais donc France-Intox, et qu'apprends-je des mesurettes annoncées cette fois par notre Très Américain président ?
- Preumzio :
Les pédophiles ne bénéficieront désormais plus de remises de peine !
Trop utile, ça : Celui qui vient de récidiver un mois après sa sortie venait de tirer près de 20 ans de gnouf. Il est sûr que si on l'y avait laissé croupir 2 ou 3 ans de plus, la face des choses en eût été changée.
- Deuzezio :
Désormais dès leur sortie de taule, les pédophiles seront confiés à des hôpitaux psychiâtriques "fermés" où ils seront soignés tant qu'ils seront jugés dangereux.
Très fort ça ! Après que les affreux personnages auront tiré 20 ans, on commencera à songer à les soigner ! Euh, mais ne serait-il pas préférable de les soigner tout de suite, dès leur condamnation ? Ben non, là, on fera comme maintenant : on les laissera croupir 25 ans en taule[2] sans le moindre soin digne de leur pathologie, et on commencera à penser à les soigner après...
Rappelons juste quelques petites choses que tous les juristes savent mais que nos politiciens de plateaux de télé (souvent juristes eux-mêmes) feignent toujours d'ignorer pour flatter démagogiquement le peuple de cons qui les a élus :
- La justice n'a "pas vocation"[3] à être une vengeance. Elle n'a en particulier pas pour rôle de "venger" les victimes - d'ailleurs, un tort aussi grave soit-il ne se résout pas par la vengeance, du moins n'est-ce pas le rôle de la société, par le truchement de la "justice" de commettre une vengeance en se substituant à la victime.
- La "justice" a pour objet de :
- Mettre un terme à un trouble infligé à la société (et seulement indirectement à la victime, en ce qu'un trouble infligé à une victime est source d'un trouble social).
- Infliger une punition à l'auteur de ce trouble (si tant est que cela serve à quoi que ce soit... On se le demande). Le fauteur de troubles une fois puni est supposé s'amender. Ça ne fait que 10 siècles qu'on sait que ça ne marche pas, mais on continue de faire comme si ça marchait. la punition est une invention de droit quasi-divin, faut croire.
- Mettre le fauteur de trouble dans l'incapacité de persister à troubler "l'ordre public" tandis qu'il est incarcéré.
Quid des pédophiles dans ce cas ? Sont-ils des malades - ce que le sens commun nous fait tous supposer - ou sont-ils des criminels ? Pour être un criminel, il faut avoir le libre-arbitre de ses choix.[4] Si par contre le prétendu criminel subit la pression de pulsions irrésistibles plus fortes que sa volonté propre,[5] alors il subit ses actions lui-même plus qu'il ne les commet, poussé par des pusions irrésistibles, caractéristiques d'une maladie mentale.
Il paraît évident que le pédophile est soit un criminel, soit un malade, il peut difficilement être considéré comme les deux.
Punir un malade a-t-il un sens ?
Mais qu'envisage aujourd'hui notre mini John Wayne national ? De les punir d'abord comme des criminels (donc, pas malades...) puis de les soigner 20 ans après, et aussi longtemps qu'il faudra. Et ça ne fait tiquer personne, en tout cas pas les aimables pousse-micros qui rapportent ces propos...
Remarquez bien que le suivi médical des pédophiles est aujourd'hui très efficace, puisqu'on apprend que le Viagra trouvé en possession du pédophile récidiviste lui avait été prescrit avant sa sortie... par le médecin de la prison ! Trop too much fort !
Pour se blanchir, le médecin affirme qu'il n'avait pas accès au dossier judiciaire de son patient. Ben non, en 20 ans de taule, le médecin n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle ce type était là. Alors, vous prendrez bien un peu de Viagra pour la route ?
Est-il utile de voter de nouvelles lois à la con quand on assiste à pareilles absurdités qui n'auraient pas besoin de lois si on voulait y mettre bon ordre...
Ah, puis on nous apprend aussi que le premier "hôpital fermé pour pédophiles récidivistes" ouvrira en 2009... A Lyon.
Bon, ben j'ai deux ans pour transformer mes Nains en ceintures noires de Tae Kwon Do... Gasp.
Notes
[1] Actuellement, environ 50% des lois votées ne sont jamais appliquées...
[2] N'oublions pas que la France a le honteux privilège d'avoir les prisons les plus pourries d'Europe.
[3] Je cause le sarkozien dans le texte, si je veux !
[4] J'ai cependant souvent affirmé ici que, de mon point de vue et de manière générale, le libre-arbitre est une pure illusion.
[5] Si tant est que cette notion ait un sens...










Commentaires
C'est exactement ce que je voulais écrire!
Très juste. J'ai bien rigolé à la lecture de votre billet !
Cette affaire montre une chose assez dure à avaler mais bien réelle: ce que les médecins savent de la pédophilie ne permet pas de la juguler. La castration (chimique ou chirurgicale) tombe à côté de la plaque quand il s'agit de la pulsion. La pulsion est bien telle que vous la présentez: "irrépressible" ! Et cela tourne à la mascarade si les médecins s'entêtent à imposer ce genre de traitements. Donc, une des solutions passe plus par l'asile au sens historique et classique. Mais, ce n'est pas dans l'air du temps d'augmenter le nombre de lits hospitaliers. Pour des pédophiles, pensez-vous chère Madame !
Ce qui est encore remarquable, c'est que la deuxième mesure proposée par notre nabot en chef consistera dans les faits à incarcérer jusqu'à leur mort les gens jugés coupables et ceci hors du cadre judiciaire puisque ce seront des médecins et non des juges qui décideront de la "dangerosité" de leur "client". Heureusement qu'on n'est pas en démocratie, sinon on pourrait se poser des questions...
Autre chose encore... ce dernier show répressif témoigne de la dernière mode législative : on légifère à partir des cas exceptionnels. J'attends avec impatience que cette mesure soit étendue en douce à des criminels / malades moins honnis que les pédophiles (qu'on nous présente toujours comme les pires monstres du monde... sans jamais oser les comparer avec les marchands d'armes, par exemple). C'est ce qui c'est produit avec la loi qui rendait le fichage génétique obligatoire.
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C'est exactement ce que seront les futurs : des oubliettes en blouse blanche, revêtues d'une dénomination socialement acceptable au XXIe s. Un peu comme les pays émergents, les S.D.F. ou les personnes souffrant d'un déficit de mobilité... Le référentiel bondissant n'est pas loin !
Mon ange, vu le mal de crâne que je me tamponne actuellement (ce qui m'arrive de plus en plus souvent, gloup's, peut-être devrais-je consulter ?), je ne suis pas en mesure de commenter intelligemment (si tant est que cela me soit déjà arrivé !) cet excellent billet (comme
toujourstrès souvent). I'll be back... I hope ;-}Cette histoire de viagra c'est vraiment portnawak, de toute façon c'est en vente libre, n'importe quel médecin aurait pu lui en prescrire, n'importe quelle pharmacie pu lui en fournir : je ne crois pas qu'il ai ai une liste noire des individus interdits de viagra.
Par contre, lacher dans la nature un type qui a déjà récidivé, qui n'a pas été soigné, et sans aucun suivi, c'est vraiment criminel.
Rappelons qu'au moyen âge le taux de récidive était assez bas, puisqu'on pendait haut et court, qu'on brulait, qu'on rouait vif, qu'on écartelait, tous les délinquants/criminels qu'on prenait.
Au moins, à l'époque, on savait s'amuser...
Ce qui est "réjouissant", aussi, c'est de voir la rapidité pour prendre la décision. L'Homme est parfait, il peut prendre une décision sur ce sujet en moins d'une heure, sans réunir de médecins, de spécialistes divers et variés, sans organiser de débats.
J'ai eu des débats sur le sujet... qui commençaient par "faut rétablir la peine de mort". Pour réussir à récupérer le coup et tomber sur un semblant de consensus un peu humain, c'est impressionnant tout ce qu'il est nécessaire de rappeler, de la raison pour laquelle les peines de prison ne sont jamais éternelles, jusqu'aux raisons qui font qu'on ne tue pas les gens... jusqu'aux raisons qui font que la vengeance ne sert à rien. On est passé aussi par l'idée selon laquelle les mesures d'exceptions du jour pour les pédophiles allaient être appliquées tôt ou tard au prochain fait divers suffisamment moche pour susciter de l'émotion... genre la nana violée par les 50 passagers dans un train de banlieue, puis jetée par la porte du train... ou la petite vieille morte attachée à sa chaise et gisant dans ses excréments de 15 jours (durée pour qu'une personne vienne lui rendre visite après qu'elle ait été été cambriolée puis attachée par un multi-récidiviste).
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Notre Petit Guide est Omniscient, Infaillible. La Vérité Révélée sort de sa bouche... Il sauvera la Nation ! Salut à Notre Petit Guide !
Cependant, on sait au moins une chose, c'est qu'en protégeant correctement les enfants le plus tôt possible (je dis bien en les protégeant, pas en les fichant) on réduirait considérablement non seulement le nombre de pédophiles, mais le nombre d'adultes souffrant interminablement de leur enfance gâchée, et dont la souffrance se retourne en agressivité contre eux-même souvent et contre les autres quelquefois.
Rendre les enfants heureux par une vraie politique de prévention, nous en av(i)ons les moyens, nous les restreignons au lieu de les améliorer. Mais bien sûr, ce thème n'attise pas la violence des foules comme celle du haro sur le pédophile vrai ou fantasmé. Donc ne sert pas les intérêts de nos sinistres salopards.
La plus sinistre saloperie étant de laisser croupir un mec 20 ans en tôle et de le soigner ... APRES!
Le contentieux entre les psy et l'actuel président est déjà bien lourd. Voilà qui ne va pas arranger les choses.
C'est un autre exemple de la rupture présidentiel par la régression : re-criminaliser la maladie mentale ou comment faire du neuf avec du vieux et abolir des conquêtes médicales.
D'ailleurs, doter la psychiatrie de moyens, quelle idée ! On va quand même pas dépenser des sous pour aider ceusses qui ne pensent pas normal ! Allez ! tous à Cayenne ! (pour reprendre l'allusion du Dr Sylvie Balanger dans le Figaro) Au moins, ils travailleront plus pour gagner rien. Et comme le travail est la solution à tous les maux...
Certains psy évoquent les ravages de la perversion narcissique au sommet de l'état. Quand on connait la souffrance de ceux qui en sont victimes et leur difficulté à échapper au manipulateur destructeur auquel ils ont souvent lié leur destin, peut-on, légitimement, s'inquièter de l'avenir ?
(complément)
Je crois quand même qu'il y a des équipes très solides (peu, hélas, et dotées de peu de moyens) qui travaillent, et depuis de nombreuses années, sur la thérapie des pédophiles en prison et à leur sortie. Un journaliste digne de ce nom pourrait peut-être en faire état?
Mais là encore, vu que ça n'attise pas la haine des foules, et que ces gens-là risquent d'être moins péremptoires que ceux qui n'y connaissent rien, aucun intérêt pour les larbins de nos sinistres salopards.
Mais euuh... qu'est-ce qu'il t'a fait John Wayne ??
Rue 89 est allée au Canada
Après la nausée ressentie à propos de l'acte de ce malade contre le petit garçon, c'est le dégoût quand j'entends Sarkosy se repaître de ce fait divers pour sa gloriole : "JE...JE....JE..."
Ce Sarkosy est aussi un malade et il refuse les soins !
Au secours, je n'en peux plus et ça ne fait que commencer..........
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Il faut mettre un grillage autour ? C'est les marchands de grillage qui vont être contents...
poser les bonnes questions ... :
quid de la gentille voisine qui a vu le mioche avec un inconnu et qui a pas moufté ?
elle doit être de ces adeptes de la charia qui se délectent à l'idée de la castration ...
quid des délais ubuesques de mise en route du plan alerte enlèvement ?
7 heures entre le début des recherches et le petit message sur les télés radios ...
Et peut être surtout quid de cette indignation contre l'enleveur violeur de mioches alors que dans l'immense majorité des cas le monstre est tout bétement papa ou maman ???
en prime, une autre bonne question :
comment on fait pour mener une psychothérapie sous la contrainte ?
je connais 2-3 psy qui aimeraient avoir un mode opératoire de la part de naboléon 1er ...
pis comme chuis pas chien, je vous en sert une dernière ... :
quid de la souffrance future de la victime en raison de la surmédiatisation gerbeuse de son histoire ???
En mixant un peu des déclarations de Joe Dalton avec le scénario de " très bien, merci 1/ ", l'avenir me fait froid dans le dos. Le Camembert National à fait de la justice une vengeance et comme tu l'as si bien dit, tant pis pour ceux qui avaient passé des années depuis l'abolition de la peine de mort a expliquer pourquoi il était indispensable de ne pas y revenir. Clic-Clac, quelques drames bien réels, et quelques larmes de crocodile, et on propose d'abandonner les principes fondateurs de la justice au profit d'une démagogie sans limites, même pas celles de la décence. Encore quelques occasions de ce genre et je vois bien ce Naboléon démarrer son nouvel empire place de Grève, sabrant le champagne autour d'une guillotine fraîchement dépoussiérée.
c'est difficile d'avoir un avis objectif dans mon cas, mais tout de même... La part de moi qui veut savoir ces malades enfermés ou morts, surtout incapables de nuire à nouveau, cette part de moi donc ressent pleinement le danger qu'il y a à concevoir des lois aussi radicales et floues que celles proposées ici, pour ceux qui auraient à en subir le joug par erreur ou encore par malveillance. J'attends de voir la tête du législateur devant tous les cas particuliers s'engouffrant dans les formulations imprécises des textes pour en changer radicalement les implications... Je regrette que " faire de mauvaises lois " n'ait pas le statut de trouble de l'ordre social que cela mérite !
Je voudrais dire aussi que ne sais pas ce qu'il faut faire de ces malades, je sais, en revanche, qu'il est possible de protéger les enfants et de les aider à guérir de leurs souffrances : s'il y a une chose dont la pédophilie se nourrit, c'est du silence. Le rompre ou refuser qu'il prévale vaut assurément tous les grillages titanium de la planète.
1/où un homme qui s'oppose à un contrôle d'identité se voit emmener au poste, puis en clinique psychiatrique pour un refus d'obtemperer qui n'a pourtant pas eu lieu, et tombe dans une spirale infernale en perdant son emploi, entre autres.
C'est drôle comme Outreau est oublié, effacé des mémoires, hop! d'un coup....
Et pas un journaliste pour
imaginerdire qu'on aurait pu et qu'on pourra castrer chimiquement des innocents!!!Pour transformer tes nains en ceinture noire de tae-machin, je suis sur que tu vas y arriver.
Pour ce qui est des paroles (comme la chanson de Dalida) le nain cryptofasciste y arrive très bien aussi.
Pour les échanges, je pense que vous avez à peu près tout résumé. Détail technique cependant, pour avoir bossé dans la pénit pendant 2 ans (nan, nan, pas surveillant de prison, mais un truc de l'éducation nationale) je peux simplement apporter 2 où 3 lumières. Pour rester terre à terre, c'est un lieu dans lequel bossent diférents 'services' d'état où privé : justice, insertion, éducation, médecine, restauration, sport...
Toutes ces personnes se voient rarement ensemble, échangent donc peu, si ce n'est au cours de longues et très formelles réunions. Du coup, chacun tire à hue et à dia de son côté sous le regard 'bienveillant' des personnels de la pénitentiaire qui régissent tout cela et ont pouvoir absolu.
Du coup, il est commun (très) que des personnes gardent par devers elles des infos qu'elles ne passeront pas à d'autres pour cause de brouille personnelle/historique de relations entre leurs administrations respectives au sein du lieu d'incarcération et tout autres petits conflits et à priori égoïstes.
En règle générale, tout le monde sait pourquoi les détenus sont là, chacun a son approche, et chacun est libre de profiter au mieux de la marge de manoeuvre qui lui est laissée au sein de l'institution pénitentiaire. Et par un curieux effet boomerang, ces espaces de libertés professionnels sont en général surinvestis par les personnels concernés qui se réfugient ensuite sous le sceau du 'secret médical', secret tartempion pour ne pas faire partager aux autres ce qu'ils font comme travail.
Exemple bête : une personne qui fait faire du sport aux mineurs incarcérés ne connaît pas les produits qui sont donnés à ces derniers pour les soigner. Quelle est sa part de responsabilité si le minot au cours d'une activité foot à 2heures de l'après midi en plein caniard lui claque dans les pattes ? Pourtant il a demandé quelles sont les médicaments qui lui sont administrés, mais refus de lui répondre. D'un autre côté, les 'sorties' et activités physiques ne sont pas si fréquentes, alors que faire ? Priver le gamin ?
Exemple simpliste au possible mais qui illustre au quotidien de l'incarcération le mal qu'ont les uns et les autres à partager. Alors pour le reste...
Pour le futur, ben c'est pas les pédophiles qui sont le plus à craindre, le mal est ailleurs.
"comment on fait pour mener une psychothérapie sous la contrainte ?"
Je pense que quand Sarkozy parle de soins obligatoires, il ne pense pas à une psychothérapie mais plutôt à la castration chimique ou physique de force, et à abrutir les types à coup de pilules.
C'est bizarre cette haine des psy et cette foi envers l'inné chez Sarko. Des mauvaises langues diront que c'est une caractéristique qu'il partage avec les scientologues...
@ Swâmi:
Quel dommage que le très beau mot de "protéger" ait pris une signification tellement "grillagée"...
Protéger les enfants, c'est d'abord veiller à leurs conditions de vie, la base minimum, manger correctement, être vêtu, être logé. Tu admettras que dans notre société, quelques enfants n'ont même pas ça.
Ensuite, c'est créer autour d'eux une atmoshère propice. Qu'ils puissent dire leurs questions, leurs inquiétudes, que le monde prenne sens pour eux. Là, ce n'est pas une question de fric, c'est pour ça qu'il y a des enfants très mal traités dans tous les milieux. Et aussi, des enfants très heureux dans des milieux matériellement très démunis.
En fait, il faudrait relire avec sagesse les "Droits de l'Enfant", texte tellement galvaudé, décrié, mutilé, instrumentalisé. Droit à l'éducation, droit à l'instruction, droit de jouer, droit de se sentir en sécurité.
Et surtout les appliquer, point barre! au collectif comme à l'individuel... on en est encore assez loin.
Plus précisément face à la pédophilie (et bien sûr de façon sommaire et caricaturale) les enfants doivent en être informés sans en être obsédés. L'angoisse des parents et des enfants face à la pédophilie est le meilleur allié des pédophiles, elle crée une sidération de l'action et de la pensée, et aussi un manque de discrimination: si tout est dangereux, c'est comme si rien ne l'était.
L'excès d'obéissance aussi est dangereux. D'autant plus que les abus sur enfant ont très souvent lieu à l'intérieur du cercle familial ou amical. Et le refus d'écouter, de croire l'enfant: celui qui a fait l'expérience de cette absence d'écoute et de confiance hésitera à mettre en cause un adulte proche. Il sait que ça peut se retourner contre lui.
Paradoxalement, la haine que certains parents expriment contre les pédophiles en général peut inciter les enfants à se taire: j'ai eu, à plusieurs reprises, les confidences d'adultes abusés dans leur enfance qui se sont tus pour ne pas déclencher un cataclysme qu'ils jugeaient (à tort, bien sûr) hors de proportion avec l'atteinte subie.
Des enfants correctement protégés ont confiance dans leur entourage, mais pas aveuglément, et ils font passer leur propre intégrité avant le confort des adultes. Ils ont confiance en eux-même, en leur propre jugement, en leur valeur. Ils savent dire ce qui les inquiète, ils savent trouver l'interlocuteur approprié, ils savent aussi se protéger en silence dans certains cas où ils ne voient pas d'autre solution: ne plus rester seuls avec l'adulte concerné, mettre un autre enfant dans la confidence, dire ce qu'il faut pour"menacer" l'abuseur.
Bon, je me répète, c'est sommaire et caricatural. C'est plein d'inconnu un enfant, on n'est jamais sûr de rien. Heureusement, ils nous étonnent plus souvent par leurs compétences que par leurs manques.
Psychothérapie sous la contrainte?
Non, sans doute, car il s'agit d'une transformation intérieure sur laquelle la contrainte n'a aucune prise. Mais des recherches existent sur le thème de la thérapie dans un contexte "contraint" (prison, hospitalisation par décision extérieure au malade par exemple).
Quelle "adhésion" peut on obtenir, dans quelle mesure les effets positifs peuvent-ils être perçus du malade, comment obtenir sa confiance sur une base saine où précisément le contexte contraint n'est pas nié mais intégré.
Des tas de choses existent dont nos journalistes larbins ne nous informent pas. Ils préfèrent ressasser des histoires de Viagra, de récidive à empêcher (comme si les premières agressions étaient acceptables), ne se demandent pas si un mec libéré après 25 ans de tôle et 5 ans de psychiatrie sera vraiment moins dangereux qu'après "seulement" 17 ans.
Des tas de choses existent qu'on ne met pas en pratique, que des médecins isolés et pas soutenus essaient de faire vivre chichement. Diogène cherchait "un homme" avec sa lanterne. Déjà, si on pouvait trouver "un journaliste"...
@ mc ...
si la prison était une institution apte à faire intégrer la notion de culpabilité, ça se saurait ...
la prison est un monde ou la seule loi qui s'applique , c'est celle qui repose sur les comportements que l'on reproche à ceux que l'on y enferme ... genre "le seul coupable est celui qui se fait prendre" ; "dans la vie , y a des enculeurs et des pédés" etc ...
bon ... m'en vais faire un papier sur la reintroduction de la charia , moi ...
Et si l'on cessait de penser que la pédophilie se résume à une affaire de bite....Parce que castrer chimiquement ou autre ne supprime pas la notion de "désir"....Oserais-je dire que celà risque de rendre l'individu plus dangereux encore du fait des frustrations induites?Et que dire de la pédophilie féminine? Oui je sais, faut pas en parler, ça existe pas les "monstres féminins"......
je vis cette situation de pédophilie ( incestueuse) depuis sept 2005 dans ma propre famille sur ma fille adorée ...que je n'ai pas su, pu ....protéger de mon propre père, professeur émérite, officier des palmes académiques, décédé à la prison de CAEN en mars 2006, et que j'entends sans l'écouter , LE NAIN DE JARDIN, je vomis !!!
pardonnez ma brutalité ....mais ça me soulage .....amitiés
Comme l'a écrit quelqu'un plus haut, ce n'est pas après un temps de détention plus ou moins long qu'il faut songer à soigner, c'est pendant cette période d'enfermement qu'il faut agir; il faut que l'énorme contrainte que représentent les journées passées bloqué entre 4 murs soit au moins bénéfique pour le condamné.
C'est là qu'il faut du personnel compétant et bien formé.
Puisque dans cette société il faut raisonner "économique" avant de raisonner "humain", on peut sans trop se tromper, je pense, dire que tout investissement pendant la période carcérale trouvera son bénéfice à la sortie ... et pas seulement pour les pédophiles.
J'espère au moins que ce cas navrant ne mettra pas en cause les "permissions" et les réductions de peine.
Au fait, rien à voir bien sûr, mais des quasi-morts de l'ex Action Directe croupissent encore en taule.
Á partir du moment ou des soins psy sont nécessaires, le criminel n'a plus sa place en prison. C'est l'irresponsabilité pénale qu'il faut penser à constater.
L'irresponsabilité pénale ? "Vous n'y pensez pas cher Monsieur, et la douleur des familles ?"
Je suis bien d'accord avec toi, Yves. Et avec Swâmi et la plupart des commentaires précédents. Merci Swâmi !!! J'avais besoin d'un bon billet pour me remettre les idées en place après avoir aperçu 5 secondes du Honni en chef et tu as su exprimer ce que je n'arrivais pas à mettre au jour...
En tout cas pas facile le débat, même entre juristes on n'a pas la même vision de la sacrosainte Sanction et du traitement des "criminels-malades". Alors la vindicte populaire, tu penses bien...
Mais on va s'en sortir, hein, l'espoir fait vivre.
"Ils préfèrent ressasser des histoires de Viagra, de récidive à empêcher"
Excusez-moi de parler crument et corrigez moi si je me trompe : le Viagra, ça fait juste bander, ça donne pas envie de baiser plus que de raison ? Parce qu'on parle de ce toubib comme si c'était le complice qui avait fourni "l'arme du crime".
Petite expérience personnelle : dans ma ville, il y a un prof de sport qui a failli faire un mini Outreau à lui tout seul. Il a été mis en examen pour avoir "touché" des adolescentes. Je sais plus si c'est allé jusqu'au procès, mais sans faire de détention préventive faut voir comment ça l'a ruiné moralement. Dans les faits, il avait effectivement mis ses mains sur les épaules des gamines pour leur montrer comment taper dans une balle de golf.
Faut-il y voir un lien, dans cette même ville un autre prof de sport a pris 10 ans il y a quelques années pour des faits un peu plus sérieux.
Mais faut voir la psychose que ça génère cet étalage. Ma grand-mère qui était instit et qui a gardé des contacts avec le "milieu" me disait qu'en maternelle les institutrices n'osaient même plus tenir les gamins dans les bras.
Faudra que tu regarde les mots clefs qui génèrent des visites Swami. A parler de Viagra et de pédophilie, ça devrait donner des requêtes Google assez effrayantes.
Plusieurs choses en vrac :
connassefemme respectable.- réponse : Nicolas Sarkozy, bien sur, le type qui a recu Tom Cruize quand il était ministre des finances, il y a quelques temps...
La question de la responsabilité ou de l'irresponsabilité pénales mériterait d'être approfondie.
Une autre question est en interaction étroite avec celle-ci, c'est la question de punir (les coupables) par rapport à celle de protéger (les éventuelles victimes).
La question de la "prévention de la récidive" fait l'impasse sur la protection des victimes, puisqu'elle suppose qu'on attende qu'il y ait victime pour agir. Mais bien sûr, si l'on ne pense qu'à punir, on ne peut pas agir avant la faute (quoique...ils y pensent, soyez en sûrs).
Si l'on admet qu'on ne peut songer à punir quelqu'un qui n'est pas "responsable" de ses actes, que fait-on de la question de la protection? Et si en punissant quelqu'un on le rend encore plus dangereux pour l'avenir, ce qui est probable, que fait-on, là encore de la question de la protection?
Et s'il n'était plus du tout question de punir, mais de protéger, puis de réparer quand on a échoué à protéger? C'est à dire de prendre soin aussi bien de l'agresseur que de la victime? Car l'agresseur "responsable", aussi bien que l'agresseur "irresponsable" ont besoin qu'on prenne soin d'eux, autant que la victime.
Par ailleurs, est-ce bien raisonnable de faire connaître à la France entière, qui ne l'oubliera jamais vu le matraquage indécent dont il fait l'objet, le prénom d'un enfant de cinq ans, pour le coup complètement innocent et indiscutablement victime...
@ mc ... continue à gratter dans ce sens ....
quid des dégats collatéraux du pillonage médiatique sur les victimes et leur entourage ?
j'attend avec impatience celui ou celle qui questionnera notre société sur ses ambiguités ... qui la renverra à ses troubles ... entre temps à nous d'essayer de rester evéillés ...
je ne crois pas qu'il soit facile de protéger les enfants .....
il est extrêmement difficile pour un spécialiste ( pédopsy ou autre..)voire parfois IMPOSSIBLE de faire "parler" un enfant tant la perversion , la manipulation, l'égocentrisme ...de l'adulte agresseur a de poids sur l'enfant
même avec plusieurs années de prise en charge !!! par plusieurs psys différents ! l'enfant est capable d'enfouir au plus profond de lui même ces agressions et les symptômes développés ne permettent pas forcèment de COMPRENDRE les souffrances de l'enfant !
Sarkozy a de plus (j'ai vérifié auprés du cabinet de collomb avant que le communiqué officiel ne tombe) prévenu personne à Lyon avant de lancer son idée.
pour ceux qui veulent êtres utiles à la reinsertion des taulards, quels qu'ils soient:http://etu.univ-lyon2.fr/1127999476...
Quand à la peine/Il est terrible qu'aprés des années de ministère des amis de Sarkozy (Dominiqu Perben puis Pascal Clément avant Rachida Dati, nommée il y a peu) celui-ci veuille corriger les choses.Ses amis sont-ils tous des nuls.
http://www.lefigaro.fr/elections-le...
j'oubliais dans le genre sarko-glauque y'a ça
"ses amis sont ils tous des nuls"
Possible, ça expliquerait son couplet sur "la fidélité c'est pour les sentiments, les compétences c'est pour le gouvernement"...
@ anna:
Non, il n'est pas facile de "faire" parler un enfant qui a -ou croit avoir- de bonnes raisons de se taire. Il est souvent très conscient des conséquences de sa parole et peut donner le change ou brouiller les pistes avec beaucoup d'efficacité.
L'erreur, c'est peut-être de vouloir le "faire" parler. D'ailleurs, dans ce cas, si on réussit, il n'est pas rare que l'enfant se rétracte. Ce sentiment d'urgence, bien compréhensible, qui envahit les adultes à l'idée qu'un enfant est peut-être victime d'un abus, ce sentiment d'urgence fait peur à l'enfant, et peut le renforcer dans son silence.
Contrairement à ce qu'on croit, il arrive que l'enfant souffre davantage après avoir parlé. Par exemple, d'un sentiment de culpabilité. C'est à ce moment là qu'il aura besoin du soutien le plus attentif et le plus respectueux. On ne peut rien changer au passé, mais on peut changer la manière d'y penser. Et surtout, l'avenir reste ouvert. Les enfants ont des ressources immenses et surprenantes.
Tiens, en cet instant précis, je regarde Woodstock sur Arte. Eh bien, ça console de bien des vicissitudes de l'existence...
(Putaing, j'ai pas le DVD !?! Comment ça se fait que j'ai pas le DVD, dites ?)
(Merdre, en plus j'y étais pas... Mais c'est tout comme si. J'y étais dans une vie à peine légèrement antérieure...)
anna> il y a aussi de ces enfants qui ne rêvent que de pouvoir parler, qui savent qu'il faut le faire, mais que les adultes autour d'eux en empêchent avec véhémence car eux-mêmes ne peuvent accepter l'horreur de ce qui a été subi. Il arrive aussi que ces enfants ne puissent pas à la fois dépasser leurs propres blocages ET transgresser dans le même temps la forte règle tacite qui veut que le petit confort et la petite tranquillité de leurs proches ne souffre aucune jérémiade, quel qu'en soit le motif.
Il y a aussi ces adultes incompréhensifs approchés par des enfants intimidés mais courageux, qui prennent au pied de la lettre les premières tentatives maladroites de communication, expliquant à l'enfant avec beaucoup de condescendance qu'il n'a pas ainsi à venir discuter avec des adultes de lui même, que cela les dérange et qu'ils ont mieux à faire. Comment alors pour un enfant choisir d'insister et de dire " mais c'est important... "
Il n'est pas faux que pour les psy ça peut être compliqué de faire parler les enfants, mais c'est oublier le plus grave : qu'en premier lieu, pour qu'un enfant voie un psy, il faut qu'il ait pu, ou su, dévoiler à ses proches ce qu'on lui à fait subir, et il faut qu'ensuite ces adultes acceptent l'idée de faire quelquechose, d'agir pour régler cela, comme envoyer l'enfant chez un psy justement. tous ne le font pas, loin de là, et l'enfant qui lutte pour parler ne lutte pas seulement contre lui même dans un bon nombre de cas.
Marrant, ça; ça me rappel le film "Minority Report" (avec le scientologue pote de sa talonette dont il était question plus haut), et que j'avais justement été profondement géné par le fait que l'on punisse des gens pour des crimes que finalement ils n'ont pas commis, sans aucune notion d'aide ou de soins....
Faudrait que je lise le bouquin de Dick à l'occasion, voir comment c'est présenté avant la machine hollywoodienne et ce que lui en tire comme conséquances...
Sinon, 100% d'accord avec tout ce qui a été dit, cette histoire pue gravement, et finalement bien plus dans ces implications potentielles futures avec le nain aux manettes que pour l'histoire en elle même (pourtant déjà bien gerbante, et qui met en lumière nombre de disfonctionnements).
A suivre d'un oeil vigilant, donc...
Une autre chose reste encore très choquante dans cette affaire. Le fait que les médias n'épargnent pas le gosse et que 60 millions de Français soient au courant des sévices sexuels qu'il a subi... En Perfide Albion, il est absolument interdit de parler ou d'écrire quoique ce soit qui puisse être préjudiciable à la victime, et franchement, ce que les journalistes ne nous ont pas passé de détails sordides sur la découverte du gamin ne risque pas d'aider à la résilience de celui-ci.
Tu as raison, Amazone, jeter ce gosse en pâture à une opinion publique voyeuse et malveillante est un des points les plus sordides de cette histoire sordide.
On cherche toujours un "journaliste" qui soit resté un être humain.
Mais quoiqu'il dise de juste et de sensé, pourrait-il faire taire les autres? Déjà, Florence Aubenas avait essayé de ramener le bon sens et la raison dans les commentaires faits autour d'Outreau, qui connaît son travail? Même pas moi, je l'avoue à ma grande honte.
"Un médecin douteux en tôle (d'où il connait pas le dossier de son patient ?), pas de suivit de suite (au pire) à la sortie. Mais qu'est ce que c'est que ces conneries, sinon un problème de personnel surbooké, qui suit pas ses dossiers ? A part le coup du viagra qui est clairement de l'incompétence (en tout cas tel que présenté dans la PQM)."
D'après le serment qu'à prêté ce médecin, il doit traiter les patients sans aucune distinction. C'est pour ça qu'il a accès au dossier médical mais pas pénal. Ca me parait normal. Ce qui peut être soumis à débat, c'est si le fait qu'il soit pédophile aurait dû figurer dans le dossier médical.
Hier on a encore franchi un pas dans la connerie, puisque je sais pas quel journaleux a révélé qu'un pédophile du même profil que celui-ci allait être remis en liberté. Je sais pas ce qu'ils appellent même profil, mais il a vingt ans de moins que l'autre et a passé deux fois moins de temps en taule. Enfin bref, là n'est pas la question. Et là ils t'interviewent un gardien de prison qui soit-disant connait le parcours du futur remis en liberté et qui t'affirme en bon expert psychologique qu'il est qu'il y a une chance sur deux qu'il récidive. On est vraiment con de payer des toubibs pour faire ça. Yaka demander l'avis des matons !
J'ai regardé aussi Woodstock ,hier soir et je me disais "comment de tout ce qui s'est passé à cette période en est on arrivé à ce qui se passe aujourd'hui"
Parce qu'ils étaient déjà les plus nombreux... Beaucoup plus. Depuis toujours.
c'est vrai amazone jusqu'à ce cas l'identité de la victime d'un abus sexuel n'était jamais révélée dans la presse, pour sa protection. Même celle de l'auteur était tue au cas où il serait un proche et qu'on pourrait identifier la jeune victime. Mais avec la nouvelle alerte nationale, on donne son nom... Pourtant en diffusant sa photo ça devrait suffire, non?
(Accord avec Amazone 00:09)
Sur le rideau de fumée politico-juridique qui s'élève de l'Elysée et autres lieux avec cette affaire, lire dans le Canard Enchâiné le papier de la sympathique Dominique Simonnot.
Depuis qu'un certain nombre de gens de Libé sont passés au Canard, je trouve que le volatile a monté en puissance, qu'il a ajouté à potins et vachardises des dossiers solides. Résultat pour moi : j'ai viré tous mes abonnements sauf celui-ci.
PS Guérir un pédophile* de sa pédophilie, c'est comme demander à un type de 1m70 de faire 1m60. Ou 1m80. On ne le guérit pas de ses pulsions, on arrive juste à l'amener (parfois) à les contrôler.
Il y a quelqu'un dont on ne parle pas beaucoup actuellement, c'est Cyrulnik. Lui vous expliquera qu'on revient de tout et même de l'enfer, si on y est aidé. Jusqu'ici, le petit X... semble avoir surtout rencontré des gens qui vont tout faire pour qu'il garde son statut de victime exemplaire.
Woodstock: Jimi Hendrix inoubliable, la pluie, les hippies, libres, qui dansaient dans la boue...j'avais 12 ans, j'étais fascinée, il existait un autre monde...
sur le thème du billet, total accord avec ton analyse
il me vient autre chose de Woodstock: la voix de Neil Young, A long time gone
Namaste à toi Swâmi
Ce n'est pas exact. Il arrive fréquemment qu'un enfant rencontre un psy simplement (?) parce qu'il est en souffrance et en donne des signes évidents et bruyants. Souvent, les signes que présente un enfant abusé sont très énigmatiques et disproportionnés avec ce que l'on sait du contexte. Pas obligatoirement à caractère sexuel, de même qu'un enfant non abusé peut présenter des troubles à caractère sexuel.
Dans ce contexte, le diagnostic n'est pas simple et il ne faut surtout pas "faire" parler l'enfant, mais créer autour de lui un climat d'écoute, de compréhension et surtout de sécurité afin qu'il s'autorise à parler. Ce qui est compliqué, c'est que la rupture du secret aura pour l'enfant des conséquences très dures, dont on ne pourra pas obligatoirement lui promettre de le protéger.
"Faire" parler l'enfant présente un double risque, une révélation qu'il ne sera pas en mesure d'assumer, et qu'il rétractera (la pire situation pour lui) ou une fausse révélation car les enfants sont influençables et ne font pas toujours la différence entre ce qu'ils imaginent et ce qu'ils vivent. Dans les deux cas, on restera dans le doute: quand a-t-il dit vrai?
Namaste à toi, Céleste :-)
J'ai rien compris. Je croyais que Mr S voulait enfermer les enfants.
Oui, les enfants aussi. Mais seulement ceux qui ont fait des grosses bêtises, comme voler un truc, insulter un prof, voyager sans payer.
Mais on les mettra pas avec les pédophiles. Promis juré !
Enfin, sauf s'il n'y a plus de places en taule.
Quoi ? Il y en déjà plus !?
Bon ben alors on verra... finalement, mettre des mineurs délinquants dans la même cellule que des pédophiles, ça pourrait servir de thérapie aux deux, non ?
Non ? Bon, alors je sors.
Et si on faisait croire à l'Italie que la moitié de nos prisonniers sont d'anciens membres des brigades rouges déguisés ?
"A part le coup du viagra qui est clairement de l'incompétence"
Evrard,outre ses penchants sexuels très dommageables pour autrui, semble porteur d'une structure perverse. C'est à dire être maître en manipulations et savoir jouer des faiblesses, souvent émotives, de son entourage. J''imagine assez la jouissance qu'il a du éprouver quand les médias se sont jetés avec avidité sur son "aveu" de multiples agressions sexuelles.
Les psy se font avoir l'une ou l'autre fois, alors un médecin non formé à ce genre de pathologie et travaillant sans le soutien d'une équipe pluridisciplinaire !
Quand à ce malheureux gamin, je lui souhaite de trouver le chemin de la resilience. Car, non seulement, il a subit l'envie de pouvoir d'un autre être humain, mais sa vulnérabilité n' a pas stoppée des hordes de pervers, qui, s'ils ne sont pas sexuels, n'en sont pas moins redoutables, surtout s'ils possèdent déjà un certain pouvoir.
Accessoirement, je garde l'espoir que les retours de bâton ne sont pas loin. En particulier, que beaucoup de citoyen, comme a su le faire la femme du marin coulé par un pavillon de complaisance, sauront manipuler NS pour leur propre intérêt, jusqu'à ce qu'il soit obligé de déclarer forfait. Même s'il ne reconnaitra pas que ce n'est pas dans le rôle d'un chef d"Etat de jouer les Zorro pour chaque cas particulier, médiatisable. On sait déjà ce qu'il va dire, s'il est réduit à l'impuissance : c'est pas moi, c'est l'autre.
Tiens, j'apprends sur France-Intox que le pédophile qui devait être très prochainement libéré se voit infliger une rallonge de peine pour . Quelle belle coïncidence ! Admirable ! C'est ce qu'on peut appeler payer l'addition pour un autre, ou je ne m'y connais pas...
Bien plus inquiétant : Notre Mini-Tyran (Qu'il Nous Guide Et Nous Protège ! Que Son Nom soit loué !) vient de faire une nouvelle bulle : Il veut désormais faire passer en jugement les personnes déclarées pénalement irresponsables...[1] Le tout au nom des victimes, bien sûr ! Nous voilà de retour au moyen-âge.
Eh bien, puisque nous sommes au moyen-âge, je propose que, comme au moyen-âge, nous jugions désormais aussi les animaux, des fois qu'il y aurait des victimes, y'a pas de raison !
Ah làlà, làlàlàlà... Il y en a qu'il est bien dommage que leur mère ait omis de congeler, tiens...
[1] Justement, à ce propos Eolas nous en remet deux petites couches
Il y a de charmants compte-rendus moyen-âgeux de procès intentés à des animaux, et une délicieuse chanson populaire sur le procès d'une chèvre:
"Puis elle ouvrit le code et regarda dedans et vit que son affaire allait fort tristement, lors elle ouvrit la porte et prit la clé des champs, ballotant d'la queue et grignotant des dents".
Je pense qu'on pourrait également assigner les ouragans et les tsunamis, ce qui éviterait d'importuner Georges Bush et les destructeurs de récifs coralliens, et pourquoi pas les pétroliers pourris (je parle des navires) ce qui éviterait d'importuner les pétroliers pourris (je parle de ceux qui sont totalement et finalement irresponsables).
Swâmi écrit : "Eh bien, puisque nous sommes au moyen-âge, je propose que, comme au moyen-âge, nous jugions désormais aussi les animaux, des fois qu'il y aurait des victimes, y'a pas de raison !"
Victimes, c'est déjà fait, pensez au bébé défiguré par un pittbull. Allez, pendaison en place publique pour Médor ! Avec la tronche de cauchemar, qui l'attend pour le reste de ses jours, elle risque encore moins que le petit X... d'oublier ce qui lui est arrivé. Bon, au moins elle ne risquera pas de faire b... les potes à Françis...
Au fait pourquoi que mon Nico il est pas allé voir Miss Mini-Quasimodo ? La peur ? Surbooké ? Parce que entre lui et un pitbull y a pas lerche de différence ?
à mc ...
mais s'il m'en souvient bien :
c'était une chèvre de fort tempérament ....ballotant de la queue et grignotant des dents !!!
"Nous voilà de retour au moyen-âge."
Ah, bon notre superprésident a inventé la machine à remonter le temps. Chic, on va pouvoir faire du tourisme temporel.
Trêve de plaisanterie, bien que pressentant la chose, je suis effondrée.
J'espère qu'on a touché le fond, qu'il va s'arrêter là, ou bien qu'on va l'arrêter.
Où sont les gardes-fous ?
Y a pas un truc permettant la destitution pour irresponsabilité decomplexée ?
Sur ce sujet, je voudrais parler de la façon dont on traite les victimes, la juste mesure à trouver entre le déni et le surinvestissement, et de toute façon le respect qui leur est dû.
Souvenez-vous (eh oui, la course médiatique à l'émotion, son tourbillon, font qu'on a déjà oublié) de l'enfant de 12 ans qu'un gourou pédophile a fait enlever à la Réunion. Il a eu beau dire (12 ans, je rappelle) qu'il n'a rien eu, il a dû subir (verbe employé par le procureur) des examens hospitaliers. Quand on sait que ces examens consistent entre autres à une anuscopie (et quand je pense à ce que je ressens, moi adulte, quand on tâte ma prostate), on se dit que la violence qu'il aurait pu subir, il en a subie une comparable à l'hôpital. Et, psychologiquement grave à mon avis, 1. on ne l'a pas écouté, 2. on ne lui a pas fait confiance, 3. on l'a contraint. Dites-moi, pour un et trois, que fait d'autre un violeur ?
Je me permets de dire tout ça car j'ai eu, dans mes élèves, un enfant agressé par un instit. Oh, "seulement" des attouchements, mais qui ont suffi à le ravager : cauchemars, mutisme, chute scolaire, refus de dénoncer son agresseur, d'aller au procès, et bien sûr, refus de parler au psy. Sur ce dernier point, je leur ai conseillé (avec d'autres) de ne pas insister, de "donner du temps au temps", de continuer à le soutenir (très dur, avec un môme qui ne veut même plus que ses parents le touchent), et de se concentrer sur le procès, qu'il voie - à la diffférence d'autres enfants de l'affaire - que ses parents le défendaient). Il a évolué, il a accepté de témoigner aux procès (condamnation en appel). Et surtout, sa résilience est en route, moi je l'ai aidé un moment en lui faisant faire du théâtre, il va mieux et son sourire n'est plus un sourire triste. Mais bien sûr, on (ses parents et ceux qui les soutiennent) n'a pas abandonné l'idée qu'il puisse, le jour où il va mal, demander à consulter un psy.
Voilà. Dites qu'on se la pète, mais je trouve que notre travail de micro-chirurgie est largement plus efficace et surtout respectueux que les coups de bulldozer sarkozo-réunionnais.
La vie est une loterie. Le chemin de la resilience aussi. Il nécessite de trouver sur sa route des êtres avec de réelles qualités humaines, capables de cette "micro-chirurgie". Ce gamin a de la chance.
C'est tellement plus facile de détruire, ça ne prend pas de temps. Mais reconstruire, que de patience, accepter les retours en arrière, ne pas se décourager, savoir qu'on ne réussira pas forcément, mais le faire quand même.
Et le respect, c'est fondamental; se sentir respecter, réellement, même par une seule personne, c'est déjà le début de la reconstruction.
Mr Sarkosy, c'est le mépris, la course, l'écoute confisquée par la star-ac et le Q.H. au niveau de la paramécie.
On progresse, on progresse... Après Nabotléon qui veut désormais juger les dingues, j'apprends aujourd'hui par l'irremplaçable lecteur de communiqués de France-Intox que désormais, en Suisse, les animaux maltraités auront le droit à un avocat pour les répresenter au procès de leur bourreau :-}
Bientôt, tu emplâtres ta bagnole dans un lampadaire, ta bagnole te fera un procès...
Question pertinente cependant de mademoiselle Patâpatî (qui s'est convertie au Boudisme : elle a boudé pratiquement toute la journée...) :
Comment le clébard paiera-t-il son avocat ? Avec un nonosse ?
Isadora, nous ne sommes pas des héros, mais simplement des gens honnêtes. Et il y en a plus qu'on ne le croit.
Mais il est vrai que dans la même affaire, des parents n'ont pas voulu porter plainte. Au deuxième procès, un père ne s'est pas déplacé. Ces gens ignorent que le pire est devant eux, que leur enfant leur fera payer très cher cette lâcheté. Que, malheureusement, c'est lui qui paiera le premier.
Oui, je confirme, ce travail à long terme, respectueux des enfants et du rythme du temps, est beaucoup plus efficace et moins iatrogène que ces méthodes de cosaque. C'est valable aussi dans bien d'autres domaines (exemple le travail social et éducatif au quotidien par rapport aux tonitruances sur dalle d'Argenteuil). Mais bien sûr, seul le spectaculaire et l'excessif intéressent à la fois nos (?) politiques et nos (??) journalistes.
Il est vrai qu'en général, si le bruit ne fait pas de bien , le bien ne fait pas de bruit.
Hébé, , voilà un mot qu'on ne lit pas tous les jours (sauf quand on est abonné à la Revue freudienne)... C'est quand même un ashram de haute qualité philosophique, ici :-}
Il ne pourra plus le faire, la gamine est décédée.
C'est quand même un ashram de haute qualité philosophique, ici :-}
Oui, Swâmi. On y réfléchit, on n'y poste pas des horreurs comme sur les forums où certains veulent exterminer les pédophiles en leur infligeant les pires supplices. Barbarie contre barbarie.
Et c'est pour ça que j'ose mettre ici ce qui suit.
Les atteintes sexuelles sur enfant ont été longtemps quasi-ignorées. Certains dans les années 70 les ont même "comprises" (pétition de soutien à des pédophiles emprisonnés, signée par de Lang, Kouchner, BHL, Sollers, Guattari, etc). Mais elles sont devenues, après l'horrible affaire Dutroux, le mal absolu. Et dire ça permet à certains de relativiser les autres atteintes, morales ou physiques.
Parmi mes amis j'en ai un (depuis une dizaine d'années) qui m'a raconté un jour (non, il lui en a fallu plusieurs) cette douloureuse histoire.
Il est divorcé, deux enfants. Avec son fils, de maintenant plus de trente ans et deux enfants qu'il élève bien, il a eu des gestes incestueux. "Heureusement", il n'a pas dépassé les attouchements. La vie a continué après le divorce (l'enfant avait treize ans). Après une période dure à l'adolescence, leurs relations sont devenues bonnes, faites de confiance et de respect ("chaque fois que je passe en train devant chez toi, je regarde pour voir si tu es dehors"). Mon ami pense que c'est ainsi parce qu'il a voulu compenser ce qu'il avait fait en essayant d'être un bon père. Et il y a deux ans, son fils l'a interrogé sur le passé. Le père, soulagé, a parlé. A demandé pardon. Pardon fut accordé.
Alors que mère-fils, ce fut très dur et c'est devenu pire (son fils la nomme "cette personne"). Femme et mère castratrice, égocentrique, brutale physiquement, dominatrice ("t'es vraiment plus con que la moyenne"), qui n'a jamais digéré son enfance de petite fille mal-aimée par un père à la fois absent et tyrannique et une mère en permanent retrait. Il ne la voit qu'une ou deux fois par an et par obligation familiale (les petits-enfants) et ça se termine toujours par des mots définitifs.
Et la seule chose sur quoi mon ami "se bat" avec son fils, c'est pour faire que cette rupture ne devienne pas réellement définitive.
Voilà. Je ne veux rien prouver. Juste qu'on fasse ce que nous déconseille notre chère, très chère, ministre des Finances : réfléchir.
Ps Si vous n'en avez pas assez de moi, je vous prépare une réflexion sur le thème plus général : que doit-on vraiment faire pour toutes les victimes.
Ps Mais Gastiflex, il peut toujours consoler les parents ! Comment, c'est MAM qui s'y est collé ? Ah oui, les domestiques, comme autrefois où on faisait porter une carte par un valet pour ne pas avoir à faire la visite...
Eh Swâmi, c'est pas philosophique, iatrogène, c'est médical. Ca s'utilise quand on fait du tort à quelqu'un en le soignant.
L'idée est vieille puis que Hippocrate (?) disait déjà: "primum non nocere" c'est à dire: "D'abord, ne pas nuire".
Ce qui est bien sûr le moins qu'on puisse espérer d'un soignant.
Et moi, j'en rajoute, puisque maintenant, en plus, je parle latin! Je sens que ma cote va monter (ou descendre?)
@ JD:
Ton histoire confirme la nécessité de n'aborder ce thème qu'avec beaucoup de réflexion et de respect. Heureusement beaucoup de gens en sont capables, mais bien sûr, dans ce cas, les histoires ne font pas la une de tous les journaux pendant huit jours.
Primum bibere, deinde philosophari.
@JD : Il est aussi plaisant (ou terrifiant) de constater que ceux qui prônent la plus impitoyable fermeté à l'égard des coupables de toutes sortes se posent par là-même et en creux comme infaillibles et parfaits, et formulent l'absurde, monstrueuse exigence sociale de la perfection de tous, le seul individu désormais socialement toléré étant le parfait petit rouage qui travaille plus pour gagner plus, surtout sans réfléchir ni se poser de questions.
(Quand on connaît un millième des turpitudes de ceux qui nous gouvernent et les passe-droits sans fin qu'ils s'accordent, c'est pour le moins cocasse.)
Toute personne ayant la moindre connaissance de l'âme humaine sait que l'humain est complexe, en grande partie incompréhensible et inconscient, même et avant tout pour lui-même, et que les images sociales de prétendue perfection qu'on nous impose ne sont que concepts creux et produit d'une imagination qui manque terriblement... d'imagination. La connaissance de soi aide à la compréhension d'autrui, laquelle conduit à la miséricorde, laquelle n'est pas dans les ...cordes de notre très ostensiblement catholique mini-Torquemada..
Quant aux victimes, la justice sait dans toute société civilisée dissocier absolument la gravité de la faute commise par le coupable et la gravité du préjudice subi par la victime. De très grandes fautes peuvent parfois causer un préjudice minimal ou nul - comme une tentative d'assassinat qui n'aboutit pas, et ce n'est pas pour autant que l'on renonce à poursuivre. A contrario, des fautes vénielles peuvent être à l'origine de catastrophes majeures, comme par exemple dans le domaine de tout ce qui touche à la sécurité : le serrage d'un boulon mal vérifié, un oubli, et un avion s'écrase sur un immeuble ou le feu ravage un tunnel...
Raisons pour lesquelles la justice pénale juge un coupable en fonction de sa faute, et, si elle tient compte des dégâts occasionnés par cette faute, ceux-ci ne sont toutefois pas la principale mesure entrant en ligne de compte. Procéder différemment serait un retour au moyen-âge : la justice de la victime, la vengeance, le Talion, qu'appelle chaque jour davantage notre Intrépide Inquisiteur.
Déclarer quelqu'un pénalement irresponsable (donc, par définition, ne pouvant pas répondre de ses actes) pour ensuite le juger, quelle farce !
Swâmi rapelle que "La connaissance de soi aide à la compréhension d'autrui, laquelle conduit à la miséricorde, laquelle n'est pas dans les ...cordes de notre très ostensiblement catholique mini-Torquemada..."
Preuve que notre Tordumada n'est d'ailleurs pas un bon catholique, mais un catho de 10 à 11 à la messe du dimanche : la miséricorde, le pardon, sont des principes centraux du catholicisme.
Bon, les cathos pratiquent si peu ce qu'ils prèchent que j'ai quitté ce bord il y a belle lurette.
Et l'Eglise a très bien su pervertir ce beau principe quand il s'est agi d'abriter les nazis en fuite ou Touvier, ou encore quand elle se borne à demander aux victimes de pardonner à ses curés pédos plutôt que de les chasser comme de vulgaires prêtres mariés. Car il faut savoir ça : un curé abuseur reste prêtre, pas un curé qui vit d'amour avec une femme.
(Votre dernier texte, et surtout le dernier paragraphe, vont alimenter ma réflexion sur le culte pervers de la Victime.)
Hic philosophamus, nunc bibeo. Un muscat... de muscadet, à votre santé !
Pour les non-latinistes, hic ne veut pas dire heurgh... ou burp..., mais ici. J'aurais d'ailleurs dû dire nunc (maintenant)
Bonum vinum laetificat, in vino veritas : Cogito sumere potum alterum.
Guru, je ne saurais trop te conseiller de lire "Surveiller et punir", de Michel Foucault, histoire de perdre tes dernières illusions sur le rôle de la justice et du système pénitenciaire :/
Ce qui a déclenché chez moi ma première réflexion sur ce qu'il faut faire pour les victimes, c'est une scène de l'extraordinaire "La Nuit du Chasseur". Powell, un pervers qui a poursuivi des enfants après avoir tué leur mère, Wilma Harper, est jugé. Les Spoon, un couple d'épicemards cons et bigots (ça va de pair), ceux-là même qui avaient poussé Wilma vers Powell, voyant les enfants dans la rue, s'abattent sur eux en pleurant de toute leur compassion gluante, saluant ces "pauvres petits agneaux de Jésus !". Et là arrive Miss Cooper, qui les arrage aux griffes des deux grenouilles de bénitier.
Miss Cooper est la femme qui les a recueillis dans leur fuite, qui s'en occupe, qui leur donne la sécurité qu'ils n'avaient plus depuis le remariage de leur mère.
Et qui, si elle les écoute parler au bout de mois de présence chez elle, ne leur a jamais posé une seule question. Jamais.
Les victimes, c'est à la mode. Pour payer de vrais siècles d'indifférence, on fonce dans l'autre sens. On encourage la plainte plaintive, on empêche les nécessaires deuils de se faire : regardez la floraison nouvelle dans les rubriques nécrologiques des "nous ne t'oublierons jamais", des "dix ans après, la douleur est la même". On oublie que les morts ne doivent jamais empêcher les vivants de vivre. On rejoint le système américain où les familles des victimes, des dix et vingt ans après, sont conviés à la vengeance par injection léthale. Pardonner ? Jamais. Oublier ? Jamais.
Je crois qu'il y a chez les victimophiles à la Notre Seigneur (Tordumada, si vous préférez), un paquet de calculs :
- Une victime, c'est quelqu'un de faible et de manipulable. Qu'elle ne se vive plus en victime, et ils perdent un bon client.
- C'est un merveilleux emblème du combat contre les méchants (les autres, bien sûr, comme l'a rappelé Swâmi), combat rendu plus facile par la Peur, peur de tout, de l'autre, du différent, de ce qui fait que les gens en sont à ne plus même mettre de nom sur leur boite aux lettres. Et les gens qui ont peur, comme les victimes, c'est tout bénef un jour d'élection.
- C'est un excellent moyen de se prouver qu'on est quelqu'un de bien.
Mais il faut que ce soit une victime intéressante. Pas un petit salaud d'immigré russkof à la Yvan, tout juste bon à se payer un 16 de moyenne en classe au bout de seulement deux ans en France, rien que pour foutre la tehon à nos chers petits gaulois.
.........................
Notre Seigneur descend donc en Corse. Pour y rencontrer ses chouchous : les VICTIMES (ici, du racket, et même que c'est vrai. Mais pas les victimes du clanisme, pas les victimes des compromis Etat-pouvoirs locaux, pas les victimes de la "mondialisation heureuse", non, ce ne sont pas de bonnes victimes)
Et la bonne victime, ici, s'appelle Lucien Benvenuti, restaurateur, qui se prépare à recevoir Notre Seigneur "avec une grande humilité et émotion". "Humilité" : oh là là, NS risque fort de changer de pantalon après la rencontre...
"La Corse vivrait très mal un sentiment d'abandon". Oui. Comme on abandonne son chienchien, si plein d'humilité et d'émotion quand vous lui flattez l'arrière-train.
(Extrait de "La Nuit du Chasseur". On est au temps de Noël, après le procès)
Rachel méditait au sujet des enfants. On aurait cru que le monde pouvait avoir honte de fixer une date rappelant l'un d'eux et de continuer à vivre comme devant, alors que des enfants courent les routes, des brebis perdues pleurent dans le vent, que s'enivre le berger et qu'il fait ripaille à la taverne sans prêter jamais l'oreille à leur faible lamentation. Le Seigneur préserve les petits enfants ! Car en même temps que tout enfant naît du sein d'une femme se profile un temps où il fuira au travers d'un lieu ombreux, se dessine un chemin sans portes, et se dresse un chasseur dont le bruit de pas sonne clair sur les pavés derrière lui. Pour tout enfant — riche ou pauvre — quels que soient ses privilèges, quelque douillette et sûre que soit sa chambre, il arrive un temps de solitude aux vastes résonances, où nul ne pénètre, nul n'écoute, et les feuilles desséchées qui sont entraînées au hasard de la rue deviennent le bruissement de la Mort de même que le tic tac dans la vieille maison et le son du fusil qu'arme le chasseur. Car même quand les aïeules aiment les tout-petits, en prennent soin et se tourmentent à leur sujet, leur action est faible alors qu'elles cherchent à pénétrer ces yeux graves et blessés qui sont des fenêtres donnant sur cette contrée qu'est une chambre d'enfant frappée de terreur, placée en dehors de tout secours, de tout réconfort. Pour Rachel, la chose la plus terrifiante et la plus émouvante de toutes, c'était la grâce humble avec laquelle ces petits acceptent leur sort. Le Seigneur préserve les petits enfants ! Ils pleurent devant un jouet brisé mais se dressent avec le courage d'un saint devant le meurtre d'une mère et le fait que peut-être ils n'ont jamais eu de père du tout. La mort d'un chaton les envoie pleurer dans le giron de la première femme qui se trouve là, et pourtant quand vient le moment où ils ne sont plus les bienvenus dans une maison, ils rassemblent leurs affaires dans de vieux cartons de papier attachés avec un bout de corde à linge et s'éloignent, cherchant une autre rue, une autre maison, une autre porte. Le Seigneur préserve les petits enfants ! Ils en voient de dures. Le vent souffle et la pluie est froide. Oui, ils en voient de dures.
Et dans l'ombre d'une branche sous la lune, un enfant voit un tigre et l'aïeule dit : « Il n'y a pas de tigre ! Va dormir ! » Et quand ils dorment, ils connaissent le sommeil du tigre, et la nuit du tigre, et sur la vitre à minuit passe le souffle du tigre. Le Seigneur préserve les petits enfants ! Car à chacun d'eux est affecté un Prêcheur qui le poursuit tout au long de la sombre rivière de la peur qui ne sait s'exprimer et n'ouvre sur aucune porte. Chacun d'eux est muet et seul car il n'existe pas de mot pour exprimer la peur d'un enfant et aucune oreille n'est attentive s'il prononce un mot, et nul ne peut le comprendre s'il est entendu. Le Seigneur préserve les petits enfants ! Ils en voient de dures et le supportent.
La Nuit du Chasseur
Davis Grubbs
@ JD:
Erreur d'orthographe: on écrit "Notre Saigneur"
Si Notre Saigneur, donc, parvient finalement à faire juger le schizophrène de Pau, on peut espérer que son avocat retourne l'opinion publique en appuyant sa défense sur: comment a-t-il été soigné, comment sont soignés en général les malades mentaux dans ce pays (et non pas comment sont-ils surveillés, la belle affaire de laisser des malades se déglinguer faute de soins en se contentant de surveiller les progrès du mal).
Et ce, bien sûr sans chercher d'autres boucs émissaires (les soignants) mais au contraire en mettant en évidence le profond délabrement, faute de moyens, de notre politique de santé mentale. Ce qui se passe en ce moment est terrifiant, et nous sommes bien heureux que la quasi totalité des schizophrènes ne soit dangereux que pour eux-même, sinon, quelle hécatombe!
Morte de rire :
Libé nous révèle pourquoi Attali à convié Boris Cyrulnik à la commission pour étudier les freins à la croissance :
"Un des principaux freins à la croissance française, c'est que la France n'est pas gaie, et un psychiatre mieux que personne peut nous expliquer pourquoi la France n'est pas gaie."
Je me fourvoie ou quoi, mais n'est-ce pas l'indice d'une totale déconnexion avec "la France d'en bas "?
Ou alors, on va bientôt taxer de malades mentaux, ceux qui ont le culot de ne pas rire de leur galère quotidienne.
Décidément, nous les psy, on nous met à toutes les sauces. A se demander pourquoi, il y a une dégradation de la prise en charge de la santé mentale dans ce pays.
La dernière en date est celle du durcissement par la sécu, des conditions de remboursement du transport des patients. Si ces nouvelles règles sont appliquées de façon rigide, il fera pas bon d'avoir besoin de rencontrer régulièrement son psy dans le cadre d'une ALD, avec une pension d'invalidité pour vivre et en habitant dans un bled paumé sans transport en commun et sans pouvoir posséder (pour des raisons financières et\ou des raisons lièes à la maladie) une voiture personnelle.
Qu'il y ai eu, en raison de la politique tout automobile, un transfert des charges d'un service public de transport en commun vers la sécu, est indéniable. Mais, il serait plus logique et moins coûteux en conséquences, de rétablir un véritable service public de transport en commun, plutôt que de prendre le risque que des gens ne soit plus pris soignés, surtout pour les patients souffrant de troubles mentaux.
Car non seulement, comme pour les autres malades, une affection mal ou pas soignée finit par revenir plus chère, mais en plus cette population présente des risques de passage à l'acte médico-légaux. Et je ne parle même pas du fait d'abandonner des êtres humains à leur souffrance.
@swami pour le 65
Je pense que tu admettras sans peine qu'il y a une différence de sensibilité entre un lampadaire et un animal maltraité. Il y a aussi une différence d'intention entre la maltraitance et l'accident.
La question est plus de savoir s'il y a pertinence en prendre en compte la souffrance animale à travers l'idée du Droit des animaux. Que ce Droit des animaux aboutisse, en Suisse, à leur donner un avocat, représente une certaine logique. A débattre sans doute.
C'est juste. Je propose de fonder la Société Protectrice des Lampadaires.
Sur ce thème, un intervention impressionnante d'un psy sur le blogue de Rosencweig
http://jprosen.blog.lemonde.fr/2007...
Le posteur s'appelle Marcel.
@Swami
Société protectrice des lampadaires : lol
C'est vrai ça, serait temps de faire qqchose contre ces ivrognes qui pissent impunément contre eux.
@JD
Merci pour le lien et pour tes témoignages
"@JD, Merci pour le lien et pour tes témoignages"
Et aussi, j'espère, pour "La Nuit du Chasseur". J'ai rarement lu un texte aussi fort sur la vraie compassion pour les enfants. Et parlant au mieux de leurs inapaisables peurs. Une autre peur d'enfant ? Voici.
"Le noir. Le noir n’est pas que dans ta chambre. Le noir est aussi dans ta tête, ta petite tête qui veut penser l’infini de l’espace. Tu imagines une sphère, la plus grande que tu peux. Tu en cherches les limites. Tu les atteins, comme ces frontières d’où la capitale est si loin. Et la curiosité devient la peur car, rendu là, tu réalises que c’est impossible, seul est infini le nombre de fois où il faudra aller plus loin, tu ne sais qu’avancer, plus tu vas plus tu te perds, tu ne retrouveras jamais ton centre, tu n’auras plus de calme, tu ne peux rien de ce vide, même pas le quitter, te dire : arrête, dors, ne bourdonne plus, n’écoute plus le sang qui bat tes tempes – commande-t-on à ça, à cette terreur définitive même si elle se tapira le temps qu’elle voudra, maîtresse des lieux faisant coucou à sa guise, et là pour toujours comme les cicatrices faites à jouer avec ce couteau à flancs d’écaille que tu n’as jamais su manier."