14/07

Pas de radar, ou alors, à l'insu de mon plein gré.

Arrivée au Camping du Moustique Impétueux.[1] Dîner au restaurant snack truc-bouffe du camping, d'un croque-monsieur surgelé mal réchauffé compensé par deux Leffes à la pression.

Nous avons la surprise de constater que nombre de covacanciers que nous connûmes l'année dernière sont là de rechef, ainsi que nous-mêmes. Les mêmes gros belges[2] notamment, qui dans quelques jours auront, nous l'espérons tous, troqué leur blanc laiteux pour le rouge écrevisse qui constitue la moitié de l'objectif de leur séjour - l'autre moitié étant rassemblée par packs de douze dans le coffre de leur voiture.

Mademoiselle Patâpatî retrouve avec joie quelques copines dont des grosses filles de gros belges.

Peu de hollandais, peu d'anglais. Il y en a, mais ce n'est pas l'invasion : Un insecticide ordinaire devrait suffire à les tenir à distance. Raison de plus pour garder strictement secrètes les coordonnées de ce camping : Si jamais il vient à leurs oreilles que le coin est agréable, l'an prochain, ce sera mort !

Swâmi Petaramesh apprend avec bonheur que le camping a désormais le Wi-Fi et arrive de son oeil langoureux à extorquer à la taulière la clé WPA de la Liveboîte, sans même devoir lui flatter la croupe. Hélas, trois fois hélas ! La carte Atheros un peu trop récente qui équipe le nouveau portable[3] de Swâmi Petaramesh refuse de fonctionner sous Ubuntu : Elle fonctionne assez pour que je voie les réseaux disponibles, mais point assez pour que je puissâsse m'y connecter. wpa_supplicant ne veut pas causer au draïveur. Sniff. L'humiliation sera totale quand j'irai la queue basse quémander un câble Ethernet. Je rumine mon incompétence informatique.

15/07

Je vais faire des courses pour le barbeuc à l'Intermarché de Machingnac. En entrant dans Machingnac, je suis doublé par la jolie voiture rouge du médecin des pompiers qui roule à tombeau ouvert en pinponnant sur la file d'en face. Une demi-heure de bouchon sur le dernier kilomètre nous séparant de l'Intermarché de Machingnac, kilomètre à la fin duquel j'aperçois les pompiers et gendarmes en intervention, ce qui n'empêche pas un crétin d'indigène (pléonasme) en Clio rouge vif de remonter toute la file de bagnoles pour atteindre le parking du centre commercial avant tout le monde au risque d'écraser un pompier ou deux. Arrivant sur le parking, je constate la cause de l'intervention des pompiers : Une dame d'un âge indéterminable mais pas vieux a décidé de tester la méditation profonde en position du guetteur d'avions au beau milieu de la chaussée. Je ne sais si elle a fait ce choix toute seule ou si elle y a été aidée par un véhicule autombile, mais elle est de la plus marmoréenne immobilité. Je la vois là gisant sur le dos et ne faisant l'objet en cet instant d'aucune espèce de soin médical ni d'empressement particulier (peut-être est-elle anglaise ?), tandis que le médecin des pompiers papote avec un gendarme. Quelque pompiers sous-fifres apportent en flânant mode petite vitesse la planche-brancard réglementaire, ce qui donne à penser que la dame a peut-être bien pris des vacances complètement définitives, hélas, ce qui semble réconforter les badauds qui bénéficient gratuitement de l'attraction et se sentent encore plus bénis des dieux en allant acheter leurs chipos-merguez-charbon-de-bois.

Barbeuc',[4] puis piscine, cette dernière activité, pour un premier jour, consistant essentiellement dans l'examen discret mais attentif des fessiers et autres avantages de nos covacancières - hollandaises ou non - en évaluant l'intérêt que l'on éprouverait éventuellement et si l'occasion s'en présentait à grimper sur telle ou telle, tout en examinant son propre durillon Kanterbraü, se lamentant sur le fait que ce dernier réduise quelque peu les chances de mener à bien tout projet de cet ordre.

Soirée : essayer de faire marcher le Wi-Fi de Styx sur la terrasse du bar. Humiliant échec.

16/07

Swâmi Petaramesh essaie de convaincre Mâ Anandaramesh que son désir le plus fou en matière de planning consiste dans le rien-foutage jusqu'à ce que j'en ai marre, tandis que Mâ Anandaramesh tente quant à elle d'organiser guide en main un planningue de visites pleines de culuritude. Nous échouons dans l'après-midi aux jardins imaginaires montés il y a quelques années par une américaine issue des milieux de la mode (Theufff !) ayant remporté le concours lancé par Monsieur le Maire du Coin, certainement un UMP, moi je vous dis,[5] sans l'ombre d'un doute. La guidesse aux jolis petits seins est obligée d'y aller à plusieurs reprises de son couplet à la gloire de Monsieur le Maire, de la Mairie de Monsieur le Maire, et des jardins de Monsieur le Maire, UM à tous les coups à moins qu'il ne soit socialiste, jardins dans lesquels se mèle une symbolique antique syncrétiquement rafistolée à l'américaine, mêlant joyeusement romains, druides, égyptiens et mystique chrétienne à vingt centimes d'Euro. Une fois que la guidesse aux jolis petits seins à l'amplificateur vocal qui intéresse vachement Srî Minîshiva (et sa varicelle) en a fini de Monsieur le Maire et de la symbolique égyptomartienne, les jardins sont agréables, surtout les jeux d'eaux. Minîshiva y détrempe joyeusement ses godasses.

Après, on va pousser le caddie à l'Intermarché de Bidulac. Les godasses de Sri Minîshiva font floc-floc.

Laflote m'envoie des SMS pour me poser des questions idiotes, mais je les reçois mal.

Le soir, il a pleuvu.

17/07

Piscine, piscine, rien glander, piscine, soleil, flotte, chaud, frais, glander, mater ces dames en maillots de bain, apprécier le fait que dans cet enchanteur lieu familial, la mochitude naturelle et sans prétention de nombre de nos covacanciers et covacancières, et leur absence de chichis dans le déballage de leur gras et de leurs bourrelets, nous fait ressentir notre propre mochitude comme plus supportable, ce qui est très réconfortant. En contempler toutefois quelques-unes sans déplaisir et en se disant que, si l'occasion se présentait, on en ferait éventuellement son quatre heures, ayant des goûts modestes et peu de prétention.

Trouver que la vulgarité a du bon, se couler avec délices dans la peau de Monsieur Robert Bidochon. Se dire que pour paraître crédible, il faudra un jour apprendre à jouer à la pétanque, et aussi apprendre par coeur le nom de quelques joueurs de foot.

Mademoiselle Patâpatî (qui a commencé à se laisser pousser les seins) passe l'après-midi dans la piscine à jouer avec un futur jeune éphèbe de douze ou treize ans qui la colle de très près, et 'moiselle Patâpatî en redemande. Nous y voilà déjà ? Y'a pu d'enfants...

La question du jour :

Est-ce que tu crois que les bébés vautours, ça mange des bébés morts ?

Les vacances, quoi...

Beau temps. Ça ne devrait pas durer.

Notes

[1] Vous ne croyiez pas que je vous donnerais le vrai nom, nom de Nom ? Secret-défense !

[2] Pléonasme

[3] Alias "Styx"

[4] Swâmi Petaramesh est le roi de l'allumage de Barbeuc'...

[5] De toute façon, ici, comme habitants, hors touristes, y'a que des vieillards. Les petites villes de Machignac & Co. pullulent de pharmacies spécialisées dans l'incontinence, de "Au Confort Médical" et de fleuristes... spécialisés dans les articles funéraires.