KGBHé oui, la taupe qui hantait de son haleine méphitique les Patriotiques Couloirs de notre Noble Gouvernement est enfin démasquée : Il s'agissait ni plus ni moins que de James Borloond, agent dormant parvenu au rang de ministre, et dont la seule mission, depuis qu'il avait été retourné par Mao Tse-Tung en personne dans les années 1970, consistait à attendre en se tapant calmement des Jack Daniel's dans les night clubs, et quelques grognasses de droite aussi, que le Parti Socialiste (également nid de taupes trotskystes et de cryptochaisières catholiques) soit vraiment dans la merde avant de le sauver par le moyen d'une éclatante et machiavélique trahison entre les deux tours d'une ennuyeuse élection, mission qu'il se ferait payer de la vertu de la chaisière et de sa petite culotte de satin.[1]
Pour être mieux à même d'accomplir sa terrible mission, il avait même été ordonné à James Borloond d'épouser une jeune et bandante affriolante pleine de sexytude bécébégète journaliste de la boîte carrée du miniver afin d'être mieux informé des bruits de chiottes moquette de la vie à la cour des Grands de Ce Monde, pour être prêt à frapper par surprise, poignard entre les dents, quand la nécessité ferait loi et que l'occasion s'en présenterait.

Et c'est enfin, après trente ans ou presque de dormance en conseil des ministres et de ribouldingues nocturnes au plus grand péril de son foie que James Borloond a enfin pu commettre la sublime et sordide trahison qui était sa seule raison d'être : Balancer, l'air de rien, entre deux tours d'une élection ou tout espoir pour la gauche était perdu, et où tout espoir pour le Parti Ségoléniste semblait carrément foupoudav, un petit coup de TVA sociale de derrière les fagots que même Henry Kissinger en rigole encore, capable de faire se ruer l'électeur, déssaoûlé d'un seul coup d'un seul, sur sa carte du même métal afin de voter de toute urgence pour cette brave bonne vieille droite socialiste qu'on connaît bien avant que de se faire intromettre dévaliser par cette droite dure comme ma queue qui allait s'en prendre au prix d'achat de notre litron de водка rouge qui tâche quotidien, amen.

Ce qui valut au parti socialiste une défaite si brillante qu'on pût la faire passer pour une victoire sur les plateaux télés, et c'est bien là tout ce qu'on peut attendre d'une défaite, n'est-ce pas ?

Quand au rôle de Boloond, James Borloond, il doit rester dans l'ombre et il est dit qu'il ne parlera pas, même quand ses petits camarades d'assemblée lui botteront le cul jusques à Pâques ou à la Trinité et le forceront à écouter l'intégrale du Best Of de Serge Lama (plus celui de Michel Sardou et celui de Jauni s'il n'avoue pas assez vite), en remerciement des ses bons et déloyaux services...

Mais, bien que la grande Histoire ne doive jamais l'apprendre, nous savons de source sûre qu'il a été fait Héros de l'Union Soviétique à titre quasi posthume, et qu'une statue (de sel) a son effigie a été élevée au plus profond d'une galerie de mine sibérienne, là-haut, au nord, plus haut que le Cercle Polaire.

Notes

[1] Ce qui explique bien des choses encore assez obscures, à commencer par l'endroit surprenant où fut retrouvée la jarretelle de la dame...