Si j'avais un marteau...
Par Petaramesh le vendredi 8 juin 2007, 23:23 - Chienne de vie - Lien permanent
Ce matin, Mâ Anandaramesh, prise d'une soudaine urgence, a exigé de moi que je lui sorte toutes affaires cessantes le marteau de la boîte à outils avant que de partir travailler.
Mais diantre, pourquoi cette lubie, me direz-vous ? Surprise ! Tu verras ce soir...
me répondit-elle.
Ce soir, rentrant du bureau, je trouve un grand cadre (Ikea) habité d'un poster (Ikea, c'est dire si l'on a du goût, à l'ashram...[1]) posé contre un mur sur une (je veux dire, sur ma) chaise autour de la table à manger, et j'ai à peine ôté mes chaussures que Mâ Anandaramesh me somme aussitôt de finir "la surprise", vu que le cadre est lourd, les murs fermes, les clous mous, et le niveau à bulle resté au fond de ma boîte à zoutils.
Ce à quoi je n'obtempère point, car il ne faut pas me chauffer avec des cadres à accrocher (qui l'étaient encore ce matin) quand je rentre épuisé d'une dure semaine passée à travailler plus pour gagner plus.
Ce soir, Mâ Anandaramesh allant se coucher (après une soirée "de vendredi" très animée sur le plan conjugal[2]) je note sur sa table de chevet l'étonnante présence du marteau sus-mentionné.
- Chérie mon amour, le marteau ne doit pas être utilisé pour défoncer le crâne de son conjoint pendant son innocent sommeil. Je dis ça, juste comme ça... Dors bien...
Dimanche, à prévoir : abstention pour cause de traumatisme crânien, fracture de l'os qui pue, commotion cérébrale et coma dépassé.
(J'entends Onfray à la télé en cet instant... Il a presque aussi peu de voix que moi ces jours-ci, le brave homme... J'espère pour lui que la gorge le brûle moins, j'ai le gosier comme si j'avais taillé une pipe à un cactus du Mexique...)
(Sinon, la télé rend con. Y'a qu'à la regarder pour comprendre. Là, ça parle du festival du film tourné sur téléphone portable. Trop tard, je l'ai trop regardée. J'ai même vu une connasse de maketteuse qui mériterait qu'on lui baffe la gueule... Je me demande pourquoi personne ne le fait jamais ? Paix et amour, les gens...)
Notes
[1] Même que nos anciens voisins de palier (elle est actuellement enceinte comme ce n'est pas permis [mais je n'y suis pour rien]) avaient le même dans leur salon. C'est dire si on est originaux, à l'ashram...
[2] Mon conseil : Si vous envisagez de vous marier, envisagez également d'aller passer vos week-ends ailleurs...









Commentaires
ce genre de réflexion (et ce n'est pas la première sur ce glob) précède généralement de peu un évènement souvent désagréable, mais qui permet aux enfants d'obtenir le double de cadeaux lors des "fêtes" qui ont pour objet justement l'octroi de cadeaux... Ceux-ci (les enfants, pas les cadeaux) en sont souvent fort contents. Du moins jusqu'à ce qu'arrive leur 11ème année. Ou la 13ème pour les plus cupides.
Je dis ça, je dis rien...
Bonsoir,
Juste une question qui me travaille depuis un moment que je vous lis, et c'est pas bon à cette heure les questions qui taraudent, vu que je vais quand même finir par aller me coucher moi aussi...
C'est jamais bon de partir au lit avec la tête pleine de questions qui taraudent, alors il faut se délivrer, avec l'espoir d'un sommeil calme et serein. Voilà, voilà. Je la crache ma question...
Vous nous faites bien des confidences sur votre vie familiale dans ce modeste ashram : l'humeur de votre épouse, dont je finis par me faire un portait sans l'avoir jamais rencontrée, l'ambiance à la maison, la petite vie des nains, et tutti quanti (et même les petits problèmes de santé de Totor, qui est devenu pour moi une vraie mascotte)...
Mais vous lisent-ils eux-aussi, tout comme moi, tout comme nous ? Ce modeste ashram est-il placé hors de la vie familiale, que nous sommes amenés à partager un peu, nous, mais pas eux ? Une zone interdite publique ? Ou bien non, et c'est une manière indirecte de communiquer entre vous, sous notre regard ?
Pour aller au fond de ma pensée (car une question qui taraude, si elle n'est pas purgée entièrement d'un coup, la thérapie ne fonctionne pas bien, et l'on dort mal...), l'épouse sait-elle ce que vous nous dites ici d'elle ? Le lit-elle ?
Je sais, je sais. Ma question qui taraude est bien indiscrète, mais nous n'avons plus de secrets entre nous... ;-)
Ça y est , je suis soulagé. Je crois que je vais bien dormir...
Bonne nuit à tous...
Oua, oh surprise ! Merci !!
Ravit de partager cet instant de bonheur d'un coup de marteau... En quoi que l'amour ne tient pas à grand chose finalement, un clou mal planté vallent bien toutes les purées de pomme de terre mal salées...
Je reviendrait !
Histoire de résoudre ce genre de problème, mon marteau à moi sert, en ce moment, à retaper le nouvel appart où j'emmènage sous peu.
Seule (et demie avec la Puce à mi-temps).
Résultat des courses : pour le première fois en dix ans, j'ai eu un cadeau de Fête des Mères ! De chouettes tasses avè des vaches dessus "pour boire le café avec tes copines dans ta nouvelle maison"
Conclusion : si j'avions su, j'm'aurions séparée plus tôt !
Conclusion bis : réhabilitons les marteaux en s'en servant à bon escient et mort aux cadres du Grand Suèdois Moche !
@Stricto (sangsue ?) : Il est vrai que se coucher avec une question qui taraude, c'est très mauvais ;-)
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En effet. Etrangement, quand on commence à écrire (moi, en tout cas...) on n'a guère d'idée précise sur ce qu'on écrira, les sujets que l'on abordera, le taux de "vie privée" qu'on y mettra ou non... Et puis c'est l'écriture qui fait le reste, le sujets d'intérêt qui émergent, les choses qui "veulent sortir" qui sortent d'elles-mêmes. Très variable selon les périodes...
La question principale, finalement, est de savoir jusqu'à quel point on cherche à se censurer ou censurer ce que l'on vit, ou non, jusqu'à quel point est-on prêt à se montrer, soi-même ou l'existence que l'on mène, sous un jour qui n'est pas forcément le plus "publicité sur papier glacé pour l'achat d'une villa avec piscine"...
Certain blogueurs tiennent des blogs qui ne parlent jamais (ou quasiment jamais) de leur vie personnelle, et ça donne un cours de droit constitutionnel au fil de l'actualité ou un recueil de recettes de cuisine, ce sont des blogs qui ont un sujet, et ce sujet est l'un des centres d'intérêt du blogueur plutôt que le blogueur lui-même. D'autres blogs ne font que dans l'intime et le gratouillage de nombril : "Moi, ma vie, mes chaussures, mes affres..."
Cet humble ashram a décidé par avance de ne pas se fixer de sujet (donc, de les aborder tous au fil de l'eau, comme ça vient), et de se fixer le moins possible de limites, disons uniquement celles qu'impose la loi d'une part, et le respect humain d'autre part, sachant que décrire des jours qui ne sont pas nécessairement les plus plaisants chez une tierce personne n'est pas quelque chose que je ressens comme un manque de respect d'une part, et qu'aucune production littéraire n'existerait si ceci était interdit, d'autre part - demandez donc à Hervé Bazin, qui n'est pourtant pas mon modèle dans l'existence.
Mais il me semble que toute personne détient un droit inaliénable sur ce qu'elle vit : c'est au moins le droit d'en parler, et que, si on le fait publiquement, l'usage d'un pseudonyme est de nature à protéger l'identité des personnes concernées, et donc le respect qui leur est du. Bien que mon pseudonyme soit facilement perçable à jour pour qui le souhaite, j'ai confiance en la discrétion de mes lecteurs pour ne pas le faire à mauvais escient. Oui, je sais que faire confiance à la nature humaine est rarement une bonne idée.
Quoi qu'il en soit, et bien que quelques photos identifiables (c'est rare, même si cela s'est produit récemment) soient parfois publiées ici, elles sont (théoriquement) protégées par le
robots.txtadéquat des indiscrétions des principaux moteurs de recherche, et les noms réels des personnes ne figurant jamais ici, un moteur de recherche ne devrait jamais mettre en rapport une recherche sur le nom des personnes avec les textes publiés ici.Voici pour ce qui est du contexte de ces petits récits.
Le lecteur intelligent gardera cependant toujours à l'esprit que de telles narrations ne peuvent être que partielles (on en raconte ce qui le "mérite", c'est-à-dire bien souvent ce qui mériterait d'être oublié...) et bien évidemment partiales et subjectives. Il y a autant de vérités que de sons de cloches, et l'on n'entend ici que ma cloche...
Le lecteur sera donc avisé de ne pas établir un jugement sur une personne à l'aune de ma seule plume, laquelle est souvent trempée sinon dans l'acide, du moins dans le jus de citron, ce qui n'en fait pas nécessairement une encre sympathique...
Et puis, nobody's perfect...
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Mon épouse et mes enfants connaîssent parfaitement l'existence de ce blog, mais pas les membres moins directement proches de la famille - ou alors ils en connaissent très vaguement l'existence sans en connaître ni le nom ni l'adresse, et ce sont des gens qui le plus souvent ne s'intéressent guère à Internet et aux blogs.
J'essaie autant que se peut de garder une cloison parfaitement étanche avec l'univers professionnel.
J'ai souvent, dans les débuts, incité mon épouse à lire tel ou tel article de mon blog, et elle ne l'a jamais fait, sauf peut-être pour un ou deux que je m'était donné la peine d'imprimer à cet effet. Mon épouse connaît l'existence et l'adresse de ce blog, voit le temps que j'y passe, et pourrait le lire à tout instant, mais ne le fait pas (logs de mon serveur à l'appui). Comme tout ce qu'elle ressent comme faisant partie de mes centres d'intérêts, et spécialement de ceux dans lesquels j'investis du temps et du plaisir, elle s'en tient le plus éloignée possible.
Je crois certain que si elle lisait régulièrement ce blog, j'y écrirais fort différemment, mais, d'un autre côté, si elle le lisait régulièrement, cela témoignerait sans doute du fait que notre relation serait tout autre que ce qu'elle est... Et beaucoup des mots d'humeur écrits ici n'auraient probablement plus lieu d'être.
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Sans même envisager la question de "vos regards" (que je n'aurais jamais imaginé si nombreux et si divers quand j'ai ouvert le bar), il est probable que l'une de mes motivations plus ou moins pas trop inconscientes, quand j'ai démarré ce blog, était de tenter de communiquer avec mon épouse, en effet, et de pouvoir lui "faire passer" un certain nombre de chose de moi qui ne "voulaient pas passer" ni verbalement, ni dans la vie quotidienne. Raison pour laquelle elle connaît parfaitement tant l'existence que l'adresse des lieux.
Mais ça ne le fait pas.
Etonnant, non ?
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J'espère y avoir suffisamment répondu ?