La Tâche-qui-ritSégolène Royal a "fait" 25% au premier tour. Il lui faut 50%, soit le double, pour l'emporter au second.

Alors que la France a rarement été plus à droite que lors de cette élection.

Où un candidat se procure-t-il, entre deux tours, les voix qui lui manquent ?

  • En sollicitant les abstentionnistes du premier tour ! Oui mais voilà, cette fois, la participation au premier tour a été exceptionnellement massive. Il n'y a donc pas de "réserve de voix à espérer chez les abstentionnistes"... Il est probable que le taux de participation au deuxième tour sera légèrement inférieur à celui du premier tour ; il est extrêmement improbable qu'il soit supérieur.
  • En sollicitant le report de voix de son "camp élargi", sa moitié de l'échiquier politique. Oui mais voilà, l'effet (Heurk !) "vote utile", la peur d'un 2002-bis chez tous ces électeurs qui votent avec leur trouille a fait que Ségolène Royal a ratissé toutes les voix de gauche disponibles dès le premier tour. Hors P.S., la totalité de la gauche, PCF et écolos inclus, ou plutôt ce qu'il en reste, a fait dans les 11%. et les reports de voix de l'extrême gauche vers les socialistes sont traditionnellement mauvais, même si là, et c'est exceptionnel, la totalité des candidats de gauche, Arlette comprise, a appelé sinon clairement à voter Ségolène, du moins à faire barrage à Sarkozy. Et il n'est pas dit qu'ils seront entièrement suivis de leur électorat. Admettons cependant que les reports soient exceptionnellement bons, et que Ségolène engrange 10% sur le total de 11%. Ça la mettrait à 25+10=35%.

...On serait encore bien loin (à 15%) des 50% nécessaires, avec un 35% qui fait à peine 4% de plus que ce que Sarkozy a réuni au premier tour sur son seul nom...

Où Ségolène pourrait-elle donc trouver les 15% qui lui manqueront encore après le report de toutes les voix de gauche ?

Ce ne sont pas les électeurs de Le Pen ou de De Villiers qui risquent de se reporter sur elle...

Reste l'électorat de Bayrou. Certes, beaucoup d'électeurs de Bayrou n'aiment guère Sarkozy, mais il ne faut pas oublier que Bayrou, c'est l'UDF, et que l'UDF, c'est et cela a toujours été la bonne vieille droite orléaniste. Sarkophobie ou pas, il serait surprenant que les électeurs de Bayrou se rabattent sur Ségolène Royal comme un seul homme...

  • Mettons les choses au mieux pour Ségolène dans ses rêves les plus fous : Supposons qu'elle ramasse dans sa besace les deux-tiers des voix de Bayrou (et ça n'arrivera pas...), ça lui ferait deux tiers de 18%, soit 12%. A ajouter aux 35% du report "idéal" imaginé pour la gauche, ça nous met Ségolène Royal à 47%... Et elle est toujours largement battue, avec un écart de 6 points.

Et c'était le cas de figure idéal.

Regardons le côté Sarkozy :

  • 31% de voix "à lui" qu'il va sûrement conserver au second tour;
  • Si l'on fait le total de toutes les voix "de droite" en comptant l'extrême-droite, on est à 63,56%, dont 43,86% font partie de la droite très dure ou extrême (Sarkozy + Le Pen + De Villiers).

On imagine mal comment une telle équation pourrait jamais tourner à l'avantage de Ségolène Royal, quel que soit le report dont elle puisse rêver de la part de l'électorat de Bayrou, qui est, rappelons-le encore, un électorat traditionnellement de droite... L'UDF ayant toujours recruté son électorat dans la haute bourgeoisie, chez les ci-devant, sans parler d'alliances nauséabondes par le passé de certains de leurs élus, ou des dérapages verbaux de Monsieur Barre par exemple...

Je lisais ce matin que bon nombre d'électeurs de Bayrou allaient refuser de choisir entre la gourde et le gourdin.

Bon, après, ceux qui croient déjà que Ségolène Royal est de gauche peuvent aussi croire à la Mère Noël, ils ne sont plus à ça près...

Les français veulent le gourdin et le bleu à casquette. Partout. Bien, ils l'auront...