Ecologie pour de rire
Par Petaramesh le mardi 17 avril 2007, 15:40 - Râleries dualistes - Lien permanent
Tiens, ça fait deux fois cette semaine que je me laisse surprendre : À Carrouf', ils ne distribuent plus de sacs en plastique à la caisse : Mesure "écologique"
Vu comme ça, ça a l'air d'une bonne idée, très voynetiquement correcte en tout cas, de ne plus distribuer tous ces sacs plastique qui polluent, etc, là-là-pouêt-pouêt.
Sauf que. Dans l'abus et le gaspillage d'emballages de toutes sortes, les hypermarchés, pour des raisons à la fois de communication et financières (les sacs en plastique étaient sans doute l'une des très rares choses que les hypers payaient "de leur poche"), viennent finalement de décider de mettre fin à la fourniture d'emballages "utiles" tout en continuant de fournir des emballages "inutiles".
Car au moins, les sacs fournis en caisse avaient pour moi deux grandes utilités :
- Celle de m'aider à porter les courses, essentiellement de ma voiture à chez moi. Certes, Carrouf et consorts fournissent maintenant des sacs payants (pas cher), supposément durables et qu'ils s'engagent à remplacer gratos quand le sac est usé... Mais le sac payant a un gros défaut : C'est toujours celui que tu as oublié chez toi, ou dans ton coffre, bref que tu n'as jamais sous la main quand tu en as besoin.
- Celle d'avoir une deuxième vie comme "sac poubelle", nous les utilisions à la maison pour stocker les déchets "recyclables" avant de les balancer, puisque nous sommes des gens bien qui pratiquons le tri sélectif hulotiquement correct. Alors bon, maintenant, si Carrouf' me prive de mes sacs poubelle, me forçant par là à me remettre à acheter des sacs poubelles en plastique, je ne suis pas totalement certain de ne pas être le dindon de la farce (après m'être bien fait chier à porter des brassées de courses, sans sac...)
Mieux encore, rentrant à la maison, déballant mes courses, je me vois aussitôt en train de jeter l'épais film plastique parfaitement inutile emballant ensemble deux bouteilles de Co*BIP*ca dans le seul intérêt d'inciter le consommateur à en acheter deux pour bénéficier de la promo... Et je constate que ce film plastique beaucoup plus épais que n'importe quel sac de caisse contient assez de plastique pour certainement faire au moins 4 sacs de caisse... Après je balance la cellophane totalement inutile qui rassemble par deux ou quatre les tablettes de chocolat pour inciter le client qui en veut une à en acheter quatre... Après je mets les yaourts, compotes et desserts au frigo, balançant à chaque fois un bel emballage carton dont la durée de vie à mon domicile aura été exactement "le temps qu'il me faut pour l'arracher et le balancer", etc, etc...
Ah, j'ai toujours autant d'emballages inutiles à mettre au recyclage aussitôt après être rentré chez moi... Et il y en a beaucoup plus en poids et en volume que ce qu'ont jamais donné quelques malheureux sacs de caisse. Ça c'est sûr... Sauf que je n'ai plus de sac en plastique pour mettre les emballages inutiles à recycler. Top pratique. Va falloir que j'achète des sacs poubelle... Qui seront fournis, c'est logique, dans un sachet en plastique...
Sinon, il existait aussi les sacs "plastique" de caisse 100% bio-dégradables à base d'amidon de maïs... Ah oui, mais plus chers que le polyéthylène ordinaire... Plus chers en tout cas que de ne rien filer du tout, hein...
Merci les supermarchés, vive l'écologie bien comprise !










Commentaires
Bonne idée l'amidon de maïs, comme ça on découvre l'été avec stupéfaction que la carte de la sècheresse se superpose parfaitement avec celle de la culture du maïs...
La devise de tous nos hyper-producteurs et hyper-distributeurs, c'est:
"Tout changer, tout le temps, pour que rien ne change du côté du fric qui nous remplit les poches".
Moi ce qui me gêne chez carrouf (en plus de cette hypocrisie monstrueuse sur les sacs de caisse) c'est ce qu'ils tous ont tous d'écrit dans le dos: "Puis-je vous aider à mieux consommer ?"...
"Puis-je vous aider ?" c'était pas suffisant ?
Nan, parce que que le mec qui a juste besoin d'aide pour faire autre chose que consommer il va se faire foutre.
Il veux juste qu'on l'aide a marcher ?
- crève !
Il veux un renseignement sur un produit ?
- allez au service après vente situé a droite après la caisse, VOUS-DEVEZ-CONSOMMER !
Il veux juste qu'on l'aide sur un prix ?
- la caissière vous donnera un reçu m'sieur, APRES-AVOIR-PAYE-VOTRE-CONSOMMATION !
Carrouf c'est le temple de l'hyper-consommation ou les être hyper-consommant sont seulement aidés a hyper-consommer...
ça me terrifie, vraiment, parce que c'est juste un gentil slogant affiché sur un gentil dos mais qui indique dans quelle société de consomme-ou-crève on se trouve. Et cette société me terrifie pour tout ce qu'elle jete après son passage, que ce soit les gens ou les dechets
(et pourtant je vote pas Bové... Je sais c'est mal vu ici, mais ça m'empèche pas de lire ce blog avec grand intérêt...)
(non je changerais pas d'avis pas la peine d'essayer quoi que ce soit :))
Moi, c'est simple, je vais pas chez Carrouf ! ;-)) ça m'angoisse, ces amoncellements de trucs et de bidules.
Bon, suis bien obligée - quoique - d'aller de temps à autre en grande surface, pour acheter tout ce que je ne peux pas trouver ailleurs, ou à des prix vraiment prohibitifs : produits d'entretien (même si je suis passée au naturel pour pas mal de trucs), épicerie (moutarde, eau à bulles).
J'y vais peu, j'y fais le yakusa (à fond dans les rayons, je ramasse uniquement ce dont j'ai besoin et je repars au plus vite sans me laisser distraire ou attrister par l'environnement). Zou !!
Et non, ça ne me revient pas plus cher ; mais c'est que je bois pas de saloperies sucrées, je mange peu de cochonneries industrielles, je transforme moi-même les aliments autant que faire se peut, j'achète fruits et légumes locaux et de saison, j'ai un excellent boucher qui fait aussi du gros et pratique des tarifs trèèèès raisonnables...
Aaaaah, c'est sûr, je passe beaucoup plus de temps sur le poste que la plupart de mes contemporains ! C'est sûr... Mais quel bonheur tranquille j'y trouve.
Tu te trompes de cible, swami. Ces sacs-là sont incroyablement polluants - ce qui est bien avec les polymères, c'est qu'ils sont inertes, donc non toxiques. Ce qui est bad, c'est qu'ils sont inertes, donc impossibles à dégrader. quand ils se retrouvent dans la nature, c'est pour l'éternité ou presque. Les sacs poublelle, n'etant pas renforcés pour soutenir un brique de 3L de jus d'orange sur deux minuscules poignées, sont plus faciles à recycler.
Carrouf' n'a certainement aucun pouvoir (ou aucune envie de mettre la pression) sur les emballages des produits qu'ils vendent : leur conscience ecologique, ils se l'achetent en ne distribuant plus ces multiples sacs inutiles. Et c'est tant mieux ! met de coté trente secondes ton petit confort - un tel egoisme pour un mec qui appelle à voter josé bové, ca promet. A moins que ce soit de l'humour qui m'ait échappé... en tout cas je me suis retrouvé un paquet de fois dans ta situation, à pester, et pourtant je suis et je reste un fervent supporter de la non-distribution de sacs plastique.
Quand ta grand-mere allait faire son marché, elle oubliait pas son sac à commission, si ? Et ben fait comme elle.
Rien ne vaut un bon caddy à roulettes, d'ailleurs.
Carrouf' achète sa bonne conscience écologique en ne distribuant plus de sac en plastique. C'est vrai.
Mais c'est tous les Français et leurs décideurs qui s'achète à vil prix la bonne conscience écologique en triant ses déchets sans même réfléchir à soigner le problème là où il se trouve, c'est à dire dans la production et la consommation de ces déchets.
Plutôt que trier ses déchets, il vaudrait mieux ne pas les produire (tout comme les négawatts, ceux qu'on ne consomme pas !).
Mais où avez-vous vu cette réflexion émerger dans l'espace public ? Elle me semble pourtant plus importante que le tri des déchets non ? Pas besoin de nettoyer si on ne pollue pas ! Donc on réduit d'abord la pollution, puis on dépollue ce qui reste.
C'est comme pour les économies renouvelables : on réduit d'abord sa consommation, puis on modifie le mode de production pour tenter de remplacer une partie du relicat (nucléaire) par du renouvelable !
C'est vrai que c'est fatiguant de venir au marché avec un sac. Ouh la la, faut y penser dis donc.
Tu parles d'écologie dans le titre, ce qui m'a incité à cliquer dessus depuis rezo.net.
Et qu'est-ce que je lis ?
Hypermarché, voiture, yaourts, boisson célèbre au cola, avec ça on va progresser sur le soutenable !
T'es bien parti, haha !
C'est un peu consternant pour l'auteur de ces lignes.
Si c'est trop dur de prendre un sac en sortant de chez vous, de boycotter coca et le hypermarchés, alors franchement, je me demande bien quel petit début de légitimité vous avez pour parler d'écologie.
Quand je pense que vous osez vous moquer de Voynet ! Elle est pas parfaite, mais elle est loin d'être aussi nulle que la personne qui a écrit ces lignes !
Avec des soutiens comme ça, Bové n'a pas besoin d'ennemis. Abandonnez votre soutien SVP, moi je crois vraiment à ce qu'il dit...
Il suffit pourtant de mettre ses courses à la caisse dans les sacs poubelles pour régler le problème... ;o)
@ Bruno et Ben : Oh, les ayatollahs, on respire un bon coup et on relâche la pression... c'est pas comme ça qu'on convainc, c'est pas non plus génial comme amorce pour une discussion... Un peu d'humour et de bonne humeur, c'est comme ça que la décroissance est soutenable et heureuse : joie de vivre, les gars !
Je n'aurais jamais imaginé que ce billet attirerait un tel nombre de trolls velus, tiens... Des Purs et Durs, qui, comme l'immense majorité de la population citadine de ce pays, ne font jamais leurs courses dans un hypermarché, le citadin moyen consommant généralement les fraises de son jardin ou les prunes de son verger (et ce sont donc des ovnis, qui remplissent les immenses parkings des centres commerciaux)... Ou des Rigolos qui affirment sans rire qu'un sac de caisse (en polyéthylène pour contact alimentaire) est plus "bad" qu'un sac-poubelle (en polyéthylène renforcé + un faible pourcentage de plastiques recyclés + colorants). Eh non, au fait, cher ami, le sac de caisse est beaucoup plus mince et moins solide (qui n'a pas connu de déboires avec !) qu'un sac-poubelle typique, toujours composé de plusieurs couches, justement pour ne pas se percer...
Mais bon, j'ai vu accourir les donneurs de leçons... Avori un billet référencé chez rezo.net, ce n'est pas toujours de tout repos !
qu'est-ceque tu fous encore là toi ?
va au lit et plus vite que ça !
demain, y'a travail, non mais sans blague !
en fait, il faudrait enlever les sur-emballages sur le parking et les laisser dans les caddies
La Sardine a raison. Une veille de rentrée à c't'heure ci : au plum' !!! Et plus vite que ça !
À Marseille, au beau milieu d’un quartier populaire saccagé par l’invasion des promoteurs et de leurs sauterelles en costume gris, on tombe en arrêt devant une affiche qui se décolle déjà, l’image d’un coquelicot défraîchi accompagné de ce slogan : « Avec José Bové, unis pour gagner. » On croit d’abord à une blague. Mais non, apparemment c’est sérieux. Ils sont divisés et ils vont perdre, mais ils sont quand même unis pour gagner, bravo. Gagner quoi, au fait ? Un pourcentage moins petit que s’il était minuscule, une médaille en chocolat équitable pour services rendus au pluralisme, les oreilles et la queue des concurrents antilibéraux encore plus mal classés que lui à l’issue de la corrida électorale ? Trois mots, deux énormités, un goût de moisi. Remplacez le coquelicot rouge par une croix de Lorraine, et vous avez un projet d’affiche crédible pour le Chirac de 2002, ou mieux, le Lecanuet de 1965. « Unis pour gagner », c’était aussi la devise des entrepreneurs associés à la candidature parisienne pour les JO de 2012. Sauf qu’eux ont vraiment failli réussir.
Avec un peu de tristesse, on songe alors au Bové qu’on aime bien, celui qui se battait avec des mots qui voulaient dire quelque chose. Le Bové, entre autres, qui manifesta en mars 2003 aux côtés des habitants de la ZUP nîmoise de Valdegour pour réclamer justice après la mort de Mourad, tué par un gendarme à 17 ans. Ce souvenir est de ceux qui peuvent faire fléchir l’abstentionniste au moment du doute. Mais le « unis pour gagner » le rattrape au vol. Quel sens donner à une « insurrection électorale » qui marche dans les clous du marketing ? Comment personnifier la contestation lorsqu’on a fait le choix d’accepter les règles du jeu de l’adversaire, de ne jamais s’attaquer aux médias et de se ménager l’appui d’un ex-présentateur vedette de Canal Plus ? Karl Zéro, l’auteur des clips de campagne de Bové, est ce type qui, aux lendemains du 21 avril 2002, conseillait à ses téléspectateurs : « À la manif du 1er mai, il serait bon que vous ayez tous des drapeaux français et que vous chantiez aussi à la manif La Marseillaise. » Salarié docile de Vivendi (« Il y a trois sujets sur lesquels “Le vrai journal” ne peut pas enquêter : le football, le cinéma, Vivendi », avouait-il), partenaire de François Pinault et Jacques Séguéla (qui financèrent son Vrai papier journal), le futur compagnon de route des altermondialistes déclarait en 2000 : « Je pense qu’il est temps de mettre sur pied un pôle social-démocrate important. » Et c’est avec ça qu’il faut, hum, « s’unir pour gagner » ?
En 1980, certains trouvaient mou du genou le slogan de Coluche : « Pour leur foutre au cul ! » Après vingt-sept années de normalisation du langage, cette promesse non tenue ne résume pourtant pas si mal « l’aspiration au changement », mieux en tout cas que le catéchisme du communicant. « Avec José Bové, un autre avenir est possible », affirme une autre affiche du candidat. On veut bien le croire. Sarkozy lui-même ne clame-t-il pas qu’« ensemble tout devient possible » ? Un avenir esquissé avec des mots bidules ramassés à la cantine des écoles de commerce est certes possible. Reste à prouver qu’il fait envie.
Publié dans CQFD n°44, avril 2007.
Moi les sacs en plastique, c'est le cadet de mes soucis.
Ce qui me fait chier, c'est plus les 40 caméras au mètre carré, les lentilles de Fresnel à la caisse (pour voir ton sac), les vigiles partout et les sacs à dos scellés à l'entrée.
C'est décidé, je boycotte merdouf. Si ils prennent leurs clients pour des voleurs potentiels, qu'ils le disent clairement, perso j'en ai un peu marre. Moins de caissières, mais plus de
vigilesroquets. Vive l'économie moderne. La rétention des données. Le TCPA. Les DRM. Les scanners d'iris. Le fichage d'ADN. Les watermarks dans les fichiers. L'ordre juste et la France qui se lève tot. Le PMU. Les cookies traceurs. Le reverse DNS qui permet de retrouver ta ville chez ses idiots d'orange. La géolocalisation des adresses IP. Mon calbut.s/ses idiots/ces idiots
Et puis n'oublions pas les cartes de fidélité merdouf qui suivent tes achats en échange d'une mirifique réduction de 0,34%, les badges électroniques des autoroutes, l'historique de ta carte bleue, les cellules qui suivent ton portable, le login au boulot, le badge à l'entrée. Quelqu'un à un flingue à vendre? Je paye en liquide et hors caméra.
Je crois que tout le problème c'est qu'on ne paye pas le vrai prix des choses. Entre autres, le principe du pollueur-payeur n'est pas appliqué... le coût du recyclage, de l'élimination n'est pas intégré au prix. Résultat pour le consommateur, c'est impossible de savoir en fonction du prix quel est le produit le plus respectueux de notre environnement.
@Urchin (#17) :
Au Darrefour de Vénissieux, Rhône, j'ai été surpris de voir que chaque caissière avait un mini-moniteur télé à côté de l'écran de sa caisse... Puis j'ai constaté l'absence de la lentille de Fresnel habituelle ou du miroir convexe d'en face... Puis je me suis baissé et j'ai regardé sous la caisse... Et j'ai vu sous celle-ci une caméra vidéo enchâssée dans la base de la caisse à environ 60 cm du sol (à vue de nez) et qui lorgnait mon caddie par en-dessous... Et éventuellement sous les jupes des filles, aussi, peut-être... Et il y en avait autant sur les 75 autres caisses.
arf, j'ai mis mon commentaire juste avant la troupe de rezo, j'ai été mis dans le meme sac ( ;-) ).
Le rigolo se permet d'insister : les sac de supermarché portent tout le poids sur 2 minces poignées, contre des sacs poubelle "continus" : ils sont bien plus resistant (à poids donné). Ils sont souvent fait en polyethylene haute densité, contre du basse densité pour les sac poubelle. Enfin, bref, ca n'aurait d'importance que si les sacs étaient recyclé en large proportion, ce qui n'est pas le cas.
Ce qui compte c'est la quantité de sac que tu recois en supermarché - tu en recois bien plus que ce que tu utilises en sac poubelle, non ? Le gaspillage en sac est enorme dans les supermarchés, quand c'est la vendeuse qui place les objets dans les sacs je les transvase souvent pour en utiliser moins.
Quand on parle de reduire le gaspillage et la consommation, le fait de ne pas distribuer de sac plastique est un bon pas.
revenons à des vraies valeurs : sur le marché, avec le panier en osier. Ah mais ! ;-)
Et quand on parle de sacs, on ne parle pas de l'impact écologique énorme que représente l'implantation d'une grande surface.
Le geste pour la planète, c'est d'éviter autant que possible (je n'ai pas dit que je le faisais systématiquement, hein, j'y vais aussi à mon grand regret) de nourrir cette filière qui importe des fruits de petaouchnok alors qu'il y a des producteurs pas loin, idem pour la viande, les légumes, le fromage, etc... enfin bon moi c'que j'en dis, hein.
Vous avez entendu parler des AMAP ?
C'est vrai que sur les marchés, on achète moins d'emballage inutiles. Et en plus, les commerçants ne sont pas radins sur les sacs plastiques : un poivron, un sac; un citron, un autre sac; 5 oranges, encore un sac. C'est même difficile de refuser ces sacs.
Du coup je me retrouve avec un tas de sacs destinés à servir de poubelle qui inexorablement, de semaine en semaine, grossit.
Par contre, toujours à propos des marchés, une autre reflexion. C'est vrai que c'est bien, on peut y aller à pied, donner de l'air à notre belle conscience écologique. Mais il ne faut quand même pas perdre de vue qu'on peut y aller à pied parce que les légumes et autres marchandises sont venus de loin (j'habite Paris) dans un gros camion qui pue.
Alors c'est sur que c'est plus facile pour moi de jouer l'écolo responsable qui n'achète pas d'emballages inutiles et qui refuse autant que possible les sacs plastiques. N'empêche que je peux faire ça parce qu'il y a un marché bien achalandé en bas de chez moi 4 fois par semaine, et que je ferme les yeux sur les embouteillages de camions stationnés que cela succite à chaque fois.
Et je ne parle même pas des cerises de Décembre, raisins de fevrier et autres merveilles qu'on y trouve, parce que s'il n'y a pas d'emballage plastique autour, en matière de pollution durable, ça se pose là.
Je me rapproche petit à petit et sans trop d'efforts de l'écologiquement correct.
Les pleins caddies à Carouf-les-oufs, c'est fini.
Biocoop pour les produits d'épicerie, huiles, céréales, légumineuses
Fruits et légumes, soit bios, soit au moins locaux, au marché. Si on a un beau panier, ils vous inondent pas de sacs: le strict nécessaire pour être recyclés en sacs poubelles. Le pain, le fromage, c'est aussi au marché.
Café, et divers exotismes: chez "Artisans du monde", avec le même beau panier de préférence.
Dépannage hors marché, "La Halle Fermière": un commerce local monté par les paysans du coin.
Plus une fermière attitrée pour les oeufs et fromages blancs.
Bon, c'est vrai que ça multiplie les points de vente, et que le grand caddie bourré de produits sur-emballés, c'est plus rapide. Et quand on a toute une petite famille, on crache pas sur le temps gagné. Quant au coup du sac oublié chez soi ou dans la voiture, ça m'arrive de moins en moins, mais c'est vrai que j'ai mis le temps!
Chacun fait comme il peut, comme il sent.
L'important, c'est d'avancer (à sa vitesse) dans la bonne direction.
@etienne (#24)
Soyons donc un peu plus précis :
Et sinon, le coup du sac, ben je l'oublie plus quand je vais en course, un réflexe quoi. D'accord avec toi Swâmi pour les emballages des produits, et pourtant d'après les industriels, ils ont déjà beaucoup réduit le volume ces dernières années... bizarre, j'ai pas vu la différence.
"et pourtant d'après les industriels, ils ont déjà beaucoup réduit le volume ces dernières années... bizarre, j'ai pas vu la différence."
Normal. Ils ont baissé la densité "individuelle" des emballages, réalisant du même de conséquentes économies (et nous offrant au passage des contenants qui flirtent avec les limites de la physique, cf les bouteilles qui s'affaissent sur elles-mêmes dès qu'on les ouvre).
Mais, dans le même temps, la quantité de produits différents mise sur le marché a considérablement augmentée. L'un compense largement l'autre, et la pollution ne vient pas forcément de de là où l'on pense...
Question pollution, je vois pas la différence. Les sacs que donnait merdouf, étaient gratuit et polluant, et servaient de sac poubelle. Maintenant, il faut acheter chez merdouf des sacs poubelle plastique polluant.
Le changement est que merdouf vend ce qu'il donnait.
"Merdouf, le mag où on achète des sacs poubelle polluant en boite et qu'on en sort à la caisse le nbre qu'il en faut pour mettre nos courses", voila ce qu'il faudrait qu'il colle sur les tee-shirts.
Je jetais une quantité assez impressionnante de sacs vides, lorsque je ne savais plus où mettre mes réserves de futurs sacs poubelles.
Et maintenant que carouf n'en distribue plus depuis longtemps (ils sont en retard ou quoi, à Lyon?), je ne suis quand même pas en peine, je peux même en passer aux amis. Faut pas confondre manque véritable et crainte de manquer.
Bien sûr, je trie, et du coup mes poubelles, débarrassées des emballages encombrants et difficiles à compresser sont toute petites. Comme elles ne pourrissent pas (je mets au compost tout ce qui se dégrade), je ne sors ma poubelle que tous les 15 jours ou moins.
@ mc :
Non, à Lyon ils ne sont pas en retard, ça fait un moment qu'ils ne distribuent plus de sacs. D'abord sauf quand on les demandait, mais maintenant plus du tout.
J'oublie toujours de remettre mes sacs dans la voiture, mais ils me servent bien quand je vais chercher mes produits éthico-bio-locaux au coin de ma rue... parce que des tas de légumes, de fruits, de produits laitiers et deux pains (hmmm le pain bio aux céréales), ça pèse !
En revanche le coup des sacs poubelle nous a fait défaut, parce qu'on n'a pas de compost (en plein Lyon mais avec des zones vertes, il faut qu'on trouve une solution, c'est trop dommage) et qu'avec notre passage aux légumes matin midi et soir (j'exagère) on a presque plus de déchets non recyclés !
Du coup on utilise les sacs qu'on n'arrive pas à ne pas prendre (shopping vestimentaire impromptu en ville, courses volumineuses de Noël...) malgré nos efforts, et qu'on ne réutilise que rarement.
En revanche on n'a pas trouvé de sacs "facilement recyclables", seulement des "recyclés"...
Pour l'information de "ceulles" qui seraient intéressé(e)s, Artisans du Monde propose aussi des vêtements, en partenariat avec IDEO (ya un site sur le Ternet) et Solidarmonde ; vêtements tous doux (coton bio), équitables (inde ou brésil), en partie écologiques (le coton vient quand mm de loin... mais ça ne pousse pas vraiment chez nous non plus, faut dire) et surtout super jolis... je n'ai pas d'actions chez eux, mais franchement j'apprécie !
Pour faire les courses au marché ou au magasin biotruc avec son caddie à roulettes, il fait avoir une combinaison d'au moins plusieurs des choses suivantes :
Donc, quand tu n'as pas trop de temps, pas trop de sous, et une famille de morfales à nourrir, tu vas bourrer le coffre du Scénic à Carrouf', et tu constates sur le parking que tu n'es pas tout seul à être réduit à cette extrémité ;-)
Le mot "recycler" insinue un gros mensonge et une grossse escroquerie dans nos tête. Dans recycler, il y a le mot cycle.
Mais que deviennent les bouteilles en plastiques que votre conscience vous fait mettre dans les poubelles speciales?
Elles ne sont pas retransformées en bouteille , que nenni, elles peuvent être recyclee en pull en "laine polaire".
Mais que devient le pull en "laine polaire" quand il ne sert plus ou qu'il est usé? Je doute qu'il soit tranformé, il sera très probablement incinéré ou enfoui.
Tu parles d'un recyclage !
Je me doute bien que les lyonnais ne peuvent pas faire de compost sur le rebord de leur fenêtre, mais chez nous, ils ramassent aussi, dans des sacs bio dégradables, tout ce qui se décompose, pour en faire un compost qu'ils revendent en fin de saison.
Ces tentatives modestes (gouttes d'eau dans la mer) ont l'inconvénient de tromper le client naïf, mais l'avantage de faire réfléchir à la question, de montrer que certaines choses sont possibles. Et aussi de montrer les limites de l'exercice tant que notre mode de production et de consommation ne changera pas.
En apportant à la décharge un divan défoncé, je me suis aperçue qu'il était totalement NON recyclable parce que composé de plusieurs matières différentes.
Il aurait fallu le désosser, et tout ce qui est en bois aggloméré est inutilisable à cause des produits pas très cleans qui collent le bois (produits pas très cleans qui venaient tout de même de passer plus de dix ans dans mon salon!!!) Inutilisable aussi la mousse qui compose le matelas, et quand le matelas est à ressorts je vous dis pas la prise de tête!
Et le truc des bouteilles recyclées en pull, si c'est pour déculpabiliser le petit protecteur de la nature d'acheter son eau en bouteilles...
Bien d'accord avec Swâmi sur la question du fric et du temps ...
Pourtant, je module un peu sur le fric: si on change en même temps sa manière de manger (moins de viande, des légumineuses pour les protéines par exemple) et si on tient compte de la question de l'extrait sec (des oignons non bios rétrécissent beaucoup à la cuisson vu qu'ils sont composés de beaucoup plus d'eau, payée au prix de l'oignon), si on pense que de meilleurs produits nourrissent mieux, il est possible (probable?) que le porte monnaie s'y retrouve aussi.
Sur la question du temps... ya aussi à réfléchir sur "Qu'est-ce qu'on fait vraiment de tout ce temps gagné?"
Tout pareil que mc, c'est ce que je disais plus haut : c'est dans une réflexion globale associée à un rythme de vie que ça devient possible et agréable de s'approvisionner différemment ; pour moi, c'est une détente, de faire mes courses chez les producteurs, de cuisiner (vraiment, quand on transforme soi-même, on se rend compte que les produits achetés plus chers deviennent de très bons petits plats pas chers, et avec un congélo assez gros et une bonne gestion, à la fin du mois, je m'y retrouve...).
Mais c'est une démarche qui se construit progressivement : à partir d'une expérience particulière (je perpétue une tradition familiale de ), puis d'une réflexion à la fois gastronomique (marre de bouffer de la merde !) et éthique (mettre autant que faire se peut mes actes en conformité avec mes idées). Chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, mais l'essentiel est bien que chacun cherche à avancer...