- Ça le fait, hein ? Fais-je, fier comme bar-tabac, (enfin, si on veut, c'est ça ou se cacher dans le bac à fleurs)...
- Wouaaaaaah ! Répète la maîtresse... Vous avez un enfant dans cette classe, beau jeune homme ?
- Euh, n'en faites pas trop tout de même, fais-je avec un sourire, j'ai l'air de sortir d'une poubelle d'habitude ?

Je récupère mon Srî Minishiva.
- Mais tu es déguisé mon bonhomme ! lui fais-je.
- Oui Papa, c'est la fête du printemps ! C'est mon chapeau de jardinier !
- T'as vu, moi aussi, chuis déguisé...

Puis, mon nain à la main, je me dirige d'un pas martial vers l'école primaire avec la sensation d'être dans la peau du beau-frère invité à un mariage, mais pas dans la mienne...

Les femmes me regardent passer, intéressées (forcément ;-).

Les rares pères présents, vêtus en chômeurs ordinaires, regardent avec une forme de dédain ce type en costard sombre, lunettes noires et chemise grise classieuse... Cravtouze qui relève agréablement le tout. Presque envie de leur demander s'ils ont vu passer le mariage, pour faire diversion...

Mademoiselle Patâpatî sort de l'école et se jette dans mes bras en criant Papa ! Alors, ils t'ont pris ? Merdre, je crois que l'histoire du mariage est à l'eau...

- Moui ma fille, on dirait que ça se présente bien, mais on ne peut rien dire tant que ce n'est pas fini... Y'en a plusieurs, comme toujours... Pis faut encore qu'ils vendent mon C.V. à leur client... Eux, ils sont contents, espérons seulement que leur client le sera aussi.

Je ne lui dis pas que l'un des types que j'ai vus m'a laissé entendre que passé 40 ans, professionnellement, tu pouvais te considérer quasi-mort. Je ne me considère pas comme mort. Blessé, seulement. Nuance. Le type (nettement plus vieux que moi, en tout cas, il en fait 15 de plus...) a fini par convenir que je n'avais pas l'air mort, après délibéré avec ses collègues tout de même. En tout cas, je plais encore aux maîtresses d'écoles maternelles... C'est déjà ça.