L'enfer, c'est les autres
Par Petaramesh le lundi 12 mars 2007, 08:44 - Miscellania - Lien permanent
Sans doute grâce à la qualité de leur travail, à l'impartialité de l'information qu'ils délivrent, à la variété de leurs sujets, à la profondeur de leurs enquêtes, au sérieux de leurs analyses, à leurs quotidiens sondages top-crédibilité, le petit monde des journalistes commence à sentir le feu qui leur brûle les fesses : Ils se mettent à redouter le spectre d'un monde sans journalistes
.
Les aventures de Libé au pays des Rotschild leur foutent les jetons !
Alors bien sûr, plutôt que d'imaginer que leur petit ronron en vase clos puisse être pour quelque chose dans cette déroute annoncée, on a comme de juste le bon petit réflexe corporatiste du dinosaure qui vient de se faire marcher sur la queue : La désaffection dont ils souffrent, ce n'est sûrement pas leur faute à eux, non, c'est notre faute à nous [1] :
Dès l'ouverture des Assises internationales du journalisme, qui se sont tenues du 7 au 9 mars à Lille, Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone, a fait part de sa colère et de son inquiétude face à ce qu'il appelle une "organisation démagogique de l'information" générée par les fournisseurs d'accès à l'Internet. [...]
M. Bourges a pointé du doigt l'Internet nouvelle génération, le Web 2.0, qui "met en avant des "contenus" offerts par les internautes". Il y voit une de "ces pratiques qui révèlent une volonté sourde, tacite, mais profonde, de développer de manière croissante des médias sans journalistes".
(les restes chez LeMonde.fr)
Ah je le savais, tiens ! Ça va encore être ma faute...
Quand on lit ça, on se dit qu'on n'est pas très loin (coucou M. Donnedieu de Vabres !) d'une revendication de mise sous tutelle de la libre expression sur Internet par de vrais journalistes de la Pravda et de la Nomenklatura, parce que vous comprenez, mon bon Monsieur, si on commence à laisser les citoyens s'exprimer par eux-mêmes, raconter eux-mêmes ce qu'ils vivent, dire eux-mêmes ce qu'ils pensent, analyser eux-mêmes les conneries qu'on leur raconte... Raconter directement ce qui se passe dans la rue en bas de chez eux... Mais où va-t-on, je vous le demande ?
Sans personne pour faire la "nécessaire mise en perspective" ? Décider de ce qui mérite d'être dit et ce qui ne le mérite pas ? Démêler le vrai du faux ? Rewriter l'article ? Se souvenir opportunément qu'on ne doit fâcher ni l'annonceur, ni Monsieur le maire ? Mais vous n'y pensez pas !
Ah, ils sont très-très pour la liberté d'expression, nos camarades journalistes ! Euh, la liberté d'expression... La leur, ou la nôtre ?
Encore une honnête profession d'intermédiaires menacée ! Eux et les majors du disque, même combat !
Ah, tous ces braves gens auxquels le citoyen fait peur, finalement... Le public qui gouverne, s'exprime et décide, c'est vachement bien sur le papier, surtout quand il a besoin de toute une caste d'intermédiaires et autres vaches sacrées CSP++ pour ce faire ! Mais qu'il prétende s'en émanciper même un peu, passer plus de temps à écrire ce qu'il pense et à lire ce que pensent de vrais gens sur le 'net, plutôt qu'à avaler tout rond la pensée prémâchée de la boîtakons... Et il y a péril en la demeure !
Finalement, ils sont crétins, tous ces politiques. Parce que franchement, s'ils avaient pu savoir, en 1990, ce qui allait sortir de tout cet Internet moderne, ils auraient sûrement décidé de l'interdire d'entrée de jeu... Avant que ce ne soit entré dans les moeurs.
Après tout, comme le disent ces braves intellectuels du groupe Kyo : Ils le font bien en Chine !
.[2]
Addendum 15:17 :
Tiens, dans la même veine, mais autrement plus inquiétant que les vitupérations de Bourges, ce billet chez Caveat Emptor : "Dehors les blog-gueux!", donc voici un substantificque extrait qui nous montre par quelles voies détournées on pourrait bien essayer dans un trop proche avenir de nous faire fermer nos grandes gueules... Dans un proche avenir ? Ah non, merde, trop tard : C'est déjà fait :

Vous allez moins faire les malins car le gouvernement semble bien décidé à mettre un peu d’ordre superjuste dans votre loghorrée blogguique. Sa première mesure est d’ores et déjà très prometteuse. Grâce à un petit article glissé dans la loi sur la prévention de la délinquance, il devient interdit aux blog-gueux d’enregistrer et diffuser des images violentes. Seuls les Vrais Journalistes et les Médias Agréés peuvent le faire. Pour les autres, c’est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.
Rusé, le gouvernement. Il aurait pu dire la vérité, qu’il voulait vous faire taire, vous menacer de prison pour protéger une corporation -la nôtre- qui vit assez mal votre irruption dans l’espace public. Mais non, il s’agit officiellement de punir le happy slapping, cette pratique d’hydrocéphales qui filment avec leur téléphone une scène de violence qu’ils suscitent pour la diffuser sur le net ou auprès de leurs proches. Qui pourrait s’opposer à cela? Personne. Sauf que le texte de loi ne parle pas de happy slapping, mais d’images de « torture », « d’actes de barbarie ». Et même de violences commises par les forces de l’ordre.
Je répète. « De violences commises par les forces de l’ordre ». Comme Rodney King à Los Angeles il y a 16 ans, battu par des « forces de l’ordre ». Et filmé par un quidam. Interdit en France, ce genre de chose, désormais.
[...]
L’ex patron de France Télévision Marc Tessier, dans son rapport sur l’avenir de la presse, suggère un vrai label “journalisme AOC” décerné par une commission de
copains des médias et du gouvernementsages pour trier les vrais folliculaires sérieux des gloseurs de blogs.
Merde, on est lundi, j'ai pas eu le temps de sortir racheter des sacs à vomi... Oh putain j'ai tout salopé le tapis du salon :-(
Ah, et puis, on pourra toujours utiliser ce charmant articulet de loi pour faire régner encore un peu plus de terrorisme judiciaire, traîner tout le monde et n'importe qui devant les tribunaux pour "diffusion d'images violentes"... Ne restera plus à la jurisprudence qu'à déterminer ce qui est "violent" ou pas... Au plus grand bénéfice de ton avocat mon ami.
Lois votées par nos chers députés, représentants du Peuple, vos élus, je vous le rappelle au passage. Vos élus à majorité UMP vous intiment de fermer vos gueules, merci, sinon c'est 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.
Liberté d'expression à deux vitesses... Interdiction de diffuser des images de violences commises par les forces de l'ordre... Le fascisme n'est pas en route : il a déjà posé ses valoches.
Photo : iamilk, sous licence Creative Commons by-nc-nd
Notes
[1] Une suggestion, tiens : Et si, plutôt que de se faire les chantres perpétuels et sans nuances de la pensée libérale, ces braves journalistes s'exprimaient davantage en faveur de la réduction du temps de travail ? Ca laisserait davantage de temps à ce brave citoyen pour s'informer et lire la Pravda presse, non ? Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu Mâ Anandaramesh me dire : Si tu crois que j'ai le temps de lire la presse, avec la vie que je mène ! A part parcourir vaguement le "20 minutes" qu'on me donne à l'entrée du métro...
. Messieurs les journalistes, vous voulez qu'on vous lise ? Commencez donc par militer pour que cette société donne à ses citoyens le temps de le faire ! En voilà une idée qu'elle est bonne !
[2] Le groupe Kyo s'est fait remarquer par ses paroles chocs : « Le truc qui m'a le plus parlé dans ce qu'il [Nicolas Sarkozy] nous a dit, c'est la possibilité de fermer un site de téléchargement illégal parce que c'est s'attaquer aux gens qui proposent de la musique gratuite et non pas s'attaquer aux internautes » et d'ajouter qu'avec Internet, « on peut faire n'importe quoi. On peut empêcher ces sites d'être utilisables en France. Ils le font bien en Chine ».
- Le Monde Informatique, 10/03/2006, DADVSI : retour de la licence globale dans le projet











Commentaires
euh ... Serge Halimi, il a sa carte de presse ???
les nouveaux chiens de garde ...
sinon , y a une joli mise en perspective ici en pdf ... (faut foxit reader ... ou genre )
Je pense que les journalistes vivent dans le même monde que nous : il y a peu de boulot pour beaucoup de candidats, alors c'est ferme ta geule ou dégage. Ce n'est pas une excuse, juste une des explications.
a+
Mat
J’ai longtemps admis sans sourciller l’idée - sans cesse rabâchée, martelée, imposée - que "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie".
J’adore décortiquer ces idées qui traversent la société comme une colonne de GIs traverse le désert Irakien : droit devant, sans poser de questions. Les formes sombres calcinées sur le bas-côté de la route ne sont jamais interviewés. Dommage pour eux. Dommage pour nous.
En vérité, "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie" sonne comme une injonction divine. Son apparente évidence paralyserait et laisserait sans voix même le plus déjanté des commentateurs sportifs brésiliens. C’est vous dire si le travail de critique est rude, politiquement incorrect et risqué. D’où mon empressement à le faire.
Procédons d’abord à une petite analyse de texte : "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie" disent-ils. On aurait pu dire "La liberté des journalistes..." (les individus), mais on dit "la liberté de la presse" (l’industrie). Nuance subtile mais ô combien importante pour l’inconscient collectif. Selon Serge Halimi, "L’information est devenue un produit comme un autre. Un journaliste dispose d’à peine plus de pouvoir sur l’information qu’une caissière de supermarché sur la stratégie commerciale de son employeur."
Alors gardons le parallèle et énonçons une nouvelle "vérité évidente":"La liberté de la grande distribution est le meilleur garant des consommateurs". Et là, du coup, plus personne ne rigole. Et que dire de ceci : "La liberté des promoteurs immobiliers est le meilleur garant des locataires" ? Et là, du coup, vous êtes bien pâle. J’aime bien aussi celle-ci : "La liberté des patrons est le meilleur garant des travailleurs". Et là, du coup, vous êtes au chômage.
Oui, je sais, on me rétorquera que je joue sur les mots, que "liberté de la presse" n’est qu’une manière comme une autre de dire "liberté des journalistes". Je pense que non.
Bon, admettons que je joue sur les mots. Alors nous dirions "La liberté des journalistes est le meilleur garant de la démocratie". Ah bon ? Etrange chose que d’affirmer que le meilleur garant de la démocratie soit la liberté d’une catégorie socioprofessionnelle, et d’une seule, fusse-t-elle journalistique. Pourquoi pas "La liberté des travailleurs sur leur lieu de travail est le meilleur garant de la démocratie" ?
Alors où commence et où s’arrête cette fameuse liberté de la presse ?La liberté de la presse inclut-elle le silence ? La liberté de la presse inclut-elle la censure ? La liberté de la presse inclut-elle la monopolisation des médias par une minorité ? La liberté de la presse inclut-elle le foutage de gueule quotidien qu’on nous impose au journal de 20 h sur les chaînes nationales payées avec l’argent des contribuables ?
En réalité, la liberté de la presse n’est que la liberté des propriétaires des moyens de communication. Je ne suis pas convaincu que nos intérêts respectifs soient partagés.
Et qu’ils ne viennent pas me casser les pieds pour quelques (rares) véritables informations sur la guerre en Irak ou sur certaines réalités autour de Bush. J’affirme que sans Internet, et la pression forcément exercée par la base qui veut savoir, comprendre, la "presse" (celle qui s’admire et se congratule tant) n’aurait pas bougé le petit doigt... Et oui, c’est la "démocratie" de l’Internet qui a - un peu - sauvé notre droit à l’information.
Non, ce n’est pas la liberté des journalistes encartés, encore moins celle de "la presse", qui est importante. C’est qui est important, c’est la liberté d’informer, et ce n’est pas la même chose. Ce qui nous amène directement à la "possibilité" de s’informer. Et oui, à quoi sert la "liberté" de s’informer sans la "possibilité" de s’informer ? Nous y voilà. Car c’est justement cette liberté-là qui est désormais mis en danger par la presse elle-même. Celle qui est censée être le meilleur garant de la démocratie.Je ne demande pas que l’on empêche tel ou tel journaliste de s’exprimer à une heure de grande écoute, je remets en cause le droit régalien arrogé par celui-ci pour occuper tous les soirs le petit écran. Quoi ? Il n’y aurait donc personne d’autre dans ce foutu pays pour nous informer avec, disons, un éclairage différent ?
Alors que diriez-vous de la phrase suivante : "la possibilité de s’informer est le meilleur garant de la démocratie". C’est déjà mieux, non ? Cela induit beaucoup de choses. Par exemple, qu’une véritable démocratie ne saurait exister sérieusement sans une démocratisation de la presse. La liberté de la presse ne garantit aucunement la démocratie. La presse ne fait au mieux que refléter l’état de la démocratie. Il arrive même que la presse soit le principal prédateur de la démocratie.
Si s’informer est un droit pour tout citoyen, alors informer est un "devoir" pour la presse, pas une "liberté".
ce n’est pas la liberté de la presse qui est le meilleur garant de la démocratie, c’est la (véritable) démocratie qui est le meilleur garant de la liberté (réelle) de la presse.
Viktor Dedaj
"défenseur des messes laborieuses"
@eva_bien "Et oui, c’est la "démocratie" de l’Internet qui a - un peu - sauvé notre droit à l’information."
Voire sa démocratisation...
Pas le courage ni le temps de retranscrire le débat sur les médias et les présidentielles ici...
Hier on parlait de Bruno Masure et de ses nombreuses références à un certain bouillon de courge... Serait-ce ce même M. Bourges ?
petit exemple de la liberté de ne pas déplaire aux actionnaires l'affaire filloche dont personne ne parle .... c'est pas parcequ'il est au PS que ... :o)))
Et paf !
http://www.agoravox.fr/article.php3...
Vilains blogueurs, venir prendre le pain de la bouche de nos journalistes !
L'article tout là-haut vient de recevoir un addendum d'importance. Jetez-y un coup d'oeil.
Euh, combien de députés élus démocratiquement, et pas tous extrêmes, ont voté les pleins pouvoirs à Pétain ?
@swâmi
"je répète. « De violences commises par les forces de l’ordre ». Comme Rodney King à Los Angeles il y a 16 ans, battu par des « forces de l’ordre ». Et filmé par un quidam. Interdit en France, ce genre de chose, désormais."
Euh... il me semble que c'est précisé :
"sauf pour servir de preuve en justice..."
Or c'etait bien le cas non ? On s'en est servi de preuve pour faire condamner les flics en question ? non?...
Cela dit effectivement reste tous les cas ou ces images sont la pour denoncer et non pour attaquer en justice... la, c'est vrai, ca craint... En meme temps, on en attend pas moins de ce gouvernement.
@eva_bien
la possibilité de s’informer est le meilleur garant de la démocratie". C’est déjà mieux, non ?
Oui effectivement, tout a fait d'accord avec toi...
Et je pense que du coté de Pekin on l'est aussi...
> il devient interdit aux blog-gueux d’enregistrer et diffuser des images violentes.
Mine de rien on a un gros avantage, les "experts" qui nous dirigent sont quant meme très mais très à la rue techniquement. Avant qu'ils comprennent et prennent des mesures contre les data paradise (cf. sealand), autres proxy zombie et hébergement distribué / cripté (darknet), notre espèce sera déja éteinte... Mais bon c'est pas très bon signe d'etre poussé chaque jour un peu plus à la guérilla numérique (peu accessible au grand public pour l'instant malheureusement).
En même temps, je ne vois pas qui irait télécharger du kyo, même gratuitement, c'est du gaspillage d'espace disque et de bande passante.
@Snoop Snoop Scratchy Scratch :
...Restreindre la liberté d'expression à la guérilla numérique et autres Freenet, c'est donc s'assurer que cette expression-là n'atteindra jamais le grand public. C'est donc la baillonner efficacement, car ce n'est pas la douzaine de cypherpunks quinquagénaires qui se battent en duel qui est partie pour changer le monde...
Tiens, l'info rigolote et BDSM du jour (via le Délateur Masqué) :
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Chéri-chéri fais-moi mal ! J'aime l'amour qui fait Boum !
Un post, et surtout son fil de commentaires, qui me semblent assez complets sur le sujet ...
Il y aurait beaucoup à dire sur la rétention des données de la part des FAI: j'ai essayé de trouver un document qui expliquerait quelles données mon FAI (citron) collecte et pour quelle période, et j'ai fait chou blanc. Il serait temps que la liberté d'aller et venir anonymement s'applique aux réseaux comme elle s'applique déjà aux routes.
@urchin : ne t'inquiètes pas, ce sont les routes qui s'alignent sur les réseaux !
Dans le lien donné par Yogi, je lis :
"Je fais confiance aux juges pour utiliser avec discernement cet outil."
confiance, juges, discernement, outil, chercher l'erreur
Je zappe ...
C'est bien il vas y avoir pleins de petits numéros sur les écrans de télés. Non mami, c'est pas pour le télé-achat et pour l'ado de service, non ce n'est pas pour télécharger sur ton portable.
On s'est vraiment fait eu comme des bleus avec cette histoire de « scènes violentes ». rien lu sur le réseau, personne a rien vu venir. J'avais vaguement entendu à la radio “ loi créant le délit de happy slapping », j'avais cru à un effet d'annonce, un délit pour punir ce qu'on punit déjà (parce qu'il est interdit de gifler les gens dans la rue, et de diffuser sans autorisation des images de gens se faisant claquer), augmentant les peines bien sûr… pas eu le début du commencement de l'idée de chercher à en savoir plus sur l'élément de réel qui justifiait le raccourci du journaliste — y avait tant de saloperie dans cette loi aussi !
Quand on pense à la réaction pour les orties, qui ont amené une mise au point et un décret correctif pour ne pas en interdire l'utilisation (si ça se trouve, y z'y avaient juste pas pensé), ben purin… comme des bleus.
Yogi : merci pour le lien chez Versac. On y apprend (premier com') qu'est considéré comme complicité « le fait d'enregistrer sciemment, par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions. »
pas de diffuser, hein : d'enregistrer. Des images « relatives à » l'infraction — donc aussi bien ce qui s'est passé avant ou après.
Je me demande bien comment on pourrait être coupable de filmer ce qui se produit avant une telle infraction, puisqu'à moins d'en être soi-même l'instigateur ou le complice, et que cette infraction soit préméditée, on ne peut pas savoir par avance qu'elle va se produire...
De même que pour filmer l'infraction tandis qu'elle se produit : A moins que tout ne soit scénographié à l'avance et d'en être au minimum complice, on en peut pas savoir ce qui va se produire l'instant d'après... ni jusqu'où cela ira, ni quelle en sera la gravité.
Quant à "servir de preuve en justice", comment savoir quel usage sera fait de ce que l'on filme alors qu'on ne l'a pas encore filmé, que tout ne s'est pas encore produit, qu'on ne sait donc pas par avance ni ce qui va se produire l'instant suivant ni donc ce qu'on va filmer ensuite...
Rappelons qu'en France, aux termes de la loi, "nul ne plaide par procureur", donc, si l'on n'est pas soi-même la victime de l'acte, ni membre d'une assoce spécifiquement destinée à venir en aide aux victimes et habilitée à se porter partie civile à ce titre, si l'on est un simple tiers et que l'on filme ce qui pourrait servir de preuve, on n'a cependant aucune garantie que cela servira jamais effectivement de preuve : tout ce que l'on pourra faire sera éventuellement de proposer cette "preuve" à la victime (si on la retrouve) ou à la police ou à la justice...qui fera bien ce qu'elle voudra... et encore, à condition qu'une plainte ait été déposée...
Ce est donc une clause parfaitement vide de sens, qui ne sert qu'à masquer l'essentiel : on bride la liberté d'expression et la liberté d'informer pour tout citoyen non journaliste professionnel. Comme dans n'importe quelle dictature ou république bananière. Et le reste n'est là que pour cacher la merde au chat. Défense de filmer une agression, défense de montrer ce que vous avez vu ! (et si vous vous contentez d'en parler sans y associer de preuve par l'image, on pourra toujours vous accuser de diffamation)...
@Swâmi #20 : Eolas, sors de ce corps !!!
Moi, j'avais simplement trouvé bizarre:
Pourquoi créer un délit spécifique, puisque dans le cas du apislapinge (ça rime avec métinge) il y a complicité manifeste entre agresseur, filmeur et diffuseur, et que c'est déjà puni par la loi.
Je pensais bien qu'ils avaient une idée derrière la tête, je suis pas allée au bout de mon raisonnement.
D'un autre côté, ça nous obligera à porter plainte dès qu'on aura filmé... bonjour l'embouteillage des tribunaux!
@mc :
Je récapète ce que j'avais dit plus haut, apparemment possédé par le démon Eolas, me dit-on : Tu ne peux pas porter plainte si tu n'es pas toi-même la victime...
Mais (article 40 du Code de procédure pénale) tout citoyen n'est-il pas tenu d'informer le procureur des crimes et délits dont il a connaissance... ?
Enfin non, plus exactement :
Mais il est toujours possible de "dénoncer" ! enfin ! c'est à dire que "le procureur de la République territorialement compétent décide s'il est opportun :
1º Soit d'engager des poursuites ;
2º Soit de mettre en oeuvre une procédure alternative aux poursuites en application des dispositions des articles 41-1 ou 41-2 ;
3º Soit de classer sans suite la procédure dès lors que les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient." (article 40-1)
Je visualise déjà la gueule de la bavure qui circonstancie particulièrement la commission des faits qui justifie une telle liaison...
Et juste pour rigoler un peu (bien que ce suite m'ait paru horriblement sérieux la première fois que je l'ai parcouru, et je pense qu'il l'est pour ses créateurs) : la dénonciation civique sans calomnie ni délation ...
J'avais beaucoup aimé notamment les Trucs et Astuces...
Face à tant de répression, une seule solution :
http://www.youtube.com/watch?v=7kmC...
Le lien "la dénonciation ..." ne marche pas, mais l'autre (trucs et astuces) marche.
C'est une trouvaille ce site!
En particulier la claire et très utile distinction entre délation et dénonciation.
J'ai pas tout lu ni tout compris, mais j'y retournerai.
Merci Ga(i)elle.
@mc : J'ai corrigé le lien cassé de Ga(i)elle...
Ravie d'avoir été utile !
Sinon, denonciation.org, dans leur page trucs et astuces, ils écrivent quand même de belles conneries à propos de messages cryptés à 2040 bits par-dessus du SSL-128 qui ne serait soit disant plus suffisant. Ils confondent des longueurs de clés symétriques et asymétriques, ils sèment du FUD sur le SSL... Bref, de ce point de vue, ils racontent total n'importe quoi...
Ça fait un peu boutonneux qui s'astique la tige sur des notions de cryptologie dont il a pour la première fois entendu parler il y a deux heures et auxquelles il n'entrave que dalle... C'est tout de suite le genre de phrases qui font sonner mon détecteur de neuneux, quoi...
Bon, j'arrive tard comme toujours.
Liberté de la presse, de l'information, des journalistes, etc.: quand il s'agit d'informer, la presse ou tout ce qui s'y rattache ne peut pas être libre, elle ne doit pas l'être: elle doit dire la vérité ou se taire.
Ah si tu commences à nous parler en Moldave, je prends un coussin et je m'installe confortablement pour te lire...
:o)
D'ailleurs je crois que la page d'accueil a été refaite, parce qu'elle me semble bien mieux rédigée que le Trucs et Astuces. Il y a deux ans quand j'avais découvert le site j'avais été frappée par le style assez... enfin comme tu l'as dit, quoi, alors que la page d'accueil fait bien plus crédible maintenant.
Pour moi l’important est que les autres, visiteurs, commentateurs ou témoins de mon antiblog ( je dis bien antiblog) apprennent quelque chose. Non pas qu’ils soient informés, l’information consiste à donner des ordres, et ça ne m’intéresse en rien. Encore moins de communiquer, car communiquer consiste à propager des mots d’ordre. Donner des mots d’ordre- c’est-à dire je veux que vous sachiez telle chose, et surtout que vous sachiez ce que je veux que vous sachiez- on sait ce que ça suppose. Les journaux comme beaucoup d'autres commencent à savoir que les êtres humains veulent comprendre et apprendre, non être informés. L'information encore une fois c’est un ensemble de mots d’ordres et communiquer consiste à propager ces mots d’ordre.
Par l’information on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire.
« Ou même pas de croire, mais de faire comme si l’on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyions. C’est ça l’information, la communication, et, indépendamment de ces mots d’ordre, et de la transmission de ces mots d’ordre, il n’y a pas de communication, il n’y a pas d’information. Ce qui revient à dire : que l’information, c’est exactement le système du contrôle. »
Les êtres humains en ont marre d’être contrôlés. C’est cela en définitive qui pousse irrésistiblement les gens vers les blogs et non vers les sites Web des informateurs-délateurs. Ils y trouvent la soif de comprendre et d’apprendre et le désir de sortir du système de contrôle.
Dans mon antiblog je pratique le principe de la résistance.
Je résiste à certaines choses et je partage ma résistance.
C’est en résistant qu’on réussit, pas en informant ou en contre-informant, encore moins en communicant.
On résiste en faisant œuvre d’art et devant la porte d’une usine. Mais aussi devant son ordinateur.
Voyez mon antiblog, tout récent:
http://www.webjam.com/juanes/wwwweb...