Ce matin, explorant les annonces, je trouve deux annonces 100% identiques à deux annonces auxquelles je me souviens d'avoir déjà répondu, sans succès, en novembre ou décembre. Que fais-je alors ?

Je descends dans les profondeurs subaquatiques de mon dossier "Messages envoyés", recherche sur le nom de l'entreprise, et Hop ! Message / Réexpédier ! et roule ma poule.

Totalement crétin, me direz-vous ? Si ça n'a pas marché, ça ne marchera pas ? Pas si sûr.

Au début des années 90, je rangeais une pile de paperasses - je suis un spécialiste en rangement de paperasses avec 3 ans de retard - et je tombe soudain sur une lettre à en-tête fort reconnaissable de mon employeur. Tiens ! Qu'est-ce que cette lettre fout dans cette pile ? Elle ne devrait pas être là...

Cher Monsieur,

Blablabla, blabla, malgré toutes ses extraordinaires qualités, votre candidature ne correspond pas du tout, mon pôv'ieux, au profil du poste de Vice-sous-subalterne Adjoint Spécialisé que nous cherchons à pourvoir, c'est bête, nous vous souhaitons cependant le meilleur succès dans votre recherche blablabla et ne doutons pas que vous serez milliardaire avant la fin de l'année...

Sauf que.

Cette magistrale lettre de mon employeur m'informait que je n'avais absolument en rien le profil pour occuper le poste... que j'occupais depuis deux ans à la satisfaction générale.

A la vérité, je ne me souvenais absolument pas d'avoir candidaté pour cette boîte, une réponse parmi des dizaines que j'avais envoyées à la chaîne en expliquant tout bien à chaque fois comme ce serait un immense honneur pour moi que d'être admis à balayer les gravillons sur le parking de votre Honorable et Grandiose Société dont je rêve à chaque instant depuis le jour où ma mère a mis au monde l'humble vermisseau que je suis, et, regardant la date, je me rendis compte que j'étais entré dans ce poste trois mois après m'en être fait retoquer, ma candidature ayant cette fois été présentée par ma copine de l'époque qui avait de longues jambes, des cuisses bronzées et des yeux de biche, et qui, le monde est bien fait,[1] travaillait accessoirement dans l'intérim d'informaticiens... Ses yeux de biche et son timbre envoûtant avaient du premier coup refilé mon C.V. au directeur du département qui l'avait reçu fort et clair, alors que le même C.V., envoyé trois mois avant par ma pauvre pomme, mais sans les longues cuisses et le timbre rauque et envoûtant, m'était revenu droit dans la poire...

Des méandres du recrutement...

Ce jour-là d'ailleurs, la lecture de cette lettre me rappela à quel point, si j'étais content d'avoir gardé le boulot, j'étais absolument navré d'avoir perdu la copine aux longues... Enfin bref, y'aurait bien quelques trucs à bloguer à ce propos un jour... (S., si tu me lis...)

Donc, si des fois il y aurait une volontaire à la cuisse de velours et au sein d'albâtre pour porter mon C.V dans toutes les boîtes de la région, ça pourrait bien m'aider...

En attendant, "Message / Réexpédier". Peut-être que si je me mets du Rimmel avant de cliquer, ça le fera mieux ?

Mais n'oublions jamais cette vérité fondamentale (Axiome de Petaramesh) : Pour trouver du boulot, faut coucher.

D'où l'on peut tirer par quelques fines manipulations le corollaire suivant (théorème de Petaramesh) : Si tu ne trouves pas de boulot, c'est probablement parce que le piston est grippé. Et si le piston est grippé c'est probablement parce que tu n'as pas suffisamment couché.

Et également le second théorème de Petaramesh (également appelé "second principe de la boulodynamique") : Dans un système isolé composé d'un employeur "A" et d'un postulant "M", l'importance des compétences du postulant "M" au plumard (ou ses compétences supposées et autres conjectures que l'on peut faire à leur propos) est très supérieure à l'influence négligeable des compétences professionnelles réelles ou supposées du même, et que, pour cette raison, on notera epsilon.

Notes

[1] Des fois. Pas souvent, faut reconnaître, mais des fois...