Règles Douloureuses
Par Petaramesh le lundi 5 mars 2007, 16:01 - Inferno Chomismorum - Lien permanent
Il y a des jours où tu comprends pleinement cette conne de mouche qui, voulant sortir, se flanque à pleine vitesse, Toc ! dans la vitre - invisible pour elle - retombe assommée sur le radiateur, y reste un moment sans connaissance, se relève en titubant, reprend, Bzzz-Bzzzt ! son vol et TOC ! dans la vitre, deuxième service... Et re-TOC ! encore une minute plus tard. Et encore re-re-TOC ! Ad nauseam.
Faut d'la patience pour être une mouche.
Et y'a des jours, c'est toi, la mouche.
Pas assez pauvre mon fils
Pour avoir le droit de marcher au pas
Dans la cohorte des ayant-droits
Avec ton brevet de pauv' type...
Il y a une chose que je n'aurais jamais soupçonnée, quand j'étais célibataire, travailleur et sans enfants, c'est que le jour où je serais fauché, chômeur, marié et avec enfants, désireux d'inscrire mes mômes au centre aéré ou à la maison de l'enfance pour les petites vacances, d'obtenir un éventuel autant qu'improbable logement social, ou de prétendre à l'obtention d'une quelconque réduction, je devrais sortir à tout bout de champ et à tous les vents (mauvais) mon avis d'imposition, mon avis de paiement des ASSEDIC, ou mon avis de situation de la C.A.F..
D'ailleurs c'est bien simple, il y a des jours où j'ai l'impression que la première utilité de mon imprimante est de tirer des copies régulières de notre avis d'imposition pour aller les remettre la queue basse à la première counasse de guichetière qui se fera un plaisir d'examiner les revenus de Monsieur, ceux de Madame, le nombre de gosses, la pension alimentaire versée, les versements de l'ASSEDIC et des allocs avant d'ajouter les uns aux autres et de déduire la suite avant de diviser le reste par l'âge du capitaine selon un barême toujours changeant et toujours différent d'un organisme à l'autre.
C'est que ça finirait presque par constituer un boulot à plein temps. Le chômeur, ça l'occupe : pendant qu'il fait ça, au moins, il ne manifeste pas, il ne brûle pas des bagnoles...
Car la première qualité exigée d'un ayant-droit ou prétendant à ce titre est l'humilité. L'ayant-droit potentiel ne doit pas voir la moindre objection à ce que la moindre guichetière des TCL (ou de la RATP, je suppose...), les responsables de la cantine scolaire, du centre aéré, de ceci, de celà, la caissière du museum, j'en passe et des meilleurs, aient un accès complet et détaillé à tout ce qui concerne votre situation professionnelle et familiale, votre situation de chômage, vos revenus... Parce que, mon ami, l'avis d'imposition, on devrait finir par se le faire tatouer sur le front, tellement on doit le sortir à tout bout de champ. Regarde madame comme je suis bien pauvre, comme je suis bien humble et soumis, comme je fais un bon solliciteur, un excellent quémandeur, un mendiant quasi-parfait !
Auriez-vous l'amabilité de m'accorder la petite réduction à laquelle je suppose que je dois avoir droit, vu que je ne sais déjà pas trop comment on va payer le loyer ce mois-ci ?
- Attendez, je calcule... Désolée... Pas assez pauvre, mon fils !
'videmment, parce que, faut dire que les "plafonds" des différents barèmes sont souvent de tels planchers que tu te demandes en les regardant comment on pourrait seulement survivre avec ça... Faut interroger ton estomac, en fait : si tu n'as pas vraiment faim, c'est que tu n'as sûrement droit à rien.
Alors forcément, quand tu n'es pas totalement dans la dèche et que tu as un boulot et moins de douze gosses, tu sais déjà à la base que tu n'as droit à rien, que tu paieras le tarif maximum partout, alors tu trouves ça peut-être un peu raide mais juste tout de même, tu ne demandes rien, tu t'épargnes de sortir la feuille d'impôts à tout bout de champ, tu paies plein pot sans discuter, et ça te fait des vacances.
Mais dès que tu es un peu dans le besoin, que tu approches de la frange où tu vas - peut être - avoir droit à une quelconque réduction chômiste, au tarif pour familles pas-parmi-les-plus-aisées, alors c'est fini mon gars. Tu es pauvre, tu vas peut-être avoir droit à quelque chose, mais il faut bien te mettre dans le crâne qu'on va te le faire payer au prix fort de l'orgueil piétiné et de la soumission, et qu'il va te falloir désormais mettre ta fierté dans ta poche et étaler tous les détails de ta situation personnelle sous l'oeil indifférent de la première guichetière de n'importe quoi qui te le demandera, et qui, pour peu que sa ménopause la travaille ou que ta tête ne lui revienne pas, n'hésitera pas à t'appliquer sans état d'âme toutes les rigueurs de ses règles douloureuses...
Ça fait une sacrée bonne école d'humilité propre à la dissolution de l'ego nécessaire à la libération définitive du samsara, peut-être, mais n'empêche qu'au quotidien, chaque démarche, chaque dégainage d'avis d'imposition ou de carte de chômiste, chaque nouvelle explication à fournir et fournir encore, ça te fait un bon petit traitement dépresseur pour bien s'assurer de ta pleine soumission à la machine.
Après on s'étonne que les français soient les premiers consommateurs mondiaux d'anti-dépresseurs... Je n'en fais d'ailleurs pas partie. Et je ne fume pas non plus de shit.[1] Et je ne suis même pas alcoolique. Etonnant, non ? (© Desproges) ...mais j'ai de plus en plus de mal, faut reconnaître...
Une chose dont on peut être sûr et certain, au moins, c'est que les crânes d'oeufs et autres hauts fonctionnaires et politiques qui définissent les règles du jeu, non seulement n'ont aucune idée de ce que ça peut signifier de vivre en ayant pour revenu les "plafonds" qu'ils définissent, ni deux fois, ni quatre fois ces plafonds d'ailleurs, mais ils n'ont aucune perception intérieure, ces gros cons, du prix psychologique que peut représenter de devoir sortir à tout bout de champ l'éventail des pièces justificatives. Il faudrait sans doute obliger ces braves énarques, en début de carrière, à vivre fût-ce trois mois "dans la peau d'un pauvre" devant se soumettre à toutes les règles et humiliations que leurs pareils ont déjà édictées - avant de leur permettre d'en édicter de nouvelles. De même qu'on devrait exiger, avant de délivrer un quelconque diplôme d'architecte, que tout étudiant en la matière aille habiter au moins un trimestre dans une des barres HLM les plus merdiques construites par ses prédécesseurs. Histoire d'être sûrs qu'ils ont bien compris, avant de leur laisser manier à leur tour la règle et le crayon...
Et si nos chers députés, nos chers représentants, savaient ce que ça peut te faire vraiment, dans ta chair, de devoir le sortir du matin au soir, le putain d'avis d'imposition détaillé et autres pièces justificatives, je suis intimement certain que ça fait belle lurette qu'il auraient pondu une loi interdisant le harcèlement moral que constitue l'accumulation de telles demandes... Une par organisme... Multipliée par "n" organismes... Renouvellée tous les 6 mois... Chacun persuadé d'avoir le droit de savoir exactement ce que tu gagnes, ce que tu dépenses, combien tu es... pour t'appliquer "le bon tarif"... Chacun à sa sauce, chacun selon ses propres règles opaques...
Non mais vous n'avez pas honte ?
Ça fait beau temps que nos braves députés auraient voté une quelconque loi exigeant que l'administration fiscale te fournisse chaque année une attestation disant que ta famille (ou toi seul) entre dans la catégorie "A à H" ou assimilé et puis c'est tout, et que tout organisme (y compris loueur d'appartement ou autre) a le droit de te demander ce document, et lui seul, et rien d'autre, et puis c'est marre.
Aujourd'hui par exemple, je décide de me faire par pur masochisme une fin de matinée / midi / début d'après-midi "corvées'". Je vais donc inscrire mes gosses à la "maison de l'enfance''" pour la moitié d'une semaine des vacances de Pâques ce qui me coûte une heure de queue (Ah ! Les joies de la queue ! On se croirait parfois en Pologne de l'ère Brejnevienne...), plus une copie d'avis d'imposition, une copie d'avis de la CAF, une copie de justificatif de domicile, un formulaire à remplir...
Après, comme je suis chaud et qu'elle est périmée, je me dis que je vais aller faire renouveller le droit à réduction ("chômeur ASS-iste") de ma carte de transports TCL, et je vais donc me taper 25 minutes de queue à la boutique adéquate.
Quand je vois la gueule de la guichetière qui m'appelle, je me dis que c'est déjà mal barré...
- Bonjour madame, je voudrais faire renouveller le droit à réduction de ma carte TCL...
- Z'avez les justificatifs ?
- Oui, voilà la copie de mon avis de renouvellement des ASS de l'ASSEDIC...
- Avis d'imposition ?
- Euh mais y'a pas besoin si ? Puisque vous avez mon avis des ASS ? Et que les ASS sont déjà soumises à des conditions de ressources draconiennes ? Pis de toute façon mon imposition, elle n'a pas changé depuis septembre, quand votre collègue m'a ouvert la réduction...
- Il me faut votre avis d'imposition !
- Eh bien, vous avez de la chance, il se trouve que je l'ai... Tenez...
- Non, ce n'est pas moi, c'est vous qui avez de la chance ! Parce que si vous n'aviez pas votre avis d'imposition, vous repartiez !
Argh ! Comment qu'elle me prend de haut, l'autre counasse...
- Alors... (elle examine)... Pas imposable... Mais le barême... Calculette... Ajouter ça... Avec trois parts... Regarder le papelard scotché au mur... Désolée, vous êtes au-dessus du plafond !
- Comment ça je suis au-dessus du plafond ? Au-dessus du plafond de quoi ?
- Au-dessus de notre plafond !
- Mais euh... Je suis bien aux ASS ! Je vous ai donné le justificatif !
- Oui, mais c'est votre avis d'imposition !
- Mais, je vous l'ai remis, vous voyez que nous sommes non-imposables !
- Oui mais en s'en fout, vous êtes au-dessus du plafond de notre barême !
- Du plafond de quoi du barême de quoi ? Première fois que j'entends parler de ça... Vous avez la brochure qui précise les conditions d'atttribution ?
(Elle me remet la brochure, je l'ouvre, je regarde...)
- Ah vous voyez ! Votre brochure dit : Bénéficiaire de l'ASS, non imposable
...
- Non, elle dit Bénéficiaire de l'ASS, non imposable selon critères !
- Mais quels critères ? Ils ne sont pas sur la brochures, les critères ?
- Oui, mais nous on les a ! (Elle me montre sa photocopie illisible scotchée sur le mur de son côté du guichet))
- Mais euh... Sur votre mur, y'a marqué "Carte Senior", je ne demande pas la "Carte Senior", je demande la réduction chômiste à l'ASS !
- Ouais mais c'est pareil.
- Mais alors, comment expliquez-vous qu'on m'ait accordé la réduction en septembre, puisque mon imposition n'a pas changé ?
- Vous avez sûrement bénéficié d'une erreur ! Me fait-elle d'un air mauvais.
Je m'attends presque à ce qu'elle me demande de rembourser mes 6 mois de réduc !
Comme elle voit que je n'ai pas fini d'argumenter et que je ne suis pas prêt à me laisser faire, elle se décide à aller chercher sa chèfe... Laquelle chèfe revient, me dit la même chose, et je comprends que, fermement et à peine poliment, je suis prié d'aller me faire foutre.
Je vais donc me faire foutre, c'est-à-dire que je me tape 20 minutes de métro avec un changement, pour aller faire la même demande dans une autre agence où je pourrai peut-être, qui sait, bénéficier d'une erreur, après 25 minutes de queue ?
Je me tape mes 25 minutes de queue. Pour tomber sur une guichetière plus gentille, qui m'explique exactement la même chose après avoir épluché tous les papelards et tout connu de nos ressources... Elle m'explique que jusque-là je bénéficiais d'une erreur parce que la guichetière d'il y a 6 mois avait probablement fermé les yeux sur le fait que "je dépasse le plafond" de moins de 500 Euros annuels et que donc, comme elle avait fermé les yeux, j'avais droit à la réduction maximale. Mais comme les guichetières, aujourd'hui, font leur "journée z'yeux ouverts", je n'ai plus droit à absolument que dalle, je paie désormais tarif maximum plein pot, et voilà, pour aller tous les soirs chercher mes gamins à l'école.
Je comprends bien et sans ambigüité qu'aujourd'hui, personne n'est décidément d'humeur à fermer les yeux. Sauf moi : j'ai une grosse envie d'aller dormir. Mais je n'en ai pas le temps.
Car le temps de rentrer chez moi... De bloguer cette nouvelle joie... Il est temps d'aller chercher mes gamins à l'école. Je vais acheter un ticket de métro. Avant de me demander ce que je vais faire pour cette saloperie de putain de carte.
Je me sens fatigué. Humilié. Affaibli. Écoeuré.
Qui d'autre, voudrait une copie de mon avis d'imposition ? Pas d'amateurs ?
Faut que je file : Je suis déjà en retard...
Notes
[1] Depuis plus de vingt ans... Parce que, comme Obélix...










Commentaires
Tiens, moi aussi je suis dans un état d'esprit administratif aujourd'hui.
J'ai beaucoup aimé cette note.
Pas de mots pour moi, des larmes peut-être...
Compile tes meilleures notes et fais-en un livre sur lulu.com. C'est bien écrit, ça se lira, et peut-être même que ça se vendra. Et je suis sérieux (je suis toujours sérieux).
Ha, comme je connais bien cela... Les fameux critères obscurs qui permettent surtout de dire que l'on va filer tel ou tel aux RMIstes, pauvres, chômeurs, ASSistes et autres viandes à stigmatisation, histoire d'augmenter la frustration et le ressentiment de la classe laborieuse pauvre et exploitée envers plus pouilleux qu'elle, ce qui permet de détourner l'attention de la dite classe laborieuse des réelles causes de son exploitation, critères donc, qui offrent la possibilité de se payer un bel effet d'annonce (ben non, j'encule pas les pauvres, je les aide, regardez!) tout en limitant au maximum la facture :
Et voilà comment tout le monde fait mine d'avoir une politique sociale tout en cassant du pauvre à longueur de journée et en attisant les jalousies entre plébiens!
Grosses bises à mon Gourou préféré! :-)
@Amazone :
Surtout pas ! Y'a quand même pas de quoi se casser une clavicule !
C'est comme la barbichette ou presque : Le premier qui chiale aura une tapette ! Si tu craques, ils ont gagné, t'as perdu.
Je viens de passer 15 minutes bloqué dans le métro à Bellecour par suite d'un "incident voyageur", en attendant que "les pompiers terminent leur intervention", comme disent les haut-parleurs. Ça te fait tout de suite relativiser tes emmerdes...
Et puis quelque chose d'instinctif mais de très fort en moi (qui se gourre peut-être, mais ça aide quand même) me dit que ce n'est qu'une étape peut-être longue et chiante, mais passagère, de mon existence, et qui ne laissera pas de graves séquelles une fois qu'elle sera terminée. Mais qui m'aura permis de découvrir quelques aspects de l'existence, de ceux dont on se dit couramment "qu'on se serait bien passé", mais qui cependant sont une source d'enseignements qu'on n'aurait jamais soupçonnés, qui te permettent de voir définitivement les choses sous un autre angle. Parce que franchement, tant que tu n'as pas vécu toi-même certains aspects merdiques, tu ne peux pas vraiment soupçonner à quel point la vie peut être merdique - et la société humaine donc ! - quand elle se décide à l'être...
Tu te dis que les beaufs qui encensent la France qui se lève tôt et qui enfoncent ces salauds de chômeurs assistés qui se gavent à l'ASS sont juste des crétins qui sont volontairement désinformés, n'ont aucune expérience de la situation réelle de ceux qu'ils critiquent, et manquent totalement à la fois d'empathie et d'imagination, sont juste capables de penser à leur petit nombril et au fait que le chiffre des "cotisations sociales" sur leur fiche de paie leur fait mal au cul, parce qu'à cause de ça ils se disent qu'ils ne pourront passer que deux semaines au lieu de trois dans un mobil-home au camping de l'Océan cet été... et que ça les fait chier grave de ne passer que deux semaines au lieu de trois au camping de l'Océan pour financer les retraites des vieux débris et la survie de ces parasites inutiles et flemmards de salauds de chômeurs assistés...
Juste de l'égoïsme ordinaire assisté d'un solide manque d'imagination et de capacité de se mettre à la place de... Pareil pour ceux qui veulent foutre les sans-papiers à la mer. Bien souvent les mêmes. Trop cons pour seulement imaginer que derrière une absence de papiers il y a un être humain qui souffre, qui se noie, et qui pourrait tout aussi bien être leur mère, leur frère, ou eux-mêmes... Qui l'est, d'ailleurs, en vérité.
Par certains côtés, avoir goûté un peu du bâton à merde soi-même est salutaire : Ça rend beaucoup moins con, et c'est un remède qui agit très vite. Encore faut-il ne pas en abuser...
@Editeur :
Très honoré de ta suggestion, mais franchement quel père peut choisir entre ses enfants ? Mes meilleures notes ? les moins mauvaises ? Peut-être n'est-ce pas à moi de choisir ce qui vaudrait le coup et ce qui ne le vaudrait pas... Peut-être n'y a-t-il pas encore assez de matière... Peut-être y a-t-il encore une maturation à faire... Peut-être tout cela n'a-t-il d'autre destin que de rester ainsi en l'état... Va savoir... En tout cas, ça ne m'a pas encore pris de le faire...
Tiens, le coup de la mouche, j'aurais juré que c'était une allusion aux électeurs socialistes, qui votent pour le PS, espérant une politique de gauche, se prennent la vitre dans la tronche, revotent pour le PS 5 ou 7 ans plus tard..etc
Cela étant, le post est très bien quand même.
Tu vois Swâmi que je ne suis pas seule à penser que tu devrais nous pondre un beau livre ;-)
500 € annuellement de quoi ?
Je comprends pas ?
Franchement, je partage à la fois le propos et certains aspects de cette triste réalité, comme tant d'autres, malheureusement. D'accord sur presque tout, je me reconnais dans le désarroi et les expériences affligeantes d'humiliation quotidienne. Par chance, je suis célibataire, sans enfants... mais même pour un anti-consumériste comme moi, c'est balaise de vivre ave le rémi... Soit. Là, où je crois qu'il y a légère méprise de ta part, c'est quand tu penses qu'une semblable expérience de la part de ceux qui sont au commande les ferait changer d'avis... erreur gravissime partagée par beaucoup de gens, je pense. Tout cela répond à une logique cynique de casse systématique et délibérée de l'individu lambda pour le faire rentrer dans le rang, celui du prêt-à-penser, du prêt-à-se-goinfrer de n'importe quoi, mais tout le temps, les yeux fermés, la bouche ouverte!... Diviser pour mieux régner est sans doute l'extrait machiavélien le plus usité en ce temps de crise par nos politiques, de gauche comme de droite, d'ailleurs.... division à tous les étages, les services publics démantelés, d'un point de vue micro: la multiplication de la paperasse, les incessantes demandes de papiers déjà en leur possession, histoire simplement que, lors d'un contrôle, ils puissent relever des erreurs de notifications de notre part... forcément imputables à notre mauvaise foi... non, c'est bien de vice et de mépris caractérisé dont sont coupables (je pèse mes maux.... lol) les élites dirigeantes et la presse de révérence qui les encense si outrageusement. C'est à se taper la tête contre le mur... ce déni permanent de réalité, mais dans quel monde tous ces cons vivent-ils...!!! Quand l'heure du bilan sonnera, j'aimerai pas être à leur place...
Bravo!
Voilà exactement ce que je ressens quand je vais en France, même si je ne vais pas très souvent dans ces bureaux, et pourtant ça m'est arrivé car je voulais aussi inscrire mes enfants en Centre Aéré - en fait, c'était si rébarbatif (y compris les papiers à faire pour qu'il ait un repas spécial et qu'il amène son repas) que je ne les y ai plus inscrit (bon et puis les vacances passent vite quand on n'a pas vu la famille depuis un an).
Et pour aller dans ton sens voilà ce que j'ajouterai : à force de couper les cheveux en quatre et d'obliger les gens à amener le formulaire 642B, comme tu le décris très bien, on transforme l'esprit de la personne qui s'oblige à toutes ces complexités inutiles et sclérosantes. Une personne normale et digne se retrouve humiliée par ce traitement chiffré et mécanique, aux mains de patits apparatchiks mesquins.
Et ton récit m'inspire une conclusion que tu ne partageras probablement pas. La France est devenu un pays sur-réglementé et sur-administré. Elle l'a toujours été, mais depuis la passage de la gauche qui a voulu, semble-t-il, agir sur toutes les injustices, la multiplication des aides, bonnes en soi, ou répondant à un désir de justice compréhensible, transforment les gens en assistés perpétuels, en mendiants, et les humilie. Un résultat qui n'est pas celui escompté est obtenu. Bon, c'est la preuve que la justice sociale est difficle à obtenir et dit comme ça j'aurais presque l'air de proner un libéralisme forcené, ce qui n'est pas le cas. Je n'ai pas de solution. Ce que je dis, je peux le dire car je vois les choses de loin parce que je ne suis pas en France. Mais le mot clef, pour moi , c'est "humiliation" - on a la sensation que l'etat cherche à humilier les gens en les rabaissant. Ce n'est pas seulement la droite, ou la gauche, c'est la politique bien particulière, un peu ancien régime, de la France.
Bien que je sois bien loin de toi, et n'aie pas tes soucis, tu ne peux imaginer à quel point ce que tu écris me touche et correspond à ce qui me fait peur en France ( et j'insiste : peur; Je me dis que si je reviens, je vais devenir comme ça parce que je ne suis pas une battante, je n'ai pas un super boulot).
@ Amazone : "Tu vois Swâmi que je ne suis pas seule à penser que tu devrais nous pondre un beau livre ;-)"
Hem, il y a moâ aussi :-]
Je ne sais pas... autant je partage ton énervement devant tant de paperasserie, de démarches identiques à tous les guichets, autant ca me ferait peur qu'il y ait un gros fichier centralisé, avec toutes les informations sur toi, accessibles par toutes les administrations...
"Monsieur X ? alors je rentre votre numéro d'identification... oui, vous avez le droit à une réduction avec votre niveau d'impot, mais d'apres les données médicales, vous coutez tant d'euros à la société à cause de votre cancer, et puis, il y a ces infractions répétées au code de la route, non, désolé, ca va pas etre possible pour votre réduction..."
tu parles aussi de mettre des catégories pour les familles qui s'appliqueraient partout, pourquoi pas... mais les différentes prestations ne sont pas basées sur les memes principes, niveau d'impot, nombre d'enfant, type de métier, je ne sais quoi encore... ca ne me semble pas trop possible. et puis mettre les gens dans des petites cases, ca marche jusqu'au moment ou il y en a qui ne rentre pas dans les cases, ou qui ne veulent pas y rentrer.
Je passais par là et j'ai lu... C'est très bien décrit. Voilà la vie vers laquelle je tombe tout doucement en étant "aidé" de tous côtés. Licencié à 50 ans avec 4 enfants et en galère depuis bientôt 5 ans.
C'est exactement le défaut des "aides". Elles ne remplissent que ceux qui aident, pas ceux qui ont besoin d'aide. Non seulement elles ne résolvent pas les problèmes, mais elles les figent.
Toutes ces tracasseries n'ont qu'un but : qu'il y ait de moins en moins de monde à réclamer ces réductions, ces allocations. Même si c'est un droit, il faut le gagner. Ce sont les mêmes tracasseries pour les remboursements de soins médicaux, de plus en plus compliqués.
Effectivement, il y a de quoi avoir peur. La société tout entière se désagrège et tout le monde regarde tout le monde sans rien dire en pensant "heureusement que je ne suis pas dans cette situation..." ou "pourvu que je ne sois pas dans cette situation..." suivant le niveau d'anxiété.
Exactement comme à la guerre... La guerre économique. Pour enrichir des milliardaires de plus en plus nombreux et de plus en plus riches (les chiffres sont là).
Ceux qui ont peur meurent. Les autres évitent de voir. Et on se dit en "société" ?...
C'est maintenant,
pas "un jour".
Et tu le sais ...
Et pour une autorisation d'attendre le reçu de la demande de formulaire pour espérer avoir un permis de séjour en CRA, c'est plus dur encore. Bienvenue dans le monde réel, bienvenue en Frankreich mon pote.
Deux conseils : cache pas tes cheveux et vote Bové.
@Matthieu (#12) : Je n'ai jamais suggéré de "gros fichier centralisé". Comme toi, je sais les dangers qu'ils représentent. Je parlais simplement de classer les foyers fiscaux en "n" catégories fixes - rien de plus facile pour le fisc - et de passer une loi qui contraindrait tous les organismes sociaux ou parasociaux etc., publics ou privés, à ne se baser que sur le n° de catégorie, sans avoir le droit de demander ou de connaître davantage de détails. Ca serait un grand pas vers le repect de la personne, une simplification pour tout le monde, et ça ne coûterait sûrement pas grand-chose par rapport à toutes les mesures inutiles qui ont coûté des fortunes sans jamais mener nulle part (Qui se souvient de la "pastille verte" sur le pare-brise des voitures ? Qui se souvient du coût de cette connerie ?). On pourrait imaginer une carte familiale ou une attestation sur une page et puis c'est tout. Et ce serait de fait amplement suffisant. Il suffirait de créer le nombre de catégories nécessaires à la progressivité souhaitée, sans dépasser une dizaine sinon on retombe dans le poildecutage énarque...
>
La complexité se fabrique ; elle est un choix de société et est la meilleure production de nos administrations dont chaque nouveauté est toujours une complexification. Ce n'est pas un hasard si la France a le système fiscal le plus complexe du monde. C'est lié à la vieille habitude de ne jamais affronter les problèmes de front, mais par les bords, de ne pas faire les modifications générales qui s'imposent mais de toujours traiter les choses comme mille cas particuliers (et donc fabriquer ces cas particuliers administratifs) selon effectivement les professions, etc... Bien souvent pur clientélisme politique ou manière de céder à telle ou telle revendication catégorielle... Je ne vois pas ce qui empêcherait de définir au niveau national un mode de calcul général définissant des "tranches" d'obtention des différents niveaux d'aide sociale, dans leur ensemble. C'est une simple question de choix politique. Et de cynisme ambiant qui veut que, sciemment, plus l'obtention des prestations correspondant à ses droits sera complexe, plus les gens auront tendance à y renoncer, surtout les plus démunis et les moins favorisés sur le plan des démarches et de la communication avec les administrations. Autrement dit, les muets, les invisibles... On économise sur leur dos, on ne cherche en aucun cas à les aider à faire valoir leurs droits, bien au contraire... Le couple maudit ANPE/ASSEDIC est de ce point de vue particulièrement symptomatique du traitement par le mépris, le harcèlement et le découragement...
Et puis, la complexité donne toujours une plus large barre et un plus grand pouvoir de l'administration sur l'individu, puisque celui-ci maîtrise très rarement l'incroyable forêt réglementaire derrière laquelle les administrations camouflent l'arbitraire fréquent de leurs décisions.
(Et d'aucuns voudraient que l'on croie, d'ailleurs, que les socialistes, s'ils revenaient au pouvoir, apporteraient à ce genre de question la moindre amélioration alors qu'ils n'ont jamais rien fait en ce sens durant tout le temps qu'ils otn déjà passé au pouvoir sur les vingt dernières années ?)
Moi, je sens que ce gouvernement ou le suivant — si ça continue — va nous pondre une insigne à coudre sur nos vêtements. Une insigne en fonction de notre situation (chômeur, etc.). Et puis ils feront sûrement après des lieux pour les gens qui n'ont pas d'emploi où on les forcera à travailler… bénévolement bien sûr ! Et… ils choisiront peut-être comme insigne une étoile jaune, et ils appelleront peut-être ces lieux des camps de rééducation par le travail… et l'histoire se sera répétée.
Des fois, j'ai l'impression d'être dans le pire de mes cauchemars. Et que je vais finir par me réveiller… mais visiblement ça continue.
@Sardinette :
Comme le disait il y a un petit moment une amie :
Oui. C'est juste. Même si ça un petit côté
Mais c'est que j'ai fait flipper et Asteroïds, pas écrivain, moi, comme études...
Et puis, comme disait Archimède :
Ecrire sur quoi ? Sur l'existence ? Vaste sujet, ça va prendre un peu de temps. Sur l'existence, ou sur les cloportes ? L'existence est-elle un sujet incluant les cloportes qui la polluent ? D'une fesse distraite, je suis vaguement l'affligeante émission politique de FR3... Les sujets abordés qui ne sont que préoccupations de boutiquiers, imaginaire de comptables, rêves de gestionnaires... L'écoeurante prestation d'un Coppé...
Ils nous baladent, ils nous mentent. Ils nous pondent dans la tête (™ Ko, Ko, je t'aime), ces vers. De vase.
Pouah. Tout cela donne plutôt envie de se muer en Diogène, et de cracher sur les pas de tous ces boutiquiers qui tentent de nous faire croire que la vie est réductible à leurs petites affaires... Eux qui éjaculent devant un pourcentage et s'épongent avec une feuille de comptes...
Quand je vois tous ces gens intelligents qui dépensent toute leur intelligence sur des conneries... Tous ces experts qui savent absolument tout sur pratiquement rien... Qui prennent pour rélles choses-en-soi les fictions abstraites que nous avons nous mêmes crées et qui ne sont que fumées que l'on pourrait dissiper d'un claquement de doigts... Soumettre sa vie à des règles abstraites qui ne sont rien d'autre que des concepts creux et destructeurs, aliénation mentale à l'échelle d'une civilisation, nombres sans aucun rapport avec le réel, qu'ils finisssent pas croire encore plus réels que le réel... Les bras m'en tombent.
Dire comme Vian :
Ce qui est extraordinaire, avec la télévision, c'est le point auquel elle peut nous montrer encore et toujours la même chose. Quand je pense aux deux devises maïtresses de 1968 : Ce qu'il en reste est bon à faire des pubs pour la Caisse d'Épargne de l'Ecureuil. Ah, ça doit bien faire rigoler messieurs July et Glucksmann...
Alors, franchement, écrire sur quoi ? A part bloguer tranquillement chaque jour la petite chronique d'un naufrage... C'est une forme d'art modeste qui en vaut bien un autre. Bon d'accord, c'est peut-être une modestie feinte, de mégalo complet, genre "Je veux être Dieu, ou personne !" Pas faire les choses à moitié, quoi. La prudence s'impose.
Tu imagines que j'écrive aussi mal que Werber ? Je suis salaud, là, c'est mal. J'hésite à laisser cette phrase. Mais bon, quitte à être salaud, soyons au moins sincère !
Ecrire. Tu rentres dans une FNAC, tu vois le tombereau de papier imprimé, tu te demandes si ta propre production par là-dessus serait tellement indispensable à la bonne marche de l'univers... J'ai lu un jour que si on posait côte-à-côte sur une étagère tous les livres publiés sur la planète au moment où ils sortent de presse (un seul exemplaire de chaque, hein !), ça nous ferait une étagère qui se garnirait à une vitesse supérieure à 140 Km/h... Ad Infinitum... Ça te fout un peu un vertige de type astronomique... Tu te dis Artaud, Baudelaire, Hugo, Dan Simmons, Saint-Exupéry,Homère, Shakespeare, Dard, Keats, Rimbaud, Desproges, Tolkien, Rabelais, Villon, Marc-Aurèle, Nietzsche, Kant, Kierkegaard, Teilhard de Chardin, Luc Ferry [1] et moi et moi et moi ? Ouais, bon, pas du jeu. Tu jettes ton stylo et tu passes à autre chose.
Ou alors, si tu écris, c'est effectivement que tu ne peux pas faire autrement, comme une truie pisse, comme disait Wolfgang... Mais bon, là, tu te caches, aussi.
C'est pas que je sois le gars pessimiste, hein... Y'a pas plus primesautier et joyeux que moi :-}
Franchement, si on était moins cons, on finirait ça dans une immense orgie collective jusqu'à ce que mort s'ensuive... Bon, c'est vrai que ça fait peut-être un peu nihiliste tout de même... Mon côté gentil garçon bien sage, qui me dit que ça fait truc un peu nihiliste sur les bords...
Qu'est-ce qu'on pourrait essayer d'autre ?
(Sans préjudice de pouvoir se faire quelques petites orgies tout de même, hein... Je prends les inscriptions...)
[1] Une erreur s'est glissée dans cette liste ; sauras-tu la trouver ?
Petite suggestion hasardeuse :
dans ta situation de "maléficiaire des minimas sociaux", ne serait-il pas pertinent d'un point de vue fiscal de divorcer afin d'avoir deux avis d'imposition distincts, en bénéficiant de l'aide juridictionnelle pour payer les frais d'avocat, en attribuant les parts des deux enfants à Mâ pour réduire ses impôts, et en devenant toi-même (ASS + pension alimentaire versée à Miss Kestagrandhi) non imposable, afin de bénéficier des quelques maigres réductions offertes aux personnes vivant à peine au dessus du seuil de pauvreté (réduction transports urbains, tarif de première nécessité EDF, mais sans doute pas les activités des enfants, qui seront sur l'avis d'imposition de la mère), tout en continuant à vivre en famille dans la joie et la bonne humeur (Mâ peut continuer à utiliser son nom marital, et tu peux continuer à vivre à la même adresse), et en ne produisant que ton avis d'imposition perso à toutes ces guichetières voyeuristes qui t'attendent au tournant.
Tu peux faire une simulation sur le site ouèbe des impôts, au cas où. Il est possible (mais pas certain) que la scission du foyer fiscal soit plus avantageuse dans ce cas.
Bien entendu, je ne souhaite heurter la sensibilité de personne concernant la symbolique sacrée du mariage. Je le considère à mon avis perso (et je ne force personne à le partager) comme une institution un peu désuète dont le seul intérêt réside aujourd'hui dans la fiscalité (et encore, pas toujours, notamment dans le cas où l'un des deux n'est pas imposable).
J'ai honte en te lisant...j'ai aussi la rage...d'où je suis je ne peux rien pour toi et ca me rend dingue...marre de cette société de plus en plus inhumaine, marre de l'égoïsme, marre de l'aveuglement nombriliste...
Plutôt que de verser une larme, je vais garder tout ca en moi pour agir à ma petite échelle, pour que ca change...déjà ne pas voter pour cette clique de rats d'égouts égoïstes...puis bosser encore plus en bénévolat, donner plus aux assos qui agissent sur le terrain, envoyer chier mon devoir de réserve pour soutenir de mes compétences professionnelles ceux qui se font bouffer la vie...leur apprendre à trouver les failles du système et à les exploiter...
Jsuis malheureux quand je vois comment on te traite, comment on traite des êtres humains comme des variables chiffrées.
@Furyo : Hé, je ne cherche surtout à rendre personne malheureux ! Du malheur par-dessus du malheur, ça n'a jamais soigné aucun malheur !
Et puis, ce n'est pas comment on "me" traite qui compte, c'est comment on "nous" traite, même si la plupart des autres ne l'écrivent pas.
Parfois, quand je narre ce qui vient de marriver, la journée toute simple et merdique que je viens de passer, je me sens un peu en situation de reporter, genre "notre envoyé spécial dans la merde", quoi... Comme dit l'autre : "voix des sans-voix", ou est-ce juste une manoeuvre psychologique pour se consoler de la situation ?
Nuit exécrable, insomnie massive, crise d'angoisse non-stop. La pire depuis 20 ans, certainement. Le genre de nuit où tu réalises à ton grand regret qu'il n'y a pas le moindre calmant ni anxiolytique ni relaxant dans la foutue baraque, parce que le reste du temps, tu arrives à faire sans. Mais pas là :-/
ça me fait penser au livre de George Orwell "Dans la dèche à Paris et à Londres" où il raconte son expérience de l'extrême pauvreté, les travailleurs pauvres, les asiles de nuit...
Bonjour,
@ Munakoiso
Je crains que ta "Petite suggestion" ne soie effectivement très " hasardeuse" .
En effet il y a environ 25 ans (au bas mot) la solution que tu préconises aurait peut-être été possible il n'y avait même pas besoin de divorcer.
Par exemple un couple marié avec deux enfants pouvait au choix faire 1 déclaration d'impôt commune ou 2 déclarations séparées.
Dans le cas de la déclaration commune le nombre de parts fiscales était 1part pourt chacun des conjoints 1/2 part pour chacun de enfants total 3 parts
Dans le cas de déclations séparées le nombre de parts était: pour le père 1part + 1 part pour 1 enfant, pour la mère 1 part + 1 part pour 1 enfant total 4 parts.
Suivant le cas et les revenus de chaque conjoint on pouvait choisir la solution la plus avantageuse pour le contribuable.
Mais heureusement, fini le bordel, seule la déclaration commune est maintenant acceptée par le fisc.
Faute de pouvoir taxer les revenus financiers ou les stock-options, l'état prend l'argent là ou il est, chez les salariés.
Celà est valable pour les couples mariés ou paccés mais également pour ceux qui n'ont aucun contrat.
J'avais lu dans "Le Canard Enchainé" le cas de 2 personnes qui à priori n'avaient rien en commun sinon d'habiter à la même adresse, mais dans des appartements différents, s'étaient vu "redressés d'office" par le fisc (et dans ce cas on paye d'abord après on peut discuter) qui avait gravement décidé que ce 2 personnes étaient ensemble et qu'il devaient faire une déclaration commune.
Alors dans le cas de Swâmi... je doute.
Kimble
La suggestion de Munakoiso présente avant tout l'inconvénient de nécessiter que l'on "s'installe dans le chômage et les minima sociaux dans la durée et avec préméditation". Or, pour la plupart des gens, dont je fais partie, on souhaite que cet état ne soit que transitoire et le plus court possible - et on persiste à le souhaiter même quand il se prolonge. Encore un des paradoxes de cet état.
S'y organiser dans la durée et en faire son horizon de projet est un véritable changement de paradigme, dans lequel je ne m'aventure pas. Que cela soit fiscalement possible ou pas est très secondaire pour moi ; simplement, je n'envisage pas de demeurer dans cette situation.
Je sais, je suis peut-être naïf ;-)
@Minium :
Excellent ouvrage, que je conseille vivement à ceux qui ne l'auraient pas lu. Tu le lis, tu ne manges plus jamais dans un resto de toute ton existence ;-)
Un petit mot pratique : c'est très bien de n'avoir ni anxiolytique ni tranquilisant dans son foyer, en revanche, tu peux sans risque aucun te munir d'euphytose, y a que des plantes mais c'est souverain contre l'insomnie, les angoisses, la tachycardie (chez certains, l'angoisse se manifeste ainsi), les sueurs froides, les presque-crise de panique, les gros sanglots, les hoquets qui en résultent... Vraiment, je recommande souvent euphytose, et je n'en ai que de bons retours. Bref.
Sinon, une bonne partie de ta production bloggesque trouverait parfaitement sa place dans l'indispensable La France Invisible, co-dirigé par Stéphane Beaud, jade Lindgaard et Joseph Confavreux. Il parle de nous, ce bouquin, encore mieux que ne l'avait fait La Misère du Monde, et je comprends pas que personne n'en parle ; enfin, je comprends bien pourquoi les "grands médias" l'ignorent, mais nous ? sur les blogs, dans Politis, dans les réunions des CUALs ? Les gars (z'et les filles), vraiment, il faut entendre les paroles que le bouquin compile, et s'imprégner des excellentissimes analyses qui suivent.
Bon, ok, ça déprime sévère, toutes ces situations d'invisibilité, car ce qu'on ne savait pas et qui est exposé, on s'en doutait... Seulement, c'est tout replacé en contexte, les relations, la complexité sont mises en évidence, ça fait un outil magnifique pour comprendre et réfléchir (et agir... si seulement on pouvait vraiment agir... car que changera-t-on en votant ? et qu'est-ce que ça change qu'on s'adonne, personnellement et comme on peut, à une forme de simplicité volontaire ? à qui d'autre qu'à nous-même, ça fait du bien ?)
Chuis pas gaie, ces jours-ci, y a pas de quoi, faut dire.
Amazone :
Bon, quand est-ce qu'on lance la souscription ?
@Ko :
Ah ça y'en a dans le placard, mais je n'en ai jamais pris : je n'étais pas persuadé que ça serve vraiment à quelque chose... Cela dit, pour autant que je sache, c'est un des plus gros chiffres d'affaire de la société qui le fabrique :-}
Tu me gaves grave Swâmi.
Apeine j'ouvre un oeil, j'allume l'ordi et la première chose que j'apprends, c'est que tu as passé la nuit de l'horreur !
C'est ballot, fallait me biper, je suis en cacances et en vacances je ne dors pas avant cinq heures à peu près. Trop contente de profiter du vide abyssal de la maison désertée.
Mais je n'ai pas regardé l'émission politique, y'a longtemps que je ne les regarde plus. Sur le cable, vers quatre heures, il y avait un doc très drôle sur les tocs prononcés.
Si, si, très drôle, je vous jure.
Après, j'étais vachement contente d'être juste maniacodépressive à tendance pessimiste pas claire.
Franchement.
Et pour en revenir à ton problème, tu sais ce que jh'en pense. Au fait la citation d'hier soir, c'est un grand journaliste algèrien mort assassiné dans les années 90 qui l'avait écrit. J'ai oublié son nom, mais jamais cette phrase ne m'a quitté.
Tu penses bien, une justification à ouvrir ma gueule en permanence, j'allais pas la râter !
A l'attention de Mme Lorycalque alias La Befana alias Floreal alias L'amerindienne (j'adore les gens qui sont multiples au point d'user de douzaines de pseudonymes différents) :
Votre commentaire injurieux de 10h13 ce matin a bien été reçu, merci, et comme vous l'avez constaté n'est pas passé en ligne, votre style étant reconnaissable au point de faire le bonheur de certain antispam que j'utilise.
Vous avez déjà été informée à plusieurs reprises que, compte tenu de leur nature systématiquement agressive voire insultante, vos commentaires ne sont pas les bienvenus ici, et n'y seront pas publiés. S'ils sont accidentellement publiés, ils seront rapidement effacés, et je n'y répondrai pas. Epargnez-vous donc la fatigue.
Est-ce bien clair dans votre esprit ? Vous êtes donc autorisée à crier à la sçanssure fââââchiiiiste, et surtout, comme de bien entendu, misogyne, phallocrate, patriarcale et caca-boudin. Avec ma bénédiction. Merci de votre attention. Nous vous souhaitons un agréable séjour et espérons ne pas vous revoir prochainement sur nos lignes.
Décidément, ça devient un vrai trollodrome ici ! Je viens de sçanssurer fâchistement un commentaire que j'ai trouvé "moyennement pas drôle", mais surtout, bien qu'évidemment au second degré, comme manquant de smileys et de balises pince-cul, susceptible d'être pris au premier degré comme une incitation à commettre des actes que la morale réprouve, ce qui n'est jamais très bon devant une cour de justice, la preuve n'étant plus à faire que ces gens-là savent manquer terriblement d'humour...
Venant, comme souvent (toujours ?) dans ce genre de cas amusant, d'un pseudonyme fantaisiste inconnu ici, ayant fourni une adresse e-mail bidon et aucune adresse de site (c'est marrant, tout de même, hein, de telles coïncidences), je n'éprouve dans ce genre de cas aucun scrupule de conscience à presser la touche
[Suppr.]...A bon entendeur...
beau billet, qui exprime ce que je ressens au quotidien : je ne me déplace jamais sans 2 ou 3 kilos de paperasses, et, non, je ne suis pas marseillaise, je n'exagère pas du tout
par contre, pour ce qui me concerne, ce qui me fatigue le plus (classer, transporter, photocopier et imprimer à répétition des paperasses, j'ai pris le pli, c'est devenu automatique, donc peu consommateur d'effort), ce qui me fatigue le plus, disais-je, c'est de vérifier TOUS les papelards en question et contacter (voire démarcher) les administrations concernées pour qu'elles reconnaissent et réparent leurs erreurs
un exemple ?
l'avis d'imposition : tous les ans, ils m'oublient systématiquement la case T que je coche religieusement, ce qui m'enlève bien-sûr une demi-part et me fout la merde dans toutes les administrations par la suite (CAF et cantine scolaire y compris)
j'parle même pas de la sécu qui grince comme une porte mal huilée depuis l'instauration de la Grande Réforme, j'ai failli y planter ma tente tellement je ne décollais plus de leurs bureaux, qu'ils me sucraient tous mes remboursements parce, soit disant, les spécialistes oubliaient de cocher la bonne case (correspondant au parcours coordonné), j'ai failli me fâcher avec la moitié des médecins de ma commune puisqu'en fait l'erreur ne venait pas d'eux (1 ou 2 médecins qui font une erreur, passe encore, mais quand c'est tous, systématiquement, toutes les semaines, du radiologue au laboratoire, pour la moitié des habitants de la commune, y'a un binz)
bon, là où j'ai planté ma tente, c'est à la CAF : ils me sucrent mes allocs tous les 2 mois, c'est le parcours du combattant chaque fois pour leur faire faire marche arrière
Parce que même s'ils admettent volontiers leurs erreurs (oui, j'ai bien fourni tous les documents, dates, explications, oui ma situation est bien telle que j'ai droit à ceci ou cela, oui ils se sont gourés grave que c'est incompréhensible tellement il est limpide que j'ai droit à ceci cela), il faut que mon dossier re-fasse tout le parcours flêché jusqu'au sommet, repasse dans X bureaux devant X personnes ou commissions ....etc..... susceptibles de reproduire l'erreur initiale et rebelote
(bon, j'évoque même pas le cas où ils peinent à reconnaître leurs erreurs, où ils te font comprendre avec la plus parfaite mauvaise foi que t'as mal déclaré un truc même si c'est totalement faux, là c'est épique, parce que de toutes façons t'as plutôt intérêt à fermer ta gueule et avaler une grosse humiliation de plus parce que sinon ils vont pas t'aider à rétablir la situation et tu risques d'aller coucher sous les ponts à moins d'aller mendier aux restos le temps qu'ils se décident à te pardonner ton ton froid et ironique (madame, quand on est une crève la dalle, on la ramène pas !)
et pendant des mois, le temps que le dossier passe d'un bureau et d'un service à l'autre, moi, je crise (en plus de jeûner, faut bien le dire, parce que parfois, entre payer le loyer ou bouffer, faut choisir, et j'ai tendance à choyer mon lit douillet sous un toit plus que mon frigo, c'que c'est que d'avoir des chouchous !)
autant l'étalage humiliant de ma situation socio-professionnelle est pénible (même les instit et atsem de l'école de mon fils sont au courant dans les moindres détails de tout ce qui me concerne, les informations persos délivrées à la moindre préposée se diffusent aussi vite qu'une flaque d'eau dans une feuille de PQ), autant les sempiternelles démarches pour rectifier LEURS erreurs, c'est plus que pénible, c'est de la torture
l'humilité, j'encaisse, mal, mais j'encaisse, mais perdre mon temps (précieux, si ! si!) à contrôler leur travail gratuitement et supporter leurs soupirs ou leur indifférence narquoise quand je perds mon temps à améliorer la qualité de leur travail, soupirs de ceux qui mangent à leur faim quand la moindre de leur connerie me condamne à aller mendier des colis alimentaires chez l'AS du secteur, là j'ai la haine et je m'étonne que J.M. Le Pen ne soit pas à 35% question vote non pas des racistes nationalistes mais des purs contestataires qui veulent faire chier les élites sans en mesurer les conséquences
bref, et pour la faire court, il suffit que je bosse 2 semaines en intérim sur 6 mois pour perdre mes allocs, alors que je fournis tout (bulletins de salaire, contrats de travail, certicats qui mentionnent les dates et les salaires et la fin d'engagement, attestations diverses, lettre explicative sur ma situation), ils partent chaque fois du principe que si je déclare plus d'1 euros de salaire, je suis en CDI à 2000 plombes par mois même si les assedics (avec lesquels ils sont en lien direct) les informe que non, la meuf elle est dans la dèche de chez la dèche
quand je suis fatiguée d'en pleurer, je commence à en rire, au total ça s'équilibre relativement bien entre le rire et les larmes, ce qui me procure des émotions interessantes et vivantes si j'essaie de voir le bon côté des choses
c'est vrai, quoi, sans ces emmerdes permanentes, j'me croirais à l'abri du besoin, pas déprimée, pas en colère, pas mortifiée, pas souffrante donc pas survivante, pas enterrée dans le chomdu comme dans un sable mouvant dans lequel plus je lutte plus je coule
nan, vraiment, sans ces emmerdes j'aurais plus de temps pour tout simplement vivre un minimum sécure (et qui dit sécure dit créative, joyeuse, positive, donc entreprenante) et ça, pour une sale fainéasse de pauvre, c'est pas correct, les pauvres ça doit être triste, insécure et déprimés (même si je me lève tôt moi aussi et que je bosse dur moi aussi mais pas pour gagner des sous, dommage !)
tiens, à propos des formations, si t'as eu ton bac, tu peux courir : j'suis diplômée du supérieur mais, vu que les formations pour les niveaux au-dessus de IV c'est accessibles aux salariés exclusivement ou presque, j'vais p't'être me décider pour une formation AFPA niveau CAP ou BEP dans le bâtiment ou la mécanique industrielle, on sait jamais, ça peut toujours servir, et puis ça me distraira de mes soucis avec les administrations, lol !
@Jessie : Superbe commentaire, qui mériterait bien d'être un article à lui tout seul...
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Ah, ça, c'est tout un poème, je crois que c'est le pire ou presque, la désinvolture je m'en-foutiste totale avec laquelle certains employé à l'abri du besoin (même s'ils ne roulent pas sur l'or) sont capables de traiter ton dossier en oubliant - par inattention et désintérêt - de faire correctement leur boulot, en oubliant encore davantage qu'il y a un être humain derrière qui a besoin qu'ils fassent correctement leur boulot pour pouvoir manger... Ah, ces organismes qui te refont la même erreur tous les deux mois 5 fois de suite, du pur Brazil... Qui, pour corriger leur erreur, te demandent pour la 4ème fois le même document, et quand tu fais remarquer que tu l'as déjà envoyé 3 fois : donc, tu renvoies pour la 4ème fois... Et comme tu dis, tu es prié de fermer ta gueule... Des fois que si tu l'ouvres ça les énerve... Un dossier atterrit si vite tout en-dessous d'une pile ! Un document indispensable est si vite perdu !
Toujours le bon vieux comportement du "petit chef" qui use et abuse avec délectation du moindre petit pouvoir qu'il a sur toi, et qui trouve toujours une délectation réelle à te dire : (sourire de fausse commisération, qui ira se transformer à la machine à café en )...
Enfin, la vie, quoi...
>
Ca aussi j'ai testé pour vous... Le moindre CDD sans avenir payé à coups de pied au derche que tu acceptes, et tu t'asseois sur 3 mois d'allocs de plus que la durée de ton contrat... Top incitation !
>
Et là, c 'est la sagesse qui parle par ta bouche...
Et je lui ai dit qu'il dépassait le plafond de 2 Euros 60 ! T'aurais vu sa tête ! Ah, si j'avais eu mon appareil photo...
Non, Swâmi, je ne pense pas que cela se passe comme ça ! Bien sûr, qu'il y a une érosion de l'empathie que peuvent ressentir les personnes du guichet. Comment pourraient-elles continuer leur travail autrement ?
Mais, il ne faut pas s'y tromper, il faut faire du chiffre aussi dans les administrations : « dites donc madame Machin, comment se fait-il que vous avez 70% de dossier complet du premier coup alors que la moyenne est de 57, 82 pour les autres? Hein ? »
Et ce sera pareil pour son chef. Et ainsi de suite, on comparera les chiffres départementaux au régionaux, les régionaux aux nationaux, les nationaux aux européens. Ajoutez, à la louche, à chaque niveau et selon les goûts de chacun une dose de correction des données saisonnières et locales et vous avez une administration performante où la guichetière au bout de la chaîne n'a qu'à fermer sa gueule et à exécuter les ordres, soit 57,82.
Donc, je ne crois pas qu'elle rigole beaucoup avec ça à la machine à café.
Mais, il y a aussi un phénomène bien connu qui veut que plus vous vous prenez de coup de pied au cul plus vous avez tendance à en distribuer. La dame au guichet, elle ne peut pas botter le cul de son chef, c'est qui qui prend alors ? l'usager (usagé ?) comme on appelle, dans les administrations, le péquin qui défile au tempo lui aussi statistiqué de 10 minutes et qui, en plus, à l'outrecuidance de se pointer avec un dossier complet et qu'a réponse à tout par dessus le marché. « Et mes 57,82, bordel ! » qu'il faut calculer de tête parce que ce sont des chiffres officiels qui ne doivent en aucun cas être considéré comme des critères de sélection, ce ne sont que des « indicateurs d'activité dont le but est d'offrir le meilleur service possible aux usagers ».
Le double discours et les ordres contradictoires sont monnaie courante et les administrations se retrouvent bien souvent complètement schizophrène.
Une anecdote pour illustrer cette dernière affirmation à l'emporte-pièce.
Un directeur de foyer de l'enfance (établissement public) s'adresse à ses éducateurs qui vont devoir s'occuper de « mineurs étrangers isolés » : « Bla-bla-bla, pas beaucoup de moyen mais vous savez ils n'ont pas les mêmes besoins que les autres enfants, bla-bla-bla, notre mission de service public nous impose, bla-bla-bla ».
Le service public en question, en 7 ans d'existence, n'a jamais eu de budget pour payer une psychologue car, selon ce même directeur, ces enfants n'ont pas de problème psychologique. C'est sûr que la misère, la guerre, les viols, les tortures et les assassinats, ça forge le caractère. Et, croyez-moi, ce monsieur bien sous tout rapport qui vote sûrement socialiste, défend les lois sociales et l'usager du service public, n'est certainement pas moins « honnête homme » qu'un autre.
Et je préfère ne pas expliquer par quoi et comment a été remplacé ce « service public » vu que ce post est bien long et déjà plus ou moins hors sujet.
@Otrynteus : Que répondre à ton long et judicieux commentaire, sinon que le système est dingue, mais ça, hélas, on le savait déjà...? Et que laisser les humains se faire formater par une machine en folie, je ne sais pas si c'est bon pour la machine, mais ce n'est pas trop bon pour les humains...
>
Que cette érosion existe - pour autant qu'une empathie ait jamais préexisté chez certains employés - me paraît certainement chose courante, mais je m'écarte de ton point de vue quand tu prétends que cette érosion est inévitable et nécessaire à la "continuation du travail".
Ne serait-ce que du point de vue de l'employé, celui-ci ou celle-ci se sentira certainement bien mieux dans son boulot s'il ou elle se sent en harmonie avec ses "usagers" que s'il se sent exaspéré, en opposition, ou croûlant de ras-le-bol et attendant juste que la cloche sonne...
Un employé en relation avec le public, et à qui l'on donne un certain pouvoir vis-à-vis de ce public (dire "oui" ou "non", accorder ou refuser... pour plagier la triste campagne de publicité d'une triste banque et dont nous avons tous renfloué les caisses à la suite de ses hasardeuses manoeuvres - client ou pas client - triste banque qui a depuis laissé tombé son nom pour un sigle en trois lettres privé de toute signification, courte mémoire et un logo tout moche mais certainement très cher... Tiens, je devrais d'ailleurs contacter cette banque... Donnant-donnant, c'est aujourd'hui son tour de boucher mes trous, non ?), fin de la digression, un employé à qui l'on donne ce pouvoir devrait être conscient qu'il a les devoirs qui vont avec ce pouvoir, en particulier celui de traiter les "usagers" avec courtoisie et serviabilité, et jamais comme des choses que l'on jette, déplace, empile, entasse et sur lesquelles on passe ses petites contrariétés. Une personne qui travaille au contact du public et a perdu toute "empathie" pour ce public n'est plus à sa place. Elle devrait changer de job, ou prendre un peu de recul, ou que sais-je...
Oui, je sais que nous ne vivons pas dans un monde parfait. J'avais remarqué...
>
Laisse-moi deviner... Du bleu ?
Laisse-moi deviner... Du bleu ?
merci d'avoir mis un point d'interrogation, ça me permet de répondre.
Oh non, ils ont toujours été là et pour ce que j'en sais (vois, constate) ce n'est pas l'administration qui fait le plus de zèle dans l'application du « droit » des étrangers même si, comme pour la guichetière, certains gros connards sont utilisés à très bon escient.
Il y a eu un appel d'offre du conseil général avec des budgets si ridiculement bas qu'une seule association y a répondu. C'est une association nationale politiquement militante en faveur des étrangers et qui semble vouloir obtenir une sorte de monopole de l'accompagnement social des étrangers. Elle est présente dans la quasi totalité des départements. Je peux comprendre que cette association veuille se rendre « incontournable » afin de peser plus lourd « politiquement ». C'est une pratique courante dans l'aide sociale.
Le premier problème c'est bien sûr qu'à force de faire du moins-disant, on fait de la merde, pour résumer.
Le second, c'est que dans le cas des mineurs, les départements ont l'obligation de les prendre en charge quelque soit leur nationalité. Pourquoi donc répondre à cet appel d'offre ? Dans le « pire » des cas, le service public minimum continuait de monter en puissance et d'augmenter ses budgets (les administrations savent parler aux autres administrations) ou le conseil général révisait sa copie et faisait une offre raisonnable susceptible d'être acceptée par des associations éducatives déjà présentes dans le département.
Première hypothèse : la machine associative est devenu dingue et veut tout.
Deuxième hypothèse qui me paraît plus probable par d'autres recoupements, le(s) dirigeant(s) de cette association est (sont) devenus dingue(s) ou cherche un portefeuille ministériel ou la mégalomania a encore frappé...
Le résultat est le même, c'est bien l'usager qui paie les conneries. Si chères que le même directeur cité dans le post précédent a refusé (sous la pression de ses chefs de service eux-mêmes sous la pression des éducateurs) de lâcher les « prises en charge » en cours au profit de cette nouvelle structure.
Donc oui, d'accord avec toi « un employé à qui l'on donne ce pouvoir devrait être conscient qu'il a les devoirs qui vont avec ce pouvoir ». Même si à mon avis la dame au guichet n'a strictement aucun pouvoir de décision, elle a néanmoins celui de sourire ou d'être aimable, mais bon, son mari préfère le foot aux galipettes, madame Tartempion a encore bavé au chef, ses enfants ne foutent rien à l'école et en plus se foutent de sa gueule de déterrée quand elle rentre du boulot, etc. Vie de merde, boulot de merde, fait chier...
Donc oui, «Elle devrait changer de job, ou prendre un peu de recul, ou que sais-je... ». C'est ce que je vais faire, prendre un peu de recul (6 mois, à mes frais, pour la qualité du service public). Parce que même si je me vante de ne pas être blasé, de pouvoir encore considérer que l'usager en face de moi n'est pas un « cas » mais une personne, d'arriver à mettre de côté mes problèmes pour recevoir du mieux que je peux ceux des autres, au bout de 15 ans, ça ne peut pas ne pas laisser de trace d'être exposé à toute cette misère, à toutes ces douleurs.
Et comme tout est dégueulasse dans ce monde pourri, c'est grâce à une plus-value immobilière scandaleuse que je peux me permettre cette « pause » salutaire....
Je lis en diago pasque j'ai pas trop la tête/le coeur/le corps/la santé à ça, et même en diago, tu me fous les boules! Enfin, pas toi, mais cette merde de parcours du combattant -qui a vite fait de devenir un con battu... :(
@swâmi Ne serait-ce que du point de vue de l'employé, celui-ci ou celle-ci se sentira certainement bien mieux dans son boulot s'il ou elle se sent en harmonie avec ses "usagers"...
J'allais l'oublier celle-là, cette fois ce n'est plus un directeur mais un chef de service : « Je travaille dans le social mais je ne fais pas de social avec les (mes) employés. Je veux le maximum dans l'intérêt des usagers... ». C'était un bon chef devenu un bon directeur, j'en ris encore comme d'une histoire de Desproges : jaune.
@Swâmi
Ca commence à faire long, limite je m'installe tranquille dans tes pantoufles mais je ne l'ai pas encore dit : merci pour ton blog pas si déprimant puisque s'il bouge encore, c'est qu'il est encore en vie ou comme vient de le dire Albert sur fRance-Cul, "Il n'y a rien de plus vivant qu'un cadavre....";-)
Dites, pensez- pas qu'il faudrait seulement :
- augmenter le SMIC;
- augmenter les allocs de chômage;
- rendre le droit au chômage sans limite de temps;
- et alors supprimer toutes ces aides particulières... (sauf l'organisation pratique d'un vrai droit au logement, of course).
Rien d cela n'est utopique... il fut un temps où c'étaiy presque r&alisé ici et là en Europe.
Alors ? Est-ce au programme d'un candidat ? d'un parti ?
@jcd-bruxelles
Bon, comme il n'y a plus personne dans l'Ashram, je vais continuer de porter les savates du Maître comme un bon touriste, appareil photo rebondissant sur son gros bide. Je vais me faire tèje, moi, si je continue et je l'aurais pas volé.
- augmenter le SMIC; : yep, ce serait pas du luxe mais pas 1500 brut en 2012, c'est-à-dire l'augmenation "normale". 2000 net, tout de suite, me paraît plus raisonnable...Le problème c'est tous ceux qui sont en dessous. Et pourquoi embaucher un CPE au SMIC quand on peut prendre un stagiaire ?
- augmenter les allocs de chômage;
- rendre le droit au chômage sans limite de temps; : merde, je fais partie de la fonction publique...va falloir que je démisionne, que je trouve un taf pas trop mal payé dans le privé et que je me fasse virer. 80% illimité (pas comme le téléphone, l'illimité, hein!), je suis pour parce que, moi, la "valeur travail", pffff !
- et alors supprimer toutes ces aides particulières... (sauf l'organisation pratique d'un vrai droit au logement, of course). Et pourquoi pas le droit au logement qui n'existe pas de toute façon ? 80 % de 2000 euros minimum, illimité et sans condition, donc plus besoin d'habiter dans une grande ville pour trouver du taf...vive la campagne et ses 300 euros de loyer. Sauf que non parce que les loyers à la campagne vont augmenter et qu'il y a trop de gens pour qui la "valeur travail"=Pfffffffff! et c'est tant mieux...
Ne serait-ce que du point de vue de l'employé, celui-ci ou celle-ci se sentira certainement bien mieux dans son boulot s'il ou elle se sent en harmonie avec ses "usagers" que s'il se sent exaspéré, en opposition, ou croûlant de ras-le-bol et attendant juste que la cloche sonne...
Pourquoi diantre est-ce que mon neurone vient de se réveiller en chochotant « Milgram » ?
@Yves
Pourquoi diantre est-ce que mon neurone vient de se réveiller en chochotant « Milgram » ?
ben oui, je l'avais oublié le coup des électrochocs : dans les administrations il y a effectivement tout plein d'autorités qui autorisent, en général scientifiquement (cad dans un jargon incompréhensible), tout ce qui se fait habituellement. Ca s'appelle en général des formations ou des séminaires ou des colloques, c'est payé (grassement) au titre de la formation continue (la bonne blague); il y a même des formes très évoluées qui s'appellent Analyse des Pratiques, Supervision ou Régulation (notez les majuscules et les termes ronflants). J'exagère car, dans le tas, il quand même des gens honnêtes mais la finalité de la boîte qui accepte de payer pour ça est toujours douteuse...
Heureusement, il y a les boucs émissaires.
Histoire vécue il y a pas mal d'années :
Vacataire GRETA, horaires variables (et petits) d'un mois sur l'autre, donc déclaration mensuelle du nombre d'heures et du montant perçu. Jamais 2 fois la même chose.
Jamais 2 mois de suite sans erreur sur le montant de l'allocation ASSEDIC. Et là, 2 cas :
- Ils se sont gourrés à leur avantage : tu peux courir, ils ne s'en aperçoivent jamais. Donc aller faire la queue avec son N°, discutailler, et finalement obtenir rectification... le mois d'après.
- Ils se sont gourrés à ton avantage et t'ont fait un virement trop fort. Huit jours après, la lettre de menace que vous devez connaitre : Monsieur, vous avez indûment perçu....prière de restituer sous huit jours. Jean Valjean, saisi la main dans le sac, s'apprête à repartir pour 20 ans de bagne.
A force, on finit par être connu, et les agents, pleins de commisération, n'osant pas vous dire "C'est con ce qui vous arrive", donnent l'explication évidente : "On fait faire la saisie par des CES, alors, vous comprenez ..."
Les économistes et les statisticiens ont une définition très précise de la notion de pauvreté :
Quelle farce ! Comment les économistes peuvent-ils se prétendre des scientifiques. Pour un profane, la pauvreté se défini par rapport au minimum vital, pas pour les économistes et les statisticiens. Ainsi donc, selon leur définition, on pourrait imaginer un pays où le salaire médian soit proche du minimum vital et où personne ne serait pauvre. Pourtant la moitié de la société ne pourrait vivre décemment de ses revenus. Est-ce que cela vous dit quelque chose ?
Après cela, comment croire à toutes ses statistiques dont on nous rebat à longueur d'année pour nous faire croire que tout ne va pas si mal.