Il y a une récurrence régulière dans certaines situations qui fait qu'on se demande vais-je encore bloguer ça ? On a l'impression de l'avoir mille fois vécu, mille fois écrit, que ça a été mille fois lu... Que l'on tourne en rond à seulement perdre le temps de penser à l'écrire de nouveau.

En fait, je me demande parfois si je ne devrais pas scinder ce blog, comme l'ont fait Yves ou Embruns, en une partie "articles" avec vraiment de la viande dedans d'une part, et une partie "brèves" ou "logbook" avec des trucs plus anecdotiques, des lus ailleurs, des v'là comme c'est la merde pour la énième fois, etc. Des trucs qui passent, qui glissent, quoi... Notés au passage, pas forcément destinés à persister...

Je n'ai pas de solution technique immédiate : pas encore vu de plugin "brèves" pour Dotclear 2, qui d'ailleurs poserait le problème d'une reprise complète de mon thème et de la mise en page... Ou alors, envisager de scinder cet humble ashram en deux blogs, un blog "Trucs profonds, généraux, intéressants, politiques, humains, spirituels..." et un autre "décharge à vider mon pus et à noter des trucs sans intérêt au fur-et-à-mesure qu'ils se produisent" ? Bof. Quel intérêt ? Arrivé à ce stade de la réflexion, tu plonges normalement dans une forme d'àquoibonisme gainsbarrien procrastinateur, tu te dis que tu vas plutôt écrire à Dave Null, et finalement, si tu te remettais à fumer ? Au moins ça te détendrait...

Toute cette filandreuse logorrhée pour en arriver à quoi, déjà ? Ah oui, le boulot, ou plutôt le pas-de-boulot, la femme, le couple, le ouikande...

Hier soir, après avoir raté l'éclipse de lune, pour cause de couverture nuageuse, et regardé en dévédé loué au vidéo-club un thriller plus ou moins d'horreur (excellent pour le karma) de seulement une heure dix qui tourne en eau de boudin genre tout le monde meurt à la fin, ah, tout le monde est mort ? Bon, alors, générique... Bref, avant d'aller me coucher je vais pondre un ou deux commentaires et lire mon mail... J'aurais pas du.

J'y apprends qu'une candidature transmise via une amie (et que je remercie chaleureusement pour tout ce qu'elle a fait, hein, faudrait pas qu'elle aille croire que je lui en veux, bien au contraire, manquerait plus que ça...) a tourné en jus de boudin. Bien entendu, comme on dit dans les lettres envoyées par les robots des services de recrutement l'extraordinaire qualité de votre fabuleuse candidature n'est pas en cause. C'est sûr, ben tiens. C'est juste pas de bol. Devait y avoir le neuveu du cousin du beau-frère du sous-chef de service qui est arrivé dans le pipe par la bande. Faites marcher votre réseau comme disait la gentille dame de l'ANPE. Ah ouais, mais le jeu c'est qu'il suffit pas d'être pistonné, encore faut-il ne pas se faire griller par un encore plus pistonné, ou tomber dans un recrutement qui tient davantage de la partie d'échecs dans la cuisine interne à une boîte avec considérations politiques à tous les étages...
Bonne façon de se consoler en se disant Mais non c'est pas moi que je suis nul, c'est juste encore que c'est pas de bol... Le problème, c'est qu'on finit par y croire soi-même à peu près autant qu'à une promesse de campagne de Ségolène Royal...

Bon, je me couche avec le moral dans les chaussettes et les chaussettes dans le bac à ling sale...


Trouble


Réveil spontané 0800, comme on dit dans l'armée. La boîte à gamberge qui enclenche sur "Drive" et se met à dérouler toute seule... P'tit vélo à boîte automatique. Alors toujours chômedu... 4 mars (Putain ! Déjà ! Comme le temps paxe...), rien en vue... Anne putain de salope de soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? - Je ne vois que la terre qui terroie et la mer qui merdoie et le Swâmi qui chômoie et la jauge à phynance qui creuse des galeries de mines, va-t-on trouver du pétrole ? Je ne vois que les gros nuages noirs qui s'accumoncellent à l'horizon, ça fait peur, regarde ailleurs... Bon alors forcément quand ça démarre comme ça dans la boîte crânienne au réveil, tu remettrais bien ton cerveau dans le verre à dents avec un cachet de Stéradent effervescent[1] mais en tout cas, t'as beau être dimanche matin, la grasse matinée est fumée, t'as plus qu'à te lever en te grattant le cul ambiance lendemains qui déchantent. Café. Please.

Mâ Anandaramesh se lève. On déjeûne. J'essaie de lui parler. Mauvaise pioche. Elle se met à me parler d'envisager une reconversion et me raconte dans le détail l'histoire de ce directeur commercial hypra-hype qui, rappelé en France de son poste aux States, Nouillorque, se voit rapido licencié et se tape un an de chômage avant de se reconvertir instituteur, l'histoire est édifiante et belle comme un reportage à "Envoyé Spatial"... Trop du bonheur de se faire cueillir avec ça quand tu essaies de parler pour de vrai. Tu crois franchement que quand tu es au chômedu depuis aussi longtemps que moi et que tu as passé autant de temps à te prendre le tête à retourner la question sous tous les angles, tu n'as jamais examiné celle de la reconversion ? Tu crois vraiment que te faire raconter "L'histoire du cadre commercial qui..." ça va être trop de la grande utilité qui résout les problèmes ? Donc je fais la remarque ci-avant avec mes poor social skills et ma diplomatie de char soviétique, et forcément, la journée démarre par une grosse engueulade pour faire descendre le café. Ca pouvait pas mieux tomber, de toute manière y'avait comme un gros nuage noir qui planait depuis vendredi soir (comme d'hab'), alors comme dit l'autre, tôt ou tard... Fallait bien que ça pète.


Strife


Après, comme on est chauds, on s'intéresse au cas de mademoiselle Patâpatî... Qui n'en branle plus une rame à l'école... Qui falsifie allégrement ses notes depuis mi-décembre... On découvre un autobus tous les jours... Dont tous les cahiers ressemblent à des torche-culs, et encore... Qui a l'air égaré d'une motte de beurre et part en bouderies de mur ou en crises de larmes dès qu'on lui demande la moindre explication... Ca part en couille, ça tombe en ruine... Bon, OK, jeudi prochain on l'emmène chez la psychologue pour entamer la vidange-graissage de la boîte à neurons.

Cette gamine est malheureuse. Ca fait chier. C'est dur de voir sa gamine malheureuse à 9 ans. Quand elle dit quelque chose, elle dit que c'est à cause de nous. Elle a certainement raison. Cons comme on est, on n'arrive ni à s'entendre, ni à être heureux. Et quand les parents boivent,[2] les enfants trinquent. Comme d'hab'. M'enfin aussi c'est un peu facile. Doit pas y avoir que ça. Elle est quand même entourée, on fait tout pour lui faire plaisir, ski, chant, conservatoire, piscine, activités... OK ses parents ne s'entendent guère, son père est au chômedu, l'ambiance est merdouilleuse. On fait ce qu'on peut, d'un autre côté. Même si on peut peu. Pour arranger les choses et coller des rustines. Déjà rien que pour nous, ça nous arrangerait plutôt bien, de parvenir à arranger des choses. Mais quand ça veut pas... J'essaie de lui faire comprendre que ce n'est pas en foutant sa scolarité en l'air en plus que ça risque d'arranger quoi que ce soit pour elle, ni pour nous.

Ah oui, puis y'a l'alim de Totor qui est en train de mourir à petit feu. Ça va bien avec le reste. Elle et moi, même combat. Me demande si je vais la changer, finalement...

Me remettrais bien à fumer, moi... Je l'ai déjà dit ? Ah bon.

Sinon à part ça, tout va bien. Il fait beau, y'a du soleil dehors, la fête foraine avec le dragon est revenue s'installer, on va partir faire du vélo tous en famille. Quand j'aurai passé l'aspirateur.

Life is hard and then you die.

Notes

[1] Non, ô mes chères admiratrices, je vous rassure je n'ai pas le plaisir d'en avoir un ; mes dents sont vraiment à moi et sont fixes ;-)

[2] Métaphoriquement s'entend.