Je n'ai AUCUNE conscience professionnelle
Par Petaramesh le mardi 27 février 2007, 11:13 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
Je ne sais pas pourquoi, d'aucune pense que j'ai le bourdon. Mais non, mais non.
L'indispensable lecture édifiante de ce matin. Avant d'aller se pendre. Elle est chez le Yéti. Tiens bon, Yéti. On est tous dans la merde, je t'assure que tu ne t'enfonces pas plus que nous z'autres, comme on dit au Québec...
— C'est reparti comme en 2002 et sans doute comme bien des fois avant ! À ma droite, un roquet suffisant qui jette en l'air des promesses comme on égrène un chapelet, mais n'a évidemment l'intention d'en tenir aucune. À ma gauche (juste parce qu'il n'y a plus suffisamment de place à droite), une bourgeoise empruntée et étriquée qui mange ses dossiers et se contente de débiter des lieux communs, toujours les mêmes, sur je ne sais quel pacte fumeux entre "elle" et les Français, sur le retour de je ne sais quelle confiance. Au centre, surgi comme un lapin d'un chapeau, le grain de sable de service façon potage fade qui finit par paraître épicé tant le reste du brouet est insipide. Et autour, un gros facho qui engrange sur les ruines, et quelques grelots éraillés jouant les faire-valoir en pure perte.
Les restes de la Vérité Toute Nue
C'est bien là le problème... On les fait, puis un jour ils se mettent à réfléchir.
Allez, tiens, ce billet mérite bien le Grand Prix J.P. Démoral 2007 ex-aequo !
On leur dit quoi à nos Nains. Je suis désolé. Ça n'aurait pas du se passer comme ça
?
Moi les miens, j'en suis à leur dire : Désolé les mômes. Désolé. Vous êtes la première génération du « Demain sera pire ». Jusqu'à nos parents, on croyait au « Demain sera mieux ». Et demain était mieux. Nous on est la génération qui essaie de se maintenir, et qui sait que maintenant, c'est vraiment la merde. De chez merde. Pour de bon. Et pour vous, ô nos gamins, désolé : Demain sera pire. On ne sait pas encore que quel côté ça va foirer le plus grave en premier, on sait juste que ça foire de tous les côtés. Demain sera pire, vous allez vraiment en chier. Y'a des vampires qui se battent pour garder les miettes qui restent du gâteau pour eux. Ils ne se sont jamais autant bâfrés. Ceux qui survivront le feront probablement en marchant sur la tête des autres. Parce qu'il n'y en aura plus assez pour tout le monde. C'était pas nous, les vampires, on a juste pas trop su quoi faire. Et les autres n'ont rien fait non plus. Il aurait fallu tout faire péter, mais on n'avait pas les couilles. Et on savait que tout faire péter, c'était beaucoup de sang et beaucoup de larmes. Et l'histoire nous montrait que ça n'aurait pas forcément été mieux après. Que tout faire péter, ça revient toujours à donner le pouvoir à ceux qui l'avaient déjà, même si ça ne se voyait pas. Alors on a acheté un téléphone GSM et un Walkman MP3. En attendant. Mais croyez-nous, on est désolés. Vraiment désolés.
Après, en plus, tu es désolé d'avoir du dire ça. Mais bon, c'est la vérité, non ? A part la vérité, tu peux dire quoi ?









Commentaires
Bon, déjà chuis un peu rassurée de ne pas faire partie de celles qui te disent que tu as "le bourdon" ;-}
Nan parce que visiblement tu ne l'as pas du tout :-D
Sinon, dis, tu permets que j'imprime ce que tu proposes de dire aux nains de tout pwâl, comme ça, je m'évite la plaie de l'écrire moi-même pour pouvoir le dire ensuite à mes miennes de naines ?
Juste une petite remarque en passant, Swâmi :
Je n'ai ni le bourdon, ni l'envie de me pendre...
... juste une très grande colère et l'impression d'avoir 25 ans comme ma fille, avec un désir très fort d'aller en découdre avec ce ramassis de médiocrité.
Moi je me sens comme une fille de 26 ans qui ne sait ni ce qu'elle va voter, ni comment faire comprendre à tout le monde que la décroissance est la seule chose qui pourrait nous sauver mais que ça ne sera jamais mis en oeuvre...
Et surtout qui ne sait pas quoi répondre à son amie qui lui dit avec limite des larmes au coin des yeux et dans la voix (oui, ya des gens qui prennent ça vraiment à coeur) "Gaïelle, je te jure, j'ai peur que Sarko soit président ! Je ne veux pas que Sarko soit élu !! Et je ne veux pas que Le Pen soit au deuxième tour !"
Même pas besoin d'avoir des enfants pour se sentir démunie... Et pourtant tu sais quoi ? Je vais en faire.
@Gaielle :
Voilà, c'est malin. Tu pourras pas dire qu'on t'avait pas prévenue, hein ? Mais bon, l'appel de la Nature...
Bon attends, je regarde mon agenda... Aujourd'hui, ça va pas être possible... Demain non plus... On s'appelle ?
vais pas être sympa là ...
mais est ce l'appel de la nature ?
ou cette forme nihiliste du "no future" qui fait qu'aprés mon nombril, le déluge ?
il y a une forme d'indécence à cette montée en puissance de la procréation sacralisée en parallèle à la montée en puissance de ce "sentiment" d'impuissance ...
petite rectification par contre dans ton discours , swami ... dire que les vampires se battent pour des miettes est une monstrueuse contrevérité ...
c'est juste que le plus costaud latte tout ce qui veut toucher aux miettes du gateau ...
pasque le gateau, il est bien réel ...
et accréditer l'idée qu'il n'est plus que miettes, c'est jouer le jeu de ce que nous combattons ...
Alors oui, quelques uns vont marcher sur la gueule des autres, mais parcequ'on a appris aux autres qu'ils sont là pour servir de paillasson ... un troupeau de buffles peut, ensemble, enculer le lion ....
Me sens tres buffle, prête à en découdre, parce que je me laisserais pas bouffer les miettes sur le dos sans combattre!!!!!!
@Les Marques :
GNU Pôwâ !
...Sinon, ce dont tu parles, ce n'est pas ce truc qu'on appelle une alternative unitaire ?
Des fois, y'a aussi des buffles qui pensent trop à s'encorner pour avoir l'idée d'aller plutôt enculer le lion... Tout dépend...
Vous êtes la première génération du « Demain sera pire », depuis ... une génération. Soixante ans d'affilée de paix dans l'histoire du pays, je crois bien que ça fait plus de mille ans qu'on avait pas connu ça.
@ les marques :
Euh... moi je penche vraiment plutôt pour l'appel de la Nature, quand même.
L'envie d'avoir des gosses je l'ai depuis 11 ans, facile. Et je peux te dire qu'à l'époque je croyais que le monde allait bien.
En revanche je t'assure que je ne compte pas me contenter de les pondre et de les laisser se démerder dans ce monde de merde ; je me sens juste un peu démunie pour l'améliorer, maintenant que ma foi scientiste est écornée, mais je ne vais pas rester là à me lamenter (même si ça serait le plus facile).
@ Swâmi :
Bon ben si t'es pas dispo je vais me rabattre sur mon géniteur officiel préféré.
@Les Marques : Et puis, même au zoo du par de la Tête d'Or, il y a une pancarte :
@Yogi :
Tu penses qu'on y pense... Seulement la guerre (seulement dans nos contrées), elle n'est plus militaire (pour l'instant), elle est économique. Et elle fait bien des victimes, mais elle les fait en sourdine.
J'y ai souvent réfléchi, au prix de cette "paix"... Pensé à tous ceux que la seconde guerre mondiale a rétamés... Pensé aussi à ceux qui sont allés chasser du Boche dans les îles Lofoten et à Narvik, comme mon père, avant de se réfugier en Afrique du Nord le temps que ça se tasse... Ou à ceux qui ont passé leur adolescence en pension merdique à bouffer de la carne (pas souvent) et des topinambours (bien plus souvent) sous les bombardements, comme ma mère... Ou à se réfugier chez de vagues connaissances dans un bled paumé pour échapper au S.T.O. comme mon oncle... Ou à sortir la nuit coller des affiches communistes avant de se trouver pris en otage par les Boches parce que des résistants avaient buté un frisé, comme mon grand-père...
N'empêche que ceux qui sont passés à travers ces convulsions historiques et qui y ont survécu, quel que soit le prix émotionnel, psychologique et familial qu'ils aient payé pendant ces 5 années, se sont vus par la suite "récompensés" par 30 années d'une croissance comme on n'en avait jamais connu, et la plupart s'en sont plutôt bien sortis, en tout cas bien mieux que leurs pères...
Mais guerre demain ou après-demain, ou pas guerre, il y a des choses qui ne reviendront pas. Les ressources naturelles en voie d'épuisement ne se renouvelleront pas. l'assombrissement global ne se règlera pas en 8 jours. Les modifications climatiques liées au réchauffement planétaire et à l'effet de serre non plus. La pollution des océans, le fait que dans 30 ans, la moitié des espèces vivantes aujourd'hui recensées auront disparu à jamais, pas davantage.
Alors on peut bien se faire un belle guerre mondiale pour rayer de la surface du globe 80% de l'humanité, ça ne serait pas forcément une totale idiotie, une charge beaucoup plus réduite pour la planète, on pourrait même retrouver pour un bout de temps une croissance à deux chiffres, avec 80% de l'humanité en moins et une planète démolie à reconstruire, tiens... Ça occuperait.
Mais même ça, ça ne serait guère en mesure de faire des miracles, et en tout cas certainement pas des miracles indolores...
Puis, je ne sais pas si on pourrait même se l'offrir, un guerre de cette ampleur, à moins qu'elle ne soit nucléaire... Parce que, quand on voit les ressources en matières premières que cela nécessiterait... Et les polluants de toutes sortes que cela dégagerait dans l'atmosphère terrestre... Et sur les sols... C'est peut-être bien au-dessus de nos moyens, finalement.
@Gaielle :
Ça presse tant que ça ? Bon, attends, je vais voir ce que je peux faire...
T'es sympa, le Yogi!!!
60 ans de paix... chez nous, et la guerre chez les autres!
C'est comme la famine, les réfugiés, et tutti quanti. Avec des barbelés de bonne qualité (bon, des barbelés qui seraient opaques, hein, des murs, quoi), tous ces gens là pourront crever sans nous gâcher le paysage et le moral
NIMBY, Youpie!
Ah, mais c'est vrai que c'est toi qui parles tout le temps de l'égoïsme de la nature humaine, et bla, et bla...
Tu te regardes dans un miroir, et tu crois voir les autres.
C'est vrai qu'on les avait élevés pour un monde meilleur, on croyait à l'avenir et au progrès. On a oublié de leur dire de fermer leur gueule, de faire profil bas, obéis à ton patron si tu veux garder ton job, garde ton job si tu veux pas crever de faim. On a oublié de leur apprendre à être lâches, hypocrites, lèche-culs, résignés.
Eh, mais c'est justement ça qui va les sauver. Ils gambergent comme pas possible, coincés entre leurs espoirs et le grise réalité, ils sont plus inventifs que nous. Ils se soumettent parfois en apparence, mais jamais dupes, ils savent ce qu'ils veulent, et ce qu'ils ne veulent pas. Esclaves parfois, mais libres dans leur tête.
Moi, je suis optimiste pour la nouvelle génération. Ils vont nous étonner.
Comme le disait si justement George Abitbol : Monde de Merde
Et je crois qu'on est en plein dedans... jusqu'au cou
@mc :
Ils ont testé pour nous entre Israël (à la louche) et Palestine (à la portion congrue)...
Ils mettent en place à grande échelle sur la frontière U.S.A. / Texas.
La barrière anti-pauvres a de beaux jours devant elle, il y a un sacré créneau pour le BTP, mes chers amis.
Ghettos de riches dans les suburbs, ghettos de pays riches du nord, l'avenir est aux murs.
On en a fait tomber un petit pour laisser de la place aux gros.
Le mur de Berlin n'a pas, n'a pas de fin
Le mur de Berlin, t'en as un, j'en ai un
Il coupe la terre en deux, comme une grosse pomme
Il coupe ta tête en deux ...
- Téléphone
En fait, ''Téléphone'', c'est quand tu le réécoutes 25 ans après, que tu réalises à quel point c'était bien...
Mais le fait que les paroles soient à ce point restées d'actualité... Bon sang, qu'est-ce qu'on a bien pu branler tout ce temps ?
Merci, Swâmi, de m'avoir fait revisiter ta famille.
La palme au petit machin qui suit son grand père, les mains derrière le dos comme lui...
Et kicé qu'a pris la photo? Un(e) artiste également!
En plus, ça me fait tout drôle, parce que moi aussi je suis grand-mère d'un petit machin du même style, et alors, la photo avec les arrosoirs trop lourds, c'est lui tout craché!
Le temps, c'est bizarre quand même, quand ça se cogne aux photos!
@mc : Je suis moins bouché que tu ne semble le croire, je respecte simplement le sujet du billet.
Quand Swâmi écrit "Vous êtes la première génération du « Demain sera pire ». Jusqu'à nos parents, on croyait au « Demain sera mieux ». Et demain était mieux", il parle de toute évidence de notre pré carré.
Car dans bien des pays du monde cette phrase serait ironiquement cruelle.
@Yogi :
Disons que mes connaissances géopolitiques et internationales sont sans doute bien insuffisantes pour me hasarder hors de notre pré carré sans risquer d'émettre quelques monstrueuses conneries, mais il me semble à la fois que nous sommes actuellement confrontés à des problèmes à l'échelle planétaire entièrement inédits jusqu'ici dans l'histoire de notre espèce, et de nature à causer du souci à tout habitant du globe où qu'il se trouve et quel que soit son mode ou niveau de vie ; et il me semble également qu'après la fin de la seconde guerre mondiale, même si la vie était très loin d'être rose partout dans le monde, il y a avait quand même, au moins dans l'ensemble des pays occidentaux ou sous influence occicentale (colonies, etc...) un espoir placé dans le progrès, et pour les colonies, un espoir en la décolonisation qui a largement eu lieu sans bien souvent tenir ses promesses...
D'autres pays du monde avaient, du moins officiellement, un espoir dans le socialisme triomphant des lendemains qui chantent, et enfin bref, ça ne s'est pas complètement passé comme prévu...
Donc oui, je crois que, dans de très nombreux pays du monde, même si la vie était loin d'être rose, on pouvait légitimement croire, espérer, rêver ou prier que . On croyait au progrès. A la science et à la technologie à terme libératrices. Il me semble qu'aujourd'hui, et à l'échelle planétaire, cette espérance est bien morte, et même que son cadavre sent...
D'aucune ferait mieux de ne plus penser...