Boule de neige
Par Petaramesh le mardi 13 février 2007, 11:29 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
En commentaire de mon avant-dernier billet, "Pepito" nous fournissait un lien vers l'excellent documentaire "L'effet boule de neige".
Las ! Je ne pus que constater que la lecture en streaming de ce documentaire depuis son site original nécessitait un plugin "Apple QuickTime", qui, n'existant pas pour Linux, me privait de la visualisation directe du docu, que j'ai donc été obligé de télécharger entièrement pour pouvoir le visualiser.
Et, après visualisation, je trouve ce documentaire qui montre avec clarté et pédagogie le niveau de reniement atteint par le parti "socialiste" français tellement indispensable, que je l'ai uploadé sur Daily Motion pour permettre à nos amis Linuxiens et autre non-possesseurs de plugin QuickTime de le visualiser en direct. Parce qu'il le vaut bien :-} [1]
Voilà pour le premier tiers... Pour la suite, veuillez cliquer ci-dessous...
Notes
[1] Je suis persuadé que ses auteurs, que je crédite de leur paternité sur DailyMotion, ne m'en voudront pas ; et puis d'abord c'est leur faute, ils avaient qu'à ne pas faire dépendre la visualisation de leur docu d'un plugin QuickTime, aussi... Bon, je sais, là il faut Flash, mais au moins ça existe sous Linux, et comme ça les gens auront le choix ;-)
P.S. : Je suis totalement navré, Le Gabian : J'ai bien peur que ce soit encore de la politique...
Addendum 12h17 : Je viens de découvrir après-coup (j'aurais peut-être du penser à chercher avant d'uploader ?) que ce documentaire existait déjà en un seul morceau sur DailyMotion, apparemment uploadé par les auteurs, qui pourtant n'en fournissaient pas le lien sur leur site... Je laisse cependant ci-dessus la version "en trois morceaux" que j'ai uploadée moi-même, car elle est peut-être plus pratique pour qui voudrait (ou devrait) la regarder "en plusieurs fois"...
(En bonus, la Bravitude...)
Hymne officiel du Parti Socialiste











Commentaires
excellent ...
Merci Swâmi, "comme d'habitude" tu devances mes désirs... et en l'occurence un désir conscient et assumé ! ;o)
Je m'étais heurtée au même problème...
La troisième partie témoigne vraiment d'un monument de fauxculitude et de retournitude de veste, non ?
Rhà dans le genre tirer des bords, même aux Glénans, comme ça, ils oseraient pas...
Le Jospin qui propose au pays un projet qui , qui veut (sic !), tout dans la modernitude... C'est tout simplement grandiose !Finalement, ce qui les sauve, ces gens-là, c'est de penser que leurs énormités télévisuelles sont biodégradables et disparaîssent aussitôt proférées... Et ce qui les tue, c'est quand on les ressort quelques années après. En regardant ça, comment s'étonner que Jospin se soit fait retoquer direct au premier tour de la présidentielle de 2002 ? Ce qui aurait été hénaurme, c'est qu'il puisse passer la barre...
Enfin, on a maintenant une Marie-Pimprenelle qui fait campagne sur les "centres éducatifs fermés à encadrement militaire"... En bonne logique, les mêmes causes produisant les mêmes effets...
Parce que finalement, quel est l'espace politique d'une prétendue gauche qui fait campagne à droite toute ? Où trouver son électorat sinon dans la "droite complexée", la droite-bobo donc ?
Mouarf, plus je revois ce reportage, plus je me marre.
J'aime bien le "on oublie d'aller voter pour Jospin, et puis patatra"... Je trouve que le mot "oublier" est le meilleur mot pour montrer la mauvaise foi du PS...
J'imagine la scène :
"21 avril 2002, 20h10 : Mince bobonne, c'était aujourd'hui les élections, j'aurais dû regarder le programme télé avant, moi j'serais allé voter pour Jospin !"
@ï Pepito : Flûte, moi aussi, je crois bien que j'ai oublié de voter Jospin... Et puis le pire, c'est que je me vois bien parti pour oublier de voter Pimprenelle, aussi... Ah la mémoire, passé 40 balais, c'est plus ce que c'était... C'pas croyab', tu te rends compte ? :-D
@Swâmi : Ah, bah, moi j'ai pas pu oublier d'aller voter Jospin, parce que j'avais pas encore le droit d'vote, mais je crois que je vais oublier Pimprenelle :D L'âge n'excuse pas tout, t'inquiète !
Extrait :
Le Il… "Ben après ça impossible de voter utile…"
Le Gabian "De toute façon, voter utile c'est voter ni pour l'Un ni pour l'Autre…"
Il lui reste plus qu'a avoir la nationalité et une carte d'électeur au Gabian
Merci Monsieur, c'est trop aimable de votre part, de partager cela avec les linuxiens...
Et bé, pas si vieille, et pourtant, j'ai oublié de voter Jospin, j'ai oublié de voter Chirac, j'ai même oublié de voter oui, et parti comme ça l'est, je vais oublier de voter au second tour, fichtre diantre, une mémoire de poisson rouge, que j'ai là !
Dans la troisième partie, j'apprends qu'il existe encore des socialistes de gauche. Mais qui doivent se soumettre à la ligne "démocratiquement" votée du parti.
Voilà je crois le grand coup de la droite: avoir réussi à transformer le PS en mini-assemblée nationale, avec la même configuration: il y a donc les PS de droite et les PS de gauche.
Le rôle des PS de gauche est de justifier l'appellation socialiste, c'est la justification pour ceux qui continueront à voter socialiste, leur bonne conscience.
Si je me trouve à rencontrer des socialistes de gauche, je m'en vais leur en causer.
Heu, ça passe très bien le quicktime en streaming sous nunux, je l'ai fait y'a même pas 2 heures (sur le site de Laurie Anderson)... Plugin kmplayer et mplayer (avec tous les codecs de la création installés, évidemment), à titre de piste... ;) (ah, c'est sous Konqueror, sous firefox ça passe très boffement voire pas du tout, mais c'est has been comme truc ; le plugin kmplayer est absolument divin, au passage ; et je suis sous openSUSE10.2, pour info)
Pfff, moi je ne sais plus où je suis. Si ça se trouve j'en suis une, de socialiste de gauche malgré moi, et c'est pour ça que je ne pourrai jamais adhérer à un parti. Je ne supporterais pas de devoir voter comme on me dit de le faire juste pour répondre aux attentes du Parti.
Moi aussi j'ai oublié de voter Jospin. J'ai fait un nœud à mon mouchoir pour cette fois-ci mais je ne sais plus où j'ai mis le mouchoir. Depuis 5 ans, mon pauvre neurone ne s'est pas amélioré et je ne peux plus faire de cure de phosphore, le poisson a trop augmenté. Dans la vidéo, j'ai vu une dame qui passe souvent à la télé. Elle parlait d'anarchistes et de gauchistes mais j'ai oublié son nom. Pourtant ça me ferait peine de faire comme la dernière fois, voter pour un(e) que j'aime pas pour éviter pire.
Élections, piège à cons, c'est tout ce dont je me souviens. Encore un truc de vieux qui comprend rien à rien.
C'est vrai que vouloir moderniser les services publics, c'est etre contre les services publics.
L'informatique a permis de gagner en efficacité dans les entreprises, mais ca ne peut pas s'appliquer dans les services publics. Il faut plus d'argent, plus de personnels, mais surtout pas plus d'efficacité.
moi aussi je peux faire du second degré :-)
Fin du second degré : Je crois vraiment que certains services publics et administrations centrales doivent être serieusement modernisées (le gros mot socialiste, encore) pour que les économies puissent financer des missions non rentables, services dans les campagnes, services aux personnes en difficulté, sans ressources. Je pense que le débat important est de refuser que ces economies servent à financer des cadeaux d'impots, par exemple, comme le voudrait la droite.
Mais se braquer à la moindre mention de réforme, je ne comprends pas.
Les mots ont une histoire.
Les mots "moderniser" et "réformer" ont tellement été utilisés, particulièrement en ce qui concerne les services publics, pour nous faire avaler des couleuvres et justifier une dégradation de plus en plus évidente, que la petite lumière rouge de la méfiance s allume dès qu on les entend.
Hollande : Le Pen est "le seul troisième homme possible"
Ben oui, si on compte bien :
1-José
2-Sarkozy
3-Le Pen
4-Bayrou
et en 5-Royal :D
Non mais tu le fais exprès, billet non seulement politique mais vicieusement saupoudré de geekeries sournoises ! Comment veux-tu que je m'y retrouve ???
Bon, promis, demain je fais un effort et je regarde les vidéos...
Pff … débat piégé de bout en bout …
Premier obstacle, philosophique : Faut-il chercher à être "efficace" ? (oui : il ne faut pas gaspiller de ressources ; non : la recherche de la performance est l'aliénation de l'individu)
Deuxième, politique : Comment mesurer l'efficacité d'un service public ?
Troisième, sociologique : L'homme étant ce qu'il est, une organisation en situation de monopole peut-elle être efficace ?
Quatrième, économique : La contribution de l'Etat à la mise en place d'un service "public" passe-t-elle nécessairement par la mise en place d'un monopole sur l'activité visée ?
Alors bon courage au fil de commentaires ...
Ah, la nature humaine, ma pov dame, l'homme étant ce qu'il est et les choses étant ce qu'elles sont, de même que la vitesse du vent par rapport à la flexibilité des queues de vaches, on est pas sortis de l'étable!
J'aime bien tes réflexions philosophiques, politiques, socilologiques, Yogi, je n'ai pas le talent qu'il faut pour y répondre.
Desproges, que tu nous manques! Qui nous rendra la minute de Monsieur Cyclopède?
@Matthieu, Yogi : mc a raison quand elle relève que l'important, c'est le sens qu'on donne aux mots.
Si on pose la question « Faut-il moderniser ou refuser de moderniser les services publics », la réponse est bien évidemment dans la question, sauf si l'on est particulièrement crétin.
Le problème est que nos chers gouvernants sont passés maîtres depuis des décennies dans l'art de se foutre de notre gueule, et en particulier par la manipulation du discours. Ils emploieront donc des termes à connotation positive "automatique", tels "moderniser", "réformer"... mais dont le contenu est intrinsèquement flou, pour faire toujours avaler les mêmes pilules, à savoir privatisations et suppressions de personnel - qui, dans mon esprit, ne sont pas synonymes de "modernisation".
Tu te retrouves avec des situations où l'usager se retrouve privé de la possibilité de communiquer directement avec le moindre humain, seulement avec des robots ou des "centres d'appel" à l'autre bout de la France, dont on ne connaît jamais l'interlocuteur, où l'on est jamais capable de rappeler la personne qui traite votre dossier, où il faut , puis "2", puis "4", puis "9", puis , puis merde, où l'on devient le "numéro absolu" tant il est impossible de jamais être en face d'une personne humaine. la dépersonnalisation des rapports entre administration et usager - au motif prétendu de l'efficacité - est quelque chose à quoi l'on devrait réfléchir, le cas le plus criant qui vienne à mon esprit étant bien entendu celui des ASSEDIC...
Et je ne trouve pas très normal que dans l'esprit de l'usager moyen, « devoir appeler les ASSEDIC » devienne synonyme de « une demi-journée de perdue, et de galère, à devoir refaire un millier de fois le numéro »...
Dans la "modernisation / machinisation", je pense au bureau de poste le plus proche de chez moi, doté d'un superbe automate "machine à peser et affranchir lettres et colis en libre-service"... Paiement par pièces ou Carte Bancaire... Machine de la poste en bas de chez moi, dont le lecteur de Carte Bancaire est en panne... depuis 4 ans. Donc on utilise la "machine à faire de la monnaie" juste à côté... Qui est vide une fois sur deux... Modernisation ?
Mais je crois que trop s'attarder dans ce fil sur la question sans fin des "services publics" serait en soi une erreur, l'intérêt du documentaire ci-dessus, de mon point de vue, étant non pas les services publics en eux-mêmes, mais les services publics en tant qu'exemple de l'exacte équivalence et continuité entre les politiques "de droite" et "socialiste", montrant sans ambiguïté que le parti socialiste applique une politique de droite libérale, et les magnifiques exemples de renoncement de celui-ci. Ah, l'inoubliable Jospin qui veut mener une politique qui ... qui veut être "moderne"... Tout est dit.
@ Yogi :
"Vous répondrez en deux parties et deux sous-parties avec une introduction qui représentera le tiers de la dissertation."
:o)
Comme je suis heureuse de ne plus avoir à faire de dissert' !
Comme je suis déçue de m'apercevoir que la vie peut être une grande dissert', dès lors qu'on réfléchit un peu à "c'est quand qu'on va où ?"...
Je ne sais pas qui est (était ?) Denis de Rougemont, mais je trouve très pertinent sa réflexion :
@Sganar(i)elle malgré moi :
Du coup je ne peux m'empêcher de te répondre cette citation d'Eric Baret qui n'a rien à voir avec le Schmilblick, mais qui fait écho tout de même :
>
>
Ça sera le point de départ de notre méditation du jour, ô disciples :-}
Je viens d'écouter la vidéo en trois morceaux (j'avais pas pu avant, faute de moyens techniques et ça prouve s'il en était besoin qu'il n'est pas nécessaire de savoir de quoi on cause pour en causer).
Ceci dit, je suis époustouflée.
J'adore l'accroche "boule de neige", on voit tout de suite le crime de lèse dirigeant, on retrouve une âme de gamin(e). Je suis conquise par Guéret sous la neige, c'est très poétique et on prend tout de suite la température, parce que pour aller manifester comme ça faut vraiment avoir envie, et même ça donne envie d'y aller aussi.
La démonstration de la continuité des politiques à travers l'alternance politique est d'une concision et d'une efficacité redoutables.
Et j'adore quand Ségo traite les manifestants de gauchistes et d'anarchistes venus récupérer la manif: ce sont des mots qui ont beaucoup servi, ceux qui continuent à s'en servir sont tout de suite repérés.
Tu crois qu'on peut trouver ça en DVD?
pertinentE bien entendu...
@mc : Je suis bien d'accord avec toi. Proposer de nouveaux systèmes politiques, dire comment gouverner un pays sans tenir compte des choses comme elles sont et de l'homme tel qu'il est, c'est bien plus confortable.
@ Sganar(i)elle : Tu rajoutes en effet un zéroième obstacle philosophique que j'avais omis : Faut-il réfléchir avant d'agir ?
Tu noteras que la citation de Rougemont ne critique pas la réflexion mais la passivité. Et de plus "Il n'est pas de sentences, de maximes, d'aphorismes, dont on ne puisse écrire la contrepartie." (Paul Léautaud)
@Yogi :
Ce qui nous rapproche de (Swâmi Petaramesh)
Mais pour le coup, philosopher sur le sens profond de cette dernière nous emmènerait vraiment très loin...
@ Yogi :
La réponse étant bien entendu Oui, mais il faut y penser... Parce que pour moi ça n'est pas toujours un réflexe ;o)
En effet, et c'est pour ça que je la trouvais pertinente... Je ne critiquais pas la réflexion, c'était un commentaire ne concernant que mon constat qu'il va falloir que je continue à réfléchir toute ma vie... sans oublier de passer à la pratique. Parce que vu comme je n'ai aucune idée des réponses, je pourrais y passer vraiment beaucoup de temps !!!
Voui. Mais celle-ci me plaît bien quand même. :o)
@ Swâmi : on ne tomberait pas dans le relativisme, là ?
De Jacques Prévert:
"Qu'est ce que ça peut faire que je sois de mauvaise foi, puisque c'est pour la bonne cause?
Qu'est ce que ça peut faire que je lutte pour une mauvaise cause, puisque je suis de bonne foi?"
Et pour sûr, on ne peut pas accuser Jacques Prévert de relativisme!
@Swami : donc tu veux dire qu'il faut plus <i>d'efficacité</i> dans le fonctionnement des assedics ? D'apres Yogi, la recherche de l'efficacité, c'est l'aliénation de l'individu : est-ce que l'aliénation (un bien grand mot pour désigner, par exemple, des primes liées à des enquètes de satisfaction) du fonctionnaire ne va pas avec la satisfaction de l'utilisateur ?
@Matthieu : L'efficacité des assedics se mesure selon les objectifs qu'on leur fixe. S'ils ont pour mission (ou comme effet de bord de leur mission) de rendre la vie impossible aux chômeurs, peut-être sont-ils jugés très efficaces !
Sinon, bien sûr que l'aliénation des uns (au travail) fait le bonheur des autres (en tant que clients). Ce sont les mêmes d'ailleurs puisque nous sommes tour à tour producteurs et consommateurs.
Tiens, Yogi, puisque tu es là, ça tombe bien, je te cherchais ;-) : je voulais te soumettre une interview extrêmement intéressante parue dans Le Soir, de Jacques Généreux, l'interview, à l'occasion de la sortie de son bouquin sur le concept de Dissociété. C'est là, et ça renvoie à un débat récurrent entre nous (et entre toi et plein d'autres aussi, hein, pas d'exclusive !! ;-)
Merci ko ! Je regarde ça, et peut-être en reparle-t-on ici à la réouverture de l'ashram !
Les médias nous ont déjà choisi nos élus. Mais ne vous en faites pas on a beau être con comme des balais, on a de la mémoire, et on sait que ce qu'il r^ve en mastubartion nocturne ne nous empêchera pas de changer la donne.
@ swami : apres m'être rudement gauffré sur la confusion entre grammaire serbe, slovaque et française, j'avais décidé de m'eclipser un moment, et pour d'autres raisons d'ailleurs, je reviens sur ton site, en lisant les billets deux barres de rires et un excellent doc. ... change pas (pour ça STP, au moins)
@ko : Me revoilà ! Article intéressant en effet même si je le trouve souvent obscur.
Sur la perspective historique par exemple, prendre appui sur les Trente Glorieuses de l'après guerre pour démontrer quoi que ce soit me paraît biaisé, tellement les conditions économiques et sociales de cette période étaient "hors normes" d'un point de vue historique.
Sur la comparaison Europe / US ensuite, franchement je n'ai pas compris l'argumentaire comme quoi les néolibéraux européens ne veulent pas imiter l'Amérique (et bénéficier du coup de deux fois moins de chômage et de deux fois plus de croissance) car leur priorité serait "la remise en cause de notre modèle social" (qui pourtant disparaîtrait lors de cette imitation, non ?).
Pour en venir à "la nature profonde de l'homme", qui aspirerait à la fois à la solidarité et à l'autonomie, je ne trouve pas ses arguments pertinents. Il n'y a pas besoin d'invoquer un soit disant "désir de solidarité" pour que nous préférions la paix à la guerre : celle-là nous met moins en danger, c'est bien une justification égoïste simple et suffisante.
Je ne crois pas qu'il y ait une "pulsion de solidarité" en nous au delà de notre cercle de très proches (et je connais les travaux d'Axelrod), tout au plus une "pulsion de justice" due à notre capacité d'empathie et de projection ("Et si je me retrouvais dans la même situation ?") qui peut passer pour de la solidarité face à des drames humains.
De même le communautarisme n'est pas une forme de solidarité, mais une façon pour l'individu de renforcer ses propres défenses en "faisant bloc" avec d'autres pour défendre ses intérêts vis à vis de l'extérieur, ce bloc se dissolvant pour laisser place à une lutte interne dès que la menace extérieure aura disparu.
Quant à affirmer que "la culture de la responsabilité est l'apanage de la droite conservatrice", je ne suis pas assez calé en histoire des idées mais ça me semble très réducteur : les idées de démocratie ou de justice ne sont-elles pas basées sur la notion de responsabilité individuelle ?
Donc oui la "dissociété" s'appuie sur nos penchants égoïstes, et il n'y en a pas d'autres qui puissent leur tenir tête. Mais il est clair que des injustices trop grandes, ou perçues comme telles, peuvent faire sauter tout le système et c'est bien dans l'intérêt égoïste de tous, et même dans l'intérêt cyniquement bien compris des plus favorisés, que de les limiter.
Selon moi sa phrase de conclusion "plus nous sommes solidaires, plus nous pouvons être libres et autonomes" n'a aucun sens.