C'est à l'oeil sagace[1] de mon vieux compère Les Marques[2] que n'a pas échappé la chose : D'auconnes voudraient clouer Brassens au pilori, et ce à des motifs fénimistiquement cul-pinço bien-pensistes... :

Un point sur lequel nous devons nous interroger concerne la banalisation de certains mots vulgaires comme merde, bordel, putain, couilles etc ... qui ont été trop souvent utilisés - et par les tribuns les plus influents - pour ponctuer leurs idées, ainsi que des anecdotes grivoises faisant la part belle aux attitudes machistes et qui ne devraient plus être repris dans notre mouvement.

Du lieber Gott ! comme on dit à la Kommandantur, bientôt il ne sera plus permis de penser à Fernande... Ca nous est interdit par Monique[3] !

De plus en plus drôle, dans le troisième commentaire de Michèle L. au billet d'humeur (atrabilaire) de la dame sus-mentionnée, on trouve l'inénarrable[4] :

L’affirmation de la virilité est dominante, et l’image des femmes est dévalorisée dans ces termes : putain, couille, bordel, d’accord. Mais que vient faire « merde » dans cette liste ?

Je dirai même plus, Super-Dupont : Que vient donc y faire le mot "couille" (dans cette galère) ? Doit-on comprendre ce mot comme dévalorisant l'image des femmes ? ...ou peut-être comme Affirmation de la virilité ?. Ah, la simple référence à un attribut sexuel masculin est Affirmation de la virilité ?.[5] Mais au cas ou nous emploierions le mot "con", y verriez-vous une affirmation de la féminité, ou peut-être plutôt une dévalorisation de l'image des femmes ? Mouhahahahaha !

Et si on dit Con comme une bite !, en dehors de l'opinion que j'ai de cet article, on y voit l'affirmation de la dévalorisation de l'image de quoi ? Ou bien est-ce le contraire ? Oseriez-vous prétendre que les références aux attributs masculins sont toujours une afffirmation valorisante (comme dans l'expression tête de noeud ! par exemple ?), alors que la référence aux attributs féminins serait toujours dévalorisante ?
C'est bizarre, je connais pourtant des cas où la référence à l'attribut masculin peut être employé de manière strictement équivalente à la référence à l'attribut féminin : Ce mec est une vraie bite ! le qualifiera de manière identique à vrai con, mais je ne connais par contre aucune insulte en rapport avec les seins : Je ne me suis jamais fait traiter de nibard de toute mon existence... et si j'ai déjà entendu dire que quelque chose a couillé, ou qu'il y a une couille dans le potage, voire dans le beurrier, je n'ai jamais entendu parler de quelque chose qui, foirant, aurait "clitouillé" ? Tiens, il faudrait en inventer, il semble qu'on manque d'imagination dans le domaine de la dévalorisation de l'image de la femme...

Quand je lis des trucs pareils, vraiment, je me tape le cul par terre à en faire jaillir des étincelles (dévalorisation de l'image de mon cul ?) tellement ça me pète les couilles (affirmation de ma virilité dominante bien qu'orchidoclastée ?) de voir que les mères-la-vertu ne se limitent pas aux chaisières de paroisse, mais qu'on trouve tout autant, sinon plus, de pudibonderie haineuse du corps, de l'autre, du plaisir, du fait que nous soyons des êtres sexués et de tout ce qui y fait référence, dans la vulgate bien-pensante d'un certain gauchisme et d'un certain prétendu féminisme...
Et surtout, un étourdipoustouflant manque de tout sens de l'humour ! Un bon truc les gens : C'est à ça qu'on les reconnaît, les talibans et extrémistes de tout poil : à leur absolu manque de toute forme d'humour en général, mais en très particulier pour tout ce qui touche à leurs marottes et à leurs obsessions idéologiques. Pouvoir en rire est le plus grand des crimes ! Vous voulez savoir si vous avez en face de vous un extrémiste catho ? Facile : racontez une bonne vanne bien grasse sur le Christ, et regardez la tête qu'il fait. Satisfaction guaranteed !
L'extrémisme élevé au rang de vertu cardinale, tout ça parce qu'un intervenant a osé proférer quand je pense à Fernande... en hommage au Grand Georges, la suite n'étant que sous-entendue... (mais reprise avec joie par l'assistance amusée).

Je suis intimement certain qu'à la lecture de cette diatribe, certain-e-s (!) vont aussitôt déduire que je ne pense qu'au cul, tandis que d'autrEs vont immédiatement conclure que je n'ai qu'un but dans l'existence : casser du bois sur le féminisme. Alors que Dieu sait à quel point cette forme de féminisme[6] occupe peu de place dans mon temps et mon espace mental - bien que les occasions d'en parler n'aient pas manqué ces jours derniers, il faut croire que c'est dans l'air du temps... - au point que je me demande pourquoi je perds encore le mien à consacrer une tribune à de telles bêtises.

Probablement hélas parce que cela souligne le côté franchement hétéroclite[7] des troupes d'une certaine alter-gauche dont je me mords parfois les couilles (affirmation de ma virile souplesse autant que de mon courage) de faire plus ou moins partie, et que ce n'est pas loin de donner raison à certains des critiques du camp d'en face, qui prétendent que la gauche antilibérale n'est unie que par ce qu'elle combat (et encore...) et pas du tout par un projet ni par ce qu'elle propose.

Et de fait. Il est vrai que quand je vois les âneries utopiques complètement déconnectées de tout et du reste dont est régulièrement capable d'accoucher une partie de l'alter-gauche, et sans aucunement me limiter au féminisme extrémiste, hélas... On trouve aussi du plus grand Port'nawak dans les cartons de certains joyeux écolos...

Bart SimpsonEnfin, remarquez, c'est créatif, y'a plein d'idées et de trucs de couleur... Des bonnes idées aussi, sûrement... De très bonnes même, j'espère ! Mais quel dommage qu'elles soient aussi souvent noyées sous de tels ramassis de conneries bruyantes... Et avec de l'autre côté les méthodes devenues franchement staliniennes de sites comme Bellaciao qui, après avoir commencé par bannir de ses colonnes les commentaires pro-José, et faire de leur site soi-disant indépendant des partis et pluraliste un véritable sous-marin de la campagne de Marie-George Buffet, en vient maintenant, selon la plus pure tradition des purges staliniennes qui effaçaient des photos les camarades qui n'avaient jamais existé, à supprimer les articles[8] ...qui n'ont jamais existé non plus, suivant en ceci les bons conseils de George Orwell[9] : Celui qui contrôle le passé contrôle l'avenir...

Enfin, tiens, cet article est en train de partir dans tous les sens, à l'image finalement de cet agacement que je ressens parfois de voir les rangs hétéroclites des gueux dépenaillés de notre bonne vieille alter-gauche, qui semblent si bien d'accord sur une partie au moins de ce qu'il faut détruire, et si peu capables de s'entendre sur ce qu'il faut construire... ni comment... ni avec qui... Et le trombone, toujours le maudit trombone !

Et dont certaines mères supérieures disent Les familiarités, les gros mots devraient être bannis de notre langage pas de bites, pas de culs, pas de cons, pas de couilles, pas de poils, sauf sous les bras pour sentir la sueur du prolétaire !

Eh bien moi, je dis euh... Je dis quoi ? Je dis Vive plein de trucs tiens ! A commencer par Vive les gros mots, et tout ce qui est vivant ! Détruisons ensemble ce qu'il faut détruire, pis tâchons de bâtir quelque chose d'intelligent à la place. J'espère que dans ce ramassis de gueux que nous sommes on en trouvera quelques uns de moins stupides pour permettre de bâtir, ensemble, quelque chose qui tiendra debout.

Grrrrr !De toute façon, remarquez, ça ne pourra pas être pire qu'avec Sarkolène ou Ségozy. Eux aussi ont en projet de nous interdire de dire des gros mots. Au Kärcher, s'il le faut...

Je vois quant à moi dans le gros mot quelque chose d'extrêmement salvateur, ne serait-ce que parce que c'est l'un des premiers modes permettant à l'enfant de s'opposer à l'autorité... Méditons là-dessus, mes biens chers frères...[10]

Quelqu'un qui veut libérer l'humanité en commençant par nous dire de bien nous mettre en rang par deux et de ne surtout pas dire de gros mots, ça m'a comme un petit côté...


Petite leçon de féminisme pratique (Tout-à-l'heure à l'ashram, à l'heure du thé) :

- Swâmi Petaramesh : Rhââ putain cong bite poil de couille ! Je suis malade avec ce putain de virus à la con ! J'ai la tête dans le cul d'une profondeur, c't'infernal ! C'est bête, Belsoeuramesh, parce que tu viens pas souvent à l'ashram, et faut que j'aie la tête dans le cul à ce point ! Mais je suis pas comme ça d'habitude... Hein, dis z'y, Anandaramesh, à Belsoeuramesh, que je suis pas comme ça d'habitude...
- Mâ Anandaramesh : ...
- S.P. : ...
- M.A. : ...
- S.P. : ... ?
- M.A. : ...
- S.P. : Ben quoi, euh, chuis pas comme ça d'habitude, hein, heureusement ! Dis z'y, Anandaramesh, à Belsoeuramesh, que je suis pas comme ça d'habitude...
- M.A. : ...
- S.P. : ...

- M.A. : ... (3 bonnes minutes se passent dans un silence de mort)

- S.P. : Oh beh hein, ho ! Sympa, ah oui d'accord, sympa, là, j'te jure ?
- M.A. : Hein quoi ? Oh toute façon j'men fous, j'avais pas écouté...
- S.P. : Ouais mais non ho quand même, là tu crains ! Tu pourrais quand même lui dire, à Belsoeuramesh, que je suis pas tout le temps comme ça !
- M.A. : ...
- S.P. : ... Ben quoi ?
- M.A. : Ben faut reconnaître que t'es quand même souvent crevé, ces temps-ci...
- S.P. : Ah ben ouais d'accord, sympa, d'accord, t'espères un petit mot gentil, et comment que tu te fais latter la gueule ! Ah Sympa hein !
- M.A. : Oh quoi, chuis fatiguée, tu me prends la tête !
- S.P. : Ah ben ouais d'accord, trop cool, t'espères un petit mot gentil tu te fais d'abord ignorer, ensuite pourrir, et si t'as le malheur de râler c'est toi qui fais chier ! Sympa, cool...
- M.A. : ...
- S.P. : Bon, ben tiens, alors faut pas t'étonner de voir mon dos et d'entendre cliqueter mon clavier, non plus, hé... Je préfère encore parler avec des gens intéressants et avec qui je peux avoir une conversation véritable, Hmmmm ? Ben j'y retourne ! Salut !

Et sur ces mots vengeurs, il montra son dos avec détermination et alla bloguer dans le bureau...

Dans tous les cas, mariez vous :
si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux ;
si vous tombez sur une mauvaise,
vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l'homme.
- Socrate


Vidéos : Georges Brassens (Sur DailyMotion et YouTube)
Illustrations :

  • Bart Homer (Merci Munakoiso !) Simpson : Image d'origine inconnue qui m'é été envoyée par mail par une authentique femme (presque libérée) que je n'ai même par forcée ;-)
  • Musée de l'érotisme, Paris

Notes

[1] Autant que salace, mais on ne se refait pas...

[2] Et c'est bien entendu chez lui que j'ai piqué les liens vers ces deux vidéos du Grand Georges.

[3] Deux qui s'abstiennent, trois qui paniquent :-D

[4] Et d'autant plus dommage, je trouve, que la majeure partie de ce commentaire de Michèle L. me semble modéré et frappé au coin du bon sens.

[5] Et donc, il devient interdit d'affirmer sa virilité ? La virilité, c'est mal ? Même une virilité joyeuse, gauloise, rigolarde, printannière ? Et pourquoi diable celles qui revendiquent si fort l'affirmation de la féminité voudraient-elles s'opposer à celle, tout aussi légitime, de la virilité ? D'autant plus que les deux mises ensemble peuvent faire des étincelles ? En quoi devraient-elles être incompatibles, adversaires, alors que les deux sont si bien complémentaires ?

[6] Ko, je me joins à l'appel du Marquis de Les Marques : Ton article sur ce sujet est de plus en plus demandé ;-)

[7] Terme des racines grecques "hétéro-" et "-clite", qui signifie étymologiquement, je crois : Doté d'un clitoris différent.

[8] Un de mes articles existait encore sur Bellaciao et ils viennent de me le supprimer. Tout va bien il n'y a plus trace de moi sur ce site irrespectueux ! Voici l'article que certains « communistes » ne peuvent accepter. - Stelios

[9] 1984 - Cité de lointaine mémoire, il fait partie de ces ouvrages de ma bibliothèque qui furent mille fois prêtés, et jamais rendus, et aujourd'hui portés manquants...

[10] Z'et soeurs, oeuf corse...