Le pire de tous les systèmes
Par Petaramesh le mardi 30 janvier 2007, 12:27 - Politique infiniment dualiste - Lien permanent
- Oh toi, tu vois des complots partout...
- Mais il y en a partout !Dialogue du film "Abyss", James Cameron.
Winston Churchill a dit un jour : La démocratie est le pire des systèmes, à l'exclusion de tous les autres.
La démocratie, concept qui nous vient de l'Antiquité, et qui ne concernait à l'époque que les citoyens, et ne voyait pas d'objection à l'esclavage, tant il est vrai que la notion de démocratie n'implique pas le respect de l'article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme,[1] [2] la démocratie est devenue dans notre société moderne synonyme du "Bien", tandis que la "non-démocratie" est devenue par voie de conséquence synonyme du "Mal", un mal quasi absolu, évident, coulant de source, dès que l'on voit un journaliste de télévision se piquer de parler un peu de pays étrangers ou de géopolitique.
Si un pays est "démocratique", il fait partie de l'Empire du Bien, du Progrès, du Développement (plus ou moins pas durable), de l'économie de marché triomphante, des affaires-qui-sont-les-affaires...
Si un pays est "non-démocratique", il fait partie de l'Axe du Mal, c'est une affreuse dictature sanglante où les dirigeants corrompus mangent les petits enfants jusqu'à ce que le Chevalier Blanc Dabbeulyou vienne un beau jour leur apporter (de gré ou de force) la Liberté et la Démocratie Majuscules (Enduring Freedom), surtout, bien entendu, s'il y a aussi un peu de pétrole histoire que l'oncle Sam puisse faire le plein des tanks pour le retour.
Il me semble que ce manichéisme absolu de la vulgate médiatique date essentiellement de la guerre froide, et de l'opposition tranchée entre les gentils démocrates (nous), et les affreux dictateurs bolchéviques au couteau entre les dents de l'autre côté du rideau de fer (eux). On voit d'ailleurs que d'un point de vue plus realpolitik, quelques bien affreux dictateurs, généraux, colonels et autres juntes militaires ont reçu de solides coups de mains de nos chères démocraties, pour peu qu'ils puissent être utiles à combattre ces affreux rouges. Pinoqui, vous dites ?
Si l'on regarde les choses avec un peu moins d'angélisme béat, et qu'on s'interroge sur la démocratie, on constate que l'idée que la démocratie soit "le Bien" repose tout de même sur un certain nombre de pré-supposés pas forcément toujours très solides :
- A une élection donnée, les candidats en présence représentent généralement un éventail de projets et de visions suffisamment larges pour permettre un choix de société véritable, qui aille au-delà d'un choix entre quelques saveurs différentes d'un même produit fondamental. Même que ouais.
- La somme algébrique des intérêts individuels est équivalente à l'intérêt collectif. Hmmmm.
- L'électeur lambda est, majoritairement, un humaniste soucieux de l'intérêt collectif et non pas seulement de son seul petit intérêt personnel. Hmmmmmmm...
- L'électeur lambda possède à la fois suffisamment d'information fiable, objective et impartiale, suffisamment de "culture personnelle", d'intelligence, et d'intérêt pour les questions en jeu pour faire ce qu'on peut appeler un "choix éclairé". Heeuuuuu...
- Il est impossible de manipuler volontairement l'opinion avec des leviers suffisamment puissants pour fausser le résultat du vote. Ah.
Si l'on reprend ces points un par un, on conclura que :
- Si (1) n'est pas satisfait, alors l'électeur aura eu le choix sur le détail, mais jamais sur l'essentiel. On l'imbibera cependant bien de l'idée qu'il a librement choisi et décidé en toute connaissance de cause de la sauce à laquelle il sera mangé ensuite, dans son propre intérêt comme de bien entendu. Comme ça, une fois sorti du bureau de vote, il a le droit de fermer sa gueule, et il en est convaincu, puisque ce qui se passe ensuite, c'est lui qui l'a décidé, après tout. Si jamais ce n'est pas lui, c'est en tout cas la majorité, et il faut la respecter. On gagnera la prochaine fois, dans 5 ans... Ou alors, la suivante... D'ici-là, on se résigne bien gentiment.
- Le point (2) est un acte de foi[3] qui ressemble furieusement à un crédo économique "libéral", genre
le marché s'auto-régule et est le meilleur système pour produire des richesses dans l'intérêt de tous. Amen.
Le credo démocratique est le même : La somme de choix faits individuellement, éventuellement pour des raisons parfaitements égoïstes (l'intérêt du riche, plus l'intérêt de l'agriculteur, plus l'intérêt du prof, plus l'intérêt du métallo...) va aboutir à un choix qui ressemble à quelque chose, et ce quelque chose représente, sinon l'intérêt de "tout le monde", du moins celui de "la majorité", cette fiction à laquelle le concept démocratique fait appel en permanence, et au choix de laquelle doit se plier cette autre fiction qu'est "la minorité".
- Dois-je vraiment épiloguer sur le point (3) ? Notons que ce point implique que, si la majorité n'est pas profondément humaniste, elle peut donc très bien, dans son intérêt décider de sacrifier les intérêts de la minorité, voire même sacrifier la minorité, en général la minorité la plus défavorisée, bien sûr, ou "les minorités" qui se distinguent un peu trop du troupeau, là encore, toujours les mêmes : les étrangers, les homosexuels, les "déviants" de tout poil, quoi... C'est ainsi que bien des dictatures et des fascismes ont été intialement portés au pouvoir par le résultat d'un choix démocratique... D'un choix d'ordre, ce qui veut dire
je ne veux voir qu'une seule tête !
... et sacrifions tout ce qui dépasse, qui gène et qui dérange, dont on peu se faire de commodes boucs émissaires... dans l'intérêt du plus grand nombre... Tu parles.
- Le point (4) devient très drôle (avec l'aide généreuse de l'Education Nationale), mais c'est sans doute mon pessimisme indécrottable joint à ma misanthropie crasse qui me donnent à penser que toutes les conditions ne sont pas nécessairement remplies. Peut-on imaginer que par une forme de conversion miraculeuse dont le Divin Mécanisme m'échappe, la somme des choix individuels d'un tas de gros cons produise à l'arrivée le Choix Optimal éclairé d'une doulce lumière ?
- Pour le point (5), les sociétés d'ancien régime (où l'on ne votait pas, de toute façon...) avaient inventé l'église, excellent outil pour faire comprendre au peuple que les choses sont dans l'ordre qui est dans l'ordre des choses de par la Volonté Divinine, et que c'est super d'être les derniers parce qu'après, dans l'Autre Monde tu seras les premiers, alors tu vas quand même pas faire chier tes seigneurs de Droit Divin, avec la chance que t'as, tout de même ! L'église n'est plus vraiment nécessaire depuis qu'on a trouvé bien mieux en plus persuasif et plus ubiquitaire : la consommation de masse et la télévision. J'en suis arrivé au point de paranoïa ou, quand je regarde un journal télévisé de 30 minutes du miniver[4] sur une grande chaîne nationale, je finis par conclure
Tu viens en 30 minutes d'absorber 17 minutes de propagande gouvernementale pure, 7 minutes de faits divers sans aucun intérêt autre que purement factuel, et 6 minutes de conneries et divertissements (sports, etc). Dans quelques instants, la météo, et maintenant, une
. Pareil pour les bulletins d'infos des principales radios du service public, France-Intox en tête de gondole.pagedemi-heure de publicité...
Et pourquoi donc est-ce que je me livre aujourd'hui à ces fumeuses considérations à bâtons rompus sur les vertus de la démocratie, moi, d'ailleurs ?
Eh bien, parce que ça faisait une paire de jours que j'avais envie de republier ici l'intégralité du document ci-dessous, qui provient de cette URL et est signé "Anonyme", je m'estime donc fondé à le reproduire sans autorisation particulière d'"Anonyme"...
En se rappelant bien que c'est à son seul contenu qu'on juge d'un texte, et non pas au nom ou à la notoriété de son auteur (argument d'autorité).
Le seul rappel du principe de l'inhibition de l’action, évoqué au point |9| ci-dessous est en lui-même passionnant.[5]
Ce texte fait plusieurs références à un autre : Armes silencieuses pour guerres tranquilles
. Vous avez maintenant également une URL vers ce document. Imprimez-le, lisez-le, faites-vous votre propre opinion.
Et rappelez-vous bien le dicton : Ce n'est pas parce que vous êtes paranoïaque que personne ne vous suit...
Lorsqu'en se grattant, on en sent quatre, c'est que l'ennemi n'est pas loin, et qu'il est probablement déjà dans la place...
- Ecole de guerre
Les stratégies et techniques employées pour la manipulation de l’opinion publique et de la société
par Anonyme
|1| La stratégie de la diversion
Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. "Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux." (extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|2| Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d’abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
|3| La stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.
|4| La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.
|5| S’adresser au public comme à des enfants en bas-age
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? "Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|6| Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...
|7| Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. "La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|8| Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver "cool" le fait d’être bête, vulgaire, et inculte...
|9| Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !...
|10| Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
Anonyme
Notes
[1] Article premier : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
[2] Les pays suivants étaient signataires de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (O.N.U., 1948): Afghanistan, Argentine, Australie, Belgique, Birmanie, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Cuba, Danemark, République Dominicaine, Equateur, Egypte, Salvador, Ethiopie, France, Grèce, Guatemala, Haïti, Islande, Inde, Irak, Iran, Liban, Liberia, Luxembourg, Mexique, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Siam, Suède, Syrie, Turquie, Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique, Uruguay, Venuzuela. Mouhahaha ! C'est toujours amusant à lire.
[3] Auto da Fé...
[4] Ministère de la Vérité, George Orwell, 1984.
[5] D'autant plus que j'en suis atteint...











Commentaires
J'ai déjà lue ce texte.
La question est comment résister ?
Il semble qu'une opportunité inattendue se soit ouverte avec Internet, pouvons-nous la laisser ouverte pour l'éternité ou va-t-elle se fermer comme cela semble être le cas ?
On pourrait déjà, en attendant, retirer le maximum de son maigre compte en banque et le stocker chez soi pour réduire en partie le carburant de la guerre économique. Peu d'entre nous y pensent, et pourtant, un petit peu multiplié par pas beaucoup, ça peut emmerder beaucoup. Panique assurée.
En attendant. Car j'ai beau réfléchir dans ma petite tête, il me semble tout compte - vite- fait, qu'à tout ceci, la solution qui s'impose pourrait bien se trouver exposée ici: "circonstances exténuantes".
J'y rajouterai :
|11| La stratégie du tranquillisant
Il s'agit lorsque une analyse impliquant des changements importants se répand dans la population de mettre en avant des contradicteurs même peu crédibles pour donner des justifications pour ne rien faire. Il est toujours plus facile de ne rien faire que de prendre des mesures difficiles.
Exemple : le réchauffement climatique, reconnu par l'ensemble de la communauté scientifique, impliquerai des changements certains dans nos société. L'apparition de quelques personnes mettant le doute sur la réalité de se changement ou sur son impact (comme Claude Allègre) permet de mettre le doute dans les esprits, de tranquilliser ceux qui cherchent à se tranquilliser et de justifier l'inaction sur le mode : rien n'est prouvé - attendons de voir.
C'est curieux que ce texte ressorte sur un tas de site en même temps, en ce moment?
Un hazard ou du "copiage"? :)
Je note que sur le site www.syti.net il y'a à boire et à manger même si cela n'enleve rien à l'interet de ce texte.
(Madame Parisot serait elle un "petit gris" avec une apparence humaine? :))
Ce texte ne mentionne pas, la désignation de boucs émissaires comme arme de manipulation, pourtant très commode, utilisée avec efficacité depuis 1933 en Europe.
Le problème des "théories du complot" est qu'elles présupposent que les comploteurs, a contrario des êtres humains normaux, sont capables de tenir un secret, de se coordonner entre eux en toute confiance, de faire face à toutes sortes d'imprévus sans jamais trahir la cause commune, ni volontairement pour la détourner à leur propre profit individuel, ni involontairement par accident ou bêtise.
Le Grand Secret est en fait que tous les dirigeants, apprentis comploteurs ou non, sont des êtres humains banals arrivés là en partie par talent ou par force, mais aussi par chance, tout aussi veules, égoïste, bornés et stupides que l'être humain normal, et qu'ils sont bien incapables des exploits mentionnés ci-dessus.
Tiens !
On dirait bien que les stratégies et techniques décrites par ce texte ressemblent furieusement à un cours de management stratégique...
@Yogi: Les flux d'information (ou de désinformation) sont tels , que l'être humain moyen serait bien en peine de repérer toute trace de complot à travers tout ce flot.
Et puis d'autre part, il n'est pas dit que les trop bavards n'aient pas des envies soudaines de suicide.
Même si demain, un vaisseau spatial extra-terrestre se posait sur la place de la concorde à Paris au milieu des touristes, en l'absence des cameras de CNN, il serait facile de prétendre qu'il s'agit d un canular ou d'une hallucination collective (meme si ca n'existe pas une hallucination collective)
Comment être sûr de quoique ce soit?
Comme dirait Villepin à propos de la contestation des chiffres du chomage:
"une polémique aberrante". "Les polémiques sont parfois inévitables et vont parfois se nicher même là où il n'y a aucun espace pour la polémique"
Comment ce type peut arriver à raconter ce genre de truc en toute bonne conscience devant la France entière et espérer être cru?
@Fin de partie : L'imprévisibilité du monde et les divergences d'intérêt sont telles que des êtres humains seraient bien incapables d'en piloter une partie significative avec les contraintes posées par un complot.
La phrase de Villepin est parfaitement juste, le fait qu'elle ne s'applique pas aux chiffres du chômage n'a rien à voir avec le problème qui nous occupe ici, ni le fait de savoir s'il est bon ou mauvais menteur.
@yogi: le complot ultra-libéral se moque d'être découvert, son arme principale n'est pas la discretion mais la patience.
@ Swâmi : Hum... A propos de ton point (3), je suis tombée ce week-end sur un genre de chronique du Monde (quelqu'un sait-il trouver comment lire un article vieux de plus de deux jours sans s'abonner ?), un article intitulé "la présidentielle vue de ma laverie" (Comment votent les électeurs d'origine immigrée ? Ils sont comme les autres Français: partagés.), une laverie automatique de la rue des Petites-Ecuries, dans le 10e arrondissement de Paris. Et l'auteur raconte comment les gens qu'il ou elle a interrogés répondent à sa question sur la politique française (est-ce qu'ils s'y intéressent / qu'est-ce qu'ils en pensent).
A priori ils s'y intéressaient ; ils avaient même une idée d'où ils se situaient et pour qui ils (ne) voteraient (pas)... mais au-delà d'une situation gauche-droite claire et manifestement culturelle, on sentait derrière les mots une ambigüité qui m'a laissée songeuse (oui, je sais, je suis petite encore, ce genre de choses m'étonnent). Une différenciation selon l'origine des immigrés, une remise en cause de l'action du Kanichabouche qui bloque le regroupement familial tout en sous-entendant qu'il ne faudrait tout de même pas ouvrir les frontières à n'importe qui () et que le plus important de nos jours... c'est quand même l'ordre.
Et ce mot, qui est revenu plusieurs fois, m'a glacée sans que je sache pourquoi. J'ai compris aujourd'hui.
Merci Swâmi.
Ce texte n'a bien entendu pas été écrit ni même conçu par un éventuel groupe de comploteurs comme une liste de consignes à appliquer pour dominer le monde , mais comme une suite de mises en garde pour nous aider à résister à différentes procédures de décervelage. Peu importe que ces tentatives soient délibérées ou pas, la question c'est de les repérer pour y résister. Il n'est pas nécessaire pour celà de supposer de la malveillance derrière.
Résister à ce qui nous dépouille de nos capacités critiques et de notre humanité, rien de plus.
Je ne suis d'accord avec aucun de tes 5 points pour qualifier la démocratie de "bien". tes 5 points sont (plus ou moins) des conditions pour que le meilleur président pour une société soit élu. J'ai l'impression que si la démocratie est "bien", ou en tout cas "mieux" que les autres systèmes, ce n'est pas parce qu'elle conduit à l'élection du meilleur candidat, mais parce que le candidat est choisi libremement. Le candidat élu peut être completement con, peut n'incarner qu'un plus-petit-dénominateur-commun, le vote peut être largement influencé par les médias, dans tous les cas, il n'en reste pas moins que chaque votant a glissé son petit bulletin dans l'urne sans tonton macoute sur son dos.
Entre un homme providentiel imposé par la force (disons, napoléon) ou un gros con élu démocratiquement (disons, deubeuliou), le deuxième cas est objectivement mieux que le premier car il est libre. Peut-être es-tu partisan d'imposer une "bonne" solution, une "bonne" politique, mais comment est-ce que tu le définis objectivement ?
( Evidemment, les choses se compliquent quand on rappelle que Napoleon soulevait l'enthousiasme des foules, et que Deubeliou a utilisé ses pouvoirs pour être réelu non démocratiquement )
Eh bien, le fil de commentaires de ce billet a drôlement prospéré, en mon absence :-}
@Fin de partie (#4) :
De quel texte parles-tu ? D'Armes silencieuses pour guerres tranquilles, ou du texte que je reproduis in extenso ici ?
Pour le premier, je l'avais lu il y a des années, et c'est le texte que je reproduis ici - et que j'ai trouvé l'autre jour lié chez rezo.net - qui m'y ramène aujourd'hui . Pour la reproduction de ce texte ici, j'ai trouvé qu'il le méritait, ne serait-ce que pour mémoire (pour m'éviter un jour futur de rechercher ailleurs, au risque de ne pas le trouver, un texte que je pourrai plutôt retrouver ici). C'est un peu une utilisation de ce blog comme bloc-notes, avec en plus l'avantage de le partager et de l'enrichir de vos commentaires...
>
Sans aucun doute ! :-D
@Yogi (#5) :
>
...qui, à la différence d'être humains "banals" comme toi et moi, disposent de moyens absolument considérables, et ont sous leurs ordres des organisations extrêmement puissantes et dangereuses (armées, services de renseignements civils et militaires, services d'intelligence économique, services de manipulation de l'opinion, chercheurs spécialisés dans des projets plus que "borderline", "forces de l'ordre"...) tout services qui n'ont rien de mythique, qui sont des "professionnels" et pour certains, des professionnels du secrets et de la manipulation, pour d'autres, des professionnels du maintien de ""l'ordre" - et donc de l'exploitation des faibles par les puissants qui permet de garder la pyramide dans le bon sens...
Après, que l'on parle "d'un complot", de manière théâtrale et paranoïaque avec des trémolos dans la voix, en imaginant des "Maîtres du Monde" réunis dans un château à la James Bond (Davos ?), ou d'un système comportant divers sous-ensembles extrêmement bien imbriqués, le tout assurant la domination sans partage d'une caste de nantis sur l'immense majorité de la population de ce globe, et dans le seul intérêt de ce club très fermé... La dénomination change, le fond du truc reste le même...
J'y vois, en ce qui me concerne, le strict équivalent d'une société de vampires suçant le sang du reste de l'humanité... Dont une bonne partie aimerait bien devenir vampire à son tour, calife à la place des califes, ce qui fait que l'avenir du système en tant que tel est assuré, même si ses membres sont interchangeables...
@Finde partie (#9) :
Très juste.
@mc (#11) :
Et c'est sans doute le plus important de l'histoire : "Tout se passe exactement comme si" complot il y avait. De même que "tout se passe exactement comme si" ton oeil, machine extrêmement complexe et organisée, avait été volontairement créé dans le but de voir, alors que la théorie de l'évolution nous enseigne qu'il est le résultat de mutations aléatoires et d'un processus de sélection naturelle (paraît-il). Mais au bout du compre, tu obtiens un oeil admirablement adapté à la vision.
Qu'il y ait ou non "complot", tout se passe comme s'il y avait complot : Tu obtiens à l'arrivée un système de caste dirigeante organisée à la perfection pour la domination du monde et l'optimisation de cette domination - pour des raisons coût/efficacité, tout bêtement, et crois-moi que des crânes d'oeufs d'analystes financiers qui ne pensent qu'en termes coût/efficacité, ces braves gens en emploient. Et "le coût, c'est nous, l'efficacité, c'est dans leur seul intérêt"...
@Matthieu (#12):
Peut-on parler de libre choix quand ce choix se borne à choisir entre un nombre très limité de candidats qui arrivent là au bout d'un processus de sélection qui obéit à des critères très différents d'un "libre choix" : Puissance d'un parti, notoriété d'un personnage, moyens financiers pour mener campagne, imprimatur médiatique, les fameuses "500 signatures" qui nécessitent que l'impétrant soit d'abord adoubé par les gens déjà en place dans une importante proportion, rendant très problématique la candidature d'opposants radicaux au système et les cantonant dans la marginalité...
C'est un choix qui a l'apparence de la liberté. Mais est-il vraiment libre ?
L'électeur fait-il un libre choix quand il vote utile ou pour le moins pire faute de trouver sur la table aucun bulletin au nom d'un candidat qu'il aimerait réellement voir élu ?
Tu n'as pas vraiment besoin d'avoir "un tonton macoute sur le dos" quand l'éventail des possibles a été limité par avance, et qu'aucun des possibles proposés ne met en quoi que ce soit le système en danger. Tu as seulement un jeu de chaises musicales qui donne l'impression d'une alternance. Mais ce n'est que du théâtre où chaque acteur joue sa partition selon des règles bien précises...
@Swâmi : Excellente comparaison à mon sens entre le soi-disant "complot mondial" et la théorie de l'évolution.
Dans les deux cas on habille un mécanisme "naturel" et aveugle, un système inconscient qui tourne sans considération pour les individus qu'il utilise, on l'habille donc d'une "volonté délibérée", d'un "but" soigneusement calculé, et d'une conscience propre.
On m'a recommandé récemment la lecture du livre "Le Principe de Lucifer" sur ce sujet : je ne l'ai pas encore lu mais il me semble prometteur.
@Swâmi : Par ailleurs si tu veux alimenter ta paranoïa anti-complots, Bilderberg est un bien meilleur plan que Davos ...
Qu'il y'ait complot ou pas, n'enleve rien au coté ineluctable de la manipulation...la barbarie libérale finira par triompher et l'élimination de masse des pauvres (ou leur mise en esclavage ) est deja programmée...pas de pitié pour les vaincus !
@swami:
http://www.actuchomage.org/modules....
(et regarde la date à laquelle a été mis en ligne cet article)
Les comploteurs se perçoivent comme des instruments de "l'évolution" et ce qu'ils désignent comme "la main invisible du marché" , ils finissent par le confondre avec le concept "d'évolution".
J'y vois, en ce qui me concerne, le strict équivalent d'une société de vampires suçant le sang du reste de l'humanité... Dont une bonne partie aimerait bien devenir vampire à son tour, calife à la place des califes, ce qui fait que l'avenir du système en tant que tel est assuré, même si ses membres sont interchangeables...
Je suis tout à fait d'accord avec toi (si je peux, sinon vous) et désespéré de l'être.
Il n'y a bien évidemment pas de complot. Penser en terme de complot permet de personnaliser un système et de le rendre ainsi plus perceptible. Finalement cette personnalisation du système s'empêtre dans dans des contradictions qui font perdre de vue l'essentiel et on en arrive aux Petits Gris dans les jardins qui tirent des ficelles.
Il n'y a pas de comploteurs, juste un ensemble de systèmes qui fonctionne dans le but de se maintenir et de s'étendre éventuellement. Nous sommes tous à des degrés divers bénéficiaires des systèmes en place même si certains en sont plus dépendants que d'autres. Ce ne sont bien sur pas les plus faibles mais les plus forts qui ont intérêt à ce que les systèmes perdurent, contrairement à ce qu'on nous raconte tous les jours. D'où ce que raconte Nietzsche sur l'inversion des valeurs, les puissants sont les faibles car la valeur essentielle de celui qui dépassera l'homme est sa singularité (liberté ?) forcément irréductible à tout système.
La question qui me semble déterminant est donc comment trouver sa liberté au sein de l'ensemble de ses systèmes qui nous déterminent dans toutes les composantes de notre vie. Ce sont les faibles, les pauvres, les exclus, les déficients de toutes sortes qui ont le plus de chance de la trouver et ainsi de transformer le système. Et, ce n'est pas le moindre des paradoxes de ce système que de confier aux plus faibles la tâche de le révolutionner pour mieux le maintenir. Toutes les révolutions ont en effet cet étrange destin que de se transformer en système encore mieux vérouillé que celui qu'elles prétendaient détruire.
Pas de salut donc ? L'éternel retour de la même chose. Nietzsche dit avoir trouvé une porte de sortie mais j'avoue que j'atteins les limites de ma compréhension. Je vous renvoie donc à Nietzsche même si vous risquez d'y trouver plus de perplexité que de lumineuses explications.
Pardon pour cette longue contribution confuse, pessimiste et manquant cruellement d'humour.